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Le Vrickavrack - 2018 (2ème partie)


Vous n'avez plus d'idée pour de nouvelles série à regarder ? Le Vrickavrack vous en fournit : Westworld, Legion, La Casa de Papel, Atlanta, Barry, The Looming Tower, etc, etc.


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Pour cette nouvelle édition de Séries Mania à Lille, Série-All a dépêché Nicknackpadiwak pour couvrir l’évènement. Voici son compte-rendu. Pour accéder directement au sommaire du Vrickavrack, cliquez ici.

Sinon, c'est ici :

 

affiche Serie-mania 2018

 

Jour 1 : projection de The Rain

 

Très motivé à l’idée de suivre ce festival et de retourner pour cette occasion à Lille (ma ville de cœur), je zappe malencontreusement que nous sommes un jour de grève et que plus aucun train ne part dans le Nord. La mort dans l’âme, je dois faire une croix sur la projection du jour. Mauvais départ, mais ce n’est pas grave, le festival ne fait que commencer, je vais largement pouvoir me rattraper.

 

Jour 2 : projection de Kiss Me First à 15 heures

 

J’arrive ce coup-ci bien à Lille, mais deuxième couac, je n’avais pas fait attention à l’horaire étonnant et j’arrive une heure en retard à la séance. Tant pis, j’en profite pour déambuler dans les rues lilloises, ce qui est toujours un plaisir sans nom pour moi. Comme il fait bon (quinze degrés et pas de pluie, donc un beau temps pour Lille), je rejoins Benoit, un ami musicien à moi, à la terrasse du Stout. Après quelques verres, nous allons au Cheval Blanc où je tombe sur David Lynch himself. Ému, je l’aborde. Il semble très surpris au début que je le reconnaisse et étonnamment il parle français sans accent, je lui paie plusieurs coups à boire et nous finissons devant le portique de l’église Saint-Pierre Saint-Paul à Wazemmes avec ses potes à chiens et autres SDF qui, sans raison, l’appellent Roger. La soirée se termine quand la police nous évacue suite à la plainte des habitants du quartier. Je retourne chez mon frère qui me loge.

 

Jour 3 : projection d’American Woman

 

Le festival commence enfin pour moi. Pour me mettre en jambe et en attendant le début de la séance, je prends un apéro dans le Vieux-Lille avec Thomas, Chloé et Chouchou. Malheureusement, très vite tout dégénère, je perds la notion du temps et me retrouve à louper l’heure du début. Je me retrouve Dieu sait comment dans le bar dansant, la Boucherie. Et là, je tombe sur Evan Rachel Wood qui, sans maquillage, fait bien dix kilos et quinze ans de plus. Pour lui faire plaisir, je lui offre des bières, puis tout dérape, je me retrouve à acheter de petites pilules colorées pour elle dans une rue sombre. Quelques minutes (heures ?) plus tard, je réalise que la jolie blonde a disparu. Je l’ai perdue. Ainsi que mes potes, mon blouson, l’endroit où j’ai garé mon V-Lille, ma dignité et, fait moins ordinaire, ma chaussure gauche. Tant qu’à faire, je perds aussi mon sens de l’orientation et mets plusieurs heures pour rentrer chez mon frère.

 

Jour 4 : projection des deux premiers épisodes de Westworld

 

N’ayant ni la foi, ni le courage de me taper près de trois heures de discussions philosophiques far-westiens, avec Kamel, mon pote, nous décidons bravement de sécher la séance pour aller voir Avengers : Infinity War.

 

Jour 5 : projection de The City and the City

 

Ce coup-ci, c’est dans la poche, je suis arrivé jusqu’à la salle, à l’heure, je m’installe dans les fauteuils confortables, la lumière s’éteint, un sentiment d’apaisement m’étreint et... je m’endors avant même la première image. Tout penaud, mais bien reposé, je rejoins mon ancien coloc au Farafina où je prends le cocktail de Doudou, à base de koutoukou, l’alcool ivoirien tellement fort qu’il guérit du sida. Erreur fatale. Il paraît qu’il existe des vidéos de moi où, hirsute, je cherche des Espagnols, avenue du Peuple Belge, pour faire un braquage.

 

Jour 6 : exposition au Tri Postal (affiches de la chaîne FX, graffs, photos autour de Twin Peaks, escape room The Walking Dead, décors du Bureau des légendes, etc.), et projection de Nu

 

Je me réveille, les relevés bancaires de la soirée d’hier me servant de coussin, chez un drôle de monsieur que je ne connais pas, très sympa, mais un peu pressant. Je refuse de prendre une douche avec lui et je m’enfuis. Mais je ne suis pas bien et dans mon crâne se joue un concert de Batucada. Je décommande l’invitation de Christine et Sabine d’aller avec elles au Tri Postal, rentre chez mon frère et végète dans le canapé, hésitant entre vomir, dormir ou mourir. Plus tard, lorsque mon corps retrouve ses esprits il ne réclame qu’une chose : manger du gras. Avec un peu de honte, mais pas trop, je sèche la projection de Nu et me nourris d’un gros Kébab à l’Espandos, de la sauce plein les doigts.

 

Jour 7 : cérémonie de clôture et projection de Berlin Balton

 

Sentant que la direction de Série-All commence à peu apprécier mes loupés, je m’investis à fond et coupe mon portable pour éviter toute tentation. Manque de chance, je ne retrouve plus mon billet d’entrée. Je découvre que le pote de mon frère s’en est servi pour rouler un joint. De dépit, je rejoins Thomas dans un bar à Wazemmes.

 

Bilan : Un très bon festival où j’ai rencontré plein de monde et me suis bien amusé. Vivement l’année prochaine.

