Je ne sais pas quoi dire. Je suis absolument consterné par la médiocrité de cet épisode. Certes, la série à toujours eu des haut et des bas, mais alors là, je crois qu'on est plus très loin du noyau terrestre tant on touche le fond sur tous les plans dans cet épisode qui ne cesse de continuer à creuser à mesure qu'on avance dedans qui plus est.
On dirait presque que ça l'amuse de repousser les limites de la nullité, d'accumuler toutes les erreurs possibles et imaginables, de tomber dans absolument tous les pièges qui lui tendait au nez, et de n'absolument jamais réussir à extraire le moindre truc de bon de tout ceci (et il y avait pourtant, largement de quoi faire. Au contraire de beaucoup d'autres, l'épisode avait même une branche de secours pour le sauver du néant absolu : verser dans le nanard, faire rire, et ainsi limité les dégâts. C'était un épisode qu'il n'était juste pas possible de rater complètement. Et malgré tout ils l'ont fait !!!). Quel gâchis cet épisode, mon dieu, quel gâchis ! Si au moins ça avait le mérite d'être drôle dans sa nullité, mais non, ça ne l'est pas une seconde, l'épisode se prend horriblement au sérieux, et on s'y fait de surcroît incroyablement chier (car en plus, tout est méga prévisible. D'ailleurs toutes les révélations balourdées au cours de cette troisième partie, n'importe qui les aura devinées dès la fin de la 1ère / début de la 2ème).
A vrai dire, je ne sais même pas qui de la 2ème ou de la 3ème partie est la pire.
D'un côté cette dernière a au moins un minimum d'intérêt vis à vis de ce qui se passe à l'écran. Au moins ça bouge un minimum, au moins l'intrigue avance (là ou la partie 2 était complètement inutile).
De l'autre, elle détruit le seul recours extérieur au nanard qui restait à l'épisode : développer un sous-texte intelligent. Jusque là on avait un développement assez fin du conflit déchaîné entre les Draavins et les Drills loin de tout manichéisme, ou chaque camp avait sa part d'ombre et ses motifs. On sacrifie ça pour un banal "Il ne faut pas se fier aux apparences", puisque l'épisode décide subitement de rendre tout manichéen, faisant définitivement des Draavins les méchantes qui ont l'apparence de belles femmes, et des Drills les gentils monstres hideux aux intentions très louables qui se sont fait pièger par la chef des garces sans rien demander à personne, si ce n'est qu'ils pouvaient les aider. C'est précisément ce que je redoutais de plus au niveau de cette intrigue et c'est malheureusement ce sur quoi on a aboutit. L'épisode viens de perdre sa seule chance de se rattraper et je crains le pire pour la partie 4.
Alors oui, le nouveau message n'est en soi pas mauvais pour autant. Il est très bon même, et le fait que le show transmettait ce genre de valeurs aux enfants qui le regardaient à l'époque était une excellente chose (ceux de notre époque en auraient d'ailleurs bien besoin dans leurs programmes à eux ...). Et en plus, ce revirement à beau opérer un changement de ton net vis à vis des deux premières parties, il reste cohérent avec la trame de l'épisode et à le mérite de rester dans cette nouvelle orientation sans jouer au yo-yo à ce niveau (ce qui là aurait été ridicule). Le problème que ça pose vis à vis de cet épisode, bien avant le fait que l'orientation de base était nettement plus intéressante, c'est que ça entre en revanche en contradiction avec le background des espèces de l'épisode, en particulier les Draavins, et rend caduc tout le travail effectué sur ces dernières qui avaient bouffé énormément de temps. A quoi bon passer 75 minutes à les nuancer, rendre leurs comportement ambigu, développer leur histoire et même suggérer un possible schisme et retour à la raison des subordonnés face à leur chef diabolique si c'est pour au final n'en faire que des salopes unidimensionnelles absolument incapables de s'affranchir de leur nature ne serait-ce qu'une seconde ? Ca semble en faire, qui plus est, des personnages incroyablement cons et aux actions assez illogiques, puisque les Drills se refusant au meurtres, elles avaient largement moyen de remporter la partie bien plus tôt. Et ça ne risque pas d'améliorer les clichés sur les blondes ...
