Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
Un épisode aftermath plus calme dans la continuité du précédent.
Pas grand-chose ne se passe sur le camp Boran. Kim P coûte une nouvelle victoire à sa tribu puisqu’elle trébuche/est lente sur l’épreuve de confort semblable à un relais, mais rien de bien méchant. Elle fait ses preuves sur l’épreuve d’immunité, toute sa tribu est contente pour elle, et on a un petit traveling d’ensemble de toute leur tribu perché sur une coline qui surplome un horizon qu’ils observent. C’est mignon et assez inattendu, car très rare qu’on montre des images de la tribu gagnante après une immunité !
En même temps, les événements à Samboru sont plutôt écrits d’avance. C’est une tribu toujours plus fractionnée que jamais après ce deadlock vote. Les jeunes prennent la confiance, Lindsey est globalement assez antipathique dans sa façon arrogante d’être affectée par le vote des vieux (alors que bon, elle a bien voté pour quelqu’un aussi). Silas prend le rôle de leader avec cette scène super cheesy comme le fait remarquer Linda, où il imite un coach de football américain (genou à terre et tout le tralala) alors que la tribu est tout sauf unie.
Linda pète malheureusement un peu un câble en se donnant en spectacle et souligne la gênance de la situation, ce qui rend le tout d’autant plus malaisant.
L’épisode remplit pas mal son temps d’écran avec des scènes de survie notamment lorsque les jeunes de la tribu Sambara, maintenant que Carl est partie, doivent mettre la main à la pâte et aller porter les énormes cruches pour chercher de l’eau… et cassent leur dernière bonne cruche. Ou encore lors de rencontres sauvages, comme les Boran face à des babouins ou à un buffle énorme qui est un vrai danger à ne pas prendre à la légère en Afrique. Même si ces moments n’avancent en rien le jeu social ou stratégique, je les trouve hyper captivants. Rarement aura-t-on vu des candidats mettre vraiment en pratique des notions de “survie” dans des conditions extrêmes face à la faune ! Faire du feu, survivre à la faim, tout ça c’est dans toutes les saisons, mais devoir rebrousser chemin parce qu’on tombe sur un prédateur qui ne ferait qu’une bouchée de nous… ça en jette !
Avant le conseil il y a quand même une situation encore cocasse plutôt inhabituelle pour la série : l’alliance majoritaire ne se cache pas mais demandent à ce que, “pour l’esprit d’équipe” et la survie de leur tribu face à l’autre, les 3 vieux votent contre Lindsey qui a déjà 4 votes à son actif, pour éviter que d’autres jeunes trimballent des votes, dans le cas d’un deadlock face à un jaune… Sauf qu’ils ne donnent rien en échange à Teresa, Frank et Linda, pas même le nom de la personne parmi eux qui sera leur cible. Le culot ! Teresa est triste, Frank se fait discret, Linda est celle qui pointe le plus du doigt l’ironie, et elle fait les frais de l’alliance des jeunes, qui punit surtout le leader Silas, toujours assez arrogant.
J’aimais beaucoup Linda même si elle a un peu vrillé sur la fin et je suis triste de perdre ce personnage assez atypique et mémorable qui est resté plutôt noble et droit jusqu’au bout.
Les mots solennels de Jeff Probst à la fin du conseil laissent totalement transparaître son ton accusateur. Il se permet ainsi de juger (de façon tout de même neutre en apparence) les candidats, surtout les jeunes, ne pas faire d’effort de rester soudés à 6, et que ça viendra sûrement les hanter à la réunification.
PROBST: Well, one very clear result of this split within your own tribe is that, Lindsey you have four votes, Silas, you have three votes. That's a lot of votes after only two Tribal Councils. Could most definitely come into play in future votes. LINDSEY: We know very well! :D
On dirait presque qu’il les menace à la fin. Et quand on connaît la suite, ses paroles solennelles sont juste jouissives…
PROBST: I'll leave you with this final thought. Silas, you said it best: this game changes minute by minute. It certainly does. You guys can head back to camp.
On insiste d’ailleurs beaucoup trop sur le sourire hyper confiant de Silas qui ne s’en sortira sûrement pas comme ça.
Même avec un épisode plutôt prévisible qui maintient un statu quo, on en prend plein les yeux et on a une configuration, des enjeux de votes et des émotions hyper inédites : c’est encore un épisode vraiment cool !
Un twist !!! Et pas des moindres !
Cette superbe idée vient complètement rebalancer les cartes des deux tribus et a totalement forgé le futur du show.
Le moment où on percute que l’arrogant (mais jamais antipathique) Silas, voulant “surveiller” Teresa et Frank les deux derniers boomers, se retrouve en fait avec eux dans la nouvelle équipe Boran et est ainsi complètement séparé de ses trois alliés, c’est vraiment jouissif.