 

 

Le Fonz du mois : Jo_

 

gif d'Annie Murphy faisant la cowgirl Avis très favorable

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

gif d'Annie Murphy bof bof Avis neutre

gif d'Annie Murphy en stress Avis défavorable

 

 

Sommaire :

 

 

 

Atlanta - Saison 2

 

affiche atlanta saison 2

 

Koss : Un homme sage a dit : "Atlanta S2 est merveilleux [...] Chaque plat est différent, avec sa propre saveur, ses propres épices. C'est petit et grand à la fois". Difficile de faire plus juste que cette phrase, tant cette deuxième saison aura su apporter de la diversité. Rien n’est aussi différent qu’un épisode d’Atlanta par rapport à un autre. On passe de Darius en visite chez un simili Michael Jackson flippant à Paper Boi perdu dans les bois après une agression, en passant par une soirée entre filles avec Van. Mais derrière l'apparent chaos, se dégage une ligne claire : celle d’un artiste qui ne cesse de s’interroger, sur sa propre condition, sur son pays et sur la condition noire.

Donald Glover est-il l’homme le plus talentueux et beau du moment ? On peut le penser.

gif d'Annie Murphy faisant la cowgirl Avis très favorable


Nick : Donald Glover a déclaré que cette saison 2 serait son Twin Peaks à lui. Twin Peaks saison 3, alors. Car si par cela, il entend une suite qui déstabilise, déconcerte, prend à revers, voire déçoit et frustre ses fans les plus fidèles, le pari est réussi. Car même si la série reste intrinsèquement supérieure au tout venant et que dans ses moments forts, elle est juste fabuleuse, subtile, drôle et incroyablement intelligente, je suis tout de même resté sur ma faim avec ce retour. Trop d'épisodes mineurs, trop d'histoires anecdotiques, trop de centrics, trop de dispersion, j'ai eu le sentiment tout le long des onze épisodes qu'Atlanta ne savait pas où elle allait, qu'elle improvisait au fil de l'eau.

De plus, pour cette saison 2, le ton s'est clairement durci, l'humour est nettement moins présent. Car avant, Atlanta faisait dévier régulièrement les péripéties de ses protagonistes vers l'absurde (le black qui veut devenir blanc ou la voiture invisible), cela donnait un mélange remarquable entre une réalité très terre à terre (Atlanta, ville pauvre) et une fantaisie bienvenue. Fini tout ça. Maintenant, les histoires basculent dans une violence inattendue qui souvent fait l'effet d'une douche froide. Ce procédé, qui trouve son apogée dans l'épisode 6, épisode que j'ai encore du mal à évaluer (coup de génie ou pétard mouillé qui se vautre à la fin dans le grand-guignolesque?), finit presque par ressembler à un déficit d'idées, tant cela devient systématique.

Donc cette deuxième saison m'a laissé un peu sur le carreau. Est-elle victime de la malédiction des saisons deux maudites ? Atlanta s'est-elle reposée sur ses acquis? Ou la série est-elle en train de muter vers autre chose d'énorme ? Suis-je totalement passé à côté ? L'avenir le dira.

gif d'Annie Murphy bof bof Avis neutre (à l'échelle d'Atlanta)

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable (à l'échelle des autres séries)


RasAlGhul : Je suis quelque peu interloqué par cette deuxième saison d’Atlanta. Elle a commencé avec une structure narrative claire : celle de Robbin’ season, c’est-à-dire une saison où tout le monde se ferait voler quelque chose. Le début était prodigieux, c’était maîtrisé, alerte, intelligent et surtout magnifiquement filmé. Puis petit à petit, le burlesque et l’expérimentation ont pris le pas sur l’histoire. Ce n’est pas pour me déplaire, mais cela a parfois été à quitte ou double. Sans doute que pas mal de personnes trouveront Barbershop fantastique ; perso, j’ai trouvé ça très très très très long. La série a continué sa série de centric, avec donc plus ou moins de réussite. Celui sur Van était sans réel impact et celui sur Paper Boi – Woods – a plus de valeur pour ce qu’il amène par la suite que pour ce qu’il nous montre vraiment. Au milieu de tout cela, nous avons Teddy Perkins qui est une plongée intrigante dans le monde de Darius. Les performances d’acteurs sont excellentes, la photo est splendide, le propos est génial. C’est ça, Atlanta.

Alors, quand il s’agit de faire le bilan, qu’est-ce qu’on peut réellement dire ? Qu’on a assisté à une saison sans réelle cohérence narrative ? Que pris individuellement, presque chaque épisode est bon, mais que pris ensemble, ils forment un tout dont on a du mal à se représenter la forme ? Tout est différent, rien n’est semblable. P’têtre que c’est de l’esbrouffe finie, peut-être est-ce du génie. Quoiqu’il en soit, le fait que je me pose la question me conforte dans le fait qu'Atlanta n’est semblable à aucune autre série que je regarde. Et ça j’adore.

C’est Atlanta. C’est Donald Glover. C’est l’Amérique.

gif d'Annie Murphy faisant la cowgirl Avis (qui penche vers le) très favorable

 

 

Barry

 

affiche barry

 

Nick : Barry a tout compris à l’art des sitcoms réussis à la Parks & Recreation ou The Office. Soit une galerie de personnages gentiment barrés, névrosés, loufoques ou incongrus sortant des énormités ou sombrant dans le ridicule (incarnés par des comédiens convaincants ou connus, comme Henry Winkler en prof de théâtre tyrannique ou la Janet de The Good Place), avec en porte drapeau un personnage principal fort (ici, Bill Hader, transfuge du Saturday Night Live, excellent avec son visage élastique mélange de Droopy et de Jim Carrey, en tueur à gage qui veut devenir acteur). Donc la formule marche et la série est très amusante et souvent assez drôle. Pas ouf de ouf, mais très sympa.

Sauf que de par son pitch (il y est tout de même question de meurtres à exécuter et de gangs méchants), elle tente un mélange humour et action, mais le mariage est plus hasardeux, voir crée un malaise. En effet, entre deux situations gentiment loufoques, voir l’acolyte comique de Barry se faire torturer en se faisant raboter les dents avec une lime à métaux n’a rien de drôle, cela jette un froid et semble totalement incongru. C’est un mélange à la Utopia, mélange que je n’aime pas, car elle désensibilise la violence, pour en faire une chose désincarnée, voire fun et distrayante.