Enfin, je râle sur les Draavins, mais, si c'est déjà bien plus explicable et logique, le comportement des Chumblies envers nos amis voyageurs dans le temps au cours de la partie 1 semble du coup un peu étrange de leur part. Certes, les Draavins ont pu les rendre craintifs des inconnus, mais vu l'avance de leur technologie et ce qu'ils sont capable de détecter, il semble bizarre qu'ils n'aient pas pu comprendre plus tôt qu'ils étaient amicaux ...
Enfin bref, Galaxy 4 continue de faire du grand n'importe quoi et à gâcher honteusement son potentiel. Il me semble cette fois impossible à l'épisode de pouvoir se rattraper après le changement de direction entamé dans cette partie 3. Tout au plus, la dernière partie arrivera à limiter les dégâts ... si elle n'arrive pas à trouver un moyen d'empirer encore plus le tout ! C'est donc sans le moindre espoir, mais pressé d'en finir, que je m'en vais la regarder.
Définitivement, et de bien loin, le pire épisode d'Hartnell pour l'instant ...
Et dire que cette partie là à été retrouvé, quand il nous manque encore aujourd'hui l'épisode Doppelganger du 1er Docteur, l'épisode introductif de Troughton, ou encore l'épisode final d'Hartnell ...
Putain, ils l'ont fait quoi. Jusqu'au bout, ils auront réussis à faire plus nul, et plus nul, et encore plus nul.
Je ne vais pas réexpliquer une nouvelle fois les défauts communs à toutes les parties de cet épisode (d'autant que l'avis sur l'épisode dans sa globalité s'en chargera probablement). Cette ultime partie décroche la palme d'or parce qu'elle parvient en plus de tous ce qui n'allait déjà pas, à rendre des aspects qui jusque là allaient parfaitement soudainement médiocrissimes. Il n'y a rien à sauver de cette ultime partie, vraiment rien.
Pas le fait que le rythme de l'épisode soit incroyablement plat en dépit de toute la tension qu'ils ont été instaurés en fin de partie 3 et qu'ils essaient, en vain, d'entretenir tout au long de cette partie (La nouvelle orientation de l'épisode et les informations que la partie 3 nous as apportés sur le conflit à vraiment complètement tué la menace que représentaient les Draavins et les a rendu complètement inintéressantes).
Pas le fait que les Chumblies deviennent au cours de cette dernière partie sonoriquement aussi pénibles que les Zarbis de The Web Planet à jouer le même son en boucle alors qu'ils avaient brillamment évité cela lors des 3 premières parties.
Pas le fait que le nouveau sous-texte soit asséné d'une manière incroyablement grossière. Car oui, pendant 3 minutes ... 3 putains de minutes ... Nos héros vont nous faire la morale en live. Oui, vous avez bien lu, en live, et bien lourdement en plus, on se croirait dans Dora L'Exploratrice. C'est à des milliers d'années lumières de la subtilité habituelle de Doctor Who à ce niveau là, et, autant ça aurait pu passer si l'épisode était bon avant, et cohérent du début à la fin avec ce qu'il fait, autant là, on a juste l'impression d'être pris pour des gros cons et ça donne envie de faire un doigt au scénariste.
Et encore moins le fait que le Docteur abandonne les Draavins à leur mort à la toute fin de l'épisode. Vu la manière dont les 2 dernières parties les avaient manichéenisées, il ne pouvait certes pas faire autrement, mais il n'empêche que ce geste va totalement à l'encontre du message qu'il cherche à défendre durant tout l'épisode. A l'encontre même du message logique qui découle de celui de cette morale si lourdement assénée.
Bref, autant ça avait été plutôt bien géré sur la partie 3, autant là, le constat est clair : l'orientation scénaristique choisie à mi-chemin par l'épisode a tué ce dernier, qui n'aura pas volé son titre de pire épisode de l'ère Hartnell (de tout Doctor Who ?).
