Bilan 2018-2019 de Manoune398

Le 20 août 2019 à 16:48  |  ~ 28 minutes de lecture
Arrêtez-tout : c'est l'heure du bilan !

Bilan 2018-2019 de Manoune398

~ 28 minutes de lecture
Arrêtez-tout : c'est l'heure du bilan !
Par Manoune398

 

Eh oui, il est déjà temps de faire les comptes après une autre année écoulée ! Cette saison fut riche en nouveautés pour ma part, avec un accroissement notable de la présence féminine dans les productions : effectivement, s'il y a une chose que je retiens, ce sont des personnages féminins forts, portant un message d'égalité, d'indépendance et de volonté de renouveau. Qu'elles soient seules ou non au centre de leur série, cette saison est vraiment innovante par rapport à la place que prennent les femmes dans le monde (devant ou derrière la caméra). Ce n'est pas une déclaration de guerre, ce n'est pas politique, mais elles sont tout simplement plus, et mieux, représentées. La plupart des autres séries que je regarde se poursuivent, de façon routinière ou toujours prenante, et quelques-unes se sont terminées. Malgré les quelques déceptions inévitables, 2018/2019 a été délicieuse : laissez-moi vous emmener dans ma rétrospective !

 

Bandeau Série-All bilan Manoune

 

Part 1: Based On True Events

Part 2: Do What’s Right For Your Community

Part 3: In Life Together

Part 4: Who Am I?

Part 5: Ride Or Die

Part 6: We’re Coming For Us (And For You)

Part 7: What’s Left?

 

PART 1: BASED ON TRUE EVENTS

 

Photo promotionnelle de When They See Us

 

Escape at Dannemora, limitée

Ben Stiller s’est installé derrière la caméra pour retracer, en huit épisodes, l’évasion de deux prisonniers d’une prison new-yorkaise en 2015. Admirablement portée par son trio d’acteurs (Benicio Del Toro, Patricia Arquette et Paul Dano), la série ne cherche jamais à rendre ses personnages attachants et ne cherche pas non plus à les rendre détestables. Elle parvient à jouer sur l’humanité des deux détenus en les suivant dans leur vie en prison, nous laissant observer leurs comportements, leurs qualités et défauts, apprenant à connaître leurs goûts et leurs tempéraments – très différents – avant de nous expliquer les raisons de leur présence en prison et, du même coup, la dangerosité de leur cavale (surtout pour l’un des deux). Ben Stiller signe une œuvre détaillée, travaillée visuellement et un peu old-school qui nous transmet correctement les faits et raconte ce fait divers en restant une série télévisée, et non pas un documentaire. (14,29/20)

 

When They See Us, limitée

Comment expliquer, en quatre heures, ce que peuvent ressentir cinq adolescents qui ne se connaissent pas et qui sont condamnés pour un crime qu’ils n’ont pas commis ? C’est ce qu’essaie de faire cette mini-série en quatre parties retraçant "l’affaire de la joggeuse de Central Park" en 1989, à l’issue de laquelle cinq jeunes de quatorze à seize ans (quatre Afro-Américains et un Hispanique) avait été condamnés sans preuve après des interrogatoires interminables aux méthodes illégales alors qu’ils étaient complètement innocents. Après avoir expliqué les faits, le procès, et montré la forte médiatisation de l'enquête, la série se penche surtout sur ces jeunes hommes arrachés à leurs vies et considérés comme des délinquants sexuels alors qu’ils sortent de prison et essaient d’avancer comme ils le peuvent. La quatrième partie, entièrement consacrée à Korey Wise, qui avait seize ans et a donc été envoyé dans une prison pour adultes, est bouleversante avec un Jharrel Jerome époustouflant : la performance de l’année en ce qui me concerne. Au milieu de l’amertume, de la tristesse, de la colère et de l’impuissance, la série parvient à capter chez ses personnages une forte résilience et une sagesse que peu atteindront un jour. La façon dont cette histoire a changé la vie d’innocents et de leurs familles est absolument poignante et la réalisatrice Ava DuVernay, malgré un certain penchant à vouloir nous émouvoir à tout prix, arrive toujours à rester juste, émouvante, et à nous déranger grandement. (16/20)

