Rarement un épisode de Doctor Who n'aura été aussi tendu, encore moins dès les 1/6èmes de sa progression scénaristique. Sérieusement, c'est juste brillant, la manière dont ils sont parvenus à foutre cette ambiance anxiogène, pleine de malaise, d'inquiétude et de tension qui domine la moindre seconde de la partie. Sérieusement, on ne nous laisse pas souffler une seconde, même les scènes "calmes" entre les méchants sont tendues, tant on sent que ça va être la course à qui va trahir l'autre, et que les Daleks semblent avoir une longueur d'avance sur cette course là.
En parlant de ça, je retrouve enfin pleinement mes Daleks de la nouvelle série, ces robots nazis implacables dont la moindre apparition est source de tension et de crainte quand au devenir de nos héros. Certes, il y avait eu du progrès notable face à leur toute première apparition dans "The Dalek Invasion of Earth" ou ils étaient bien creepy (et "The Chase" était une parenthèse volontairement comique dans leur histoire), mais là on viens vraiment de passer un cap avec ceux de cet épisode, dans le sens où ils agissent très intelligemment et ne laissent absolument aucune chance au moindre aléa de prendre vie, se débarrassant de la moindre menace à la seconde où cette dernière apparaît, et n'hésitant pas à appliquer des moyens radicaux pour se faire (et puis merde quoi, des Daleks Lance-Flamme, c'est juste génial quoi ! Pourquoi la nouvelle série n'a t'elle jamais pensée à recycler cette idée ...).
Qui plus est, ils se positionnent cette fois ci à la tête d'un plan aux enjeux colossaux, car il s'agit non seulement pour eux de lutter pour leur propre survie ET de sauver tout l'Univers (et il s'agit bien de l'Univers avec un grand U, pas que notre Galaxie) de ces salopards, mais aussi de ne pas laisser tomber l'arme ultime entre leurs mains : le destructeur temporel. Dans une série comme Doctor Who, un tel pitch, c'est the ultimate menace of all-time, jamais le Docteur n'a été confronté à un tel truc, jamais les enjeux n'ont été aussi cruciaux, jamais le danger ne fut aussi omniprésent, et jamais on ne pourra faire plus menaçant que ça (du moins, tel qu'est la série sous les règles de cette époque). Le gigantisme de l'épisode suggéré dans la 1ère partie est bel et bien définitivement confirmé ici, cet épisode, c'est le blockbuster ultime, ça à limite des allures de series finale.
Et d'ailleurs, on voit bien que le Docteur est complètement dépassé par la situation. Ca doit être une première dans l'histoire de la série, mais il se repose très massivement sur Bret tout au long de cette partie (bien qu'il n'hésite pas à prendre des risques lui même quand il le faut). C'est d'ailleurs marrant parce que depuis le départ d'Ian, le Docteur deviens de plus en plus la figure principale du show, et remplis tous les rôles, Steven n'ayant jamais vraiment remplacé Ian. Il est beaucoup plus actif sur les derniers épisodes, et ça fait plaisir à voir. D'ailleurs Steven semble définitivement être le maillon faible du groupe malgré son attaque contre Bret dans la première partie, car même Katarina est plus active que lui. Moi qui avait peur de trouver son ignorance du à sa provenance antique lourde à force, il n'en est rien, c'est toujours amené de manière drôle, du moins justifiée et intelligemment traité, et le personnage deviens vite très attachant de par son courage face à une telle situation. Elle est bien partie pour rejoindre la liste de mes compagnes préférées en tout cas.
Sans ça, cette excellente deuxième partie, en plus de maîtrisé la tension à la perfection, nous en apprend plus sur l'univers qui entoure l'épisode, et sait se servir au mieux de se dernier pour se dynamiser perpétuellement. On ne s'ennui pas un instant et le cliff de fin, très inquiétant, donne envie de dévorer immédiatement la suite. Et en plus, cette deuxième partie existait, ce qui n'a fait que décupler le bonheur que j'ai eu à le suivre.