Enfin, je suis médisant : il y a quand même un truc cool dans cette partie : la scène finale, teaser de l'épisode suivant, qui semble promettre quelque chose de bien plus intéressant. De toutes façons, même si ce dernier est raté, pour faire pire que ce season premiere, il va devoir se lever de très bonne heure.
Une catastrophe totale ...
----
Bilan Episode 18 : Galaxy 4
Incroyable.
Juste incroyable.
C'est juste incroyable de se rater à ce pont sur le résultat final avec de tels éléments à sa disposition. C'est un putain d'exploit même ...
Et l'épisode n'a vraiment aucune excuse. Car la 1ère partie était plutôt réussie et que tout était là pour faire un bon épisode, ou au moins, un épisode drôle dans sa nullité.
Car oui, c'est bien réalisé, c'est joué très correctement par les acteurs (qui font ce qui peuvent avec ce qu'on leur donne), et malgré le fait que ce soit un Sci-Fi pur et dur, c'est l'un des épisodes les moins kitchs de cette époque de la série qui soit de ce genre (Les Chumblies sont très bien fait, les Draavins aussi, et malgré le nombre e décors très réduit, le metteur en scène à su bien les exploiter pour donner une impression de vaste distance entre les trois points phares de la planète. Ce n'est donc pas sur un plan technique que ça foire, bien au contraire, car à part le rythme qui souffre de vraies lenteurs au bout de la seconde partie, le reste fait très bien l'affaire.
Ce n'est même pas tant que ça la faute au scénario de base. Les deux espèces aliens et le contexte dans lequel elles sont mises en scène étaient intéressantes de prime abord, et aurait pu donner quelque chose de très intéressant. C’est la manière dont va évoluer le scénario qui va tout foutre en l’air. Il y avait plein de thèmes sous-jacents très intéressants à exploiter dans cette histoire. Malheureusement, son auteur ne semble en avoir vu qu'un seul d'entre eux et s'est obstiné à ne développer que celui-là ...
Le problème, c'est que l'épisode ne sait pendant une bonne partie de son temps pas ce qu'il veut, et ça va lui être très préjudiciable. Parti initialement sur les bases d'une guerre entre deux peuples avec un traitement nuancé ou l'on prend le temps de les développer progressivement pour mieux les nuancer et éviter d'en rendre un tout blanc et l'autre tout noir, l'épisode décide à mi-chemin de prendre la direction opposée et de manichéiser les deux peuples, rendant ainsi totalement inutile le nuancement effectué sur la race méchante (qui prend énormément de place sur les 3 premières parties, et qui ne servent au final vraiment à rien car n'ayant aucune retombée dans la partie 4 [alors qu'il y avait vraiment moyen de rendre ça utile en laissant Maaga manichéenne mais en faisant que les Draavins la lâche après avoir appris qu'elle avait tué l'une des leurs pour déclencher le conflits avec les Drills, le Docteur aurait alors pu les sauver et ne laisser que Maaga sur la planète, ce qui est quand même bien plus raccord avec le thème développé par l'épisode). Déjà, même s'ils avaient su rebondir après un tel retournement, ça aurait de toutes façons laissé un arrière goût amer de pure perte de temps absolument inutile sur un bon tiers de l'épisode ...
