Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
COLBY: I may be a lot of things, but I'm no Hershey bar.
Ce cast est génial, surtout chez Ogakor, mais ils sont un peu sous-utilisés ici, on ne rigole pas tant que ça. Jerri est top en confessional où elle parle ouvertement de sexe et où le chocolat est utilisé comme lien cathartique vers leur libido. Ces scènes me paraissent tellement hors de ce monde, ça nous replonge vraiment dans la télé-réalité du début des années 2000 super décomplexée.
Le montage alterné entre les deux tribus et les deux ambiances radicalement différente est assez cool. Kucha s’entraîne comme des dingues, Ogakor fait du yoga. C’est vraiment l’union kumbaya vs l’ambiance chaotique.
Jeri a en tout cas une des plus grosses présences de l’épisode, ce qui se confirme vu sa position de leader sur l’épreuve de confort. J’ai été un peu abasourdi de voir Colby tellement en colère d’avoir perdu l’épreuve qu’il “agresse” Jerri en lui balançant un seau d’eau à la figure ! Et Jerri le prend en souriant. C’est vraiment elle la “méchante” originelle et lui le “héros” originel, on est sûr là ? J’ai de plus en plus le sentiment que Jerri a beau avoir une forte personnalité à vivre H24, elle est aussi la seule qui semble avoir un peu de vie et ne pas être aigrie sur son camp qui a une dent contre elle de façon assez arbitraire.
La fin est la partie la plus mémorable de l’épisode et peut-être la scène la plus culte de la saison, qui a probablement façonné le montage de toute celle-ci. Le “Trial By Fire” qui atteint Michael vient complètement bouleversé la tribu Kucha et toute l’aventure. Elle rappelle que le danger est bien réel dans cet environnement hostile, même si c’est sous la forme de simples inhalations de fumée…
C’est une fin étrange. Tout l’épisode nous prépare à l’enjeu de l’épreuve d’immunité cruciale car si Kucha l’emporte, ils iront au merge 6-4 et on nous dit clairement qu’ils sont tous trop soudés pour se trahir. Si Ogakor gagne par miracle (vu leurs conditions bien inférieurs et le fait qu’ils perdent aussi les conforts, et leur entente inférieure également), alors ils auront déjà plus de chance.
C’est donc une vraie surprise de voir une telle fin d’épisode. Je ne suis pas forcément fan en soi de cet épisode pour autant, car sans épreuve d’immunité et sans conseil, l’épisode fait longuement traîner les choses (avec beaucoup de dialogues autour de nourriture dont on se fiche éperdument), afin de gagner du temps jusqu’au climax.
MIKE: I'm looking at some brave, beautiful people who I have grown to love so much.
Mais je ne peux nier qu’on est vraiment plongé dans l’ambiance d’urgence et de désarroi de Kucha. La scène gros plan sur les yeux de Mike qui délire un peu mais veut observer sa tribu et leur dit de tenir bon et de gagner pour lui, mine de rien, ça a beau être horrible, c’est vraiment beau. Il y a presque une cinématographie à cette fin d’épisode, peu égalée dans la série. Cela le rend unique et clairement, un élément charnière de cette saison.
Par rapport à Survivor 1, ils savent vraiment tous à quoi s’attendre et ont bien vu que rester soudés entre équipe est le meilleur moyen de s’assurer d’aller plus loin. Il y a donc énormément d’enjeux dans cet épisode charnière de réunification à 5-5, c’est pesant !
Quelques petits twists/changements dans la tournure comme le “Boys night out” des Ogakor qui est un “Girls night out” Kucha, le fait d’aller sur un camp neutre, etc. qui n’ont l’air de rien mais qui servent à destabiliser tout de même les candidats par petite touche.
L’enjeu de ne pas dévoiler les votes passés et de faire front commun est très cool et donne à cette saison un caractère original, car jamais ça ne sera aussi fondamental qu’ici, et la règle changera par la suite. Jerri ici tente au mieux de ne pas laisser paraître sa haine pour Keith, sachant qu’il a eu des votes (comme elle) et que cela reste plus avantageux pour elle de faire front commun avec Ogakor.