Cette violence gratuite s’atténue un peu en cours de saison. Et heureusement, car Barry a suffisamment les épaules fortes pour être agréable à suivre sans cela.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable


PierreAlex : La nouvelle série HBO est très clairement une réussite ! Elle connaît en plus un casting composé de psychopathes : Glenn Flesher (Errol de True Detective saison 1) qui joue Goran, Anthony Carrigan (Zsasz de Gotham) qui joue Hank, Cameron Britton (Ed Kemper de Mindhunter), sans oublier Bill Hader (Barry), créateur de la série. Le personnage principal est vraiment complexe et intéressant. Ce tueur à gage, ancien marine, se retrouve mêlé au monde du théâtre à cause d’une de ses cibles. On retrouve parfois beaucoup de violence dans cette première saison, mais la série a su mélanger les scènes de violences/tortures avec un brin de comédie. Et c’est ça qui fait la différence de Barry et qui la rend originale. Une des meilleures séries de 2018 pour l’instant.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

 

 

Baskets - Saison 3

 

affiche baskets saison 3

 

Nick : Baskets a toujours été une série fragile, de celles qui sont sur un fil sensible, toujours au bord du gouffre de l’anecdotique. Jamais hilarante, au rythme parfois très relâche, elle ne vaut que pour sa galerie de personnages hauts en couleur. Mais la formule magique a perdu de sa force. Alors que je me réjouissais du regroupement de toute la famille Baskets pour le rachat d’un rodéo, cette saison 3 a fini par un peu s’endormir sur ses lauriers. À l’image du plâtre que porte Martha depuis le début, les personnages n’évoluent plus. Martha est toujours cette femme timide et trop gentille, souffre-douleur des Baskets. Christine est toujours la mère grande gueule, blessée par l’ingratitude de ses quatre fils. Dale Basket est parfois drôle, mais souvent odieux et détestable, tandis que Chip, sous ses aspects lunaires, n’en est pas moins égoïste. Reste quelques bons moments, quelques personnages originaux comme Eddie avec sa carcasse déglinguée d’octogénaire, mais j’ai dû me forcer pour aller au bout de la saison.

gif d'Annie Murphy bof bof Avis neutre

 

 

Brooklyn Nine-Nine - Saison 5

 

affiche brooklynn 9-9 saison 5

 

RasAlGhul : Brooklyn Nine-Nine a connu une fin de saison mouvementée, bien que cela ait plus été le cas côté coulisses que côté intrigue. Avec le sauvetage de la série par NBC, motivée par un soutien massif de fans de la série, je ne peux qu’être ravi de voir qu’une série que j’apprécie beaucoup aura le droit à une saison supplémentaire. Néanmoins, cette fin de saison 5 avait sans aucun doute été pensée comme étant une fin de série définitive, et cela s’est ressenti dans les différentes intrigues.

Le mariage de Jake et Amy est depuis quasiment le début de saison le point de clôture logique de cette cinquième saison. Les deux forment un des couples les plus fonctionnels de l’univers des séries télévisées. Ici, pas question d’obstacles capillotractés visant à séparer deux personnes faites l’une pour l’autre ; Amy et Jake s’aiment, se soutiennent et se respectent. Bien évidemment, il arrive qu’il y ait des conflits entre les deux personnages, mais ceux-ci sont réglés en un épisode. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas d’importance ; juste que les deux personnages comprennent bien que lorsqu’il y a une dispute, c’est eux deux face au problème, et non pas l’un face à l’autre.

La deuxième grosse histoire de cette fin de saison est la position de Commissioner pour Captain Holt. Sa relation "je t’aime/moi non plus" avec Crawford fut très agréable, puisque, contrairement à celle avec Wuntch, elle se fait dans le respect. Bien évidemment qu’à l’époque, j’avais apprécié les perpétuelles saillies de Holt enver Wuntch ; mais les scénaristes sont ici malins de ne pas utiliser à nouveau les mêmes ficelles. C'est quasiment le seul aspect de l'épisode qui n'est pas résolu, et qui est laissé en attente. Si ça avait été le dernier épisode de la série, on aurait fini sur une note d'incertitude, vite surpassée par une note d'humour. Non, définitivement, personne n'a jamais su lire les expressions faciales de Holt.

Il y avait enfin la bisexualité de Rosa. Les scénaristes ne se sont jamais auto-congratulés de mettre en avant cette histoire, ils l'ont toujours fait avec finesse et compréhension. Et peut-être que Jo_, qui commente chaque semaine la série avec moi, râlera sur le côté un peu "facile" de sa rencontre avec Alicia, le fait qu'elle fasse les googly eyes si vite. Mais personnellement, voir Gina Rodriguez (Jane the Virgin !!!!) débarquer devant moi, j'aurais été pareil. Vu qu'elle est soutenue par un Terry super drôle, cette storyline passe hyper aisément, et j'avais un grand sourire sur le visage.

Le mariage en lui-même est hyper touchant, les vœux sont jolis, surtout ceux d'Amy, qui réussissent à décrire l'avenir de Brooklyn Nine-Nine. De plus, chaque personnage du squad a son moment sous le soleil : Boyle organise un mariage du tonnerre, Cheddar est juste trop drôle, Terry fait que l'univers envoie à Rosa sa dream girl, Gina et Holt sont ensemble parce qu'ils sont les meilleurs (sacrée remarque méta de la part de Gina), et même Hitchcock et Scully réussissent leur tâche, en ramenant Melipnos. Qui, pour tout dire, est un personnage qui m'a toujours fait super rigoler.

Une dernière fois avant de revoir la série sur NBC : Nine-Nine !

