The Myth Makers poursuit sur son excellente lancée avec une deuxième partie meilleure encore que la 1ère ! Elle est dans la pure lignée de cette dernière. Cette fois ci, après les Grecs, c'est au tour des héros Troyens d'être présentés, et c'est tout autant sinon plus hilarant que lorsqu'on était chez les Grecs (en particulier Pâris qui est juste priceless, mais on notera aussi une Cassandre survoltée qui fait toujours de vraies prédictions mais que personne n'écoute jamais). J'aime beaucoup le subterfuge de Vicky, j'ai d'ailleurs toujours aimé le côté réactif et réfléchi de cette compagne du Docteur. J'aime aussi beaucoup la maladresse relative de Steven en Diomède (son combat avec Pâris est anthologique) et le Docteur en train de réaliser lentement mais surement qu'il sera l'inventeur du Cheval de Troie, mais qu'il n'ose pas proposer de peur d'altérer le futur car il croit, comme le mythe l'a toujours dit, que l'idée viens d'Ulysse. Ce genre de délires au sein d'un épisode s'amusant à transformer le mythique en banalités sont absolument géniaux, j'adore. L'écriture de cet épisode est absolument divine, méticuleusement bien pensée et d'une finesse et audace assez incroyable pour son époque. Le tout, servi par des vannes et des dialogues absolument divins. Un pur régal !
Cette deuxième partie tire aussi son épingle du jeu en développant l'intrigue de manière intéressante. Ulysse est maintenant au courant de tout et compte bien tirer autant que possible profit de la situation. La balance des pouvoirs qui se met en place entre les personnages, quand bien même elle est traité sur un ton absurde, est elle aussi finement traitée, et le tout peut vaciller en un rien de temps, comme le montre si bien la fin de cette partie. Et le fait que le mythe ne soit pas suivi de manière stricte et que les caractères des personnages ne soit pas ceux que nous connaissons habituellement quand cette histoire est racontée crée quelques situations de surprise très bienvenue.
Bref, cette deuxième partie semble définitivement confirmer le génie de l'épisode et nous promettre bien plus encore pour la suite des réjouissances.
The Myth Makers se rapproche de sa fin, mais heureusement, c’est toujours aussi bon. Pour les exactes mêmes raisons que les deux premières parties : son écriture génial qui tourne le tout en une gigantesque farce. Mon avis sur cette 3ème partie va donc être court puisque le niveau reste toujours aussi excellent, il n’y a rien à y redire, c’est du grand n’importe quoi jouissif. Le titre de la partie, « Death of a Spy », est d’ailleurs un immense troll à l’encontre du personnage de Cyclope, qui rencontre une mort de merde dans une scène incroyablement gratuite et hors-sujet juste parce que les scénaristes ne savaient plus quoi faire de lui. De même pour le personnage de Cassandre qui y est trollée en permanence, étant la seule à ne pas aligner conneries sur conneries mais dans le même temps la seule qu’on ne prend jamais au sérieux. Le fait qu’elle soit la seule à prophétiser en toutes occasions la vérité ne rend tout cela que plus délicieux encore, tant la rage et la jalousie du personnage la rende « insupportable » (dans le bon sens du terme, son personnage n’est pas raté et n’est pas chiant à suivre, très loin de là). D’ailleurs, ce genre d’écarts un peu gratuit, il y en a pas mal tout au long de l’épisode, mais c’est excusé parce que ce dernier en a pleinement conscience et joue ouvertement avec tout ça. Rarement un script de la série n’aura été aussi fin et en même temps complexe dans sa structure, avec plein de niveaux de lecture. L’épisode nous fait même limite du méta par moment … Et Pâris est toujours autant priceless.
