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Bilan personnel 2016/2017 - RasAlGhul


Une année sérielle pas de tout repos, mais qui a su apporter son lot de rires, de larmes et d'émotion.


The Wire
Genre :
Drame
Série américaine
Année : 2002
Format : 55 min
HBO Jimmy

Lieu : salon de maison. Heure : 13h54. Après une bonne nuit de sommeil censée guérir la gueule de bois de la veille, notre cher héros prend péniblement place sur le canapé. Il s’apprête à lancer The Handmaid’s Tale. Il est sur le point d’appuyer sur "Play" lorsque soudain, arrive de nulle part un homme. Hors d’haleine, vêtu d’un manteau kaki, portant des lunettes de ski et ayant vraisemblablement du sang sur le visage, il s’approche à la hâte de notre héros.

 

« Surtout, ne lance pas cette série !

(résolument calme) Mais vous êtes qui vous ?

(étonné) T'es pas surpris de voir un mec arriver de nulle part comme ça dans ton salon ?

– Vous savez, je vis avec un mec qui n’arrête pas d’apparaître dès que je suis en manque d’inspi, donc… C’est pas vous hein ? Si c’est vous, vous avez sacrément changé de tête ! (à lui-même) Et j’ai pas trop envie que mon alter ego ressemble à un clochard…

(à lui-même) Et voilà ! Il a fallu que je tombe sur un mec complètement fêlé ! (s’adressant au héros) Non, je ne suis pas lui, et surtout, ne lance pas cette série parce que sinon…

(l’interrompant) Ah mais du coup ça veut dire que je ne suis pas en manque d’inspi ! Je pourrais peut-être écrire un article sur Série-All…

(énervé) Mais qu’est-ce que c’est que les histoires ! Tu vas me laisser parler, oui ? Surtout, ne lance pas cette série !

– Et pourquoi ?

– Mais tu vas la boucler !

– Ah mais vous devez dire la phrase en entier ! Pardon, pardon, je vous écoute. (réfléchissant) Attendez attendez, j’ai une dernière question.

– Mais c’est pas vrai !

– Mais vous venez d’où en fait ?

– Je viens du futur.

(à lui-même) Un clochard du futur. Super ! Faut vraiment que j’arrête de boire. (au visiteur) Ah. Et j’ai une question : est-ce que dans le futur, les femmes savent construire des cabanes ?

– Toujours pas.

(visiblement déçu) Mince. Donc, vous disiez ?

– Surtout ne lance pas cette série ! Parce que sinon, voilà ce qui va se passer ! (le débit du visiteur s’accélère) Tu vas lancer The Handmaid’s Tale et tu vas kiffer ta race !

– C’est plutôt cool ça, non ?

– Non c’est pas plutôt cool ça, non ! Parce que tu vas kiffer ta race, tu vas tomber amoureux d’Elisabeth Moss ! Et du coup tu vas être motivé à regarder les séries dans lesquelles elle joue !

– C’est pas très grave… C’est pas comme si je n’avais jamais eu de crush sériel.

– Ce n’est pas tout ! Tu vas prendre du retard sur l’article bilan de saison que tu dois écrire pour Série-All et sur lequel tu t’es engagé alors que tu n’as strictement rien foutu pour le site depuis des mois !

– Oui mais ça c’est parce que j’ai fait un mémoire et puis que…

– On s’en tape de tes excuses ! Et puisque justement t’as envie de faire les choses bien et que tu trouves que les bilans de tes collègues sont excellents et originaux, tu vas te creuser la tête pour trouver un angle d’attaque pertinent. Tu ne vas pas y arriver, et tu vas finir par perdre la raison. Tout ça pour devenir par la suite rédacteur pour Melty.

– Quoi ? Ah non, pas Melty. Mais d’un autre côté, j’ai vraiment envie de regarder The Handmaid’s Tale !

– C’est à tes risques et périls ! (il regarde son semblant de montre) Il faut que j’y aille ! Surtout, ne regarde pas cette sérieeeeee… »

 

Sa voix devient un écho distant. Notre héros, à nouveau seul, lance "Play". La suite reste à écrire… Eh oui, je manque de money money, moi…


Si je suis en train d’écrire ce bilan, c’est bien que je ne suis pas en manque d’inspiration et que j’ai trouvé un bon angle d’attaque. Ce qui me rassure, puisque je n’avais aucune envie de me retrouver sur Melty. Comme quoi, malgré ce que peut parfois dire le sous-texte, écouter un Clochard du futur n’est pas toujours recommandé.