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

 

 

Killing Eve

 

affiche killing eve

 

Bedsouin : Conseillée par ma femme, Killing Eve est de loin celle qui m’a fait la plus grosse impression en cette année 2018 : drôle, rythmée, un ton irrévérencieux, il y a vraiment beaucoup d’éléments réunis pour que ça dure. Pour situer, on est sur un mode doux-amer qui baigne dans plusieurs références qui se mélangent de manière improbable : du Besson (Nikita), parfois du Tarantino (pour quelques passages déjantés, proches d’un Kill Bill), et on retrouve aussi l’ambiance "so british" qu’on a par exemple du côté d’un Sherlock, le tout saupoudré d’un humour – très – noir, et de répliques très bien senties qui fusent parfois à en donner le tournis. Mais la plus belle surprise vient de l’excellent casting : les deux actrices principales ont l’air de prendre beaucoup de plaisir sur ce terrain de jeu, et les deux rôles semblent taillés sur mesure pour elles. Moralité : il faut toujours écouter les conseils de sa femme !

gif d'Annie Murphy faisant la cowgirl Avis très favorable

 

 

La Casa de Papel - 2ème partie ou saison 2, c'est selon

 

affiche casa de papel

 

Bedsouin : Mon avis pour la saison 1 de la Casa de Papel aurait été à la limite du neutre, tant j’ai trouvé que le décalage était grand entre tout ce battage autour de la série, et le résultat au visionnage : incohérences à la pelle, personnages caricaturaux, temporisations pas toujours bien amenées… Certes, ces défauts vont avec le genre. Mais si parfois c’est géré correctement (début de saison 1), c’est plus souvent catastrophique et en roue libre (tout le "ventre mou" de la saison 1). Bref, on parle ici de la saison 2, mais ce petit rappel était obligatoire car là où, au format "film de braquage", on a quasiment toujours la même déception, on a ici le temps (si on persiste) de s’acclimater à l’ambiance, aux personnages, et même à l’histoire, aussi rocambolesque soit-elle.

Cette saison 2, ayant tout ce passif en tête, est à voir dans les meilleures conditions, c’est à dire avec le montage "Antena 3" : six épisodes de 1h10 (c’est aussi comme cela qu’il aurait fallu découvrir la saison 1…). Et elle fait presque un sans faute : les défauts sont toujours là, mais digérés, les personnages deviennent enfin plus attachants que caricaturaux (avec mention particulière pour la relation père-fils entre Denver et Moscou), et la profondeur arrivée par surprise en fin de saison 1 donne à tout cela un peu d’épaisseur et de sens ; à tel point que les deux derniers épisodes deviennent intenses en émotions et efficaces au niveau de l’action. Reste quand même le regret de ne pas avoir assez vu l’apport de la culture espagnole pour le genre, et de sérieux doutes quant à l’utilité d’une troisième saison. Un seul argument plaide en la faveur d’une suite : peu importe qu’ils soient bêtes ou caricaturaux, on a vraiment envie de revoir tous ces personnages.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable (de justesse)


Galax : Le phénomène espagnol est en effet bourré d’incohérences de temps et de personnages prenant des décisions débiles, sans parler du découpage de Netflix qui ne fait vraiment pas honneur au rythme voulu par les scénaristes, mais la Casa de Papel a ce petit truc addictif qui donne vraiment envie de savoir comment nos personnages vont s’en tirer (ou pas). À la différence de bedsouin en revanche, j’ai hâte de voir ce qu’une saison 2 (ou "partie 3") peut apporter à la série, dont la fin m’a vraiment laissé assez déçu. Je me doutais bien qu’on n’allait pas pouvoir approfondir tout "l’après" braquage, mais le nombre hallucinant de personnages secondaires ou principaux qui sont négligés par les scènes finales est assez alarmant. Et puis, à quoi aura servi la narration de Tokyo au final s’ils n’ont jamais été mis en scène par la fin de son parcours (on aurait pu s’attendre à un interrogatoire ou une déclaration) ? Au final, la série était un peu mensongère même si elle a été très agréable à voir, malgré cette fin choisissant la facilité.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

 

 

Legion - Saison 2

 

affiche legion saison 2

 

Jo_ : Une des séries les plus créatives de 2017 revient sur le devant de la scène avec sa très attendue saison 2. Fera-t-elle aussi bien que l'année dernière ? Pour le moment, en partie.

En effet, lors de la saison 1, la menace de Lenny planait constamment. On apprenait à connaître chacun des personnages et la manière dont David prenait conscience de ses pouvoirs. La frontière entre le réel et l'onirisme était parfois tellement mince que nous ne savions pas où situer ce que l'on regardait. En saison 2, cette frontière existe également, mais elle semble moins marquée, (encore) plus décousue. L'effet de surprise est légèrement passé.

Heureusement, la présence de Farouk a donné un souffle nouveau. Son personnage froid et glaçant donnerait presque l'impression que Lenny était un enfant de coeur. De même, tous les "labyrinthes de pensées" des personnages sont d'une inventivité folle et suffisent à nous happer. Gare tout de même à ne pas faire du sensationnel pour du sensationnel et d'en oublier l'essence même de la série en nous noyant sous des concepts flous sans explications ensuite. Pour autant, les derniers épisodes étaient tellement bons que je suis plutôt confiante.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable


Manew : Legion c’est LA révélation de l’année dernière. Mon gros coup de cœur. J’ai revu plusieurs fois le premier épisode, sous le choc de ce que je venais de voir. Une série inventive, innovante, riche en messages, en niveaux de lecture, à la fois prise de tête et simple, mais surtout pour moi, esthétiquement irréprochable. Coup de cœur sur cette série, et coup de cœur sur ses deux acteurs principaux (Rachel Keller et Dan Stevens) que j’ai dû quitter avec tristesse en fin de saison 1, pour une coupure toutefois méritée !