 

PART 2: DO WHAT'S RIGHT FOR YOUR COMMUNITY

 

Personnages de Pose marchant dans une église

 

Pose, saison 2 / Dear White People, saison 3

Pose est exubérante, lumineuse, dynamique, pleine de paillettes et d’émotions. C’est une série terriblement authentique et généreuse, jamais parfaite mais toujours honnête. L’histoire qu’elle raconte, ses actrices et ses acteurs, les thèmes qu’elle aborde… Tout est sincère et bienveillant. Le parcours et le quotidien de la communauté LGBTQ+ dans le New-York des années 1990 est semé d’embûches par la société, le système et l’intolérance mais, pourtant, la solidarité, l’amour et le sens de la famille sont incroyablement décuplés. Malgré son relatif manque de finesse dans l’écriture du scénario et son sentimentalisme parfois exagéré, cette série est une perle car elle parvient à rendre ses personnages attachants et humains au possible, nous emmenant dans leur combat et leurs luttes de tous les jours, mais ne les agenouillant jamais devant les difficultés et les rendant résiliants au fil du temps. La façon dont cette famille traverse les épreuves nous sensibilise au sort de cette communauté et nous fait tout simplement du bien. (14,22/20)

De retour pour une troisième saison, la comédie Netflix Dear White People commence un peu moins bien que les précédentes et m’a un peu ennuyée. En revanche, la seconde partie s’étoffe jusqu’à arriver à une vraie bonne fin de saison qui explore des sujets d’actualités (en l’occurence, #MeToo) tout en restant dans son thème premier. La deuxième saison possédait vraiment une charge émotionnelle qui n’est pas réapparue cette année, et peut-être deux épisodes en moins auraient permis de garder l’ensemble plus intense. Avec son ambiance unique, un montage travaillé et son ton satirique, la série reste tout de même charismatique… mais attention à ne pas devenir ennuyante ! (13,70/20)

 

Stranger Things, saison 3

La série de Netflix lancée en 2015 parvient encore à fédérer malgré des critiques plus négatives. Pour sa troisième saison, les adolescents et leurs parents doivent combattre un monstre échappé de l’upside-down semant la pagaille dans Hawkins tandis que les Russes manigancent dans les sous-sols du nouveau centre commercial. Je trouve la série toujours aussi attachante, réussie visuellement (beaux décors, belle lumière, belle photographie) et divertissante, avec un contexte historique bien exploité. Alors oui, il y a quelques faiblesses – surtout dans le début de la saison – mais dès que l’intrigue décolle, l’action nous entraîne avec elle et propose quelques jolis moments épiques. La toute fin, émouvante, bouscule les vies de tous les personnages, évitant à l’histoire de stagner et me rendant curieuse de voir la quatrième saison. Et Millie Bobby Brown a toujours autant la classe ! (13,88/20)

 

Chicago Fire, saison 7 / Chicago P.D., saison 6

Malgré le départ de l’une des actrices principales (Monica Raymund), Chicago Fire ne se démonte pas et continue sur sa voie en proposant action, amour, histoires de famille et luttes personnelles. Après sept saisons, difficile d’innover mais il y a déjà plus d’efforts que l’année dernière. Sans s’être renouvelée pour autant, la série essaie de proposer des intrigues un peu différentes, créant de nouveaux liens entre les personnages, faisant avancer les plus vieux et utilisant les nouveaux pour redynamiser son scénario. C’est la routine, mais ça reste efficace. (12,73/20)