On voit aussi se dessiner quelques personnages depuis deux ou trois épisodes qui ont toutes les qualités pour aller bien plus loin qu’on ne le pense, comme Tina qui dit à juste titre que le Merge est l’occasion parfaite pour observer et moins parler. Tina qui fait aussi une prestation incroyable sur l’épreuve d’immunité, ne perdant que parce qu’elle accepte de laisser la victoire à Keith, après être restée 10h+ sur un poteau (bon, bien plus large que ceux de Koh Lanta !). J’aime beaucoup l’idée que Jeff tente les candidats avec de la nourriture pour les faire descendre, il faudrait qu’ils aillent plus à fond dans cette dynamique.
Dommage qu’on ne voit pas plus le raisonnement de vote contre Colby des Kucha, et contre Jeff des Ogakor. Ils essaient de garder une surprise au détriment du bon divertissement, de voir les stratégies. Il serait intéressant de comprendre mieux pourquoi Kucha s’est fait berné par l’équipe et a cru que Colby aurait pu avoir des votes. Il est amusant de voir que Jeff a sauté dans l’eau et renoncé à l’immunité pour du beurre de cacahuète dont les ricains raffolent, alors qu’il se savait en danger. À l’époque, les immunités n’ont pas la même saveur/les candidats se battaient moins pour elles…
Malgré ces non-dits (ou non-images) agaçants qui sous-entendent que la saison n’exploite pas tout son potentiel, le conseil reste mémorable avec un tie-break historique, le deuxième de la saison, entraînant l’élimination malheureuse de Jeff qui était un candidat vraiment malin avec un très bon sens de l’analyse et qui avait bien plus de potentiel !
À partir de là, la saison 2 est dans une grosse mouise : comment rendre intéressants les 3 ou 4 prochains épisodes à venir, sachant qu’il est évident qu’Ogakor restera soudé quoiqu’il arrive ?
La saison 1 s’en sortait bien grâce à une alliance de 4 excellente, des personnages plus mémorables dans l’ensemble que ce nouveau casting, et aussi car c’était la première saison.
Ici, le problème est de taille… et la saison tente tant bien que mal de vendre un renversement de situation, qui n’arrive pas. Il était évident, dès lors qu’on nous cachait les votes d’Ogakor, que Jerri n’allait pas y passer et qu’Alicia (qui a été repérée à juste titre comme une grosse menace sportive) est ciblée. L’aléatoire des challenges, qui sont tellement différents voire entièrement basés sur la chance (comme ici le jeu des “lignes et des carrés”), peut parfois vraiment empêcher les éliminés du jour d’être autre chose que des cibles immobiles.
Malgré les propos de Jeff du conseil précédent (”j’ai le sentiment que sur les prochains jours, de nouvelles alliances verront le jour”), en mode, il suppliait ce groupe de ne pas nous offrir un nouveau Pagonging, ça reste quand même sage.
Il faut tout de même noter le décollage d’Elisabeth, la petite citadine américaine vraiment attachante par excellence, qui est très maligne socialement et parvient à infiltrer la craquelure Tina & Keith VS Jerri & Amber dans l’équipe Ogakor. Cette même fissure revient sur le devant de la scène lorsque Colby ment une nouvelle fois à Jerri en prétendant être avec elle et Amber, alors qu’il n’en est rien… À nouveau, sa réputation de prince blanc en armure est complètement du beauty privilège, même si ce n’est pas pour me déplaire car ça donne un héros bien moins lisse.
Le challenge lancer de boomerang était plutôt original et très thématique, je l’aurais bien vu en plusieurs rounds. Mais l’accent n’est pas sur les challenges à ce stade “old school” de la série, ce qui n’est pas plus mal. La récompense d’Amber & Jerri et leur culpabilité est aussi un aspect important du jeu bien mis en lumière ici, puisque cela créé des jalousies.
Je suis assez gêné de voir le bashing aussi ouvert contre Jerri de la tribu, qui la compare à la Méchante Sorcière de l’Ouest. La métaphore est pertinente finalement, n’ont-ils pas eu le mémo que ce n’était pas la vraie méchante de l’histoire malgré son comportement discutable ? Ce groupe d’hypocrites m’agace un peu, même si Jerri n’est pas très facile à vivre, on dirait qu’elle est une pariah (à part pour son amie Amber), un boulet qu’on traîne car elle ne rentre pas dans les cases des bonnes valeurs puritaines américaines…
Ce goût amer mis à part, globalement c’est pas mal, mais je ne vois pas bien comment tout ça va tenir encore 4 ou 5 épisodes sachant qu’ils sont maintenant 5 contre 3.