Cette deuxième saison confirme la position de la série dans le lot du haut du panier. Les personnages ont su évoluer, l’intrigue a pris un nouveau tournant au point qu’on a l’impression de regarder une nouvelle série (gros avantage par rapport à d’autres séries qui stagnent parfois dans une même intrigue sur plusieurs saisons). Au rang des défauts, il faut avouer que le scénario est un peu plus simple, ou du moins, plus simple à comprendre. Certains apprécieront, mais je regrette un peu l’époque où après le visionnage d’un épisode, je me demandais ce que je venais de voir… Attendons de voir la fin de saison pour valider cela mais je suis, comme Jo_, hyper confiant sur la suite des événements.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable


PierreAlex : Après une première saison de qualité, Legion est de retour pour nous mettre dans tous nos états. Une intrigue complètement différente maintenant : la quête du corps de Farouk, le Roi d’Ombre. Il est pour le moment dans le corps d’Oliver malgré le fait que sa véritable apparence fasse des apparitions. L’évolution de David par rapport à la saison 1 (où il apprenait ses pouvoirs) est incroyable. Tellement incroyable qu’il est peut-être une menace pour le monde entier.

On est quand même loin du niveau de Lynch, mais il commence à avoir de la concurrence. Pas de coup de mou dans cette première partie de la saison 2, et je doute qu’on en connaisse par la suite.

gif d'Annie Murphy faisant la cowgirl Avis très favorable

 

 

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Beaudelaire - Saison 2

 

affiche les désastreuses aventures saison 2

 

Jo_ : Je repense, assez émue, à mon moi de 2017. Ce même moi qui ne souhaitait pas aller au bout de la saison 1 des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire tellement la dynamique de la série était laborieuse. Si on avait dit à ce moi que la saison 2 corrigerait tous ces défauts, il ne l'aurait pas cru. Et pourtant.

Pourtant, cette saison a su balayer d'un revers de main tous ses points faibles :

  • Terminé, le narrateur exaspérant. Désormais, on le voit quelques secondes par épisode, mais rien de plus. Surtout, on connaît une partie de son passé et cela change clairement la donne.
  • Terminés, les personnages stéréotypés à outrance. Désormais, les adultes ont un minimum de jugeote. Certains continuent à se faire prendre au jeu du Comte Olaf, bien sûr, mais certains doutent. Les adultes ne sont plus caricaturalement stupides.
  • Terminée, la solitude des Baudelaire. Envers et contre tous pouvait être leur mantra en saison 1. Mais maintenant, les orphelins ont des alliés, enfants et adultes. Et ce soutien apporte une réelle fraîcheur à la série.

Si la structure des épisodes reste la même (un lieu = deux épisodes), la dynamique et les enjeux de la saison ont vraiment évolué. L'univers est clairement plus sombre, on explore davantage le passé des parents Baudelaire et du Comte Olaf. Neil Patrick Harris se fait plaisir et cela se voit : beaucoup de numéros chantés/dansés, une vanne méta sur How I Met your Mother, et le caméo de ses propres enfants dans le dernier épisode.

La saison se termine sur un cliff très intéressant et sur une dernière note de désespoir pour les Baudelaire. On verra ce que dira mon moi de 2019, mais celui de 2018 valide complètement ces dix épisodes.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable


Manew : J’avais trop attendu de la saison 1 ! Résultat, une petite déception. Je me disais que la série pouvait aller plus loin en mettant encore plus l’accent sur le côté morbide, ou simplement en étant un peu plus drôle. Cette année, Les Orphelins Baudelaire réussissent le challenge. Le show propose une aventure un brin plus folle et améliorée dans l’ensemble de ses dimensions. Si les défauts inhérents au concept sont toujours présents (un découpage trop convenu deux épisodes par deux épisodes, le comte Olaf toujours au même niveau de jeu, les enfants toujours trop futés), les intrigues sont mieux développées et bien plus intéressantes. C’est donc une bonne saison, plus dure et plus drôle !

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

 

 

Lucifer - Saison 3

 

affiche lucifer saison 3

 

RasAlGhul : Cela n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour Lucifer cette année, qualitativement parlant. La série s’est quelque peu perdue dans sa mythologie, avec un personnage de Pierce qui n’a été intéressant que pendant un très court laps de temps. Les scénaristes ont parfois semblé opérer à l’aveuglette en termes d’intrigues. Toutefois, la série a su se reprendre dans ses derniers épisodes, élevant de manière considérable les enjeux. Des paires de personnages ont donné des résultats inespérés – notamment Charlotte et Amenadiel – et ont permis aux intrigues les entourant d’être bien ancrées dans la réalité, et même si celles-ci concernent des êtres célestes.

Les deux derniers épisodes continuent sur cette lancée, avec une forte émotion pour les conclure. Lucifer et Chloé sont enfin sur la même longueur d’ondes, tous les personnages trouvent leur moment de grâce, et le cliffhanger de fin ouvre le monde de la série à de multiples nouvelles possibilités. Sauf que… la série a été annulée.

Comme Brooklyn Nine-Nine, Lucifer a en effet été annulée par la FOX, à la seule différence que cette dernière n’a clairement pas vu sa fin de saison imaginée comme une fin de série. Dès lors, peut-être que la série sera reprise par un service de VOD, peut-être pas. Mais en tous les cas, après un début de saison plus que chaotique, elle a su redresser la barre, pour offrir deux derniers épisodes de toute beauté.

gif d'Annie Murphy bof bof Avis entre le neutre et le favorable

 

 

Meurtres à Sandham - 5 saisons

 

affiche meurtre à sandhamn

 

Elpiolito : Arte a rediffusé les cinq premières saisons de ce polar suédois et je reste sur un avis mitigé. Ce n’est pas mauvais mais pas exceptionnel non plus. La série est dans la veine de tous ces polars suédois qui déferlent depuis quelques années et ont inspiré d’autres productions comme Broadchurch.

La première saison voit un meurtre sur une petite île de Suède et un flic torturé (insomnie, lourd secret du passé) mener l’enquête et retrouver quelques personnes de son passé. Les saisons suivantes voient le même flic enquêter sur d’autres meurtres sur la même île, avec les mêmes personnages qui se croisent (mais le flic n’est plus torturé).