Le problème, c'est que justement l'épisode n'a pas su rebondir sur ce changement de ton, et, par les informations qu'il apporte, les pistes qu'il décide d'exploiter et celles qu'il décide de négliger, décrédibilise complètement les ennemis (finalement totalement impuissants. Même cet aspect aurait pu être intéressant, mais ça n'est pas exploité une seconde), les victimes (qui, à défaut de résoudre leurs problèmes, aurait pu directement repêcher nos héros sans tomber sur les Draavins vu qu’il les détecte à distance, et ainsi régler le problème bien plus vite), fout un coup à la cohérence morale de l'épisode (même si le reste arrive à peu près à tenir la route niveau cohérence) et diminue sérieusement l'importance de nos héros sur la fin du récit. Déjà, sur l'intégralité du serial, Steven et Vicky n'auront vraiment pas servi à grand chose. En général il est rare qu’un épisode où les compagnons sont présent et inactifs n’en pâtisse pas au bout du compte, et là ça n'aide clairement pas (surtout Steven qui n'aura vraiment servi à rien. Il n’aurait pas été là de l’épisode que ça n’aurait globalement rien changé, à part un otage en moins pour les Draavins et une scène de tension de moins). Mais sur la deuxième moitié de l’épisode, même l’utilité du Docteur est en chute libre, vu qu’il ne devient guère plus qu’un livreur de fuel pour le camp des « gentils » sans avoir à se soucier de celui des « méchants » (d’ailleurs sur la partie 4, il n’est jamais inquiété par leur attaque imminente, mais par le temps de vie restant à la planète) ni du fait que Steven soit en otage, car les « gentils » sont capable de les contenir à l’aise et de libérer Steven pour eux. Comment voulez-vous vous sentir impliqué dans l’histoire quand vos héros eux même ne sont jamais vraiment en danger car avec le camp dominant ? C’est pas pour rien non plus si le Docteur se range souvent du côté des plus faibles dans ce genre d’histoires, ça a un intérêt scénaristique, hein William Emms ?
Mais non, il n’y a rien à faire. Car jusqu’au bout et contre vents et marrées, ce cher William Emms, scénariste de cet épisode (et heureusement, j’ai vérifié, que de celui-là dans l’histoire de la série) n’est intéressé que par une seule chose dans son histoire : montrer qu’il ne faut pas se fier aux apparences, que les moches peuvent être les gentils et que les belles peuvent être les méchantes. Le gaillard était un prof, et une fois que tu sais ça, pas mal de choses s’éclairent : il ne voit son histoire que comme un conte pour enfants destiné à leur inculquer une morale. Très belle morale soit dit en passant, et je n’ai absolument aucun problème à la base là-dessus, mais ça coince énormément sur deux points.
Déjà, le fait que l’épisode pouvait faire vachement plus sur pleins de points, sans pour autant sacrifier le message qu’il voulait faire passer. C’est un énorme gâchis et ça ne passe juste pas et qu’il est incohérent dans son développement. Si tu veux développer un thème précis, en général, tu évites de développer son inverse, surtout quand le rendu de cette dernière est meilleur que celui de ce que tu veux faire.
Ensuite, et ça c’est juste insupportable, c’est la lourdeur avec laquelle est assénée la morale dans les deux dernières parties. Doctor Who à toujours développé des sous-textes, mais jamais, même quand le show était plus orienté vers les gosses, il n’avait osé nous l’exposer de manière aussi lourde, aussi grossière, aussi crétine. William Emms était un prof, et sur ce passage, il n’agit plus une seule nano-seconde comme un scénariste, mais comme un prof : il nous donne la leçon, nous fait la morale, et d’une manière aussi fine que des programmes de l’acabit de Dora L’Exploratrice. C’est juste à des années lumières de la subtilité habituelle de l’écriture de la série à ce niveau-là. Ca aurait pu être à peu près oubliable si la fin n’allait pas à l’encontre du message logique qui découle de cette morale, mais vu la fin qu’il offre aux Draavins, ça ne passe juste pas.
Enfin bref, on peut tergiverser encore longtemps sur cet épisode, mais ce qui est clair c’est qu’il est parvenu à se rater sur tous les plans. Mais même là, même au fond du trou, l’épisode avait une dernière carte à jouer : exploiter son nanard side. Franchement, avec un peu de dérision et d’auto parodie, Les Barbies de l’Espace vs. Les Robots Aspirateurs, niveau nanard ça à un potentiel énorme, il y a de quoi bien se fendre la gueule sur ce truc, et de ressortir de l’épisode au moins un minimum diverti. Mais bon, comme vous vous en doutez bien, et quand on y repense c’est bien logique vu l’origine des précédents défauts, l’épisode se prend terriblement au sérieux, nous privant de la seule chose pouvant encore le rendre sympathique à nos yeux : être drôle dans sa nullité.