Cette année sérielle a été particulière pour moi ; si je la compare à l’orgie dionysienne de l’année précédente, la consommation est en recul. J’étais moins motivé à regarder des séries, moins enclin à donner des deuxièmes chances. Néanmoins, moi étant moi, il y en a quand même un bon paquet dans ce bilan, va falloir vous accrocher.

Voici donc un bilan exhaustif de cette année écoulée, avec les différentes séries regroupées par thème. Je suis conscient de faire parent pauvre en termes d’originalité, compte tenu des très bons bilans de mes collègues en la matière, mais parfois, nécessité fait loi !

 

Bilan perso 2017 - RasAlGhul

 

 

Les séries de super-héros

 

Pour ceux qui connaissent un peu l’hurluberlu, les séries de super-héros, c’est un peu ma passion. Cette saison a malheureusement été franchement décevante sous cet aspect-là. Il y a eu çà et là quelques lueurs d’espoir mais, en un mot comme en cent, ça ne respirait pas la qualité.

 

Arrow et Slade

 

Arrow a réalisé un superbe retour d’entre les limbes de la qualité télévisuelle avec sa cinquième saison. On sent que les critiques sans fin sur la moyenne saison 3 et l’horrible saison 4 ont porté leurs fruits ; Arrow est revenue plus concentrée et meilleure, tout simplement. Fini Olicity, bonjour l’un des meilleurs vilains du Berlantiverse et c’est tout un chapitre de la série qui se ferme en cette cinquième saison. Et cela fait du bien de dire cela, non seulement parce que je reste un fan d’Arrow, mais également parce que l’année sérielle super-héroïque n’a pas été d’une grande joie.

DC’s Legends of Tomorrow s’est elle aussi bonifiée : exit le vilain en carton et bienvenue à la Legion of Doom ! En plus de meilleurs méchants, les scénaristes nous offrent encore plus d’aventures délirantes, assumant définitivement le côté nanardesque de la série. Quelques épisodes de franchement bonne qualité m’ont réellement donné l’envie de continuer à suivre ces héros en mousse pour une troisième saison.

Petit interlude Netflix, et là, je vous l’dis, ça va pas être jojo. Tout d’abord Marvel’s Iron Fist, qui m’a dégoûté au bout de deux épisodes. Tous les défauts des séries Marvel – trop lent, une faculté à se reposer sur le fait qu’on puisse binger la série –, sans l’inspiration thématique de Marvel’s Jessica Jones, les scènes de combat de Daredevil ou encore l’ambiance de Marvel’s Luke Cage. Tu rajoutes à ça un acteur principal qui essaie de faire sa plus belle incarnation d’Oliver Queen en mode "je me mets tout le poids du monde sur les épaules", et tu obtiens une série que je n’ai pas du tout aimée. Néanmoins, la vraie déception reste Luke Cage.

 

Cottonmouth

 

Une série que j’ai adorée pendant la première moitié des treize épisodes : acteur principal charismatique, une bande-son à tomber par terre, des acteurs que j’avais vus à droite/à gauche… mais surtout, Cottonmouth. Mahershala Ali était stratosphérique dans le rôle du malfrat aux ambitions dantesques. De plus, l’idée d’avoir un non super-héros comme méchant de l’histoire était innovante. Mais bien entendu, il a fallu que le personnage meure. Rage et désespoir, mais pas seulement : Diamondback était un personnage sans idée et sans charisme, qui n’a rien apporté à l’histoire. Bref, vous l’aurez compris, grosse désillusion.

Enfin, Supergirl et The Flash ont respectivement été une confirmation honorable et un désastre qualitatif. La première a mis un peu de temps à s’habituer au léger reboot à la suite de son passage sur la CW, mais a tout de même réussi à donner lieu à quelques épisodes de qualité. Pour The Flash, point de salut. Cette série a touché le fond cette année, et ce ne sont pas les quelques timides lumières de la saison – les crossovers – qui allaient y changer grand-chose.

