Image illustrative de Doctor Who
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Doctor Who

Dernier représentant des Seigneurs du temps et âgé de plus de 900 ans, Le Docteur parcourt l'espace et le temps dans son TARDIS. Amoureux de la race humaine, il se fait régulièrement accompagner par une femme ou un homme. Partagé entre folie et génie, insouciant mais conscient de ses responsabilités, il ...

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En cours Anglaise, GB 80 minutes
Fantastique, Science-Fiction, Adventure, Drama, Action & Adventure, Drame, Science-Fiction & Fantastique BBC One, France 4 2005
13.38

3 avis favorable
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Avis sur l'épisode 13.04

Avatar Galax Galax
Administrateur
Avis favorable Déposé le 28 novembre 2021 à 22:41

C'est un très bon épisode, plus ou moins irréprochable sur tous les plans : script, réalisation, jeux d'acteurs et d'actrices, etc.

Ce qui l'élève au-dessus des autres, c'est sans aucun doute le traitement des Anges Pleureurs. Les créations de Steven Moffat n'ont eu vraiment aucun épisode de l'histoire de la série qui ne soit pas excellent (certainement les seuls ennemis récurrents à pouvoir se vanter de cette qualité) et sont sans aucun doute les meilleurs ennemis de la série.

Ils marquent ici une apparition substentielle, car la plupart de leurs gimmicks ne sont que des reprises, notamment le concept de matérialisation d'images d'un ange. Cette idée est ici poussée à l'extrême : on trouve un effet "wow" à de nombreux moments grâce à une réalisation ingénieuse pour plusieurs plans, et un effet d'ennemis "OP" planne constamment, avec un crescendo dans leurs pouvoirs (par exemple : ils reconstituent le dessin déchiré, résistent aux flammes, puis se dessinent carrément eux-mêmes). Leur force OP n'est jamais remise en cause puisqu'ils ressortent totalement victorieux de l'histoire, ce qui est très bien vu.

Le vrai coup de génie de l'épisode, c'est qu'en parallèle, il réinjecte du mystère dans leur mythologie comme aucun autre auparavant. Jamais un élément de la série ne sera apparu autant de fois avec finalement si peu d'informations connues du spectateur. Cette aura de mystère est en grande partie ce qui les rend si efficace. J'avoue avoir toujours rêvé un jour d'avoir un épisode qui osera explorer leurs origines de plein fouet : une planète d'origine, des explications sur leur constitution, etc.

L'épisode propose mieux : un sens symbolique à la place des Anges dans l'Univers. Ou du moins, d'une partie des Anges. Regagnant au passage leur titre de "lonely assassins", Chibnall, Alderton et le réal' Jamie Magnus Stone donnent du sens à l'imagerie culte des Anges : de la pierre dont ils sont constitués (qui sont donc une forme de prison), au placement de leurs mains. Les Anges ne seraient-ils que d'autres êtres vivants déchus ?

C'est juste ce qu'il faut de dose de parti-pris pour rendre les "explications" (qui n'en sont pas vraiment) saisissantes, cohérentes, sans renverser le statu quo établi. Tout cela côtoie, bien sûr, de nouvelles imageries super intéressantes : l'extraction quantique du village suspendu dans le temps et l'espace m'a bluffé, par exemple.

L'épisode réconcillie également quelques idées "batardes" du double-épisode de la saison 5. Il y a d'abord le fait qu'ils prennent la voix de leurs proies : l'épisode qualifie les Anges, pour la première fois il me semble, de pervers. C'est tout le but du personnage de Peggy, qui n'a virtuellement aucun intérêt autrement, à part fournir un aspect timey-wimey et un mystère à l'ancienne pour le début de l'intrigue. J'adore la façon dont Steven Moffat donnait parfois des traits de caractère à ses Anges (peureux, en colère, rieurs, etc.), mais souligner leur côté espiègle et pervers est une évidence qui devait être faite.

Il y a aussi la mort physique réelle lors du deuxième toucher d'un ange - qui fait tout à fait sens puisque le potentiel de la vie non-vécue de la personne a déjà été consommé. Cela rappelle que les Anges ont différentes méthodes pour tuer. Et ces tunnels dans lesquels des Anges sont piégés, issus d'une pierre (probablement un météore) qui a créé les Anges en premier lieu ? Cela rappelle que les Anges peuvent aussi être de la pierre difforme - une apparence qu'ils reprennaient petit à petit lorsqu'ils mourraient dans le crash du Byzantium. Et si c'était comme ça que certains Anges naissaient avant d'être façonnés et nourris ?

En fait, une quantité ahurissante de storytelling passe uniquement par l'image, et reste dans la suggestion pour qui cherchera à relier les informations soi-même. Cela fait honneur à ces ennemis que la série a toujours placé comme des êtres invincibles qu'il ne faut pas chercher à comprendre, mais à fuir. Qu'il ne faut pas regarder trop longtemps, mais dont on ne peut pas non plus détourner le regard, par nécessité et aussi par envie face à leur design étonnamment beau et plaisant. En somme, des ennemis fascinants, qu'on ne peut pas côtoyer de trop près. Comme la série d'ailleurs, qui les adore, mais ne peut les faire apparaître trop souvent.