De son côté, Chicago P.D. est encore dans son climax et arrive à se montrer audacieuse malgré son âge. Contrairement à la série mère, les scénaristes n’hésitent pas à mettre les personnages en difficulté en mettant en avant leurs défauts, leur faisant faire des erreurs, jouant constamment sur l’aspect héros/anti-héros de chacun. La moralité et la loyauté sont deux thèmes récurrents depuis le début de la série, qui est parvenue à affiner son propos en questionnant les actions et les valeurs de ces policiers sans arrêt forcés à faire des choix dans tous les domaines de leurs vies. Cette année, l’unité s’est ressoudée et sans être plus légère (les heures légères sont terminées depuis bien longtemps), la série a retrouvé un peu de sa lumière. Le retour de la romance a participé à alléger les intrigues, déséquilibrant un peu la qualité au passage mais faisant un peu respirer tout le monde, téléspectateurs compris. Moins coup de poing que la précédente saison mais toujours aussi prenante, Chicago P.D. a encore quelques bonnes années devant elle. (13,86/20)

 

PART 3: IN LIFE TOGETHER

 

Matheo, Cheyenne et Amy de Superstore

 

Superstore, saison 4

Eux ne sauvent pas le monde mais ils sont tout de même collègues et s’entraident pour joindre les deux bouts (entre deux coups bas et quelques disputes). Superstore se bonifie avec le temps, délivrant un message engagé au travers d’intrigues mettant ses personnages dans des situations parfois compliquées et abordant beaucoup de thèmes : assurance maladie, droits des travailleurs, GPA, inégalités salariales, discrimination de genre, immigration etc. Son ton franc voire corrosif continue d’être efficace et malgré quelques épisodes plus faibles, la série propose un rendu drôle, attachant et utile. (13,14/20)

 

Single Parents, saison 1

Nouveauté d’ABC, Single Parents voit notamment le retour de Leighton Meester à l’écran, accompagnée d’un ancien du SNL (Taran Killam) ou du comédien Brad Garrett. C’est une comédie rafraîchissante qui bénéficie d’un bon ensemble d’acteurs, avec des adultes qui fonctionnent bien ensemble et des enfants attachants. Sa principale qualité réside dans ses personnages aux tempéraments assez forts et aux personnalités marquées (la créatrice de la série est celle derrière New Girl, si ça peut vous donner une idée). Son principal défaut reste le manque d’équilibre entre les intrigues d’adultes et l’utilisation des enfants, ce qui donne certains épisodes vraiment plus faibles. Mais quelques-uns parviennent à sortir du lot et, ma foi, la seconde saison sera vite décisive. (12,65/20)

 

Life in Pieces, saison 4 / Fresh Off the Boat, saison 5

Renouvelée de justesse pour une quatrième et dernière saison, la famille Short fait ses adieux avec treize derniers épisodes fidèles à ce que la série a proposé depuis ses débuts. La fin est touchante et aurait aussi pu servir de season finale. Au cours de ces quatre saisons, le casting a toujours été bon, les épisodes bien écrits et drôles, mais le point qui a peut-être fait défaut à Life in Pieces reste son concept de quatre petites histoires qui n’a jamais vraiment réussi à être utilisé à fond, à quelques exceptions près. (12,69/20)

Avec la sensation que cette série est toujours un peu sur la brèche, Fresh Off the Boat continue pourtant son petit bonhomme de chemin, prenant désormais place le vendredi soir avec succès sur ABC. Les Huang sont toujours attachants et cette saison fut particulièrement intéressante pour l’aîné, Eddie, qui grandit (permis, voyage, amour) et prouve que la série évolue. Je regrette la discrétion du frère cadet, Emery, au profit de la relation entre sa mère Jessica (formidable Constance Wu) et son petit dernier Evan. Mais c’est toujours un plaisir de suivre la vie de cette famille et la prochaine saison verra le passage à l’an 2000, ce que j’ai hâte de voir ! (12,77/20)

 

PART 4: WHO AM I?