 

Tous les super-héros de la CW

 

Enfin, puisque j’en parle, le méga-crossover a été plutôt réussi de la part de la CW. Si scénaristiquement, c’était un peu panique à bord à certains moments, on a au moins pu apprécier nos héros combattant ensemble. Les Defenders ne semblent malheureusement pas suivre ce modèle…

 

 

Les nouveautés

 

J’ai tout de même regardé plusieurs nouveautés cette saison, pour des résultats en définitive plutôt positifs.

 

Personnages de 13 Reasons Why

 

13 Reasons Why est certes très niaise sur certains aspects, mais elle a le mérite de rester gravée dans ta mémoire. Je trouve que la série permet de mettre en lumière certaines réalités lycéennes souvent ignorées. Alors évidemment, il faut garder un esprit critique et ôter les gros sabots de certains pans du scénario, mais la série reste une véritable expérience de visionnage. Brockmire ne fait que renforcer mon énorme crush sur Amanda Peet, hérité de Togetherness. Une série sur le baseball – ennuyeux –, mais surtout sur des personnes un peu paumées, dans une ville bien paumée. Une jolie surprise. De son côté, Easy était fichtrement irrégulière et pas si intéressante que ça.

 

Fleabag

 

Fleabag a en revanche été une grosse réussite. Je ne l’ai pas mise dans mes séries préférées de l’année parce que je préférais parler d’une série encore plus méconnue, mais celle-ci m’a bien retourné. Des thèmes abordés – le sexe, le deuil, les relations compliquées entre sœurs… – au jeu d’acteur, en passant par la photographie et l’humour, Fleabag est une jolie et triste réussite. Great News, nouvelle comédie de Tina Fey, permet enfin de voir Briga Heelan à la tête d’une série. Beaucoup d’acteurs sympathiques, mais je n’accroche absolument pas avec l’actrice qui joue la mère du personnage principal. Ce qui ternit le visionnage d’une série pourtant très agréable.

Riverdale est l’autre face de la même pièce avec 13 Reasons Why : une série centrée sur les adolescents, avec des intrigues amoureuses et un mystère qui fait office de fil rouge de la saison. La différence se porte sur le ton général de la série : Riverdale se prend moins au sérieux que sa comparse. J'ai d’ailleurs davantage apprécié la première que la seconde, notamment avec ses derniers épisodes, où l’étrange mix entre Twin Peaks – pour les décors et l’ambiance –, Veronica Mars – pour la partie lycée et policière – et Glee – pour les chansons – prend enfin forme. Et on n’est pas déçu du voyage. Santa Clarita Diet permet de m’abreuver de ma dose quotidienne de Timothy Olyphant. Pas grand-chose à dire de plus sur celle-ci : elle est sympathique et elle fait bien passer le temps.

 

Eleanor et Michael de The Good Place

 

Enfin, The Good Place incarne, tout comme Fleabag, une série que je suis désolé de ne pas mettre dans mon top annuel. D’excellents personnages, un humour efficace et surtout un twist de toute beauté font qu'elle domine qualitativement une grande majorité des séries que j’ai pu voir cette année.

 

 

Les séries de moins de trente minutes

 

En effectuant le décompte de toutes les séries que j’avais pu voir cette année, je me suis rendu compte à quel point j’avais regardé des séries de moins de trente minutes. Ce qui me montre que je n’avais plus trop envie de passer énormément de temps derrière mon écran.

 

Mozart in the Jungle : Rodrigo et Hayley

 

Brooklyn Nine Nine avance toujours à un rythme de croisière, avec de bons épisodes, particulièrement l’épisode qui tente d’aborder la problématique des violences policières faites aux Noirs aux États-Unis. Mozart in the Jungle continue quant à elle d’être une de mes séries préférées. J’adore les décors, l’ambiance de la musique classique, ainsi que Gael Garcia Bernal et Lola Kirke.

 

Survivor's Remorse

 

New Girl a échappé à l’annulation et verra donc une septième et dernière saison. Je suis honnêtement soulagé, parce que j’ai particulièrement apprécié cette sixième saison. Survivor’s Remorse est un joli coup de cœur de ces vacances, en réussissant à parler avec justesse de ce qu’il faut être et faut faire, lorsque tu es une star sportive noire. Togetherness se finit tranquillement pour moi, avec toujours Amanda Peet pour me faire rêver. J’ai évidemment été très déçu devant l’absence d’une saison trois.

