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Critique : Doctor Who (2005) 11.04 - Arachnids in the UK



Doctor Who X Godzilla.


Doctor Who (2005)
Genres :
Fantastique, Science-Fiction
Série anglaise
Année : 2004
Format : 42 min
BBC One France 4



Après un début de saison non sans défaut mais assez enthousiasmant et prometteur, Chris Chibnall signe ici son premier échec depuis qu'il est showrunner. Arachnids in the UK, bien que divertissant, souffre en effet de son clacissisme vulgaire et du trop-plein de caricatures. Et alors que malgré leurs défauts The Woman Who Fell to Earth, The Ghost Monument, ou même Rosa étaient des épisodes révélateurs des forces du style Chibnall, Arachnids in the UK est plutôt faible en comparaison, et permet de mettre l'accent (malgré lui) sur, justement, la grosse faiblesse de la saison : l'absence d'inspiration dans la construction des enjeux.

 

 

Trump partout, originalité nulle part


Hmmmm...


Le Doctor Who de Chris Chibnall se veut simple, mais efficace. « What we want is for people to feel like we've got the range and variety of Doctor Who this year. » Et si le scénariste est en effet capable d'écrire ou de co-écrire de bons (The Power of Three, The Ghost Monument...), voire très bons épisodes (The Woman Who Fell to Earth, Rosa...), la simplicité de son écriture tend parfois trop au simplisme, et dans certains cas, ni la qualité, ni l'originalité ne sont au rendez-vous... comme cette semaine.

En effet, Arachnids in the UK en soi est assez divertissant (j'avoue, j'ai passé un bon moment). Mais de par ses idées vues et revues, et de par leur mauvaise exécution, il est objectivement moyen, voir même assez mauvais, et ne tire sa principale force que de la dynamique "Scooby-gang" de la saison.

Car ici, non seulement Chris Chibnall part d'une première idée ultra-basique, déjà exploitée trois ou quatre fois dans la série – en l'occurrence la peur des araignées et les araignées géantes –, mais il ajoute aussi à cela une autre idée, certes peu vue dans la série, mais vue et revue au cinéma et dans la littérature : le monstre mutant né des erreurs de l'Homme. On peut penser en effet, en voyant l'origine des araignées, à Godzilla, né des déchets nucléaires et qui a détruit autant de fois le Japon que les Daleks ont envahi le Royaume-Uni, ou encore à César de La planète des singes (nouvelle trilogie), né d'expériences sur les animaux.

Arachnids in the UK n'est donc qu'un condensé de déjà-vu. Et alors qu'il aurait pu être au moins efficace (malgré l'absence d'ambition et d'originalité), ni les touches d'humour (« Are you Ed Sheeran? »), ni le sous-texte féministe, ne rehaussent le niveau, tant ses défauts sont importants.

 

 

« I have no more Kevins »


 Ouhloulou une araignée !


Arachnids in the UK souffre en effet d'une très mauvaise exécution de ses idées. Par exemple, l'épisode nous promet une invasion d'araignées géantes à Sheffield (pourquoi pas), mais on ne ressent pendant les quarante-huit minutes de visionnage ni l'ampleur des enjeux, ni leurs conséquences concrètes sur les personnages. On n'assiste qu'à l'invasion d'un hôtel (vide). Nos héros courent partout et trouvent sur leur chemin quelques cadavres. Et alors que l'épisode est quand même riche en action, on ne ressent ni le danger (et pourtant je suis arachnophobe), ni de vraies émotions : à aucun moment on ne se sent vraiment impliqué dans l'intrigue.

La présence de la maman de Yaz aurait pu donc (à la limite) donner à l'épisode des enjeux certes simplistes mais captivants (genre sauver coûte que coûte la maman). Mais le personnage, bien que plutôt sympathique, n'est pas du tout exploité, et son apport à l'épisode quasi-nul... À la place, une caricature d'homme d'affaires ABSOLUMENT PAS crédible sert de sous-texte politique à l'épisode, et c'est tellement pas subtil que même le plus anticapitaliste des anticapitalistes trouverait ça abusé. Ce dernier ne sert donc pas du tout la crédibilité du récit (malgré quelques échanges amusants avec la Docteur et les compagnons), et semble trop méchant, bête, arrogant et unidimensionnel pour soutenir une quelconque réflexion (REGARDEZ, DONALD TRUMP ET LE CAPITALISME, C'EST MAL).

Au manque d'originalité et de subtilité, et aux défauts de l'intrigue, s'ajoute enfin une fin bâclée et quelque peu décevante. La Docteur cette fois en effet est impuissante : elle ne trouve que des solutions à court-terme, terribles pour les araignées (les laisser souffrir puis mourir), et doit en plus s'incliner face à l'épouvantable Robertson (il est loin le temps où le Docteur pouvait faire tomber en quelques mots un premier ministre). Chibnall laisse ainsi à l'épisode une conclusion amère, incomplète et fataliste, et aux antipodes des messages que veut véhiculer Doctor Who et la Docteur de Jodie Whittaker.