 

Zendaya regardant la caméra dans Euphoria

 

Riverdale, saison 3

Ah la la, Riverdale. Toujours les mêmes qualités et les mêmes défauts. Toujours divertissante, et ce sera toujours mon petit guilty pleasure. La série est toujours aussi jolie, portée par un casting impliqué, et cette saison a vraiment réussi à attiser ma curiosité avec des intrigues prenantes. Chacun des quatre personnages principaux a dû combattre ses propres démons, ce qui a raréfié les scènes de groupe mais enrichi les épisodes. Je continue de penser que les saisons devraient être plus courtes, mais que dire : Riverdale est fidèle à elle-même, pour le meilleur comme pour le pire. (12,91/20)

 

Atypical, saison 2 / BONDiNG, saison 1

Bien que discrète, Atypical confirme sa qualité avec une deuxième saison plus longue, plus riche et toujours aussi juste. Les acteurs et actrices sont géniaux, la série possède vraiment un petit quelque chose unique dans son atmosphère paisible et rarement survoltée, avec une vie de famille et des histoires personnelles parfois compliquées. Outre Sam, le personnage principal qui continue de découvrir la vie, sa sœur Casey a droit à une belle intrigue et leurs parents essaient de réparer les pots cassés. Accompagnée d’une bande-originale géniale, Atypical est un petit délice qui n’a pas fini de nous surprendre. (non notée)

Surprise de cette saison, BONDiNG a bien failli me passer entre les doigts (explorer Netflix en période d’ennui porte ses fruits). Sept épisodes d’une quinzaine de minutes chacun qui racontent la vie d’une jeune femme, dominatrice à New-York, et de son meilleur ami, un humoriste en devenir qui manque de confiance en lui. La série surprend par sa justesse et son ton léger, authentique et parfois touchant. Le format est idéal et une seconde saison serait amplement méritée. Une jolie dramédie coming-of-age. (non notée)

 

Euphoria, saison 1

Que dire d’Euphoria ? Beaucoup ! J’ai des sentiments assez ambivalents envers cette nouveauté HBO… Alors qu’elle concentre tous les clichés et tous les maux de l’époque actuelle (que ce soit dans son casting, son montage, le choix de sa musique, ses personnages et leurs intrigues) en exagérant tout énormément, elle reste d’un magnétisme rare. Elle est à la fois un symbole de banalité (quand tout le monde croit être original, mais en fait tout le monde fait la même chose, vous voyez ?), représentant à tous niveaux la superficialité de notre temps mais se révélant en fait être la mieux placée pour l’explorer. Si on regarde au premier degré, on est dans du cliché et dans de la consommation pure et dure, dans ce que cherche un téléspectateur lambda qui ne veut pas trop réfléchir. Si on s’attarde un peu, cela dit, on réalise que c’est beaucoup plus que ça. Parce que derrière les paillettes, la fête, la drogue et les parents absents se trouvent des adolescents paumés qui ne savent pas comment ils en sont arrivés là et encore moins comment s’en sortir. Au travers de grosses intrigues parfois exacerbées, les personnages révèlent leur souffrance, leur solitude, leur égarement, leurs espoirs. La série les montre sous un jour horrible mais reste la seule qui leur veut du bien. Et à la fin, on se dit que si ces jeunes osaient croire en eux, ils pourraient changer le monde. Zendaya livre une magnifique performance avec un grand naturel et une vraie implication, mais c’est le cas des autres acteurs et actrices également. La série parvient à lier musique et montage avec talent, nous faisant ressentir tout à la seconde près. Euphoria est une œuvre douce-amère, aussi désabusée qu’encourageante envers cette génération post-9/11 qui n’a rien demandé et qui possède pourtant tout. Au plus près de notre époque, avec ses qualités et ses défauts, elle parvient à capter cette lueur d’innocence et d’espoir au milieu du spleen complet. Elle a tout pour faire partie des grandes. (14,63/20)

 

PART 5: RIDE OR DIE

 

Vilanelle et Eve côte à côte

 

UnREAL, saison 4

Dans le genre dark, nous retrouvons Rachel et Quinn pour la dernière saison d’UnREAL. Toujours dans le too much, cette saison pousse Rachel à commettre des atrocités dans un furieux tourbillon de coups bas, d’absence totale de valeurs et de mal-être. L’intrigue touche à sa fin sans aucun happy ending. Rachel et Quinn, malgré les horreurs qu’elles se sont lancées en pleine figure, malgré leurs chemins sur le point de s’éloigner, restent connectées quoi qu’il arrive. Elles ont besoin l’une de l’autre et savent, peut-être, que leur relation n’est pas saine mais elles se choisissent quand même. Une fin ouverte à la fois amère et libératrice, portée par deux femmes que rien n’a jamais arrêtées. (12,75/20)