C’est une vraie leçon pour tous les futurs joueurs : ne vous attendez pas à ce que le jeu ne vous surprenne jamais. Ne restez pas dans votre zone de confort. Silas et les jeunes (surtout lui et Lindsey, car Kim P parle peu et Brandon est bien plus mesuré dans ses propos) ont limite engueulé Teresa et Frank en revenant du conseil pour ne pas avoir voté Lindsay et avoir fait accumulé des votes “punitifs” sur Silas. Un comble alors qu’ils les ont quand même totalement ostracisés de la tribu et même laissés dans le flou quant à lequel d’entre eux allait partir !
Brandon reconnaît qu’il faut savoir attendre avant de réagir à chaud à un conseil et est ici montré comme hyper mature et malin, reconnaissant que ses alliés sont trop émotifs pour lui et peu fins. Je crois qu’il s’agit de la première saison où on voit vraiment de telles réactions à chaque post-conseil, ce qui deviendra une habitude ensuite. C’est mérité vu les retombées que ça implique à chaque fois ! Et cela donne souvent un joli coup de boost aux épisodes pour démarrer.
Le twist arrive et voir les candidat s’accomoder à ce revirement est très intéressant.
Ensuite, ça devient vraiment le jeu de création de nouvelles alliances, mais aussi de manipulations pour arriver à glaner des informations sur “l’autre partie de la tribu” (car les alliances originales restent bien vivantes, évidemment) notamment pour savoir qui a eu d’anciens votes dans le cadre d’un futur tie-breaker. On voit ainsi l’impact immense qu’a eu les deux égalités de Australian Outback sur toute la construction de la saison, vraiment pensée en ce sens. Ce n’est pas un hasard d’ailleurs selon moi si lors du vote final de l’épisode, on ne montrera qu’un 4-0 unanime et pas le vote qu’a reçu Frank, une première dans le show aussi qui habituellement est toujours exhaustif pour maximiser le suspens du spectateur.
Le switch est une occasion idéale de voir quels joueurs s’adaptent. Brandon s’envole ici, étant clairement dans une posture moins bonne : il passe d’une tribu 4 vs 2 où Silas était clairement la cible à abattre même au sein de son alliance, à une tribu 3 vs 3 où les 3 Boran qui débarquent sont clairement plus soudés que les Samburu, et aucun n’a de vote, tandis que Lindsey en a 4…
Pourtant, Lex, Tom et surtout Kelly (qui prend plus ou moins le rôle de la narratrice stratégique des ex-Boran ici) évoquent que tout le monde adore Brandon. Et ce dernier tente à bout de bras de porter la stratégie logique à adopter : Kim et lui doivent essayer d’attirer des votes sur eux pour enlever l’attention sur Lindsey.
Du côté des Boran, Teresa et Frank ne manquent pas de tout balancer à leurs nouveaux partenaires jaunes, qui les plaignent évidemment. Silas est hyper en marge et joue alors très mal. Si mal que son équipe se demande si le choix optimal ne serait pas… de perdre un challenge ! Incroyable réaction que, je suis sûr, la prod n’avait pas prévu avec un tel twist, mais logique. C’est l’occasion pour Teresa et Frank de prendre leur revanche, de s’assurer de sortir Silas (qui a 3 amis soudés qui l’attendent de l’autre côté, comme il a la bêtise de le rappeler à Kim J), et c’est tout bénef pour les 3 Boran originels (Ethan/Clarence/Kim J) qui élimine un rouge d’origine. Kim J et Ethan se révèlent aussi être clairement en position de force ultime dans cette nouvelle tribu, surtout Ethan, très charismatique.
Malgré la densité des stratégies, la survie ne prend pas un recul pour autant : entre une vision très belle d’un éléphant à 2 pas du camp, Lindsey qui a une tique dans les fesses que Lex et Big Tom lui retirent avec de l’eau chaude (ce qui évoque la question finale de son deadlock quiz avec Carl, une ironie incroyable) pour le plus grand plaisir du fermier beauf qui se rince l’oeil au passage (ahlala, 2001, une autre époque), ou encore la comparaison des différences de traitement entre les deux camps qui reflètent le niveau de paix sociale du groupe (le feu Samburu hyper mal entretenu VS. le camp très organisé des Boran), c’est encore une fois fun et riche dans un épisode dense.
BIG TOM (about removing Lindsey’s tick from her ass): It was one of nicest jobs I've had to do here so far.
L’épreuve de confort sur la thématique de l’élevage de chèvres est plutôt fun. Et quand vient l’heure de l’immunité, voir Silas se démener à faire le puzzle quasiment tout seul pendant que sa tribu fait mine d’être nulle, c’est assez hilarant.
Silas aura vraiment tout fait pour se sauver mais il part bien sûr à l’unanimité. J’ai beaucoup aimé suivre ce méchant du montage arrogant mais pas non plus détestable loin de là, qui a vu certes son jeu se faire ruiner par le twist de la production, mais qui a fait des erreurs de parcours autant avant qu’après. Cet épisode est fondamental pour le lore stratégique du show et agit comme avertissement pour la suite et comme divertissement excellent qui est vraiment ce pour quoi la saison est retenue, à raison !
