Un peu moins emballé par cette 6ème partie.
La manière dont le cliff de l'épisode précédent est résolu, si elle était dans le fond la seule logique, semble un peu facile quand même, et malgré un certain nombre d'obstacles de taille, le Docteur et ses compagnons ne rencontrent cette fois absolument aucun accroc. Du coup, même si la partie reste globalement tendue et qu'elle conserve l'ambiance bien marquée de ses prédécesseurs, le fait que le plan du Docteur se passe pour une fois exactement comme prévu, sans même que les méchants ne se rendent compte qu'ils se sont fait entubés à la fin (ça ne saurait tarder, mais ça fait perdre risque de faire perdre du temps inutilement à l'épisode dans les prochaines parties), additionné au fait que nos héros sont dès la résolution du cliff en position de force et le resteront en permanence tout au long de la partie rend cette dernière globalement moins prenante, bien que la stratégie du Docteur soit bien pensé (car dans son exécution, le coup de Steven et son champ magnétique, c'est un poil gros aussi) et que c'est plaisant de les savoir pour une fois "à l'abri".
En bref, on a le droit à une 6ème partie qui résout pas mal de points amorcés dans les précédentes et qui repositionne les personnages et la situation scénaristique pour la deuxième moitié de l'épisode. Espérons seulement que son intrigue arrivera à tenir le coup jusqu'au bout. Etant donné que, dans le fond, tout aurait pu se résoudre ici, malgré une première moitié du feu de dieu, je me permet, pour la première fois, de douter de sa capacité à tenir aussi longtemps sans finir par verser dans la redondance. Affaire à suivre donc, mais pour l'instant ça reste toujours bon, et on a quand même quelques pistes de suites certaines qui devrait normalement garantir le maintien qualitatif de ce dernier pendant au moins quelques parties de plus.
Gros mindfuck cette 7ème partie. J'avoue que je ne sais pas trop quoi en penser, même si à priori, je verse plus dans le négatif. Il y a de très bonnes idées dedans, mais ça provoque des trucs bien moins cool sur pas mal d'autres points.
Le plus évident d'entre eux est son inclusion dans l'épisode. Il pose en effet un gros problème au sein de ce dernier dans la mesure ou il est complètement hors sujet avec ce dernier, et casse tout le travail de tension et d'atmosphère développé dans les 6 précédents (vu ce dont traite cette 7ème partie, c'est normal, mais j'ai peur que ça s'en ressente sur la suite des événements)., d'autant que le cliff de la 6ème partie menant irrémédiablement à celle là, on ne peut pas décider de l'ignorer du tout ou d'en faire juste une parenthèse au milieu d'un gros épisode, ce que cette partie veut pourtant à être, et à été crée et pensée pour être comme cela. La 6ème partie n'aurait pas du avoir de cliff (du moins, pas du genre à les faire attérir quelque part, juste rappeler à la toute fin que les Daleks les poursuivront quand ils découvriront que le Taranium remis par ce dernier était un faux, et déconnecter complètement la 7ème de tous lien avec le reste de l'épisode pour en faire le Christmas Special souhaité. Après tout, il est compréhensible qu'il souhaitait ne pas faire avancer l'intrigue sur une diffusion le jour de Noël avec pas mal de spectateurs qui risquerais de louper l'épisode de par cette fête, et aussi de proposer quelque chose de plus festif et joyeux que des Daleks sanguinaires exterminant tout sur leur passage. Le 1er problème ici, c'est que donc cette rupture de ton à été mal faite.
La seconde, ça concerne les deux mini storylines. Indépendamment, elles sont toutes deux géniales. Il y a des idées bien trouvées (l'hommage au cinéma muet, c'était excellent), des situations très drôles (les policiers face au TARDIS), et tout le monde s'y éclate comme des fous à faire cela (enfin peut être un peu trop, j'y reviendrait à la toute fin de cet avis), ça fait globalement plaisir à voir.
Le problème, c'est qu'elles doivent à deux se partager un temps d'écran bien trop réduit. Chacune de ses storylines auraient du avoir un épisode ou une partie qui lui est propre. Là, n'ayant le temps de rien approfondir, ça part dans absolument tout les sens sans jamais rien vraiment développer, et c'en est du coup assez frustrant, d'autant que le potentiel était là (ça s'y ressent en particulier sur celle du cinéma muet). Au final, il ne se passe, malgré ses courses poursuites effrénées, pas grand chose dans le fond, et c'est bien dommage.
Enfin, l'autre gros problème évident, c'est qu'à part quelques vagues décorations présentent dans la storyline des policiers et la toute fin dans le TARDIS, cette partie n'a absolument RIEN de Noël. Pour ce qui se voulait être un Christmas Special, c'est un beau comble, et alors que ça aurait pu crédibiliser le brisage de quatrième mur final d'Hartnell car en cohérence avec le thème développé dans tous l'épisode s'ils avaient effectivement développé quelque chose sur Noël (où ne serait-ce qu'interverti l'ordre des 2 storylines, celles des policiers, où c'est Noël, se passant en premier, là ou rien dans la seconde nous indique qu'on y est encore), ça à du coup tendance à ne rendre le truc qu'encore plus bizarre et bordélique.