Bref, pour l'instant, c'est juste parfait. La phase introductive qu'on n'a pas senti passer est déjà terminée, et on semble bien parti pour assister à l'un des meilleurs épisodes de l'histoire de la série !
Troisième partie de gestion de l'aftermatch de ce qui s'est passé dans la précédente, qui sert plus de transition vers le reste du récit, et par conséquent, c'est un peu moins prenant que ce qu'on a pu voir auparavant dans l'épisode. Il n'empêche que ça reste toujours aussi tendu et que l'on commence à mieux cerner le second grand ennemi de l'épisode, le fourbe et vicieux Mavic Chen, qui semble bien parti pour faire disparaître un par un ses concurrents au sein du conseil galactiques des "méchants" ! Un épisode dans lequel les méchants se tirent dans les pattes en même temps qu'ils mènent la vie dure à nos héros, ça permet de la tension de tous les côtés et en tout instant, et de ce point de vue là, même si l'épisode est plus calme en sa 3ème partie, l'ambiance et la tension développées dans les deux premières parties restent intactes.
La partie seule dans le vaisseau volé permet d'observer la manière dont nos héros se comportent en gestion d'une crise d'une telle importance. Il est assez incroyable de voir le Docteur ne jamais s'inquiéter pour son TARDIS, lui qui ne l'aurais jamais laissé entre les mains des Daleks dans la nouvelle série. Il faut dire que le contexte est aussi un peu différend : cette fois, ils ont mis la main tout de suite dessus, et le Docteur ne peut rien y faire. Le voir renoncer à la reconquête du TARDIS pour le bien de tous car c'est pour l'instant une cause perdue, lui qui, tel qu'il était au début de la saison 1, aurait surement emmerdé tout le monde continuellement pour y retourner, montre bien l'évolution qu'à connu le personnage depuis ses sombres débuts. Ce qui n'empêche pas le retour de son côté bougon en cette troisième partie, et ça n'est pas pour me déplaire car je dois avouer que ça m'avait bien manqué. On découvre aussi une Katarina en plein apprentissage au cours de cet épisode, j'aime beaucoup le rapport prof / élève qui se crée entre elle et le Docteur, ainsi que le côté débrouillard, utile et courageux (sérieusement, à part dans le cliff de fin de cette partie - et il y avait de quoi le faire - on ne l'a jamais entendu gueuler une fois) du personnage, qu'une Susan ou même parfois une Vicky n'ont pas toujours eu et qui pouvait en fatigue plus d'un. Bret est également un personnage attachant, quoi qu'un peu trop radical par moment, et Steven, comme depuis le début de l'épisode, reste très effacé.
En fait, il n'y a guère que la partie avec ces prisonniers planétaires condamnés à l'exil et à la vie sauvage sur une planète hostile dont je ne sais pas trop quoi penser. D'un côté, j'aurais aimé qu'on développe cet aspect là un peu plus, si ça avait été bien traité, ça aurait pu être très intéressant, et vu qu'on ne s'en sert que comme d'une péripétie mineure comme une autre, on n'aura pas ce privilège. D'un autre, le peu qu'on en a vu rappelait les sombres heures de la storyline préhistorique de "An Unearthly Child", et ce n'est du coup peut être pas plus mal qu'on n'épilogue pas là dessus.
Bref, une troisième partie un peu moins punchy de par ce qu'elle propose et l'aspect transitoire du tout, mais un épisode toujours autant maîtrisé dans sa tension et son atmosphère, ce qui n'annonce que du bon pour la suite ...
WHAT ... THE ... FUCK ???!!!
On est bien dans Doctor Who là ?! Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ?