Enfin, You’re the Worst a été extrêmement irrégulière cette saison, mais se rattrape admirablement sur sa fin. J’ai souvent peur que la série devienne tout simplement irregardable – et elle l’est parfois, il faut bien l’avouer – mais elle est toujours capable de sortir d’excellents épisodes. Bien plus que beaucoup de séries.

 

 

Les arrêtées

 

J’ai arrêté pas mal de séries cette année, par choix ou par gros manque de temps. Dès lors, il y en a que je vais sûrement reprendre, mais il en existe d’autres que j’ai soit définitivement abandonnées, soit qui ne m’ont pas convaincu.

 

Les "on reste amis au cas où"

 

Je reviendrai très probablement vers Black Mirror, même si je n’arrive décidément pas à accrocher. La série est de qualité, et je ne voudrais pas passer à côté de San Junipero par exemple. Pour GLOW, le pilote m’a réellement ennuyé. Néanmoins, mon amour pour Alison Brie me poussera probablement à lui donner une seconde chance. Après tout, la série n’est pas très longue, une après-midi suffira.

 

Jane the Virgin : Jane déambulant dans la rue

 

Je n’ai jamais repris How to Get Away with Murder après les évènements clôturant la première partie de la saison trois. La grosse pause m’a quelque peu refroidi, et je n’ai vite plus eu le temps de tout reprendre, surtout que c’est une série qui se binge mieux qu’elle ne se regarde épisodiquement. Là encore, je pense y revenir. Pour Jane the Virgin, il y a eu évidemment le gros évènement en milieu de saison. Après celui-ci, je trouve que la série a quelque peu perdu de son charme, et le saut dans le temps n’a pas arrangé grand-chose. Néanmoins, mon amour pour la série me poussera sans doute à finir la saison 3, qui est, d’après mon frère, très bonne. The 100 a toujours oscillé pour moi entre "bonne série" et "je n’accroche pas vraiment" ; dès lors, j’ai préféré laisser la saison 4 au placard, en attendant de m’y remettre.

Enfin, peut-être que je me mettrai à This is Us parce que mes parents me la recommandent chaudement, tandis que Timeless était somme toute pas mal, et avait Abigail Spencer.

 

Les "plus aucune chance de revenir vers toi"

 

Conviction était mauvaise, pas besoin de rajouter grand-chose. Le pilote est assez éloquent de nullité. Love ne m’a pas ôté le sentiment de malaise que j’ai ressenti après la saison une. Frequency était trop médiocre à mes yeux pour que je continue. No Tomorrow était quelconque, malgré ses côtés sympathiques. Orange is the New Black a eu une saison cinq qui a poussé au paroxysme ce que je déteste chez Netflix. Sherlock ne me plaît tout simplement plus. Enfin, Trial and Error ne m’a pas convaincu du tout, je n’ai tout simplement pas accroché à l’humour, mais peut-être n’étais-je pas dans de bonnes dispositions.

 

 

Les Françaises

 

Cette année, j’ai pu regarder cinq séries françaises ! Alors certes, il y en a quatre qui proviennent de François Descraques, mais bon, on fait ce qu’on peut.

10% a été une petite surprise : les acteurs jouaient vraiment bien, c’était drôle et le milieu des stars de cinéma était décrit avec un mélange de gentillesse et d’acidité. J’ai franchement apprécié. Maintenant, passons au nerf de la guerre.

Dead Floor et Dead Landes, c’était nul. Mais pas de la même manière. Dead Floor c’est vraiment la série fauchée, dans un seul lieu. L’idée de base est bonne, mais tout ce qui me dérange dans l’humour prôné par François Descraques – à savoir le triptyque caca/pipi/prout – finissait toujours par ressortir. Dead Landes en revanche, c’était nuuuuul. Inintéressant, prétentieux, fourré de raccourcis scénaristiques. Bref, j’en ai déjà trop dit.

 

J'ai jamais su dire non

 

J’en ai également profité pour revoir avec un très bon pote J’ai jamais su dire non et Le Visiteur du Futur. Descraques au début, avant qu’il ne tourne un peu mégalo. La première est bonne, d’abord en première saison, puis en troisième – le gag de Grosse teub me fait encore marrer aujourd’hui, tout comme le personnage d’Eugène. Le sous-texte de la deuxième saison m’a un peu échappé mais ce n’est pas très grave.

