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Avis sur les épisodes
De tous les mythes religieux, Jonas est un de celui qui traverse les trois religions monothéistes : chrétien, islam et juif bien sûr. C’est l’histoire d’un homme qui est jeté à l’eau après avoir désobéis à Dieu. Une baleine le recueille et au bout de trois jours, il en sort et va faire la mission que Dieu lui avait confié (et sauve les hommes).
Ashoka est Jonas. Punie par les Jedi et qui effectue ici sa redemption (meme si je trouve toute la séquence Clone Wars assez confuse). La scène des baleines à la fin est absolument magnifique, de même que cet incroyable séquence ou Jacen et sa mère écoutent le chant des vagues. C’est comme un message universel qui embrasse tout Star Wars : l’attention portée aux petites choses, à toute les créatures et à l’instant présent. Ce qui en soi est complètement opposé à la direction des Jedis prise à partir de Clone Wars. L’épisode le montre parfaitement. Et se faisant, Filoni crée le lien entre le discours de Lucas… et celui de Rian Johnson. Le lien qui manquait entre un maître, son padawan et le seul auteur qui a porté le message de la saga dans une direction neuve. C’est assez admirable.
"Un conte pour enfant devenu réalité", dit Baylan.
Et effectivement... Effectivement, on imagine aisément le jeune Dave Filoni regarder Star Wars pour la 46ᵉ fois et se dire : "Hum... À galaxy far far away... Ça veut dire qu'il y a d'autres galaxies ? Et que peut-être un jour, je pourrai donner un tout autre sens à cette phrase ?". Et ça, ça transforme tous les textes déroulants, tout Star Wars même, en conte pour enfant, en légende qu'on se raconte au coin du feu. C'est C3PO qui raconte l'histoire des épisodes IV et V aux Ewok. C'est Han Solo qui répond à Rey "It's true. All of It." Et c'est Ashoka qui dit que des trois livres, elle préfère (évidemment) la prélogie.
Quand tu es capable d'un truc comme ça - qui peut paraitre juste comme étant une référence de fan de prime abord -, c'est que vraiment, profondément et sincèrement, tu as compris Star Wars. Tu l'as même tellement bien compris, que tu vas être capable de le trahir en apportant une toute nouvelle galaxie et en faisant de chaque pas de tes héros une nouveauté dans un monde inconnu (ce qui est bien plus excitant que n'importe quelle visite de n'importe quelle planète).
C'est Star Wars ramenée à ce qu'elle n'a jamais cessé d'être : un conte pour enfant, un pas enthousiasmant vers l'inconnu et une histoire qui traverse le temps et les générations. Bordel, c'était vraiment fort.
"Je suis un simple droïde ?"
La première scène, c'est une partouze Star Wars. En une scène, tout est lié : la prélogie, Clone War, Andor, la trilogie, Rebel, Mando et quasiment la préparation de la postlogie. Filoni, tel Bob le bricoleur, rassemble tous les morceaux. Ce qui est fou, c'est qu'il ira jusqu'au bout de son idée et qu'il va sans doute même venir rustiner les parties bien cassées de la postlogie.
Encore un bon épisode. La narration continue d'être simple (on va chercher le classique attaque du convoi du western), mais ça fonctionne. Et surtout les acteurs sont très bons : David Tennant est très drôle en droïde, le casting d'Ezra est excellent et Ray Stevenson, je n'en parle même pas (j'espère vraiment qu'il nous donnera droit à une excellente scène post-gen que j'attends).
La série est pour l'instant sur un sans-faute. Et l'idée du Jedi qui combat sans sabre, ben, c'est génial.
L'épisode commet deux erreurs.
La première est celle du scénario. Filoni se plante. Il a toujours eu une écriture très straight-forward, mais ça ne fonctionne pas ici. Ça fait vraiment jeu-vidéo, un jeu-vidéo nul, avec des paliers, des boss et des épées magiques issus de l'univers Legend qui pop (parce que pourquoi pas ?). C'est très plat, complètement dépourvu d'aspérités et d'intentions. Et puis, c'est toujours compliqué de présenter un personnage comme un brillant stratège et qui agit comme un idiot.
Et c'est là-dessus qu'arrive la seconde erreur. Rick Famuiywa est fatigué. Peut-être. Sans doute. Tout est filmé avec une mollesse, mais avec une mollesse. Rarement (je trouve) un combat de sabre laser a été aussi faiblement filmé.
Le tout donne un ensemble absolument très léger, qui évacue sous le boisseau un tas de questions : Baylan ? Qu'a fait Thrawn pendant tant d'années ? Il a réveillé les sorcières ? Et comment ? Et Ezra ? On ne s'embarrasse de rien, on court en avant vers la prochaine galaxie, la prochaine saison / film. Il faut avancer vers le point prévu. Pour une série qui a pris bien soin de créer une ambiance lente depuis le début, c'est franchement un comble.
Et c'est bien dommage. On sort de la saison avec un p'tit goût d'inachevé. Quelque chose qui reste toujours présent en moi sur la non-capacité de Filoni de dépasser le cadre du show pour embrasser un universel humaniste, qu'il avait réussi pourtant à toucher du doigt cette saison, pour la première fois. Il va falloir booster son propos, ses enjeux et sa cosmogonie pour la saison 2. Je doute malheureusement qu'il le fasse.