Et niveau scénario, on connait une progression significative. Le Docteur comprend enfin qu’Ulysse n’est pas le héros dépeint dans l’histoire qu’il connait, très loin de là, et réalise qu’il a toujours été destiné à créer le cheval de Troie pour mettre fin à cette guerre. Une pirouette qui reviens assez souvent dans New Who, mais qui s’est avéré très rare dans l’ancienne série jusqu’à présent (la seule exception était dans The Romans, et encore, le Docteur ne le réalise qu’après coup et n’a pas choisi consciemment que les évènements se déroulent de cette façon. Ici, il s’y résigne, face à l’inéluctabilité de son destin et le fait que l’histoire ne doit pas être changé, quand bien même il doit devenir le créateur d’un piège qui causera la mort de milliers de gens. C’est quelque chose d’assez fort quand même). Du coup, après une dernière tentative ratée très drôle d’échapper au destin, il décide de construire le cheval, sur lequel on termine la partie, qui est très bien fait je trouve. De même, on installe une romance assez clichée entre Vicky et Troilus qui nous fait doucement comprendre, après les affirmations comme quoi elle aime beaucoup l’époque, qu’elle pourrait s’y plaire, et le fait que l’épisode la mette particulièrement bien en valeur (son duo avec Steven lors de cette partie est juste excellent) que cette dernière pourrait bien de nous quitter au terme de l’épisode. La seule chose semblant pouvoir empêcher cela serait le massacre ultime de la fin de cette guerre, maintenant imminente de par l’arrivée du cheval dans la ville (et Vicky en a conscience). La 4ème et dernière partie s’annonce d’ailleurs très intéressante de ce point de vue-là : comment vont-ils traiter la fin de cette guerre, qui fut un véritable massacre ? L’épisode s’est jusqu’à présent toujours moqué de ce conflit et des acteurs de ce dernier, mais à toujours cherché à développer un discours anti-guerrier tout au long de son déroulement, qui risque d’avoir du mal à passer dans un contexte de dédramatisation et de parodie. Parviendront-ils à maintenir cette ambiance là tout en réglant ce problème-là ? Changerons t’ils de ton pour la dernière partie afin de rester raccord avec leurs thèmes ? Ou échoueront-ils, peu importe l’option qu’ils prennent (car il y a de très gros risques dans les deux cas) à livrer une conclusion à la hauteur de ce pour l’instant excellent épisode ? Ce serait dommage qu’ils se foirent, mais il faut reconnaître que le challenge est très excitant …
Et soudain, l'hilarante farce vira à la tragédie pure et simple. En effet, cette ultime partie de The Myth Makers marque une vraie rupture de ton avec le reste de l'épisode, en nous offrant quelque chose d'incroyablement sombre, limite parfois glauque, qui aime rappeler à quel point la prise de Troie fut une boucherie. On y verra (oui enfin, vous avez compris) entre autres nombres de personnages qu'on aura apprécié au cours de l'épisode périr froidement au cours de cette ultime partie [Pâris ... :( ], ne laissant que les salopards en vie (Ulysse et l'insupportable Cassandre. Leur dernier échange est cependant teinté d'un humour noir absolument génial). Une telle rupture de ton était vraiment risquée, et pourtant, elle est vraiment gérée à la perfection, et c'est quelque chose qui est pourtant loin d'être évident à réussir. L'écriture de cette épisode aura été d'excellente qualité jusqu'au bout, vraiment chapeau au scénariste de l'épisode, Donald Cotton. Dommage qu'il n'ai écrit que deux épisodes pour la série (néanmoins, le deuxième, The Gunfighters, est à venir plus tard dans la saison. J'espère que ce sera de même qualité que pour cet excellent épisode). J'aime également beaucoup le fait que le titre de l'épisode prenne pleinement son sens ici, et la gestion du personnage du Docteur dans cette ultime partie, vraiment très réussie.
Après, l'épisode ne perd pas non plus totalement de son côté humoristique, surtout présent au tout début et à la toute fin de l'épisode, notamment grâce à Katarina, ainsi qu'à la tournure parodique que prend dans cette dernière partie l'intrigue Steven/Diomède - Vicky - Troillus (le combat de ce dernier contre Achille est assez drôle dans sa connerie).
Et c'est peut être d'ailleurs le seul problème de cette ultime partie.
Car The Myth Makers, comme on a pu le percevoir à mesure de son avancement, est finalement bel et bien le grand final de Vicky. Un des compagnons du 1er Docteur que j'aurais préféré et qui aura apporté beaucoup à l'évolution de ce dernier, tout en étant un personnage très sympathique et attachant. Et sa fin laisse un arrière goût amer, parce que si l'aspect très parodique et second degré de son départ colle bien à l'ambiance de l'épisode (ce qui aide à faire mieux passer la pillule de voir un départ au motif strictement identique à celui de Susan celà dit), ça l'est moins vis à vis du parcours du personnage, qui méritait mieux qu'une fin parodique. C'est d'ailleurs moyennement crédible avec le personnage tout de même très ancré dans le fait qu'elle vienne du futur qu'elle puisse se plaire dans une époque si primitive de l'humanité. Mais bon, après tout, c'est comme ça, certes pas le meilleur départ de compagnon qu'on ai pu voir, mais pas non plus le pire. Et puis au moins, l'aspect sombre de l'épisode aura permis à son départ d'avoir un minimum d'aspect vraiment dramatique, comme son tout dernier contact avec le TARDIS, et sa discussion hors champ avec le Docteur dans laquelle elle lui annonce sa décision.