En résumé, Galaxy 4 est une horreur absolue, un sommet de gâchis de potentiel, un véritable manuel des erreurs à éviter pour apprenti scénariste, c’est long (et c’est un 4 parts pourtant, merde quoi !), c’est chiant, c’est lourd … Bref, un ratage total, et qui n’a absolument aucune excuse pour en être arrivé là. De très loin le pire d’Hartnell pour l’instant (et j’espère qu’il le restera), sans doute le pire que j’ai vu de la série classique jusqu’à présent, voir peut être même le pire de Doctor Who tout court.
Un vrai cauchemar …
Note de l'épisode (Moyenne des parties) = 7,5/20
L'avantage avec les one parters, c'est que du coup je n'ai pas à faire une critique par partie et une critique globale de l'épisode, je n'ai qu'à directement faire cette dernière ! Malheureusement, ce sera un cas unique dans la série classique (exception faite de l'épisode des 20 ans et du téléfilm avec Paul McGann).
----
Bilan épisode 19 : Mission to the Unknown
Unique, en voilà un excellent mot pour qualifier cet épisode, car il l'est en de très nombreux points. C'est en effet le seul épisode sans statut spécial qui ne dure qu'une partie, et ça doit être probablement être l'un des seuls de la série à avoir un vrai bad ending. C'est aussi le seul épisode de toute l'histoire de Doctor Who dans laquelle ni le Docteur ni ses compagnons ne sont présents. C'est également le tout premier épisode posant clairement les jalons de l'intrigue d'un épisode futur (si on excepte les petits cliffhangers d'entre deux épisodes chers à l'ère Hartnell), et d'une manière générale, même si ça n'implique vraiment qu'entre 2 épisodes (bien que The Myth Makers introduira dans sa dernière partie quelques éléments qui auront une importance toute particulière dans "The Daleks' Master Plan"), c'est donc aussi la toute première fois que la série s'amusait à construire un arc narratif sur une certaine durée. Mission to the Unknown partait donc déjà avec l'avantage d'être absolument unique et peu commun dans tous les cas, quand bien même il ne serait pas arrivé à combler l'absence du Docteur et que son intrigue devait s'être révélée à chier et incapable de surpasser son statut de prequel au gros morceau de la saison..
Eh bien, parlons-en de l'épisode : Fort heureusement, il aura su pallier aux conséquences néfastes que ses particularités auraient pu entraîner. Si on se demande bel et bien qu'est-ce que fout le Docteur au bout de 5, 10 minutes d'épisodes, on finit par complètement oublier son absence tant l'ambiance dans laquelle se trouve les protagonistes de cet épisode est très tendue et prenante, d'autant que là, ces personnages n'étant pas des récurrents, on craint (et à raison au final en plus) constamment pour leur vies, d'autant que la menace est absolument partout : entre les Daleks, ces flippantes plantes conçues par ses derniers qui sont des ennemis redoutable, et le conseil d'administration de la confédération des salopards de toutes les galaxies, il y a vraiment de quoi faire. De même, l'épisode dépasse son statut de prequel en consistant en une véritable histoire en soi, bien que des éléments sont clairement posés pour la suite. Là où ils ont été intelligents, c'est qu'ils ont fait en sorte que la quasi totalité de ces dits éléments fassent partie intégrante de l'intrigue de cet épisode, et ne sont juste pas posés là uniquement pour "The Daleks' Master Plan". Et puis, le format 1x25 minutes à l'avantage de nous pondre un épisode très rythmé, qui ne peut pas se permettre de perdre son temps avec du superflu.