 

Killing Eve, saison 2

C’est aussi sombre que malicieux, aussi dérangeant que délicieux : Eve et Vilanelle continuent de jouer au jeu du chat et de la souris en parvenant quand même à évoluer dans leur relation. Dans cette deuxième saison, Eve est attirée par son côté sombre tandis que Vilanelle joue les romantiques. Ces nouveaux épisodes n’ont pas le charme de la première saison mais ils prouvent que la série a peut-être une certaine longévité devant elle. Il faudra montrer une certaine inventivité pour ne pas lasser les téléspectateurs malgré tout, car il faut que les deux femmes restent elles-mêmes tout en faisant avancer leur relation et en la complexifiant. Sandra Oh et Jodie Comer sont formidables et dans l’ensemble, la série vaut le détour. (13,38/20)

 

Grace & Frankie, saison 5

Elles sont de retour pour une cinquième saison et questionnent leur relation : Grace et Frankie doivent faire des choix ! C’est un plaisir de retrouver ces deux femmes et leurs familles dans une atmosphère feel good, drôle et touchante. Leurs anciens maris, Sol et Robert, sont toujours aussi amusants et ont droit à une bonne intrigue tandis que les enfants avancent dans leurs vies. Fidèle à elle-même, la série ne lasse pas et laisse, de manière très fluide, les personnages évoluer personnellement et dans leurs relations. Plus légère que la précédente, cette saison voit Grace et Frankie batailler pour concilier leurs vies privées et leur relation si spéciale, et c’est toujours rafraîchissant de voir Jane Fonda et Lily Tomlin interagir à l’écran. (13,54/20)

 

PART 6: WE'RE COMING FOR US (AND FOR YOU)

 

June regardant une arme dans The Handmaid's Tale

 

Russian Doll, saison 1

La chevelure flamboyante de Natasha Lyonne nous accompagne dans une aventure hors du commun, touchante, mélancolique à souhait et pleine d’espoir. En duo avec Alan (Charlie Barnett), Nadia ne cesse de mourir mais se réveille à chaque fois au même endroit : dans une salle de bain lors de sa fête d’anniversaire. D’abord dans une première phase au cours de laquelle elle cherche des réponses, elle rencontre ensuite Alan, un jeune homme dans la même situation qu’elle. Tous deux sont liés par quelque chose de mystérieux qui les rapproche à un niveau profond et presque spirituel. Drôle, pas tout le temps conventionnelle, pouvant paraître un peu prétentieuse par moments mais touchante et juste, cette dramédie dégage une force incroyable et regorge de subtilités qui rendent l’histoire complexe et riche. Une vraie réussite pour ma part. (13,75/20)

 

Chilling Adventures of Sabrina, saison 1

La talentueuse Kiernan Shipka revient sur le petit écran dans la peau de Sabrina Spellman, l’adolescente mi-sorcière mi-humaine, dans cette réadaptation du comics par les créateurs de Riverdale. Plus libres sur Netflix, ils nous proposent un rendu sombre, effrayant parfois mais vraiment charismatique et bien interprété. La première partie diffusée en octobre dernier nous présente l’univers, l’histoire et les thèmes principaux : le passage à l’âge adulte, la magie, le satanisme, la liberté et le pouvoir, le féminisme. Ce dernier aspect est une part intégrante de la série, avec une belle force féministe qui se dégage de l’histoire. Le tempérament de Sabrina l’amène à prendre les devants pour changer les règles d’un monde patriarcal et moyenâgeux. Symbole de tout ce que peut détester un système comme celui de l’Église de la Nuit, la jeune femme ne recule devant rien et en subit parfois les conséquences. (13,36/20)

Diffusée en avril, la seconde partie fait en revanche un bond en termes de qualité et nous entraîne dans une intrigue soudainement très animée où les évènements s’enchaînent un à un, explorant les parts plus sombres de Sabrina et apportant twists et révélations délicieuses. (14,44/20)

