Critique : Danger 5 1.01

Le 19 mars 2012 à 04:59  |  ~ 7 minutes de lecture
Hitler enlève la Tour Eiffel, obligeant Danger 5 à mener l'enquête, tout en tuant plein de nazis. Une future série culte pour les amateurs de bizarrerie à regarder au millième degré.
Par sephja

Critique : Danger 5 1.01

~ 7 minutes de lecture
Hitler enlève la Tour Eiffel, obligeant Danger 5 à mener l'enquête, tout en tuant plein de nazis. Une future série culte pour les amateurs de bizarrerie à regarder au millième degré.
Par sephja

How to kill Hitler ?

La tour Eiffel est volée par un Zeppelin de l'armée nazi, marquant une nouvelle tentative d'Hitler dans ses tentatives de prendre la possession du monde. Heureusement, Danger 5 vient à la rescousse. L'équipe commence son enquête à Paris dans un bar appartenant à la résistance, lorsqu'une rafle a soudainement lieu. Les deux membres féminines de Danger 5 sont enlevées pour servir de danseuses exotiques à l'anniversaire du Führer.

 

 

Résumé de la critique

Un épisode venu d'ailleurs que l'on peut détailler ainsi :

  •  ben, il y a un ours qui joue du piano
  •  j'ai testé les cocktails, mais le Mein Führer arrache
  •  bordel, je viens de voir un faisan par la fenêtre... ah oui pardon 
  •  Hit me baby one more time 

 

 

Something rotten in Serie All

Difficile de situer Danger 5, hormis en soulignant que le style du show est quelque part entre Objectif Nul et les ZAZ de Police Squad. Tout est délirant, invraisemblable, le show cherchant à pasticher les séries d'espionnage américaine des années 70 en proposant l'histoire d'un groupe d'espions chargé de tuer Hitler. Enfin, hormis la présence de Goebbels en ministre de la propagande, la série ne se soucie guère de la crédibilité, délaissant toute vraisemblance, avec des chiens qui parlent, des nazis franchement stupides et cinq héros adeptes de la consommation excessive de cigarettes et d'alcool.

Pour regarder Danger 5, il faut abandonner le premier degré et vous munir de tous les autres, tant le show est un sommet dans le domaine du grand n'importe quoi. Pour des raisons secrètes, Hitler fait enlever les plus grands monuments du monde, à commencer par la tour Eiffel grâce à ses Zeppelins. Un homme à tête de pygargue ordonne alors aux cinq espions de Danger 5 de se rendre à Paris pour découvrir les projets secrets d'Hitler. Une fois en France, Pierre retrouve des amis de la résistance, dont Céleste, une ancienne amante, et se retrouve pris dans une rafle des nazis qui enlèvent toutes les filles sexy pour servir de divertissement au Führer.

Dire que Danger 5 est un délire très irresponsable serait largement en dessous de la réalité, c'est sûrement le show le plus fauché, timbré et volontairement ridicule de l'année. Les enchaînements sont bâclés, les ours jouent du piano et les chiens sont des robots tueurs, le tout pour une aventure finalement assez dynamique, très agréable à suivre et étrangement cohérente.

 

Youpi, dansons la carioca !

Pour incarner les cinq agents très spéciaux, une troupe de comédiens hétéroclites et jusqu'ici inconnus, avec en particulier les auteurs David Ashby et Carmine Russo qui interprètent le très viril Jackson et le méchant Hitler. Un führer de pacotille qui évite toute ressemblance avec le vrai hormis la moustache, parodiant la figure classique du méchant de série télévisée. Tout est tellement gros que l'utilisation des Nazis comme des vilains pathétiques à la culture dégénérée passetotalement, ne créant jamais le trouble avec une réalité bien plus tragique.

C'est les oeuvres de propagandes et les navets propagandistes et irresponsables que les auteurs s'amusent à pasticher, utilisant l'image du 3ème Reich pour mieux en détourner les symboles. Sans faire dans la provocation inutile, Danger 5 délaisse l'aspect politique pour se moquer de l'aspect kitsch de ces films où un groupe d'espions parvient à déjouer les plans maléfiques d'un vilain diabolique. Durant cet épisode, un personnage sort clairement du lot, à savoir Ilsa, espionne russe alcoolique et cynique, pratiquant la consommation perpétuelle et immodérée de cigarettes.

Figure du mâle viril, Jackson est l'américain type, appuyant le côté pastiche de la série en raillant le patriotisme de certaines séries. A l'opposé, Tucker et Claire se montrent plus sérieux et mesurés, donnant un réel enjeu à cette histoire en s'efforçant de montrer un certaine conviction dans l'importance de cette mission. C'est avec cet équilibre étonnant entre une histoire simple et divertissante et une forme parodique assumée et délirante que Danger 5 devient une vraie réussite, proposant une comédie plaisante et délirante particulièrement bien rythmée.