Bref, une 7ème partie très maladroite comportant beaucoup de défauts, mais qui est sauvé par quelques très bonnes idées et bons moments qui m'ont fait bien rire. Et s'il n'y avait pas eu ce dont je vais parler, je lui aurais mis un 10 magré tout pour cette raison là.
Sauf qu'il y a eu ça. Un court moment de 15-20 secondes dans l'épisode qui m'a énormément surpris (dans le mauvais sens du terme), choqué et abassourdi au plus au point. Une ligne de dialogue purement raciste au premier degré (et croyez moi, j'ai essayé de trouver des circonstances atténuantes pour pouvoir expliquer ce truc, en vain). Ils font quand même dire au Docteur :
"Now, come along. We must go back to the TARDIS. This is a madhouse. It's all full of Arabs. Come along."
J'ai du me repasser l'extrait une dizaine de fois tellement je ne pouvais pas croire ce que je venais d'entendre. Je ne sais pas qui à eu la sombre idée de faire cela, à qui on doit cette horreur, il a peut être cru que ça passerais avec l'euphorie ambiante qui régnais sur cette 7ème partie et probablement durant le tournage, peut être que c'était juste une blague très mal formulée suite à la scène qui venait juste de se passer (le Docteur et Sara venait de sortir d'un tournage qui mettait en scène un Cheik dans son Harem) ... mais non, juste non, ce n'est pas possible ça, ce n'est pas acceptable qu'ils aient pu garder un tel truc. C'est négativement étonnant qu'un show ayant toujours défendu, même avant cet épisode d'ailleurs, des valeurs contraires à ce genre de comportements, c'est vraiment choquant d'entendre ça de la bouche du personnage principal, d'autant plus quand on sait que le public majoritaire de la série à cet époque était les enfants, ait pu diffuser une telle chose. Bref, une mauvaise farce de très mauvais goût qui fait honte à celui qui en a eu l'idée, peut importe qui il soit et s'il est encore vivant à l'heure actuelle, qui ne rend pas service à une série qui à toujours transmis des messages allant à l'encontre de ces pratiques.
Je sais que ce n'est qu'un infime détail dans cette partie, mais ça m'a tellement choqué que je ne peux pas le laisser passer. Elle se prendra donc un - 1 pour ça.
En espérant ne plus jamais revoir ce genre de choses par la suite ...
Malheureusement, comme je l'avais redouté, la coupure Noël à fait du mal au reste de l'épisode. Où peut être était-ce parce que nos héros sont sortis totalement victorieux de la 6ème partie ? En tout cas, tout ce qui faisait le sel de la première moitié de l'épisode en terme de tension, de rythme et d'ambiance est entre temps parti et ce 8ème chapitre doit repartir de zéro sur ces terrains là pour reconstruire plus doucement et péniblement quelque chose. On n'aura toujours pas retrouvé ces dits ingrédients à leur niveau d'antan la fin de cette dernière d'ailleurs, malheureusement. Mais ça c'est quand même assez bien rattrapé.
Non, la grosse réussite de cette 8ème partie, c'est le retour du Moine, le Time Lord renégat de "The Time Meddler", totalement inattendu, parfaitement intégré dans le récit, et très agréable. Ca répond non seulement à la perfection à ce qui semblait être une incohérence pour le spectateur durant une bonne partie de l'épisode (le Docteur poursuivi par une machine à voyager dans le temps alors que les Daleks n'étaient pas encore partis), ça viens rajouter une belle couche d'emmerdes au Docteur, (d'autant plus qu'il y a fort à parier que le bougre s'alliera aux Daleks quand ils se joindront à la course poursuite, et étant de la même race que le Docteur, il pourra lui donner à son sujet de précieuses informations), ça pourrait sembler être du meublage à première vue mais c'est totalement cohérent et pertinent de faire revenir ce personnage précis pour relancer l'intrigue, et en plus ça permet à la série de continuer à renforcer et développer une continuité sur la durée (Le Moine étant du coup le premier ennemi en dehors des Daleks à avoir rencontré une nouvelle fois le Docteur). D'autant que le personnage est toujours aussi génial que dans sa précédente apparition ...
Bon après, on pourra gueuler sur la facilité de la manière dont le Docteur et ses compagnons déjouent le piège du Moine dans cette partie, mais même si c'est effectivement d'une facilité aberrante, c'est plutôt justifié par le passé de la série. Le Docteur avait en effet déjà laissé sous entendre l'importance de sa bague à plusieurs reprises par le passé, et montré un soin tout particulier au sort de cette dernière ("The Web Planet" notamment, ou il insiste particulièrement pour la récupérer). Et comme il nous sort une explication, là encore facile, mais plausible à la fin, ça passe plutôt bien pour moi, même si je n'en excuse pas l'aspect facile de la chose pour autant.