Passant de l’épouvante au teenshow, parlant de magie mais aussi de Foi (en se centrant sur l’aspect religieux/biblique notamment) et en restant cohérente dans son scénario, la série montre un certain sérieux tout en restant divertissante et fait une entrée remarquée  dans le monde sériel. (13,90/20)

 

The Handmaid’s Tale, saison 3

June a décidé de rester à Gilead pour récupérer Hannah et faire tomber le système de l’intérieur : cette troisième saison est celle de la Rébellion. Moins coup de poing que les deux précédentes, cette saison est en revanche très surprenante tellement elle bouleverse tout ce que nous connaissions jusqu’alors. Les personnages empruntent des chemins différents, des rencontres se font, des occasions se présentent… Certains arrivent et d’autres partent. Le personnage de June poursuit son évolution de manière extrêmement cohérente qui l’amène comme il faut jusqu’à la fin de saison. Serena fait ce qu’elle peut pour atteindre ses objectifs quel que soit le prix à payer, et Emily tente de retrouver une vie normale. C’est une saison réellement féministe car elle parvient à mettre la Femme au centre de son œuvre, et plus juste la Mère. Alors qu’elles subissent toujours les lois de Gilead, elles se mettent malgré tout en marche et s’organisent. Chacune dans son coin, les femmes s’éveillent et manigancent dans le dos des hommes qu’elles arrivent à manipuler et étourdir. C’est subtil, au fil du temps qui passe. C’est à la fois la qualité et le défaut de cette saison qui ne cesse de surprendre en s’aventurant sur des routes inattendues : l’ensemble est logique, beau et fait avancer l’histoire de manière générale mais individuellement, les épisodes sont peut-être moins saisissants, plus routiniers et plus ordinaires. Seuls deux sortent réellement du lot, dont le sixième épisode avec son quart-d’heure final qui est, à mon sens, le meilleur de l’année toutes séries confondues. The Handmaid’s Tale se maintient et garde son trône, mais gare à ne pas tirer sur la corde en produisant trop de saisons. (15,08/20)

 

PART 7: WHAT'S LEFT

 

Mahershala Ali dans True Detective

 

Dans le coin "faits divers", cette saison a également été l’occasion de continuer mon visionnage de Buffy the Vampire Slayer, avec les saisons 4, 5 et 6. La série se montre plus mature qu’à ses débuts et se révèle être assez universelle malgré sa vingtaine d’années en proposant d’excellents épisodes. Ensuite, j’ai décidé de regarder Six Feet Under de nouveau et je n’ai pas été déçue du voyage ; cette série restera la meilleure à mes yeux et chaque nouveau visionnage est une nouvelle leçon de vie. (14,64/20) Enfin, je me suis lancée dans Peaky Blinders avec les deux premières saisons et un ensemble extrêmement charismatique (suivez mon regard vers Cilian Murphy, merci), très plaisant à suivre (pour l’histoire et les autres acteurs aussi, évidemment).

Côté comédies, je suis toujours Modern Family en décalé, avec la neuvième saison et une famille aussi déjantée qu’attachante malgré le temps qui passe. (12,91/20) J’ai enfin regardé la dernière saison de The Middle, nostalgique et qui sait rendre hommage à ses neuf ans d’existence. Puis j’ai aussi essayé Family Business, comédie française sortie sur Netflix qui ne casse pas trois pattes à un canard mais qui a le mérite de proposer quelque chose d’amusant avec un bon casting.

True Detective était de retour cette année pour une troisième saison. Elle n’est pas sortie du lot comme on aurait pu s’y attendre mais reste de qualité. Admirablement portée par Mahershala Ali, l’histoire est complexe, émouvante et intelligemment racontée, mais ce n’est pas ce qui a marqué ma saison. (13,75/20) Pour ce qui est des séries musclées, qui manquent de finesse et où tout le monde survit tout le temps alors qu’ils ne devraient pas, j’ai découvert LA’s Finest qui se débrouille pas mal dans son genre. Ce sont surtout Jessica Alba et Gabrielle Union qui font tout le travail : le reste ne fait que nous ramener quinze ans en arrière à l’époque des CSI. Cela dit, elle fonctionne parfaitement comme summer pleasure en ce qui me concerne.