Je dois avouer aussi que j'aurais aimé qu'elle reste plus longtemps. J'aimais beaucoup Vicky et je sens qu'elle va me manquer. Même si la nouvelle compange, Katarina, semble annoncer de grand moments de rires, ainsi qu'un personnage très intéressant de part le fait qu'au contraire de Vicky, elle viens d'un passé très lointain, et prend tout ces trucs du futur comme l'illustration des mythes qu'on lui as tant contés.
Cependant, malgré ces touches d'humour, c'est bien la gravité qui domine globalement cette incroyable ultime partie, tout comme le cliff final qui laisse nos héros dans une situation très délicate. Quand on sait qui plus est que le prochain épisode est un certain 12 parts nommé "The Daleks' Master Plan", on brûle d'impatience de savoir de quoi il va en retourner ...
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Bilan Episode 20 : The Myth Makers
Je commence à en avoir vu un certain nombre d'épisodes reconstitués (même si c'est loin d'être fini). Généralement, bien que j'aurais préféré les découvrir en mouvement et/ou avec les vraies images du tournage (bien que j'adore les reconstruction animées et que je suis très admiratif du travail effectué sur ces dernières), ce n'était pas non plus du domaine de l'insurmontable, et j'arrivais à faire fit du fait que c'était des reconstitués en me laissant porter par le récit, en fin de compte, même si je préfèrerais bien entendu qu'ils le soient, le fait qu'ils est été perdus n'est pas un si gros fardeau que cela. Marco Polo était une bonne histoire, même si un peu longuette et avec quelques défauts, The Crusade était un épisode moyen et très quelconque, Galaxy 4 était une sombre merde et Mission to the Unknown était sympathique, mais sans non plus être un indispensable.
Mais là, avec The Myth Makers, pour la première fois, j'enrage vraiment de l'inexistence de l'épisode. J'aurais voulu découvrir cette histoire sous sa vraie forme, en profiter aussi pleinement que possible et m'extasier sur le travail visuel, apparemment très sympathique, de cet épisode là. Parce qu'il était juste génial sur de nombreux plans.
La principale force de The Myth Makers, c'est une écriture d'un génie et d'une finesse rarement vue dans Doctor Who. Le récit, conscient des possibles failles qu'il pourrait rencontrer, décide de jouer avec les codes de sa narration, en prenant une orientation satyrique très bienvenue sur une bonne partie de son épisode, et s'amuse comme un petit fou en jouant sur les détails de cette grande fresque mythologique qu'est la guerre de Troie. La plus grande réussite de l'épisode, constatable dès sa première partie et dont on se délectera tout du long, c'est d'avoir choisit d'humaniser le récit au point d'extraire tout aspect mythique aux événements et personnages de la guerre de Troie : ces derniers sont très humains, avec nombre de défauts impropres aux héros grec tel que décrits dans les textes antiques (Ulysse est un salopard fini et un manipulateur de première, Mélénas est un gros blasé de la vie, Pâris est un vaniteux hilarant, Cassandre une rageuse hystérique, ... même Achille est en fin de compte très benêt, muni par moments d'un courage douteux). On sent que les acteurs s'en donnent à coeur joie, que ce soit le cast de cet épisode, ou bien nos héros qui se trouvent parfois dans des positions fort intéressantes et sympathiques (le Docteur / Zeus, Vicky / Cressida, Steven / Diomède, ...). J'aime d'ailleurs aussi que le titre prenne pleinement son sens, en faisant du Docteur et de ses compagnons les dits faiseurs de mythes. L'opposition entre les héros grecs rendus humains au possible et nos simples mortels d'héros habituels (et oui, rappelons qu'à ce stade, la régénération n'existe toujours pas) déifiés par ces derniers est très bien rendue ...
C'était en plus un pari assez osé vu l'époque et le contexte dans lequel était diffusé la série. Et l'épisode va bien plus loin : ne se refusant pas des moments de pur humour noir assez jouissifs (notamment la prédiction finale de Cassandre sur Ulysse), il se permet même un changement de ton radical dans sa dernière partie incroyablement sombre, glauque et grave, en décalage complet avec le ton du reste de l'épisode, qu'il réussit à gérer pourtant avec brio.
