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Il y a de cela maintenant quinze ans, Russel T. Davies a ramené Doctor Who, et était décidé à se débarasser de l'encombrant héritage des Time Lords. Mais RTD étant un homme d'idées, il invente la Time War pour justifier ça et pave ainsi dix saisons de caractérisation et de construction d'univers, ayant un impact sur tous les médias possibles et imaginables.
Chris Chibnall, lui est décidé de se débarasser de l'héritage d'UNIT et de Torchwood. Mais il n'a pas d'idée et ne construit rien autour de ce fait. Du coup il mentionne leur disparition comme un fait avéré et accepté par tous. C'est la différence entre quelqu'un qui savait donner une direction à la série directement et quelqu'un qui met une saison entière pour écrire un épisode correct.
Le reste est encourageant.
Chibnall ici ne sait pas écrire de script correct, les transitions sont complètement foireuses et les références aux films d'espionnages sont si mal intégrées à l'histoire de l'épisode qu'elles ne servent strictement à rien. Mais le reste est encourageant pour des raisons très simples :
Chibnall écrit ici ses premiers antagonistes qui apportent une sensation de danger et d'enjeux, tout aussi bien pour le spectateur que pour Thirteen et ses compagnons eux-mêmes, rendant la situation complètement hors de contrôle des personnages et installe enfin une véritable sensation d'enjeu.
Doctor Who a donc atteint le point où de l'enjeu suffit à rendre son épisode agréable, malgré le script complètement aux fraises, et le gros problème de Chibnall à avoir une véritable idée à développer sur le long terme. (L'idée de fin n'est pas malvenue mais c'est cependant trop tôt en plus de rendre caduque tout ce qui a été construit entre la saison 8 et la saison 10.)
Aller Chibnouchon, il ne te reste plus qu'à écrire un script correct et à enfin caractériser Thirteen et tu pourras faire un véritable bon épisode.
Cette seconde partie de Spyfall, c'est un peu la dissertation rendue par un collégien timide pas très bon à l'école mais qui veut s'améliorer parce qu'il sent que si il continuait sur son chemin ça allait mal aller pour lui.
La copie est plus qu'imparfaite, mais il y a de la volonté, et de la bonne. Du coup l'équipe de correction en ressort satisfaite alors qu'en prenant du recul, cette copie est vraiment moyenne.
Pour améliorer sa copie, C.C a essayé une chose toute simple. Séparer Thirteen de la Fam , permettant non seulement à Thirteen de briller par elle-même (chose qui n'était jamais arrivée avant), mais en plus d'avoir enfin de véritables interactions entre les compagnons qui ne tournent pas autour de leurs pseudodrames personnels qui n'intéréssaient pas grand monde.
Du coup, ça marche.
On y croit. Plus aucun personnage n'est éclipsé par un autre, tout le monde a le temps de briller (même si l'acteur de Ryan ne sait toujours pas jouer), et il y a même un potentiel de caractérisation plus profonde chez Thirteen.
Le reste, malgré la prestation déjà plus convaincante de Sacha Dhawan, c'est de la fanfic provenant d'un enfant qui tente des choses mais sans avoir de vraies idées. Du coup C.C. vu qu'il n'a pas d'idées, soit il bacle ses storylines (VOR et son méchant ridicule, expédiés en un temps record), soit n'exploite pas ce qu'on lui a laissé et refait tout à sa sauce.
L'épisode a donc beau tenter de nouvelles choses, a beau donner perspective à une saison qui va peut-être vraiment raconter quelque chose, le niveau global reste celui de la gentille fanfic d'un collégien voulant faire un peu mieux que les copies pourraves de l'année précédente.
Mais l'espoir d'avoir au moins quelque chose persiste. Et c'est le principal.
https://www.youtube.com/watch?v=CoB36zxT940
Empilement d'idées de merde sans cohérence ni vraisemblance, pire réalisation de toute la série (virez moi ce tacheron et rendez nous Talalay), message politique infantilisant et insultant, storyline débiles pour combler un scénario qui peut tenir en l'espace de quinze minutes, après un épisode qui refusait de prendre un quelconque risque mais qui possédait tout de même certaines qualités derrière la déception, Ed Hime nous offre un des pires épisodes de toute la série.
C'est tellement nul à chier sur tous les points que j'ai même pas envie de prendre la peine de les décrire, tant l'épisode n'est sauvé du 1/20 que par le fait que cette fois la saison semble un minimum showrunnée et construite sur la longueur. (Thirteen quand même plus amère qu'avant et je sens une tension grandissante dans la team tardis.)
Je retourne sur les classics et sur big finish, là au moins y a du contenu.
