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Avis sur les épisodes
Un épisode un peu particulier dont le rôle principal est de boucler les arcs narratifs de certains personnages avant la grande bataille tant attendue contre les Marcheurs Blancs, tout en préparant l’après. A titre personnel, je l’ai trouvé intéressant et j’ai même parfois eu la sensation de retrouver le Game of Thrones des premiers épisodes, celui qui n’était pas clinquant, celui qui aimait ses personnages, celui qui savait être subtil, qui savait toucher avec simplicité, celui qui pour qui le spectacle venait aussi des personnages eux-mêmes et de leurs interactions.
Sur ce point, cet épisode est une réussite.
Il y a d’abord la relation de Jaime avec Brienne qui atteint ici son apogée. Sans aucun doute l’une des plus belles relations de la série et qui touche d’autant plus qu’elle reste platonique, jusqu’au bout traitée avec certaine retenue et une certaine pudeur. C’est tellement peu commun dans la série que ça en devient presque bouleversant. Entre eux, tout est dans les sous-entendus, dans les regards et dans les gestes. C’est une relation basée sur un respect mutuel et qui s’illustre ici par l’adoubement de Brienne par Jaime, l’un des moments les plus forts de la série selon moi.
Ensuite, on a aussi la relation entre Sansa et Théon. Là encore, pas besoin de grands dialogues ou d’explications futiles, ces deux-là sont juste heureux de se retrouver après tout ce qu’ils ont traversé. J’ai été là aussi touché par ces retrouvailles, simples et sans fioritures. Un lien existe et persiste entre eux et ça transparaît à l’image. Pas besoin de plus. Il en va de même avec Arya et Sandor Clegane qui par une seule ligne de dialogue parvient à faire ressurgir toute la dimension et la complexité de cette relation. Même Ver Gris et Missandei dont je n’ai jamais été spécialement fan, sans jamais rien avoir contre eux, parviennent ici à m’émouvoir avec peu de choses.
De manière générale, j’ai trouvé intéressant la manière dont cet épisode exploite les différentes relations entre les protagonistes, allant même jusqu’à créer des liens de causalité avec des personnages qui n’ont rien en commun pour justifier leur évolution : ainsi, Brienne rappelle que Sansa est vivante car Jaime lui est venu en aide. De la même manière, Bran reconnaît que sans Jaime et l’épisode de la fenêtre, il ne serait pas devenu ce qu’il est aujourd’hui, et Jaime n’aurait pas changé. La série fait apparaître ici tous les liens unissant des personnages plus ou moins proches, et cela nous mène à l’une des meilleures séquences de Game of Thrones : la réunion improvisée et improbable entre Jaime, Podrick, Tyrion, Brienne, Davos et Tormund. Il y a encore quelques saisons, ils étaient quasiment tous ennemis, combattant chacun pour d’autres camps que le leur. Aujourd’hui et malgré leurs divergences, ils se retrouvent réunis autour de la même cause et dans un but commun. Une fois de plus dans cette séquence, de nombreuses choses passent par les regards et par les expressions du visage, par des clins d’oeil ou des sous-entendus. C’est tellement chouette de constater ainsi que la série est parvenue à créer une telle osmose entre ses différents personnages et donc ses différentes intrigues.
Par ailleurs, toute la partie centrée sur Jaime était intéressante. Elle montre à quel point le personnage à changer et évoluer. J’ai trouvé particulièrement intéressant que la série ne fasse pour autant de lui un sauveur irréprochable. Bien au contraire : Durant son procès, Jaime assume l’ensemble de ces actes, même les pires, car les Lannister étaient en guerre et que son devoir était de protéger sa famille. Pour moi, il s’agit de l’un des personnages les plus fascinants et complexes de la série.
Autre chose que je trouve intéressante : la position de Daenerys à l’issue de cet épisode. En apprenant la vérité sur les origines de Jon, la mère des dragons perd son statut d’héritière légitime du trône, alors que c’est ce pourquoi elle s’est battue durant toutes ces années. Ses réactions froides et distantes n’ont pas fait l’unanimité auprès des fans, et pourtant il aurait été maladroit et surtout incohérent de nous montrer une Daenerys qui se serait réjouit pour Jon. Son évolution est là aussi logique et il faut se souvenir de tout ce qu’elle a dû endurer pour être là où elle est aujourd’hui.
A ce propos, sa confrontation avec Sansa est forte en intensité et en symboles, les deux jeunes filles n’étant pas si différentes l’une de l’autre. J’ai hâte de suivre ce que cela va donner dans les prochains épisodes.
Car soyons honnêtes, il est très peu probable qu’il arrive quelque chose à ces deux personnages lors du prochain épisode, tout comme il est peu probable qu’il arrive quelque chose à Jon. On sent à travers ces trois personnages que la série prépare l’après-bataille. D’ailleurs, que ce soit la conversation entre Daenerys et Sansa ou celle entre Daenerys et Jon, elles sont toutes les deux interrompues. Preuve s’il en fallait que ces conflits seront au coeur de la deuxième partie de la saison, lors d’une autre bataille : celle du trône.
Dernier point positif de cet épisode : Jenny of Oldstones. Quelle belle chanson ! Vraiment ! Depuis la diffusion de l’épisode, je n’arrête pas de me la passer en boucle.
Du côté des points négatifs, car il y en a, je dirais que les loups sont toujours sous exploités (une pensée pour Ghost qui fait ici une apparition aussi furtive qu’inutile), le manque d’approfondissement pour ce qui est en rapport avec la préparation de la bataille et la stratégie militaire, le traitement un peu trop expéditif et maladroit de la manière dont les villageois envisagent la bataille, un peu trop misérabiliste à mon goût pour être vraiment porteur.
Aucune surprise donc pour ce deuxième épisode. Cela dit, Game of Thrones fait son job et je trouve qu’elle le fait bien pour le coup. Ici, la série commence à dire au revoir à ses personnages et se prépare peu à peu à nous faire ses adieux. Elle abandonne le clinquant pour mieux se rapprocher de ce qui a fait sa force durant toutes ces années et c’est tant mieux. Les derniers épisodes seront là pour assurer le spectacle, je ne m’inquiète pas pour ça et je m’en réjouis même d’avance. En attendant, je ne peux que la remercier de nous offrir de si beaux instants, et en toute simplicité.
