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Critique : Doctor Who (2005) 11.05 - The Tsuranga Conundrum



Doctor Who X Gremlins.


Doctor Who (2005)
Genres :
Fantastique, Science-Fiction
Série anglaise
Année : 2004
Format : 42 min
BBC One France 4



Il y a différents types d’épisodes dans Doctor Who. Des épisodes qui nous prennent aux tripes et rentrent directement dans notre panthéon personnel, des épisodes moyens sauvés par quelques scènes d’exception, des épisodes qu’on adore détester du plus profond de notre âme... Et il y a ces épisodes qu’on traverse comme une nuit sans rêve. Des épisodes qui ne nous évoquent rien, si ce n’est un ennui poli et un peu triste. À votre avis, dans quelle catégorie se situe The Tsuranga Conundrum ?

 

 

La crise de foie


Le Pting

 

Il n’y a rien de fondamentalement mauvais ou révoltant dans The Tsuranga Conundrum, contrairement à l’épisode précédent et son récit nanardesque à souhait. Ici, Chibnall revisite la légende du gremlin, cette créature facétieuse qui attaquait les avions durant la seconde guerre mondiale, pour l’adapter à l’univers de Doctor Who. Une idée plutôt rigolote, à défaut d’être très originale. La "base under siege" (ces épisodes en huis clos où les personnages sont aux prises avec une attaque alien inconnue) est sans doute un des schémas scénaristiques les plus utilisés dans la série, Chris Chibnall l’ayant lui-même déjà exploré dans 42. Pour bien fonctionner, un tel scénario doit réussir à créer des enjeux clairs et efficaces face à une menace d’envergure.

Malheureusement, après une introduction franchement longuette, la menace apparaît trop tardivement dans un script de cinquante minutes qui doit traiter pas moins de dix personnages avec des enjeux différents. Chris Chibnall surcharge une intrigue qui se doit d'être simple, directe et efficace pour impliquer le spectateur. Le Pting, visuellement très convaincant, ne dispose pas du temps nécessaire à l’antenne pour s’imposer comme une créature marquante dans le bestiaire de la série et le scénario lui-même ne semble pas vraiment savoir quoi en faire une fois la première mort provoquée. Tout le traitement de la menace est trop mécanique (la solution pour vaincre le Pting trop évidente) ou anecdotique (Yasmin qui l'enroule dans une couverture et lui met un coup de pied, pourquoi ?) pour parvenir à capter l'attention et créer une vraie tension.

Pire, une fois le Pting présenté, les personnages sont répartis dans différentes intrigues qui ne se croiseront jamais et ne délivreront jamais de discours ou de péripétie vraiment intéressante. Le personnage de Yoss, par exemple, aurait pu offrir une réflexion intéressante sur le genre, Chris Chibnall nous ayant promis une série plus en phase avec notre temps. Malheureusement, il ne reste qu'un étrange comic relief qui ne sert qu'à régler le trauma de Ryan. Il y a quarante-cinq ans, Jacques Demy faisait mieux.

 

 

La crise de foi


 L'homme enceint et Ryan

 

Doctor Who est une promesse, la promesse d'une aventure à travers l'univers chaque semaine. Chaque semaine, elle doit nous faire découvrir de nouveaux concepts, de nouveaux personnages, de nouvelles menaces. On a reproché (parfois à raison) à Steven Moffat des compagnons trop conceptuels, souvent définis par une périphrase ("The Girl who waited""The Impossible Girl"). Le fait est qu'au bout de cinq épisodes, je peine à comprendre ce qui a pu faire croire à Chris Chibnall que trois compagnons seraient une bonne idée pour cette nouvelle ère. Chacun se limite pour le moment à un patchwork d'idées étrangement sous-exploitées (Yasmin qui ne se rappelle à aucun moment qu'elle est policière face à un homme qui brave toutes les lois dans Arachnids in the UK le handicap de Ryan aux abonnés absents depuis deux épisodes...).

Chaque épisode devient dès lors une loterie, les scénaristes manquant de temps pour développer convenablement la Tardis Team, les compagnons et les guests de l'épisode. Rosa reste à ce jour le seul épisode à avoir honorablement traité chaque personnage, mais il est plutôt inquiétant de voir le nouveau showrunner incapable d'exploiter les personnages qu'il a créés. Cette semaine encore, Ryan semble avoir les faveurs de Chibnall, là où Yasmin ne peut compter que sur quelques péripéties génériques pour développer une légère alchimie avec la Docteur. Graham, enfin, bénéficie de la sympathie de son interprète pour gagner l'affection du public ainsi que du traitement du deuil de Grace, seul fil rouge de cette première moitié de saison.

