Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Avis sur les épisodes
Simple et terriblement efficace. Du travail d'orfèvre.
The neon Bitches
Je ne poste pas d'avis pour les premiers épisodes, cela fait trop longtemps que je les ai vu, ma mémoire n'est pas assez fiable pour fournir une analyse intéressante. P-Valley, c'est une série Starz comme la chaine en a la specialité : graveleux, sexy, avec de la nudité et une scène de masturbation et de sexe par téléphone mémorable dans le final de l'épisode deux. C'est une série sale, souillée, honteuse pour le spectateur devant cette étalage de strip teaseuse qui ondule, danse et twerk... oui, P-Valley, c'est la NOLA qui ne s'est jamais remis de Katrina, un univers où les strases cachent la misère d'un monde incapable de renaître.
Mais là, vous devriez vous dire : attends, S, NOLA, Katrina, ce n'est pas vraiment ce à quoi je m'attends une fois la pantalon baissé, la porte fermée à clé et la vaseline mise sur les mains. Et là viens le gros problème pour les pervers en tout genre : P-Valley est une bonne série Starz, avec une écriture impeccable qui tape juste et une réalisation propre, voire même inspirée. Il suffit de voir la scène du pol dance de Mercedes à la fin du pilot pour comprendre que le show va aller bien plus loin que nous offrir du strip, du strass et du poulet frit.
On est à NOLA, dans les bas fond hors du Treme, mais on retrouve ce souffle de la série de Simon, cette galerie de personnage haut en couleur depeint par une formidable Katori Hall. Et en fait, la honte s'efface vite pour céder la place à une galerie de personnages attachants et détestables, tous enfermés dans la zone grise entre le vulgaire d'un métier où le corps est un produit et une quête du respect impossible dans un NOLA où les perdants et les gagnants ne partagent plus le même monde. Avec, au milieu, Oncle Clifford, trans déjanté propriétaire excentrique de cet univers de paillettes là où la misère et Katrina a tout enlevé.
Et si Nico Annan n'a pas un prix pour sa prestation, alors c'est une vraie occasion gâchée. P-Valley n'est pas une grande série, pas encore, mais tout est là pour que le show décolle réellement.
Ah, oui, je sais, vous allez me parler de la note minable de IMDB. Je crois que ceux qui étaient venus juste pour se branler ont été bien déçu. Tant mieux.
The Perfect Storm
Une tempête parfaite, des moments de grâce, un instant improbable où tout s'organise, où les pièces s'emboitent, où la réalisation s'emballe, où le peché devient la vertu... putain, quel épisode. Du très bon travail, une production value surprenante pour une série qui se voulait juste racoleuse selon certains... tout est soigné, millimétré et se suit avec un plaisir indéniable. J'avais dit auparavant que Pussy Valley était une bonne série, mais là on passe à un autre niveau avec un travail pour faire monter les enjeux absolument remarquable.
Mais il faudrait aussi une grande scène et ce preche incroyable d'Oncle Clifford est la séquence qui fait rentrer cette série dans la cour des grands en utilisant les icônes chrétiennes pour bénir le Pink, lieu de débauche et de luxure. Car les apparences sont trompeuses, comme Mercedes qui ne parvient pas à reconnaître le diable quand celui-ci se présente au Pink, comme si la morale n'avait rien à voir avec la vertu. P-Valley a beaucoup à dire, Tahori Hall a su transformer un simple strip bar de NOLA en une communauté attachante en cassant les archétypes, en laissant apparaître la nature vertueuse de la compromition et la cruauté diabolique de l'orgueil.
Au milieu, l'argent qui coule à flot, coeur d'un univers quasi Scorsesien, liquide qui coule, circule, donne du pouvoir... mais aussi vecteur de trahison et de jalousie. Au final, à P-Valley, la source du mal n'est ni l'oseille, ni les culs ou les chattes ou le désir, ni les jurons ou la sexualité... l'origine du mal est l'orgueil et la soif du pouvoir de ceux qui ont su faire taire leur instinct animal.