 

 

La magie Scooby-Doo


La team Doctor Who au complet

 

Arachnids in the UK aurait pu rester comme l'un des épisodes les plus mauvais de la série, mais il est sauvé (de peu) du désastre par la très bonne dynamique de la saison et un côté "Scooby-gang" franchement amusant !

D'abord, il est très intéressant de voir Thirteen tenter de suivre à la lettre les recommandations de son prédecesseur (« Laugh hard. Run fast. Be kind. »). Elle est chaleureuse et on sent un attachement réel pour ses compagnons, mais en même temps elle est tellement maladroite qu'elle en devient amusante (« Trying to do small talk, I thought I was doing quite well »). La Treizième Docteur continue donc de s'assumer comme une Docteur en construction : elle essaye de s'améliorer, de progresser, et c'est un parti-pris très intéressant et humble.

La Team des compagnons sinon n'est pas en reste. Si Ryan et Yaz, bien que sympathiques, sont encore peu développés, Graham bénéficie d'une excellente écriture. Il est très bon aussi bien dans les scènes sombres et tristes (le vide laissé par Grace) que dans des scènes plus légères (« Tu as regardé au plafond ? Moi non plus »). Il se révèle donc tout en nuances et humain, ce qui le rend à la fois intéressant, et extrêmement attachant.

L'épisode bénéficie donc surtout de ses personnages principaux et d'un humour qui fait mouche. L'alchimie entre les personnages est de plus en plus forte, en témoigne la scène finale, et laisse espérer une suite en crescendo.

 

Arachnids in the UK est donc un bon divertissement... mais un très mauvais épisode. L'écriture des personnages principaux et l'humour peinent à faire décoller l'épisode, tant il est bâclé et sans inspiration : pour la première fois depuis le début de la saison (et c'est parfaitement normal), le style Chibnall se heurte donc à ses limites.

 

J'ai aimé :


  • Voir la consolidation de la Team Tardis
  • Certaines touches d'humour
  • La gestion excellente du deuil de Graham
  • La place accordée aux femmes dans l'intrigue

 

J'ai pas aimé :


  • Le manque d'inspiration de l'intrigue
  • Le sous-texte sur les multinationales, traité sans la moindre subtilité
  • Le sous-texte sur Trump, clairement dispensable
  • La (non-)fin bâclée
  • Certains personnages trop caricaturaux...
  • ... d'autres personnages avec une caractérisation trop faible pour être marquants
  • On attend toujours le grand retour de Nardole

 

Ma note : 9,5/20

 

 

Le Coin du Fan :

par Galax


  • Le titre est un jeu de mot de la chanson des Sex Pistols, Anarchy in the UK ! Bien sûr, étant donné le sous-texte de l'épisode et une mention directe à Trump, cela a certainement un autre sens, un sens plus politique, dans une époque d'une Grande-Bretagne isolationniste.

 

  • Peu de références directes à nouveau cette semaine. Hormis une apparition du papier psychique, qui permet à la Docteur de se faire passer pour qui bon lui semble, et une première vision du nouveau "tunnel temporel" dans lequel le TARDIS voyage (qui est forcément différent du générique pour une fois, puisque ce dernier n'est plus constitué d'un tunnel).

 

  • Certains diront que plusieurs phrases de Jodie peuvent faire référence à d'autres Docteurs : le terme « dude » très prisé de Peter Capaldi durant les premiers épisodes de la saison 9, le terme « fam » (« la mif », diminutif de famille) qui renvoie aux mots de Sarah Jane Smith au Docteur de David Tennant lui disant qu'il avait la « plus grande famille sur Terre »... Bon, n'allons pas nous mentir : le Coin du Fan est, une fois de plus, quasiment vide cette semaine ! Il faudra attendre d'autres épisodes pour, peut-être, avoir plus de références juteuses.

 

À la semaine prochaine !




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A propos du rédacteur

OmarKhayyam OmarKhayyam
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5 commentaires sur cet article


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#1
nicknackpadiwak a écrit le 03/11/2018 à 09h28
Très bon premier article :)

Sinon, concernant le coi du fan, dans l'épisode, il y a un moment où la Docteur parle qu'elle a eu une sœur aussi. Cela ne fait référence à rien??
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#2
OmarKhayyam a écrit le 03/11/2018 à 10h43
Merci !

Par contre bonne question. Soit elle baratine pour détendre l'atmosphère (comme quand elle parle des lunettes qu'elle a emprunté à Pythagore ..), soit y'a un sens derrière, et ça peut être intéressant !
Est-ce que cette sœur ne serait pas Nardole ?
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#3
nicknackpadiwak a écrit le 03/11/2018 à 10h53
"Est-ce que cette sœur ne serait pas Nardole ?"

Ha, ha!
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#4
Koss a écrit le 06/11/2018 à 11h37
Très belle critique (j'avais oublié de l'indiquer)
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#5
OmarKhayyam a écrit le 07/11/2018 à 11h15
Merci l'ami !



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Catastrophique. Du pur Chibnall. On vient vraiment d'assister au Docteur qui, volontairement, laisse des araignées ...

OmarKhayyam - neutre
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