Il est étrange que Chibnall n'ait pas cherché à renforcer l'intégration de la Tardis Team dans les sous-intrigues de cet épisode. Yasmin, au vu de sa situation familiale, aurait pu par exemple jouer un rôle dans la réconciliation entre Eve et Durkas Cicero. Graham aurait pu profiter d'une technologie médicale avancée pour se questionner sur son cancer en rémission. Des idées plutôt basiques, mais qui auraient donné une véritable plus-value à un épisode qui semble ne jamais réussir à développer correctement une idée.

 

 

Doctor Who Cares ?


La Docteur et son tournevis

 

Que peut-on retenir de The Tsuranga Conundrum finalement ? Faisant partie de la minorité qui n'a pas totalement adhéré à l'interprétation de Jodie Whittaker depuis sa reprise du rôle, j'ai été agréablement surpris par les premières minutes de l'épisode qui posaient quelques idées intéressantes sur le personnage. Après avoir manqué de provoquer la mort de ses nouveaux amis, la Docteur agit déraisonnablement en tentant de quitter le vaisseau hôpital, avant d'être finalement rappelée à l'ordre par Astos.

En démarrant ainsi son épisode, Chibnall semble clairement nous indiquer que cet épisode sera celui des premières failles pour la treizième incarnation du Seigneur du Temps. Une idée plutôt plaisante, car si je comprends l'envie de Chris Chibnall de revenir à un portrait plus optimiste du personnage après un Peter Capaldi aux débuts assez sombres et ambigus, la treizième Docteur manque pour le moment cruellement de caractérisation. Ainsi, tandis que l'épisode semble s'orienter vers une confrontation entre Astos et la Docteur, chacun prouvant à l'autre sa valeur, le scénario rompt brutalement cette promesse en tuant Astos et en embrayant sur de nouvelles intrigues.

Au bout de cinq épisodes de Chibnall, j'en viens à me demander s'il a une vision claire de la Docteur qu'il veut construire, et si toutes les erreurs commises par le personnage (la mort de Grace, son piège à araignées d'une cruauté surprenante) et ses contradictions (se revendiquer comme détentrice d'espoir alors qu'elle baissait les bras plus rapidement que ses compagnons à la fin de The Ghost Monument, condamner Robertson quand elle ne parvient pas à trouver elle-même un solution pertinente au problème des araignées) font partie d'un plan sur la durée ou juste d'une écriture fainéante. Malheureusement, l'absence totale de développement moral autour du personnage sur les épisodes de Chris Chibnall me laissent perplexe quant à un potentiel retour sur ces éléments en fin de saison. Personnellement, je n'ai plus tellement d'espoir, si ce n'est celui de ne pas voir Chris Chibnall écrire sur les quatre prochains épisodes.

 

The Tsuranga Conundrum est un épisode déprimant. Pas assez mauvais pour être divertissant, il surcharge son récit d'idées sans saveur, sans enjeux, sans inspiration. Si la saison 10 m'avait déjà questionné sur l'amour que je porte à la série, je crois n'avoir jamais été aussi détaché de celle-ci que maintenant. Je n'y trouve aucune promesse alléchante, aucun personnage qui ne capte mon attention, aucune prestation qui se détache du lot. Mais Doctor Who est ainsi faite, les ères se succèdent et ne se ressemblent pas, tous comme les épisodes. Comme disait Jacques Brel, « y'a le temps qui attend et le temps qui espère ». J'attendrai donc.

 

J'ai aimé :


  • Des promesses

 

J'ai pas aimé :


  • ... Qui ne sont pas tenues

 

Ma note : 06/20

 

 

Le Coin du Fan :

 

Il faudrait en être un pour le faire, donc ne comptez pas sur moi.

 

À la semaine prochaine !




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A propos du rédacteur

Gizmo Gizmo
1072 avis
2074 notes
Moyenne : 12.83

 Visioneur raffiné

I will always remember when the Doctor was me ...

4 commentaires sur cet article


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#1
MarieLouise a écrit le 10/11/2018 à 08h38
Gizmo qui écrit un article sur les Gremlins version Doctor Who -> la boucle de l'univers est bouclée.
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#2
Gizmo a écrit le 10/11/2018 à 15h01
Je n'y avais même pas pensé, bien joué !
Une belle manière de conclure pour ma dernière critique de Dr Who...
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#3
OmarKhayyam a écrit le 10/11/2018 à 20h04
Dernière ?
Critique très intéressante en tout cas !
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#4
Gizmo a écrit le 10/11/2018 à 22h28
Pour cette saison...
J'espère...



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9.56

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MrZ - favorable
Là où Arachnul in the UK nous offrait un excellent portrait de Graham, encore très affecté par la mort de sa femme ...

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- The Doctor: Well, medicine, science, engineering, candy floss, LEGO, philosophy, music, problems, people, hope. ...

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