 

Le Visiteur

 

Pour le Visiteur, c’est un peu plus complexe. Bien plus ambitieuse que J’ai jamais su dire non, elle a délivré trois très bonnes saisons, avant de céder sous la mégalomanie de son inventeur. Cela a également correspondu avec l’absence de Justine Le Pottier, et je ne pense pas que ce soit une coïncidence. Et puis je ne vais pas revenir sur les clichés sexistes des personnages féminins de cet univers – à l’exception donc de Judith et d’Héloïse dans Le Secret des Balls. Cela mériterait davantage un article.

 

 

Le reste

 

Eh bien après tout cela, il ne reste plus beaucoup de séries ! Crazy Ex-Girlfriend a confirmé sa superbe première saison avec une fournée d’épisodes assez inégaux, mais qui se sont bien agencés jusqu’à la fin. iZombie m’a pas mal déçu, je me suis vraiment ennuyé devant mon écran. Lucifer était vraiment super bien, avec un casting talentueux, toujours mené par Tom Ellis, charismatique en diable. Suits est toujours aussi neutre, il n’y a pas grand-chose à dire d’autre dessus. Je regarde désormais la série plus par habitude que par plaisir. Heureusement que la première moitié de série sort l’été… Wynonna Earp en revanche s’est bien redressée après un début de saison 2 à la fois brouillon dans sa mythologie, et n’arrivant plus à retrouver la fraîcheur de la première saison.

 

 

Mon top 5

 

Bon, on rentre dans une partie du bilan qui va être pour le moins élogieuse ; je parle en effet ici de mes cinq séries préférées de l’année.

 

Numéro 5 : Sweet/Vicious

 

J’aurais pu très bien mettre The Good Place et/ou Fleabag à la place, ce n’aurait clairement pas été un scandale. Néanmoins, j’ai décidé de mettre en lumière une série que je considère comme importante, socialement parlant. Sweet/Vicious nous narre les aventures de Jules, parfaite membre d’une sororité le jour, vigilante la nuit. En effet, voyant la multiplication des viols sur le campus de son université, elle décide tout simplement de casser la gueule des violeurs. Elle sera rejointe plus tard dans sa croisade par Ophelia, qui n’arrivait jusqu’alors pas à donner un sens à sa vie.

 

Jules et Ophelia de Sweet/Vicious

 

Série MTV, Sweet/Vicious en a les codes : tous les acteurs sont beaux, il y a de la musique quasiment à chaque scène et enfin, les intrigues amoureuses ne manquent pas. Ces quelques scories dérangent un peu au début, mais par la suite, la série va s’en accommoder. En outre, elle délivre de vrais moments d’émotion, qui ne sont pas du tout surjoués. Le tout agrémenté d’un humour qui détend l’atmosphère, sans jamais diminuer l’importance du propos tenu. Honnêtement, cette série mérite le coup d’œil, et ce malgré son annulation au bout d’une saison.

Must-see episodes : All Eyez on Me (1.05), Fearless (1.06), Back to Black (1.08), Pure Heroine (1.10)

 

Numéro 4 : Atlanta

 

Un peu en retard par rapport à la moyenne de Série-All, je me suis mis à Atlanta pour fignoler mon mémoire. Et ce n’est pas peu dire que je ne le regrette pas !

Donald Glover a énormément de talent ; il est évidemment très bon acteur, il sait très bien écrire, mais surtout il sait s’entourer. Les réalisateurs d’Atlanta, les acteurs, ceux en charge de la bande-son… tous participent pour faire de la série une véritable expérience. En plus de déconstruire certains clichés inhérents à la communauté noire américaine – notamment par rapport au hip-hop –, elle amorce beaucoup de sujets de réflexion, de par sa forme narrative assez éclatée. D’abord assez classique, la série prend un tournant bien plus positif dans sa deuxième partie de saison, où Donald Glover choisit de mettre son personnage principal dans une situation précise, et d’observer ce qui se passe.

 

Atlanta : Earn, PaperBoi et Darius

 

Bien évidemment, l’épisode qui m’a le plus marqué reste B.A.N.. Fourre-tout d’idées absolument brillant, l’épisode aborde un nombre assez incroyable de sujets, des transgenres au racisme, en passant par l’hypocrisie de la télévision. Une référence d’épisode de télévision, et sans aucun doute l’expérience télévisuelle la plus bizarre de l’année.