Quand en plus ce qu'on peut voir de l'épisode met l'eau à la bouche (Le cheval de Troie, les décors et les costumes qui ont l'air bien travaillés, les personnages qu'on adorerait voir bouger, Katarina qui s'annonce être une nouvelle compagne très intéressante, et le départ de cette chère Vicky qu'on aurait tout de même aimé pu voir de nos yeux, quoi qu'on pense de la qualité de ce dernier), on ne peut qu'amèrement regretter que cet épisode n'existe plus, et prier pour qu'il fasse un jour partie de ceux qui retournerons aux archives de la BBC.
Un excellent épisode dans la lignée de The Romans, très malin dans sa construction et la caractérisation de son intrigue et de ses personnages, qui en fait un "Historic" de haute facture, fort sympathique à suivre, même dans sa condition de reconstitué. Sans aucun doute le meilleur de la saison 3 pour l'instant.
Note de l'épisode (Moyenne des Parties) = 15/20
Et c'est parti pour le plus long épisode de toute l'histoire de Doctor Who, un pavé de 12 parties soit un épisode de presque 5 heures, le seul, l'unique, le bien nommé : The Daleks' Master Plan. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'effectivement, à la vue de cette première partie, il s'annonce titanesque !
Ma plus grosse crainte compte tenu du fait que c'est un 12 parts, c'était que l'épisode mette du temps à démarrer. Fort heureusement, on est directement plongé dans le feu de l'action, que ce soit du côté du Docteur, où lui et Katarina vont avoir fort à faire pour trouver un antidote à la lame empoisonnée qui à touché Steven à la fin de The Myth Makers, et de celui de l'Agent Bret Vyon (interprété ni plus ni moins par celui qui deviendra bien plus tard le Brigadier) et son acolyte qui ne fera pas long feu, à la recherche de feu Marc Cory, le héros de l'épisode Mission to the Unkown. S'il ne se passe pas énormément de choses dans cette première partie, c'est largement contrebalancé par le fait que ça soit très rythmé (rarement une première partie d'épisode classique ne l'a été d'entrée jusqu'à présent) et qu'on ne perd pas de temps en besognes inutiles. L'épisode doit surement cette vigueur aux deux précédents, qui ont permis de lui donner une introduction tendue d'emblée (grâce à la fin de The Myth Makers), et à l'ambiance pesante et anxiogène (on retrouve exactement la même ambiance stressante que dans Mission to the Unknown). Le cliff est qui plus est foutrement efficace.
Cette première partie permet aussi de découvrir un peu plus Katarina, et j'aime beaucoup la manière dont il la développe. Je sens que cette compagne va me plaire et sera très intéressante à suivre. De même, elle à l'intelligence de rendre sa menace totale, en ne positionnant pas Bret vis à vis de nos héros (qui est donc pour l'instant perçu comme un ennemi), et en désécurisant, par son cliff de fin et les intrusions multiples en son sein tout au long de cette partie, le TARDIS lui-même. Le Docteur et ses compagnons vont devoir affronter la plus grande menace qu'ils n'aient jamais connus, et ils ne seront à l'abri nulle part ! Ca promet du très lourd !
On sent également dès cette première partie toute l'ambition du projet que constitue cet épisode et sa dimension gargantuesque, avec des décors vastes, des reconstitutions minutieuses, un background très travaillé posé en amont à travers les gouvernements galactiques et l'ère très futuristes dans laquelle on a atterrit (même si on ne sait pas encore tout, on sent que cet aspect de l'épisode à été très travaillé). L'épisode dégage qui plus est une atmosphère B-Movie Sci-Fi des années 60 absolument délicieuse, qui ne fait que le rendre plus agréable encore à son spectateur. Les gars voulaient faire le plus grand épisode de l'histoire de la série jusqu'alors, ça se sent tout de suite, et ils se sont donnés à fond pour tenter d'y parvenir.
En bref, The Daleks' Master Plan commence vraiment très bien. Si tout l'épisode est de cet acabit, ça promet l'un des tout meilleurs épisodes de la série (et la plus grosse frustration face à l'inexistance globale de l'épisode, malgré une reconstruction de très bonne qualité avec des effets d'animations bienvenus qui rendent le tout assez vivant) !