Il est en revanche dommage que le décor volcanique n'ait pratiquement pas été utilisé (alors que les possibilités étaient bien là), et la dernière scène du Docteur, Steven et Sara fait quand même très forcée parce que Nouvel An. Enfin, on peut s'estimer heureux qu'ils ne nous aient pas refait un deuxième hors sujet de l'acabit de celui de Noël pour l'occasion ...
En bref, une 8ème partie qui remet doucement les machines en marche, et qui trouve d'excellentes idées pour se relancer, lui et l'intérêt du spectateur dans ce très long épisode. Aucun doute que ce dernier retrouvera toutes ses couleurs si on poursuit sur cette voie là.
Une bonne 9ème partie, même si je dois avouer que je m'attendais à quelque chose de plus rythmé, et, il faut l'avouer, de meilleur. Alors que tout semblait en fin de partie 8 annoncer une suite sur les chapeau de roues, le fait de changer de setting (L'Egypte !!! J'ai toujours espéré qu'on aurait un épisode là dessus) et d'introduire les caractéristiques et enjeux de ce dernier ralentit pas mal la cadence sur laquelle on était restée dans la première moitié de cette nouvelle partie. Pour un résultat certes pas honteux mais pas des masses concluants pour l'instant dans la manière d'exploiter les possibilités qu'apportent un tel setting.
De même, on n'a toujours pas retrouvé la tension et l'atmosphère des 6 premières parties, alors que sur le papier, tout est là pour. C'est surement du au fait que depuis la partie 6, on ne laisse jamais nos héros en situation de détresse bien longtemps, et les parties s'achèvent toujours alors qu'ils sont à l'abri / en position de force. Aucune menace ne dure vraiment, ni ne s'accumule les unes sur les autres (ici, le fait que l'Alliance Daleks / Moine soit de suite cramée par le Docteur, ou encore le fait que malgré le cliff de fin, Sara et Steven ont réussi (et bien facilement en plus) à échapper aux égyptiens. Au terme de cette partie, seule la menace Dalek est encore présente, et encore, elle est atténuée par le fait qu'elle se repose pour l'instant sur un plan déjà éventé et contré de suite par le Docteur). C'était en fin de compte ça qui faisait le sel des 6 premières parties : les mettre dans des situations désespérées, et en rajouter une couche à chaque fois.
Du coup, la tension, bien que présente, n'est pas aussi solide qu'avant, et ça s'en ressent aussi sur l'ambiance, bien plus légère. En effet, comment s'inquiéter pour nos héros quand ils sont en position de force et que les forces ennemis allant à leur encontre se tirent dans les pattes, mais cette fois alors qu'ils ne maîtrisent la situation comme lors de la première moitié de l'épisode ? Les Egyptiens de cette 9ème partie n'arrivent pas à constituer une menace une seconde quand on voit les Daleks les massacrer aussi facilement, sans qu'ils ne puissent rien y faire. Ca élimine toute tension supplémentaire qu'ils auraient pu engendrer. D'ailleurs, les scènes avec Sara et Steven sont les moins bonnes de la partie précisément car lié à cela.
De même, la plus grande légèreté de l'ambiance sur ces dernières parties se constate par une importante présence d'humour, véhiculé par le personnage du Moine (le coup des lunettes de soleil, c'était juste excellent), et son petit jeu de "Qui sera le plus gros troll ?" avec le Docteur.
Il serait pourtant étrangement déplacé de reprocher cela que le retour du personnage et ce changement de ton ait eu lieu, car c'est du coup précisément ceci, ce qui empêche l'épisode de redevenir aussi anxiogène qu'à ces débuts, qui fait paradoxalement le sel de cette 9ème partie. Ramener Le Moine reste une excellente idée de par ce qu'il peut apporter au récit, et le fait qu'il apporte une vraie vague de fraîcheur au sein de ce dernier. Il est porteur d'excellentes choses dans cette 9ème partie. Par exemple, bien qu'ayant le désavantage d'être éventée de suite, l'alliance entre les Daleks et le Moine est une belle idée qui nous offrent une excellente scène. Et ça permet à William Hartnell de se lâcher comme un petit fou, à manigancer de sales coups à ses adversaires, tout comme l'interprète du Moine qui se fait clairement plaisir.
En bref, une 9ème partie qui à quelques défauts, mais qui est porté de bout en bout par le personnage du Moine et tout ce qu'il peut engendrer comme nouvelles possibilités au sein de ce gigantesque épisode, confirmant définitivement que son retour était une excellente idée, qui revitalise vraiment l'épisode.
De toutes façons, s'il n'y avait eu que les Daleks et une course poursuite continuelle et très premier degré sur les parties restantes (ce qui aurait constitué 5 parties quand même), l'épisode serait devenu chiant et aurait fini par sombrer. C'est certain. C'était donc la meilleur décision à prendre, même si l'on n'a pas encore retrouvé (et peut être qu'on n'y parviendra pas) le niveau des 6 premières parties.