Atlanta est une vraie réussite, et, malheureusement, sa saison deux ne sortira pas avant 2018. Il n’y a plus qu’à attendre.

Must-see episodes : Value (1.06), B.A.N. (1.07), Juneteenth (1.09)

 

Numéro 3 : Master of None, saison 2

 

J’avais beaucoup aimé la première saison de Master of None, le bébé d’Aziz Ansari. Je trouvais certaines idées excellentes, touchantes et innovantes. Et même ce qui était moins bon passait assez bien, du fait d‘une réalisation léchée et de la sympathie que me procurait la série. En saison 2, j’ai été beaucoup plus impliqué, et ce notamment à cause de la (presque) histoire d’amour entre Francesca et Dev.

 

Master of None : Dev et Francesca

 

Soyons clair d’entrée de jeu : je sais que pas mal de monde n’a pas forcément été fan de la façon dont cette relation a été amenée puis traitée. En mettant cependant de côté mon âme de critique, cette histoire m’a touché au plus profond de mon être, parce qu’elle sonnait vraie. Pas forcément l’histoire d’amour en elle-même, mais les attitudes des deux personnages, ce qu’ils faisaient ensemble. Cela m’a rappelé plusieurs évènements de ma propre vie – certains drôles, d’autres non –, et cela m’a vraiment bouleversé.

Au-delà de cette histoire, Aziz Ansari se veut beaucoup plus ambitieux en saison deux. La durée des épisodes a été rallongée – on a même le droit à un épisode d’une heure – et la série montre encore une fois qu’elle possède des codes d’analyse assez poussés du monde qui est le nôtre. La saison 2 n’est pas sans défaut – malgré Bobby Canavale, Chef Jeff est un mauvais personnage, le deuxième épisode en Italie… – mais je suis ressorti lessivé, éprouvé par le visionnage d’une saison qui restera longtemps gravée dans mon cœur.

Must see episodes : First Date (1.04), The Dinner Party (1.05), New York, I Love You (1.06), Thanksgiving (1.08), Amarsi un Po (1.09)

 

Numéro 2 : The Handmaid’s Tale, saison 1

 

Elle occupe une grande partie de l’introduction, mais je n’en avais pas encore parlé jusqu’à présent : la seule et l’unique The Handmaid’s Tale. Cette série est glaçante, belle, cruelle, actuelle, fascinante, révoltante. C’est une référence dans le monde sériel, que ce soit au niveau de la photo, des acteurs, de la musique ou des thèmes abordés.

 

Offred dans The Handmaid's Tale

 

Dans le monde dystopique de Gilead, les femmes sont divisées en plusieurs catégories. Notre héroïne Offred (Elisabeth Moss, dont je parlerai plus tard dans ce bilan) est une handmaid, une servante habillée en rouge, dont la seule et unique mission est de procréer, afin d’assurer une descendance. Petit à petit, elle va chercher à se rebeller contre l’ordre établi, seule ou avec ses compagnes d’infortune.

Durant les dix épisodes qui composent sa première saison, The Handmaid’s Tale pratique une régularité dans l’excellence qui laisse pantois. Plus que cela encore, ce sont surtout les thèmes abordés qui rendent cette série unique. Nous sommes dans un monde fictif, dont les règles sont éditées par la religion, mais le parallèle avec la condition des femmes dans notre monde à nous fait froid dans le dos. Bien entendu, je ne peux pas vraiment faire part de mon expérience à ce sujet, mais sur ce que je vois dans ma vie de tous les jours, sur Internet ou dans mes conversations avec mes amies, il n’y a pas tellement de différence entre la fiction et la réalité. Comme Le Maître du Haut-Château en son temps, c’est sans doute cela la vérité la plus glaçante de toutes.

Must-see episodes : Offred (1.01), Late (1.03), A Woman’s Place (1.06), Night (1.10)

 

Numéro 1 (incontesté et incontestable) : The Wire

 

Il n’y a néanmoins pas de compétition possible avec la première de ce classement : The Wire. Je ne sais pas vraiment comment en parler, mais je sais que c’est la meilleure expérience sérielle que j’ai eue. Quand je parle de cette série à des proches, je la compare toujours à un excellent roman : les épisodes peuvent s’apprécier individuellement – il y en a d’excellents –, mais la série est à mon sens davantage à prendre comme un tout homogène. C’est une fresque, où David Simon réussit à peindre le destin d’une ville ravagée par la drogue à travers des personnages extraordinaires dans leurs faiblesses et leurs contradictions – en d’autres mots, dans leur humanité.