Le début de l’épisode est très “Australian Outback” syndrome, à savoir un peu lent car focus sur la difficulté de la pluie et de la faim, des enjeux pas super trépidents pour un spectateur à l’épisode 10.
L’épisode est ensuite uuuuuuultra focus sur Jerri, un excellent personnage culte. Dès le début, où elle va à contre-courant de tout le monde (qui souhaitait décider des équipes au hasard) en voulant se mettre avec Colby… et le tirage au sort finit par se faire, mais la met avec Colby ahah !
L’épreuve est complètement expédiée au montage, à part la remontée finale de Jerri et Colby, pour se focus plutôt sur leur récompense : une virée incroyable pour voir la grande barrière de corail, à deux. Un très bon choix selon moi.
Jerri est complètement zinzin et décomplexée devant les caméras, c’est excellent, notamment lors de sa phrase culte :
JERRI: This is basically the perfect honeymoon without the sex.
Ahahahaha elle est vraiment en chien sur Colby, qui lui, la déteste plus ou moins et ne vient que pour l’aventure. Quitte à la dépeindre comme la méchante de la saison, autant s’amuser avec !
Le fait que dès qu’elle amène un caractère romantique et sexuel dans leur escapade, la musique change d’une excitante musique d’aventure, à un accordéon bien franchouillard, ça me termine.
Colby est vraiment l’archétype du héros américain très idéalisé… mais aussi très hypocrite. Il apprécie franchement plus les moments avec Jerri que ce qu’il ne l’admet. Et à la fin, il ramène à tout le monde du corail —un crime pénal en Australie d’ailleurs, puisqu’il a ainsi endommagé la barrière… la production a dû présenter ses excuses, ainsi que pour avoir survolé en hélico des zones où les oiseaux étaient protégés. Bref, quand Colby ramène un bout de coreil à chacun, c’est clairement pour se faire bien voir, et seule Jerri voit clair dans son jeu. Et lors de l’immunité, lorsque Jerri passe avec une corde entre les mains, Colby lui hurle “mets-la autour de ton cou”… super le héros, hein.
Elle le prend bien et lui rigole, mais vraiment, quelque chose me dérange chez ce mec et dans la façon dont le show a de les dépeindre, l’un comme un héros, l’autre comme la grande méchante de la saison. Certes elle a l’air d’avoir un caractère pas facile tous les jours, et semble un peu là pour le show, mais moi je l’ai toujours trouvé plus attachante que méchante. C’était peut-être aussi la seule personne un peu ouverte d’esprit dans une tribu réunifiée globalement très conservateur vu le background et le parcours des gens…
En tout cas, l’épreuve d’immunité est rigolote et permet à Nick de s’en sortir, alors qu’il était presque garanti d’être le prochain sur la liste. C’est très bien monté car le focus pré-épreuve était entièrement sur la faiblesse physique de Nick, de quoi nous persuader que ce personnage (très transparent dans l’aventure) allait partir. On n’imagine pas qu’il puisse battre Colby sur l’équilibre, mais c’est bien le cas !
Vient alors l’impensable : que Jerri, une Ogakor, parte avant les derniers Kucha ! C’est pourtant bien ce qu’il se produit. Elisabeth, la personne jugée “la plus appréciable du monde” (ce qui a du vrai vu son montage, même si quand on sait derrière qu’elle a participé à un talk-show politique américain pendant des années en représentant les républicains notamment anti-avortement, permettez-moi d’émettre un gros doute), est une énorme menace pour tout le monde, ce que même Jeff Probst souligne dans une question ULTRA orientée (”Elisabeth, vous êtes très appréciée, vous allez être une cible, ça vous fait quoi ?”).
Mais elle n’est rien face à la haine que tout le monde semble ressentir pour Jerri. C’est une belle surprise, mais dommage car c’était une des candidates les plus marquantes, injustement détestée à son époque.