Je pense que sur ce point, cet épisode est probablement le plus en accord avec les intentions de Blink, chef d'oeuvre marquant leur apparition originale. Des créatures si belles et envoûtantes, que la série fait au mieux d'éviter de surutiliser et de surexpliquer, au risque de se brûler les ailes. Cet épisode m'a fait retranscrire cette impression-ci, ce qui est très méta finalement, puisqu'on meurt toujours d'envie d'en savoir plus, tout en flirtant avec la peur de trop en découvrir.

il y a, enfin, cette superbe idée d'Ange réfugié dans l'esprit de Claire, qui marchande avec la Docteur jusqu'à la piéger. Avec ce concept seulement, l'épisode serait sans problème déjà brillant. Le fil rouge de la Division est amené avec panache (j'étais trop heureux quand l'ange de Claire à lâché le mot !) et donne au dernier tiers de l'épisode des enjeux fous, culminant dans une fin d'épisode qui est à la fois frustrante et magnifique.

Frustrante tout de même car oui, on aurait aimé en apprendre encore plus, même si avec le recul, c'est déjà bien assez pour l'instant, comme je l'ai déjà évoqué. La nature feuilletonnante de Flux prive forcément les épisodes d'une certaine individualité (ici, l'intrigue de Bel occupe une partie), mais le compromis trouvé pour parler à la fois des Anges et de la Division est plus qu'astucieux : il est audacieux, avec ce lien clairement fait entre les deux. Et c'est aussi la construction de la saison qui permet de créer une fin si ouverte et réussie, qu'on n'aurait jamais pu avoir dans un épisode individuel.

Village of the Angels, un beau tour de force que de réaliser à la fois une synthèse, un hommage et une réinterprétation des meilleurs ennemis de la série, dans un épisode visuellement et scénaristiquement parfait, qui se sert autant du soutien de "Flux" qu'il y contribue. J'ai déjà hâte des deux prochains chapitres : celui de Flux, mais aussi celui des Anges, d'ici quelques années sans doute...


Avatar OmarKhayyam OmarKhayyam
Rédacteur
Avis favorable Déposé le 24 novembre 2021 à 11:12

Toute l'équipe s'éclate et déborde de plaisir juste à l'idée de réinventer les créations iconiques de Moffat : et ça se sent. 

Le plaisir est enfantin, mais en fait très très communicatif. Et Chibnall, Alderton, et Magnus-Stone ont tous l'air de trouver leur voix dans ce gros paquet de bonbons pour les fans. 

Et en vrai avec des épisodes de ce niveau je m'en fous de plus en plus de la fin de Flux. 

Car là le voyage vaut carrément la peine. 

Bel 4 ever <3 


Avatar Koss Koss
Rédacteur
Avis favorable Déposé le 23 novembre 2021 à 11:00

Vous savez pourquoi j'aime Doctor Who ? Parce qu'il permet un dialogue entre les artistes. C'est Eric Saward, qui reprend Terry Nation. C'est Steven Moffat qui utilise le matériel de Robert Holmes. Ici, c'est Chris Chibnall et Maxine Alderton, qui reprennent RTD et Steven Moffat.

L'enjeu pour ces deux deux scénaristes est de taille : reprendre LA création de Moffat, celle qui l'a sans doute fait avoir le poste de showrunner. Il était très facile de se planter et honnêtement, personne ne leur en aurait voulu. Le résultat est franchement époustouflant. Non seulement, les deux scénaristes gèrent parfaitement tout l'aspect horrifique propre aux Anges, mais ils parviennent même à créer de la nouveauté : la règle d'être une seconde fois touché par les anges, l'image de l'Ange dans un esprit, l'ange qui se reforme sur papier (visuellement, une scène magnifique), etc. Chibnall et Alderton jouent avec les règles établies et parviennent à créer un épisode ultra ludique et visuellement parfait. Il y a même un énorme travail fait sur la mise en scène qui parvient à faire exister un village entier avec deux maisons, une église, de la lumière et de la brume. Cela tente toujours d'être innovant en terme de réalisation : le léger travelling avant en contre-plongée quand Claire se regarde dans le miroir, le surgissement de l'Ange dans la télévision et ce fake plan séquence / travelling circulaire sur la transformation du Docteur à la fin. Je ne pense pas avoir vu un tel travail depuis le début du run de Chibnall (à part un dernier plan dans The Ghost Monument).

Il y aurait tant de choses à dire sur cet épisode formidable, mais le plus important n'est pas là. En effet, Chris Chibnall et Maxine Alderton vont même jusqu'à donner une origine aux Anges. Selon moi, il est largement sous entendu, à la fin de l'épisode, que les Anges sont des anciens docteurs (et time lords) qui n'ont pas réussi à fuir The Division. Il y avait cette scène à la fin de The End of Time où la mère (?) du Docteur se cachait les yeux, après avoir été condamné par Rassillon. Beaucoup à l'époque avait supposé que cela voulait dire qu'elle se transformait en Ange. Chibnall et Maxine reprennent cette théorie. Il y a aussi cette explication poétique (merci au passage à Galax de me l'avoir fait remarquer) du pourquoi les Anges se cachent les yeux. Ils le font parce que les Time-Lords se voient en train de se transformer en pierre.

La série n'est jamais meilleure que lorsqu'elle permet ainsi un dialogue de l'art, que lorsqu'on sent qu'un scénariste est fan du travail d'un autre scénariste et va essayer de développer une idée de base. C'est le propre de Doctor Who, d'être perpétuellement en mouvement dans un élan toujours plus créatif. C'est l'essence même de la série et cet épisode le prouve à merveille.

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