Alors comme ça on me fait m'attacher d'emblée à une compagne fort sympathique arrivée à la fin de l'épisode précédent pour la tuer au quart de sa première histoire ?! Et puis, là c'est pas la version bisounours de la mort de compagnon selon Moffat à la "tu te fais toucher par une statue et crève, mais tu vis quand même le reste de ta vie autre part", non non, là, c'est d'une brutalité assez hallucinante pour une série à l'époque orienté sur un public d'enfants. La pauvre Katarina se fait quand même éjecté d'un sas qui l'envoie dans l'espace, et la dérive de son cadavre dans ce dernier n'est même pas éludé, tout est montré ! Qui plus est, l'aspect très soudain de la chose ne contribue qu'à la rendre d'autant plus choquante, parce qu'on n'a pas vraiment le temps de réaliser ce qui se passe, et une fois qu'on le fait, c'est déjà trop tard.
Même si je comprend l'intérêt pour l'épisode que de tuer un compagnon, afin de montrer qu'absolument personne n'est à l'abri cette fois çi et permettre à l'épisode, en plus d'être tendu et à l'atmosphère pesante, de devenir pleinement quelque chose de très sombre, j'aimais beaucoup Katarina, et je regrette amèrement cette mort. Le personnage était sympathique et avait un vrai potentiel, que malheureusement les producteurs ne semblent pas avoir vus et ont préféré s'en débarrasser parce que le personnage leur posait problème. Ce qui est d'autant plus horrible, c'est que ce gâchis de potentiel de personnage, on se rend compte qu'il est vraiment total, car Katarnia n'a été introduite dans la série que pour être tuée. Rétrospectivement, cette mort était prévu et annoncée depuis le début quand on y pense : Cassandre, la prêtresse de The Myth Makers le lui avait annoncé. Et Cassandre n'a au cours de ce dit épisode jamais raté une seule de ses prédictions, quand bien même personne ne l'écoutais ... C'est dans le fond peut être mieux qu'elle s'en aille plutôt que de voir le personnage devenir un boulet parce que les scénaristes ne savaient pas exploiter (il y avait pourtant vraiment de quoi faire avec elle), mais je reste dégoûté par ce choix scénaristique qui ouvre cette 4ème partie Car oui, c'est la première chose qui ouvre cette dernière, et on n'est pas au bout de nos peines !
Ce qui se passe dans cette partie est très intéressant car on peut enfin voir de plus prêt comment est la Terre en l'an 4000. Qui plus est, cette partie révèle enfin pleinement le personnage de Mavic Chen aux yeux des spectateurs, et la fourberie du type alliée à sa grande intelligence et ses dons de manipulateurs (le mec qui détiens la plus grande galaxie ne fera pas long feu je pense) en font un ennemi de poids capable de rivaliser avec les Daleks, et se positionnant comme celui qui saura se servir d'eux pendant qu'eux penseront se servir de lui, d'autant que la manière de les manipuler qu'il compte employer est assez fine, car n'impliquant pas de tuer les Daleks au plus vite dès qu'ils ne seront plus nécessaires, mais de les exploiter et de profiter d'eux autant que possible. Autant jusque là, les Daleks avaient une longueur d'avance sur tous leurs alliés, autant maintenant, l'identité du gagnant à "Qui enculera l'autre ?" dans le clan des méchants se brouille. Ca s'annonce palpitant là encore sur ce plan là. Et le plan qu'il dresse contre nos héros est fourbe, implacable, et malheureusement plutôt certain de fonctionner, d'autant que la Miss Univers de la mort qui tue qu'il leur à envoyé dans les pattes semble bien coriace.
Enfin, comme si on n'était pas déjà suffisament désespérés pour nos héros et sous tension perpétuelle, et comme s'il n'y avait pas déjà eu assez de morts comme ça, l'épisode se conclue par la perte de Bret Vyon, qui laisse le Docteur et Steven seuls à la merci d'un monde dont ils ne connaissent rien et dont ils sont devenus les ennemis publics n°1 !
Bref, c'est la fête !
Un peu moins prenant que la précédente partie, ce 5ème volet reste néanmoins très appréciable. Et puis au moins, elle existe, elle !