J’ai été gâtée question séries limitées avec les deux citées en début d’article, mais il y aussi eu quelques échecs. C’est le cas pour la version américaine de Camping qui, malgré Jennifer Garner et David Tennant à l’affiche, s’est révélée être assez ennuyante et sans grand intérêt. (12,25/20) C’est encore pire pour Maniac qui a été complètement sur-valorisée et qui a plus compté sur sa forme que sur le fond. La pire déception de l’année, pénible à visionner et prétentieuse parfois. (11,90/20)

Elle sera le mot de la fin parce que je ne sais pas où la mettre : The Umbrella Academy a fait son arrivée sur Netflix cet hiver, avec un ensemble tantôt encourageant, tantôt décevant… La seconde saison sera décisive pour cette série (adaptée du comics) agréable mais pas toujours entraînante. (12,60/20)

 

Vous savez tout de ce qui a animé mon année dans le monde fascinant des séries télévisées ! L'année prochaine sera l'occasion de voir si les nouveautés transforment l'essai ou bien si elles font une sortie de route, tandis que les plus anciennes devront redoubler d'efforts pour ne pas lasser et rester dans mes bonnes grâces. J'espère que les séries limitées seront encore au rendez-vous et que celles touchant à leur fin partiront comme il se doit. Quant à nous, on se dit à l'année prochaine pour lancer la nouvelle décennie !

 

Sabrina Spellman fait un clin d'œil à la caméra

 

BONUS: COIN AWARDS & STATS

 

Meilleur acteur : Jharrel Jerome (When They See Us)

Meilleur actrice : Elizabeth Moss (The Handmaid’s Tale)

Meilleur acteur (second rôle) : Michael K. Williams (When They See Us)

Meilleure actrice (second rôle) : Alexis Bledel (The Handmaid’s Tale)

Meilleur ensemble : When They See Us

Meilleure réalisation : Escape At Dannemora (Ben Stiller)

Meilleur scénario : Russian Doll (Natasha Lyonne, Amy Poehler, Leslye Headland) 

Meilleur montage : Euphoria 

Meilleure photographie : Euphoria 

Meilleurs décors : Stranger Things 

Meilleur score : The Handmaid’s Tale (Adam Taylor)

Meilleure bande-originale : Euphoria / Atypical

Meilleur épisode d’ouverture : Pose, 2.01 : « Acting Up »

Meilleur épisode final : Superstore, 4.22 : « Employee Appreciation Day »

Meilleure comédie : Grace & Frankie

Meilleur drame : Euphoria

 

TOP 3 séries notées (diffusées cette saison uniquement) :

3. Euphoria (14,63/20)

2. The Handmaid’s Tale (15,08/20)

1. When They See Us (16/20)

 

FLOP 3 séries notées (diffusées cette saison uniquement) :

3. The Umbrella Academy (12,60/20)

2. Camping (US) (12,25/20)

1. Maniac (11,90/20)

 

TOP 3 des épisodes notés (diffusés cette saison uniquement) :

3. The Handmaid’s Tale, 3.06 : Household (17/20)

2. The Handmaid’s Tale, 3.03 : Useful (18/20)

1. When They See Us, 1.04 : Part 4 (18/20)

 

FLOP 3 des épisodes notés (diffusés cette saison uniquement) :

3. Maniac, 1.04 : Furs by Sebastian (11/20)

2. Maniac, 1.08 : The Lake of the Clouds (11/20)

1. Superstore, 4.10 : Cloud 9 Academy (10/20)

L'auteur

Commentaires

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nicknackpadiwak

Il y a vraiment trop de séries qui ont l'air bien à regarder...pfff, j'aurai jamais assez d'une seule vie.

Sinon, très chouette bilan! Je pense aussi que plus de gens devrait regarder Pose.


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