Le dernier personnage est Pierre qui hérite de la storyline sentimentale hyper prévisible qui évoque totalement le style parodique des ZAZ, avec des sentiments exacerbés jusqu'au ridicule. Une construction bien pensée pour une série qu'il faut voir comme le Scooby-Doo de la série d'espionnage, moment de détente réjouissant jouant avec les clichés du nanar avec délice.


 

Welcaumme tout ze Frenche 

S'il y a un point remarquable et hilarant dans cet épisode de Danger 5, c'est sans conteste les accents abominables des différents personnages, en particulier quand les Français parlent en Anglais. Difficile de ne pas rire devant les prononciations des acteurs, entre le Français désastreux de certains et le yaourt abominable durant la scène à Paris. Cherchant à donner l'impression d'une oeuvre bâclée, les auteurs appuient totalement le côté factice du rendu visuel, tout en misant sur le dynamisme du récit et le rythme au profit de la crédibilité.

En effet, les trente minutes de l'épisode sont bien remplies, l'intrigue privilégiant l'action en ne laissant que peu de temps morts. Le show se regarde avec un réel plaisir au second degré, et fournit un vrai moment de comédie totalement barge et plutôt jouissif. On reprochera juste le manque de vraie trouvaille comique, la série se limitant à jouer la carte de la parodie sans chercher à en faire plus, n'osant que trop rarement l'absurdité totale, hormis une courte scène où une peluche d'ours joue au piano la Chevauchée des Valkyries de Wagner.

Au final, un océan de bonnes idées, mais un final un peu trop sage qui ne parvient pas à pousser un peu plus loin le sens du pastiche des auteurs. Voir Hitler s'enfuir par une fenêtre est un peu décevant au vu du reste de l'épisode, et ça laisse un certain sentiment d'inachevé.

 

Le comique de répétition est-il trop répétitif ? 

Délirante et terriblement fauchée, Danger 5 prouve la créativité de la télévision des antipodes, proposant un programme original franchement réjouissant. Parodie de série télévisée dont elle reprend la construction et le rythme de narration, elle est une bonne surprise, même si le show ne laisse que peu d'espoir concernant une possible évolution du format. L'effet de surprise joue donc à plein et l'image débridé des auteurs aura sûrement du mal à palier une certaine routine qui va fatalement s'installer, cet épisode marquant les limites assez claires du show.

En conclusion, un épisode très plaisant de Danger 5 qui pose l'univers joyeusement décalé de la série suivant les aventures d'un groupe d'agents secrets luttant contre Adolf Hitler. Pastichant les séries d'espionnages avec un certain succès, le show produit un divertissement dynamique et efficace tout en moquant de la propagande sous toutes ses formes. Une série sympathique et à prendre totalement au second degré, surtout pour apprécier les accents français ou allemands désastreux des comédiens.

 

J'aime :

  •  une intrigue totalement absurde 
  •  des accents franglais hilarants 
  •  des effets spéciaux totalement fauchés 

 

Je n'aime pas :

  •  le format qui ne laisse que peu de possibilité d'évolution 

 

Note : 14 / 20 

Petit bijou de second degré, Danger 5 est un pur OVNI qui s'amuse à pasticher les nanars d'espionnage avec un minimum de moyen. Drôle sans être stupide, la série propose quelques délires bien pensés, même si le show semble difficilement pouvoir évoluer au-delà de la sympathique parodie déjantée. 

L'auteur

Commentaires

Avatar Koss
Koss
Tu as quand même réussi à critique un truc impossible à critiquer.. Chapeau ! C'est vrai que comme toi, j'ai peur pour la suite. Passé l'effet de surprise, il va falloir que la série verse dans le grand n'importe quoi maitrisé (je veux le retour de l'Ours !) sinon cela risque de devenir vite lassant.

Avatar sephja
sephja
Je dois reconnaître que j'en ai bavé pour celle là. Merci.

Avatar CAD
CAD
Y'a quand même des dinosaures nazis dans le prochain épisode quoi. Si ça c'est pas rester créatif, je sais pu ce que c'est.

Avatar Koss
Koss
On ne parle pas du contenu lui-même, on parle de la structure de l'épisode.

Avatar Puck
Puck
Moi, j'ai eu l'impression de replonger avec délice dans Des agents très spéciaux, mais sous acide. J'adore.

Avatar yannick511
yannick511
Le 1er avril est en avance cette année ? Parce que ça tu l'a inventé hein rassure-moi ?

Avatar Puck
Puck
@Yannick. C'est une question pour sephja ? Si c'est le cas, je t'assure, la série existe bel et bien.

Avatar sephja
sephja
Je confirme, Danger 5 existe... Attends, Yannick, je peux faire mieux pour le 1er avril.

Avatar Puck
Puck
Pour mémoire (et parce que ça me fait plaisir de les revoir ), the man from U.N.C.L.E : http://www.youtube.com/watch?v=iC88U1SyQQw http://www.youtube.com/watch?v=cuRaRiPgLME&feature=related

Avatar sin
sin
Je suis en retard. Mais je trouve que tu as totalement résumé mon avis par cette phrase :"une série qu'il faut voir comme le Scooby-Doo de la série d'espionnage". En tout cas merci pour cette trouvaille.

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