Selon les meurtres, c’est plus ou moins intéressant et les interactions entre personnages sont plus ou moins forcées. Les enquêtes se suivent mais ce n’est pas non plus la folie furieuse, la série me faisant beaucoup penser à la saison 3 de Broadchurch : intéressant mais pas ouf.

gif d'Annie Murphy bof bof Avis neutre

 

 

New Girl - Saison 7

 

affiche new girl saison 7

 

RasAlGhul : Voilà, c’est fini. Après sept années de bons et loyaux service, le loft de Los Angeles a fermé ses portes. De cette dernière saison, je retiens principalement la faible fournée d’épisodes – seulement huit – qui a obligé les scénaristes à faire des choix. Après un saut dans le temps de trois ans, souvent une bonne idée pour passer des évènements importants mais assez redondants, celui d’axer principalement les premiers épisodes sur les "nouveaux parents" Schmidt et Cece n’était à mon sens pas le meilleur. Toute cette intrigue est sauvée par quelques moments d’humour – notamment le couple qui devient dingue lors de la grossesse – et le fait que Ruth soit une des meilleurs actrices enfantines que j’ai pu voir à l’écran. Néanmoins, ces intrigues auraient plus été à leur place au sein d’une saison plus longue. Le (faux) père de Winston n’était pas non plus une idée géniale, loin de là.

L’idée n’est finalement pas trop de pointer les défauts de cette septième saison, mais plutôt de rendre hommage. New Girl n’a jamais oublié les racines de ses personnages, ces weirdos sympathiques et au coeur grand comme ça. Ces personnages sont d’ailleurs responsables de la qualité de cette dernière saison, puisque tout repose sur eux. Winston et Aly sont toujours aussi parfaits ensemble, Nick et Jess sont enfin heureux… C’est bête, mais dans une sitcom, c’est un peu ce qu’on souhaite aux personnages auxquels nous nous sommes attachés pendant de longues années : qu’ils finissent heureux, en n’oubliant pas qui ils sont.

Cette dernière saison raccourcie a également permis aux scénaristes d’utiliser au mieux leur univers et les références qui s’y apposent. On a dit au-revoir à un personnage clé avec un épisode tout en émotion, nos deux personnages phares se sont mariés, on a revu de vieilles connaissances, souvent pendant quelques secondes mais le plaisir était là. En réalité, cela ressemble bien à un dernier tour de piste, avec ses facilités et ses raccourcis. Mais c’est également un dernier tour de piste d’un ami que l’on a vu pendant sept ans. Les deux derniers épisodes mettent donc un terme aux aventures de notre groupe d’amis, avec le mariage de Jess et Nick. Le dernier remet une dernière fois nos personnages dans le loft, là où tout a commencé pour nous, et là où tout se termine aussi.

Allez New Girl, je te salue ! Tu as réussi à faire partir tout ce beau monde sur une prank et sur un dernier True American ! Tout n’a pas été parfait, mais cela suffit amplement !

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

 

 

Speakerine

 

affiche speakerine

 

Elpiolito : En 1962, Christine, speakerine vedette, est agressée dans les studios de la RTF. Est-ce à cause de sa position militante pour l’émancipation de la Femme ? Ou de jeux de pouvoir liés à son mari ?

Le pitch ratisse large et promet d’être dense : indépendance de la femme, trahison politique, contrôle des médias, ces sujets pourtant issus de 1962 trouvent toujours un fort écho avec l’actualité. Comme souvent, la reconstitution des années 60 proposée par la série est soignée – on fait un réel bon dans le temps – et l’ensemble du casting est correct.

Malheureusement, Speakerine n’évite pas le piège de la naphtaline. Elle est typique de ces fictions françaises qui, à trop vouloir soigner l’esthétique, en oublie le rythme. Parce que la série en manque cruellement. C’est long, mou du genou, chiant. C’est en même temps assez dense – on sent qu’il y en a sous la pédale – mais en même temps amené n’importe comment, sans réelle envie d’apporter du suspense ou du rythme. On regarde les évènements s’enchaîner de façon passive, sans se sentir impliqué outre mesure, comme un bon vieil épisode de Louis La Brocante.

Pour être honnête, je n’ai regardé que les deux premiers épisodes et ça s’améliore peut-être ensuite, mais je n’ai aucune envie de le savoir. Dommage, il y avait un bon sujet.

gif d'Annie Murphy en stress Avis défavorable

 

 

The 100 - Saison 5

 

affiche the 100 saison 5

 

Galax : The 100 prend le pari de faire table rase du passé et ça fonctionne. Cette saison 5 et son ellipse de six ans ont fait un bien fou à la série qui commençait à patauger un peu avec sa saison 4, sans que ça n’ait été alarmant à l’époque, mais tout de même. Ici, les personnages semblent respirer et le côté minimaliste du casting fait du bien, d’autant que la série a déjà été renouvelée pour une sixième saison, et doit donc être pensée sur le long terme. Pour le moment je n’ai vu que les deux premiers épisodes diffusés, et quelques défauts se dessinent déjà (les nouveaux méchants sont un peu nazes, le fil rouge n’est pas assez clair), mais rien qui soit insurmontable.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable


PierreAlex : De retour avec une cinquième saison, The 100 a réussi à me convaincre pour l’instant. Des épisodes avec des intrigues différentes :

  • Clarke et la jeune fille dans la forêt, cherchant toutes les deux à survivre de l’attaque de nouveaux personnages.
  • Octavia, la Reine Rouge du bunker, avec tous les autres personnages (Abby, Jaha, Marcus…).
  • Le reste de l’équipe sur l’Arche, cherchant désespérément un moyen de retourner sur Terre.