 

The Wire: Jimmy et Omar

 

J’ai toujours privilégié les personnages à l’intrigue au sein de mes appréciations de séries. Voir comment ils réagissent selon le contexte, comprendre leurs motivations, anticiper leurs faits et gestes, tout cela rythme et conditionne mon visionnage. Avec The Wire, je suis servi ; les personnages sont tout bonnement fascinants, pour les raisons évoquées ci-dessus. J'en retire également des scènes d’anthologie, comme Omar au tribunal, D évoquant le parallèle entre les échecs et la drogue, Stringer en cours de macroéconomie…

J’aime cette série, à tel point que je n’ai pas envie de la finir. Je n’ai d’ailleurs toujours pas regardé le dernier épisode. Je me laisse encore une heure et demie de bonheur télévisuel – et sans doute de tristesse humaine – et je m’accroche parce qu’après, tout sera fini. Je ne sais pas si je serai capable de la regarder une deuxième fois. Et donc, avant que je ne réponde aux questions qui m’assaillent l’esprit, je reste là, à attendre, devant mon écran, d'avoir le courage de lancer le dernier épisode.

Must-see episodes : toute la série.

 

Bonus : la Elisabeth Moss Love Watch

 

Si le Clochard qui vient du futur avait raison sur un point, c’est bien que The Handmaid’s Tale allait me faire tomber amoureux d’Elisabeth Moss. Donc, pour nourrir mon obsession qui n’en finit pas de grandir, je me suis mis devant Top of the Lake. Rien à redire sur Elisabeth Moss, elle est génialissime.

 

Robin et Miranda dans Top of the Lake

 

La mini-série est en revanche davantage critiquable, même si je n’arriverai sans doute pas à me la sortir de la tête avant longtemps. Véritable série féministe, où Elisabeth Moss incarne une flic qui se bat contre la patriarcat, Top of the Lake offre des paysages splendides, des personnages fouillés mais deux intrigues policières qui manquent cruellement d’originalité. Resteront tout de même des moments gravés dans ma mémoire, et une Nicole Kidman magnifique dans la saison 2.

Et après toutes les séries que j’ai à voir en retard, je me lancerai enfin dans Mad Men. Je n’en ai pas fini de mon marathon de l’amour…

 

 

Les séries que je dévorerai, une fois ce bilan achevé (en trois phrases)

 

Justement, voici les séries qui attendent juste d’être dévorées par le consommateur actif que je suis. Dans l’ordre alphabétique toujours...

American Gods : Neil Gaiman. Bryan Fuller. Ian McShane.

Big Little Lies : Nicole Kidman. Conseil d’une amie. Casting.

Dear White People : Sujet de mon mémoire – j’aurais d’ailleurs probablement dû la regarder avant, cette série… Format court. Propos apparemment subversif.

Harlots : Sujet intéressant. Série de femmes. Le milieu du sexe m’a toujours intéressé.

 

Legion : David et Lenny

 

Legion : Aubrey Plaza, Aubrey Plaza, Aubrey Plaza. Bon ok, il doit y avoir le fait que c’est également une série de super-héros, pilotée par Noah Hawley, pour FX. Ça doit jouer un chouïa. Mais Audrey Plaza quoi.

Marvel’s The Defenders : Super-héros. Jessica Jones. Sigourney Weaver.

Show Me A Hero : David Simon. Oscar Isaac. Série sociale – tu perds ton sang-froid.

The Leftovers : Hype. Beauté lyrique. Le dos de Justin Theroux.

Treme : David Simon. Musique jazz. Wendell Pierce.