Si la manière dont le Docteur et Steven échappent à leur situation désespérée sur Terre semble a première vue d'une facilité insultante, c'est rattrapé par le fait de les faire attérir dans un endroit tout aussi hostile (encore heureux que ça ne les ait pas directement renvoyés à côté du TARDIS sur la bonne planète. J'ai vraiment cru à un moment donné qu'ils allaient oser nous faire ce coup là), et parce que l'effet de téléportation est très barré dans son genre (par contre, qu'est-ce que ça doit être flippant pour des gosses de voir ça. Cet épisode ne les as décidémment pas ménagés). J'aime beaucoup le concept des Visians (et je trouve leur exécution plutôt bien rendu alors que ça aurait pu être totalement foireux) ainsi que la lourde menace qu'ils génèrent. J'aime aussi beaucoup l'ironie du sort qui consiste à faire des Daleks les seuls capables de sauver le Docteur et ses compagnons de cette situation là.
Ca permet au personnage de Sara de rejoindre le bon camp. et elle semble à priori bien partie pour devenir la nouvelle compagne du Docteur. Le personnage me plait assez, très forte, indépendante, loyale en ce qu'elle croit et courageuse. En revanche, je doute un peu de l'utilité de faire de Bret Vyon son frère, élément scénaristique qui ne semble être mis là que pour choquer. Ca décrédibilise quelques éléments de la partie passée, tant dans le fait que Mavic Chen lui a fait confiance pour exécuter cet ordre, alors qu'avec un tel lien de parenté, le risque est loin d'être inexistant, mais qui plus est, le fait que Sara bute son propre frère pour exécuter des ordres qu'elle ne questionne pas et ne laisse même pas à ce dernier le temps de s'expliquer ou le bénéfice du doute, ça semble un peu gros à avaler. Je suis en plus prêt à parier qu'à part pour donner une motivation à cette dernière de se retourner contre Chen et le contrecarrer à tout prix, ce retournement ne servirait à rien. Et s'ils avaient prit un lien émotionnel moins fort (que Bret Vyon soit son meilleur ami, ou même un bon ami), ça aurait été plus crédible.
Côté Terre, j'aime beaucoup la scène mégalomaniaco-nanarde de Mavic Chen qui fait très méchant de James Bond qui veut conquérir le monde dans ce passage, vraiment très drôle. Et quand bien même cette scène fait répétitive vis à vis de son équivalant dans la partie précédente, il y a cette fois le rajout d'un élément de taille : la potentielle trahison à venir de son bras droit. On a vraiment atterri dans la fausse aux serpents avec les méchants de cet épisode ... Enfin, c'est génial car ça relance l'intérêt de partout et ça contribue à soutenir le rythme et la tension continuellement (ça ne s'est pas relâché une fois en 5 parties sur ces deux plans, et pour une fois on a vraiment l'impression que le scénario à de quoi tenir sur la durée. Et ça, c'est fort bien joué).
Sans ça, je crois que je n'ai jamais vu des Daleks aussi menaçant et agressifs de toute la série, nouvelle comprise. Même si le fait qu'ils aient peurs de petites souris m'a bien fait marrer, ces derniers sont vraiment prêt à exterminer tout ce qui bouge à la seconde où ils les voient. Ils n'ont jamais été aussi implacables, et, de ce fait, on ne peut que craindre la moindre de leur rencontre. En témoigne ce cliffhanger final désespéré, qui s'achève sur une des phrases les plus cultes de One : "I'm afraid, my friends, the Daleks have won.". D'autant plus tétanisant que cette fois, en effet, on ne voit vraiment pas comment ils peuvent bien s'en sortir ...
Mais malgré les quelques maladresses qu'accuse sa 5ème partie (à laquelle j'aurais mis bien plus sans cela), The Daleks' Master Plan reste toujours aussi sympathique à suivre, un pur bonheur pour fans de la série et de vieux B-Movies de Science Fiction (cet aspect de l'épisode est vraiment savoureux) et est prenant comme rarement un épisode de la série l'aura été. Espérons que ça tiendra sur la durée ...