En seulement quatre épisodes, nous avons eu droit à beaucoup de rebondissements. Quelle transformation d’Octavia qui devient de plus en plus badass ! Malgré quelques retournements de situation, elle a su gérer Wonkru, sans avoir peur d’utiliser la violence pour se faire entendre. C’est une réussite pour cette première partie de saison.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

 

 

The Americans - Saison 6

 

affiche the americans saison 6

 

Koss : Le Vrickavrack tombe au mauvais moment. Encore trois petites semaines et j’aurais pu vous parler de la fin de cette série aux six saisons. Alors, on va se contenter du lot déjà diffusé. C’est peu dire qu’il est de qualité. Les Jennings, couple d’espions russes, infiltrés dans l’Amérique des années 80, arrivent au point de chute. Avec un Philip à la retraite, Elizabeth doit assurer seule des missions de plus en plus dangereuses, avec l’aide de sa fille. À partir de là, s'entremêlent des problématiques familiales tandis que la fin de la guerre froide approche.

Tout est réussi dans cette dernière saison, qui relève franchement la barre après une saison 5 vraiment décevante. Il est bien difficile d’en dire plus au risque de spoiler, mais la série va jusqu’à interroger directement les vraies causes de la fin de la guerre froide. The Americans est la meilleure série la plus méconnue. Elle mérite pourtant pleinement votre attention.

gif d'Annie Murphy faisant la cowgirl Avis très favorable

 

 

The Handmaid's Tale - Saison 2

 

affiche the handmaid's tale saison 2

 

Galax : La meilleure série de l'an passé revient en force avec une deuxième saison qui se doit de reprendre l'histoire là où le best-seller de Margaret Atwood, dont la série s'inspire, s'arrêtait.

Tous nos doutes sur un possible essoufflement sont immédiatement balayés après un épisode de reprise extrêmement fort et magnifiquement réalisé. The Handmaid's Tale prouve qu'elle n'a rien perdu de son atmosphère chaotique, si étrangement décalée et pourtant si dangereusement proche de notre époque. Malgré quelques zones de flou sur des éléments de l'univers de Gilhead introduits un peu trop tardivement ou sans assez d'exposition (notamment les "classes économiques"), la plupart des apports de cette saison sont excellents et approfondissent l'univers fascinant de la série, des camps de concentration aux nouveaux flashbacks, et permettent de développer les personnages. La trajectoire de June, magnifiquement incarnée par la magnétique Elisabeth Moss, est complexe et belle à en pleurer.

Pas de raison que la série s'arrête sur une si bonne lancée, mais cette seconde saison confirme le coup de maître de la première et propulse The Handmaid's Tale dans la course aux futures séries cultes, et en tout cas pour l'instant : affirme pour sûr sa place d'incontournable du paysage télévisuel, en particulier dans un monde post-Weinstein. Regardez cette série !

gif d'Annie Murphy faisant la cowgirl Avis très favorable


The Looming Tower

 

affiche the looming tower

 

Nick : The Looming Tower revient sur la genèse des attaques terroristes du 11 septembre 2001, en prenant comme point de départ les attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie. Surtout,  la série nous raconte comment la rivalité entre le FBI et la CIA va empêcher l'arrestation de Ben Laden. Portée par un casting au top (Jeff Daniels, Tahar Rakim), ne cédant pas au manichéisme ou au patriotisme acerbe (au contraire, on peut voir une critique de la vision géopolitique à court terme de certaines décisions très va-t-en guerre américaines) ni au simplissime (sans l’affaire Lewinsky, y aurait-il eu des frappes en Afghanistan ?) la série est une vraie réussite, fascinante et poignante. L’intégration de vraies images d’archives rajoute au trouble ressenti.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

 

 

The Terror

 

affiche the terror

 

Nick : The Terror n’est pas une réussite totale. Son pitch n’est pas d’une grande originalité (une bande de petits blancs voulant apporter la "civilisation" dans des contrées "reculées" sont coincés chez des indigènes "primitifs" et se retrouvent victimes de monstres sortis des légendes séculaires de ces derniers). De plus, ces dangers sont incarnés par un monstre invisible à l’écran, rappelant constamment celui de Lost, ce qui manque terriblement d'originalité.

Mais tout n’est pas loupé. La reconstitution et les costumes sont réussis et on entre assez facilement en immersion dans ce XIXème siècle. Peu à peu, la série arrive à nous faire ressentir le côté désespéré de la situation (les deux bateaux sont bloqués par la glace et les vivres commencent à manquer). Et surtout, les personnages (même s'ils sont super nombreux et se ressemblent un peu tous avec leurs barbes et leurs dix couches de vêtements) sont suffisamment complexes pour qu’on se retrouve pris par l’histoire.

The Trror ne révolutionnera pas l’Histoire, mais reste un divertissement sympathique, pour peu qu’on ne soit pas trop exigeant.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

 

 

Westworld - Saison 2

 

affiche westworld saison 2

 

Galax : Westworld semble avoir été beaucoup trop affectée par la pause d’un an et demi que tout le monde a subie et a vraiment du mal à retrouver ses idées fraîches du début et ce frisson à chaque épisode de vouloir tout comprendre et connaître la suite. Les quatres premiers épisodes de cette deuxième saison montrent que les scénaristes semblent enchaîner tous les mauvais choix possibles : trop faire durer l’aftermath immédiat de la saison 1, là où une ellipse assumée aurait été judicieuse, parier sur la même recette qui a fait le succès de la première saison en multipliant les temporalités mais en oubliant que l’attrait de la nouveauté disparaît bien vite, miser sur un scénario 2.0 pour la plupart des personnages par rapport à leurs histoires en saison 1 (notamment pour l’Homme en Noir dont la quête me désintéresse au plus haut point et m’a fait passer à côté d’une bonne partie de l’épisode 4, pourtant très apprécié par les fans visiblement)...