 

 

Mes attentes pour 2018

 

J’attends principalement deux nouvelles séries :  "Black Lightning" et The Deuce. La première parce que, évidemment, cela va être sur la CW et qu’elle va parler d’un héros plus âgé et afro-américain. La deuxième parce que David Simon et le milieu de la pornographie dans les années 70 m’attirent considérablement. Seul une double dose de James Franco a quelque peu refroidi mes ardeurs…

 

En conclusion, je dirais que cette année fut particulière pour moi. Longtemps frustré par un mémoire qui n’avançait pas comme je le voulais, j’ai regardé beaucoup de séries, lesté de cette même frustration. Je n’en ressors pas vraiment grandi, puisque j’ai plusieurs fois ressenti de gros ras-le-bol. Néanmoins, cet été – et notamment The Handmaid’s Tale – me donne envie de regarder à nouveau plein de séries. J’ai enfin retrouvé l’insoutenable légèreté de l’être.

Sur ce, je vous laisse, il faut que je postule à Melty !

 

Merci d'avoir suivi nos bilans personnels de rédacteur cette année encore, et rendez-vous l'été prochain pour de nouveaux parcours – et témoignages de reconversion chez Melty.




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A propos du rédacteur

RasAlGhul RasAlGhul
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Moyenne : 13.5

 Visioneur raffiné

Avec The Wire et The Handmaid's Tale, j'ai enfin commencé à apprécier le fait de regarder de grandes séries.

7 commentaires sur cet article


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#1
nicknackpadiwak a écrit le 27/08/2017 à 09h50
Tu ne serais pas dans une période David Simon? Et Treme, c 'est vraiment intense, malgré quelques longueurs.

Sinon très bon bilan, cela va sans dire.
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#2
RasAlGhul a écrit le 27/08/2017 à 11h51
Bah j'ai découvert The Wire cette année et comme j'ai adoré au-delà du raisonnable, je veux me faire toute sa sérigraphie. J'adore l'univers de la musique donc je suis d'autant plus motivé pour Treme.

Et merci :D
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#3
benjimagne a écrit le 27/08/2017 à 13h57
Treme est magnifique !
Show me a hero comme toute les séries de Simon est une baffe avec en plus les chansons de Bruce Springsteen en bande sonore :)
Sinon ne pas oublier la mini série Generation Kill. Simon s'attaquant aux premières semaines de l'invasion irakienne. Basé sur les écrits d'un journaliste de Rolling Stone ayant accompagné les soldats sur le terrain.

Et sa nouvelle création The Deuce commence ce soir. Il plonge dans les début du porno à New York.
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#4
Galax a écrit le 27/08/2017 à 15h34
Beau bilan, et tu nous enterres tous sur le nombre de séries vues ! :p

Ce twist sur The Wire en numéro 1 aussi, je ne m'y attendais pas ! Content que ça t'ait plu.
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#5
Altair a écrit le 29/08/2017 à 13h45
Mahershala Ali <3 <3 <3
Handmaid's Tale <3 <3 <3
The Wire <3 <3 <3

Par contre il faudra que tu m'expliques comment tu fais pour voir autant de séries !
et je ne connaissais pas Sweet/Vicious, faudra que j'essaie.
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#6
RasAlGhul a écrit le 29/08/2017 à 14h27
Je comptais te répondre sur l'avis des Defenders, mais je vais le faire ici : j'adule Maharshala Ali depuis Luke Cage, je le trouve magnétique avec ce rire si caractéristique qu'il a. D'ailleurs si saison 3 de True Detective il y a, il sera acteur principal.

Pour les séries je ne sais pas trop, faut croire qu'être dans les études supérieures ça te donne pas mal de temps :D

Et pour Sweet/Vicious, je te la conseille. Si tu passes au-delà des scories habituelles MTV, c'est une série qui vaut le coup.
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#7
Altair a écrit le 29/08/2017 à 14h57
> Je comptais te répondre sur l'avis des Defenders, mais je vais le faire ici : j'adule Maharshala Ali depuis Luke Cage, je le trouve magnétique avec ce rire si caractéristique qu'il a

Yep. C'est un acteur extraordinaire, je lui souhaite une belle carrière - mine de rien il commence à se faire une vraie place à Hollywood.



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  • Diffusion US : 02 juin 2002 (HBO)
  • Diffusion FR : 08 janvier 2004 (Jimmy)

Créateurs : David Simon, Ed (II) Burns

Réalisateurs : Clark Johnson, Clement Virgo, Edward Bianchi, Brad Anderson, Joe Chappelle, Gloria Muzio, Peter Medak, Milcho Manchevski? Steve Shill, Tim Van Patten

Scénaristes : David Simon, Ed (II) Burns

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