La seule chose qui limite l'épisode en fait, c'est paradoxalement ce dont il aura réussi à s'affranchir suffisamment pour avoir une identité propre, mais pas assez pour en être totalement déconnecté : son statut de prequel à "The Daleks' Master Plan". L'épisode ne peut pas non plus se permettre de griller toutes les cartes de l'arc narratif dont il fait partie d'emblée, et vu que malgré son absence, l'aventure tend clairement à présenter des obstacles que le Docteur sera amené à affronter par la suite, l'épisode en devient par là même un peu prévisible : on se doute bien que les Daleks vont gagner pour une fois, que l'alliance entre les méchants pas beaux va se conclure, et que probablement les héros de cet épisode ne vont pas faire long feu. Mais ça après, il était compliqué de faire autrement, on peut difficilement le lui reprocher, d'autant que l'épisode est fort sympathique à suivre et que, sans nous proposer quelque chose d'extraordinaire non plus, ce qu'il fait il le fait très bien.
En bref, un petit épisode bien sympa qui est limité de par la fonction qu'il occupe dans l'arc, mais qui donne le meilleur de lui même en exploitant aussi bien que possible ses différents éléments pour nous divertir et nous proposer un prologue intéressant de ce qui va suivre prochainement. Du coup, ça va faire un peu comme l'épisode "The Rescue" : Même s'il est limité dans son propre concept et que ça empêche la note d'aller très haut, ça n'en reste pas moins un épisode très honorable et réussi, dont je garderais un très bon souvenir.
Je conseille d'ailleurs fortement la reconstruction animée pour celui ci. D'une part parce qu'elle est très réussie, d'autre part, parce que ça fait du bien de voir des images bouger au sein de cette 3ème saison dévastée ...
Note de l'épisode (Moyenne des parties) = 13/20
Après une sombre merde qui aurait pu être géniale et un teaser du gros pavé à venir juste après ce qui nous intéresse là maintenant, la saison 3 démarre vraiment avec la 1ère partie d'un épisode historique (après une fin de saison 2 et un début de saison 3 exculsivement Sci-Fi, ça fait du bien de retrouver ce genre) qui s'annonce d'emblée aussi atypique que l'excellent The Romans.
The Myth Makers situe son action lors de la fin de la guerre de Troie. Ce qui peut sembler étrange pour un "historic", vu qu'il s'agit plus à proprement parler d'un mythe que d'un fait avéré (du moins, l'histoire que met en scène cette partie 1 ne laisse aucun doute : c'est bien une relecture du mythe à la sauce Dr. Who). L'épisode met d'ailleurs en scènes les grands héros de cette guerre.
Dit comme ça, le scénario semble d'emblée prévisible et le pitch pas plus excitant que cela, nous promettant au mieux une histoire sympatoche, au pire quelque chose de chiant. Mais là ou réside le génie de cette épisode, et cela dès sa première partie, c'est qu'il a parfaitement conscience de cet état de fait, et qu'il va s'amuser à jouer sur les codes et personnages de cette histoire comme c'est pas permis avec énormément d'humour, même un bon brin d'humour noir (chose plutôt inhabituelle pourtant dans le show), en démystifiant la guerre de Troie et en faisant de ces grands héros de la mythologie Grecque des personnages très humains.
Ainsi, nous avons ici affaire à un Achille certes fort mais d'une crédulité aberrante, un Ulysse qui, loin du mec raffiné et intelligent des légendes, s'impose ici comme un sombre connard, un Agamemnon manipulateur et uniquement gouverné par son intérêt personnel, ou encore un Mélénas blasé de la vie (la vanne sur le tromperie d'Hélène est en ce sens assez épique). L'aspect mythique du conflit entre les Grecs et les Troyens est lui aussi tourné en ridicule, comme le montre la première scène de l'épisode, qui commence par le duel d'Hector et Achille, interrompu par le Docteur et l'atterrissage du TARDIS, ce sur quoi Achille, loin d'agir comme un héros plein d'honneur, en profitera pour tuer Hector pendant qu'il avait le dos tourné. De même, voir le Docteur être pris pour Zeus et ce dernier s'en amuser énormément (pas sur que ce soit si bon pour son égo tout ça) est un grand moment.
Bref, cette première partie, malgré le fait qui ne s'y passe finalement pas grand chose, est un pur régal de par ses dialogues et situations savoureuses et l'ingénuosité dont fait preuve le récit. L'épisode s'annonce excellent, et on regrette déjà le fait qu'il fasse partie des lost episodes ...