Enfin, de façon très subjective, mes personnages préférés semblent apparaître moins souvent que les autres (Maeve notamment) tandis que la série veut miser trop souvent sur le pathos avec soit des personnages dont je suis détaché (William) soit dont les acteurs n’ont pas l’envergure d’un Anthony Hopkins qui semble cruellement représenter tout ce qu’il manque à cette deuxième saison : un maître du jeu, un lien entre toutes les époques et toutes les histoires. Le constat est triste mais pas désespéré : je pense qu’il s’agira d’un ventre mou assez nécessaire avant d’attaquer les choses sérieuses, avec notamment un twist final de l’épisode 4 et une introduction d’autres parcs qui peut vraiment redynamiser la série.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable (car j’ai toujours confiance, mais en dégradation nette par rapport à la première saison)


Koss : Westworld passe le douloureux cap de la deuxième année. Comment, après une telle réussite, se renouveler ? Vers où aller ? Explorer encore et toujours plus de parcs, au risque de se répéter ? Ou prendre le chemin de l’introspection, plus compliqué, mais assurément plus passionnant ? La série de Lisa Joy et Jo Nolan ne tranche pas et nous propose (à l’heure où j’écris ces lignes, quatre épisodes ont été diffusés) un entre-deux qui, cahin-caha, trace son propre chemin. Alors oui forcément, c’est inégal, entre les épisodes et même entre les storylines. On notera à ce propos la chute de Dolores, qui est devenue une caricature assez mal écrite (dommage car l’actrice est formidable).

Difficile cependant de faire la fine bouche devant ce passionnant casse-tête et cette réflexion de plus en plus approfondie sur le transhumanisme. Fuck les rageux.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable


Nick : Où ça, des rageux ?

Dans Westwold, il y a des groupes de gens qui se baladent dans des plaines et des vallées. Leurs motivations sont assez floues ou pas très excitantes. Ces gens rencontrent d'autres gens, des fois ce sont des alliés, mais souvent ce sont des ennemis. Parfois ce sont des ennemis qui deviennent alliés. D'autres fois, ce sont des humains et le groupe de gens est constitué de robots révoltés, donc ils les massacrent. De toute façon, ça finit quasiment systématiquement en gunfight et beaucoup de sang est versé. Une fois cela fait, ces gens repartent ailleurs. Et ainsi de suite. Il y a plusieurs timelines et beaucoup de violence gratuite, des longueurs et des bavardages pseudo-philosophiques. Les personnages sont peu attachants (que ce soit Dolores en mode binaire, de la victime à la vengeresse impitoyable ou Bernard et son éternel air renfrogné), on se fout un peu de ce qui leur arrive, donc de ce qui se passe à l'écran. Mais la hype (et une certaine forme d'optimisme) nous fait continuer à regarder.

Westworld est vraiment une expérience à part.

gif d'Annie Murphy bof bof Avis neutre


PierreAlex : Quand on voit une première saison d’une telle qualité, on en attend beaucoup de la suite. Pour l’instant, le pari est presque réussi. Un très bon premier épisode qui nous replonge directement dans la continuité de la fin de la saison 1. Ensuite, on s’y perd un peu entre passé / présent / futur ainsi que les boucles temporelles. Pour autant, la deuxième saison reste très bonne, notamment avec l’épisode 4, qui nous rappelle complètement la première saison, avec l’Homme en Noir qui fait une prestation remarquable, comme à son habitude.

gif d'Annie Murphy Totally Avis favorable

 

Merci à tous les participants et notamment Bedsouin, Manew, et PierreAlex pour sa première fois !

 

Mon introduction est une fiction, librement inspirée de l'expérience de mon copain Paul G. qui a vraiment suivi l'édition de Séries-Mania. Merci à lui, et voici son vrai compte-rendu :

  • Kiss Me First : plutôt moyen.
  • The Rain : très prenant.
  • American Woman : un pilote moyen mais ça s'améliore par la suite.
  • Rencontre avec Carlton Cuse : super intéressant et le mec est très humble.
  • Westworld : deux épisodes à la suite, ça fait beaucoup à digérer.
  • The City and the City : il y a du potentiel mais il manque quelque chose, par contre le débat avec le scénariste Tony Grisoni était très intéressant.
  • Nu : un super pitch, assez prometteur mais on sent le manque de moyens.
  • Très bonne cérémonie de clôture animée par Jonathan Lambert. On a bien ri.
  • Ensuite projection des deux premiers épisodes de Babylon Berlin. Les Allemands deviennent bons en séries TV. Très bonne réalisation. Superbes décors et très bien joué. J'ai hâte de découvrir la suite de cette série qui est finalement ma préférée de tout ce que j'ai vu pendant le festival.



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A propos du rédacteur

nicknackpadiwak nicknackpadiwak
2467 avis
2982 notes
Moyenne : 12.94

 Visioneur raffiné

ne restez pas dehors, profitez pour regarder la télé!!!

5 commentaires sur cet article


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#1
Jo_ a écrit le 25/05/2018 à 15h00
Avant toute chose, je dois dire que je suis honorée d'être le Fonz du mois. J'en déduis que c'est pour cette raison que l'on évoque autant de fois dans ce Vrickavrack Twin Peaks et David Lynch <3

@PierreAlex sur Legion : "On est quand même loin du niveau de Lynch, mais il commence à avoir de la concurrence." Tututu... Fais attention à ce que tu dis, quand même !
@Ras sur BB99 : Meuh non, je ne râlerai pas (ou pas trop !). J'aime bien le personnage de Rosa, donc globalement, je suis assez conciliante sur ses intrigues.
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#2
PierreAlex a écrit le 25/05/2018 à 17h56
@Jo_ : AH ! Je ne m'y attendais pas du tout alors. It Is Happening Again.
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#3
RasAlGhul a écrit le 25/05/2018 à 18h01
@Jo_ : c'était plus une private joke, au vu des notes que tu donnes, généralement moins enthousiastes que les miennes. Mais j'ai hâte que tu regardes les trois derniers et de lire tes avis !
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#4
Jo_ a écrit le 27/05/2018 à 15h09
@PierreAlex : dis tout de suite que je suis prévisible ! (et à propos de Lynch, la réponse est clairement "oui")
@Ras : je sais bien ;) j'espère être aussi enthousiaste que toi sur les derniers épisodes.
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#5
Galax a écrit le 27/05/2018 à 16h50
Intro mythique ! (t'es méchant pour Evan Rachel Wood mais la pique à Westworld rattrape le tout)



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