SILAS: The twist of the game was amazing. I kind of had my cards lined up the way I wanted them going into the merge, because I was with the two people that were about to kick off. You know, I just couldn't recover from it.
Avec le twist qui a tout changé, les castaways questionnent le merge imminent pour lequel ils ont tout prévu (y compris les rations de nourriture) — la preuve que ce twist était vraiment une bonne idée !
Le quotidien des tribus est ici plutôt bien rôdé. On a une scène plutôt comique où Clarence jure de ne pas tuer les poules si elles pondent au moins un oeuf — ce qu’elles font illico le lendemain matin, mais c’est vraiment l’oeuf le plus petit possible ! On a également un confort classique et peu physique mais fun, où les gagnants sont malades à avoir trop mangé après.
Le fait que les deux tribus arrivent à se faire passer des messages comme le “L” de Lindsey montre que les joueurs dépassent sans doute les attentes de la prod sur leur twist et c’est assez cool. Il est donc assez inévitable au vu du montage que cette fois, les Samburu vont au conseil de l’épisode, puisqu’ils ont tout le focus stratégique. Plus spécifiquement, Lindsey est au coeur de l’épisode, ayant le plus de votes passés, malgré les tentatives (bien jouées) de Brandon de paraître antipathique pour attirer le vote de Kelly, Lex et Tom (les ex-Boran).
La fameuse égalité a bien lieu et c’est un conseil chargé en émotions où Lindsey considère même voter Brandon pour sauver sa peau. Mais elle reste droite et ça donne un tie-breaker plutôt inévitable assez émotif.
LINDSEY: I considered it. I considered joining with them and voting for Brandon. And on the way here, um... my dignity took over. I don't care if I'm voted out tonight, because I didn't vote for a friend of mine, and that makes me the happiest person on the face of the Earth. So I'm not going to convince you to keep me, 'cause I'm leaving with my pride.
Un épisode plutôt agréable grâce à toujours de bonnes dynamiques et un climax émotionnel réussi, avec une petite redemption arc pour Lindsey qui était plutôt antipathique et paranoïaque.
Après une saison hyper centrée autour des votes passés et du twist, le merge impose de devoir rebattre toutes les cartes.
Il faut noter qu’en ayant eu un pre-merge aussi centré sur des personnages comme Silas ou Lindsey qui ne sont plus là, on semble moins connaître le casting restant que les saisons 1 et 2 : cet épisode de merge (et le suivant) auront donc pour tâche principale de dessiner les prochains gros personnages phares et pour l’instant ils y arrivent plutôt bien.
Brandon prend ici des airs de grand méchant en retournant sa veste suite au départ de Lindsey contre qui il n’a pas des mots tendres. Il comprend que c’est soit lui soit Kim P. ensuite, surtout dans le cas où il n’y aurait pas de merge.
Big Tom le décrit le mieux, avec son vocabulaire aussi… cru et dépassé :
BIG TOM: Lindsey's gone. And the other two, uh, they're nervous as a whore in church.
Mais le merge a bien lieu en temps voulu ! L’épreuve statique du sceau a lieu et ce que je trouve assez génial c’est qu’entre des plans de l’épreuve avec ceux qui tiennent, on voit aussi des stratégies et des discussions de ceux qui sont déjà sur le banc de touche, qui commentent l’action avec parfois un peu d’hypocrisie.
La tentation par la nourriture revient aussi, et des négociations finales entre T-Bird et Clarence, qui finit par craquer psychologiquement. C’est assez cool de voir T-Bird gagner cette épreuve avec le mentale, la tactique (sa petite chanson pour énerver et faire passer le temps) et le physique.
La tribu unifiée démarre avec un festin et le jeu “je n’ai jamais” où l’asocial mal léché (et réac) Frank essaie de se mêler à la foule, ou imite la trompe d’un éléphant face à face avec la bête. Ce personnage est très étonnant et son décalage avec la société (il ne connaît pas le mot “brunch” ce qui vaut les moqueries affectueuses du groupe) assure du divertissement.
FRANK: There are a few humans here I wouldn't interact with, but the animals, yes.
En plus de lui et Brandon, d’autres candidats continuent de se révéler ici, surtout stratégiquement. Kelly s’impose comme narratrice plutôt pertinente du nouveau groupe et antagoniste à Lex (ce qui est une nouveauté, car ils votaient toujours de pair). Et Lex donc, qui a ici le plus gros focus stratégique avec Kelly. Il guide vraiment les troupes, dicte le vote contre Clarence, et joue la carte de la sympathie avec ce dernier (peut-être en vu d’un potentiel jury ?) en lui avouant que c’est bien lui qui part, ce que les autres ne voulaient pas faire savoir.
Teresa lâche quand même un vote contre Lex qui semble tomber de son piédestal…
Un épisode de merge plutôt cool et riche en nouvelles interactions, même si on aboutit à un vote assez consensuel, cette saison continue de divertir comme il faut et repositionne des personnages principaux.
