Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
Les costumes des membres de surveillance de l’équipage ne sont pas moches sur le papier, le côté armure dorée striée n’est pas mauvais, mais ça apparaît finalement comme assez cheap. Idem pour la créature “Garm”, le chien aux yeux rouges humanoïdes, on ne comprend pas ce que ça vient faire là. On fait face à un autre sérial dans un vaisseau en carton avec un casting relou, un scénario qui n’avance pas et beaucoup, beaucoup de couloirs. On dirait un rejeton de la fin de l’ère Baker. J’ai de grosses vibes “Horns of Nimon” et ce n’est pas bon. Du tout.
Comme souvent on a plus de scènes sans notre casting qu’avec, ce qui est super relou. Les figurants sont interchangeables et peu sympathiques, et certainement pas mémorables. L’ajout d’une drogue par-dessus le marché fait beaucoup penser à Nightmare of Eden. Toutes les scènes avec Nyssa sont un peu catastrophiques, on ne va pas se mentir. Celles avec Tegan et Turlough font aussi du surplace, le Black Guardian est très peu présent. C’est vraiment une histoire qui fait hors-sujet dans cette saison 20 censée être un défilé de références...
Il y a tout de même un point positif et c’est, évidemment, le concept du vaisseau Terminus comme celui à l’origine du Big Bang. C’est tout de même super malin comme idée et cela explique pourquoi il était si intéressant que ce vaisseau soit “au centre de l’univers”. L’idée est tout de même vite survolée : le serial ne veut pas assumer qu’il s’agit du vrai Big Bang, puisque ça pose un gros problème. Si le pilote du vaisseau Terminus a créé le Big Bang en voulant décharger son fuel, comment ce pilote existait-il… avant la création de l’univers ? Ou alors, l’explosion du Terminus n’a fait que se rapprocher de celle du Big Bang et elle est encore en cours, menaçant l’univers comme le dit le cliff ?
J’aime bien la réf à City of Death aussi, utilisée comme argument d’autorité pour nous convaincre que oui, une fuite de pétrole de vaisseau spatial peut bien causer le Big Bang.
C’est un concept qui mériterait de plus s’y attarder. Il est suffisamment inventif pour que la note ne soit pas catastrophique, car elle aurait pu l’être.
J’ai même pas eu de beaux visuels, de belles miniatures. Snif. Il ne reste que le design du vaisseau moche et mal foutu à cause d’une production en retard, comme souvent dans ce genre d’histoires.
TEGAN: She'll die here.
NYSSA: Not easily, Tegan. Like you, I'm indestructible.
Adieu, Nyssa, compagne au potentiel vraiment brillant qui sera restée très douce mais aussi très “basique” pendant tout son run. Depuis ses premiers épisodes et notamment Four to Doomsday, elle n’a quasiment jamais brillé dans les histoires et ce n’est pas son caractère doux et unproblematic qui lui permettait de la mettre en valeur. Finalement, elle est un peu trop lisse. Charmante et sympathique certes, je pense que personne ne la déteste, mais en même temps elle a fait peu de vagues.
Quelle histoire complètement pétée on lui sert pour son départ… probablement une des pires. Je ne reviens pas trop sur tout ce qui ne va pas dans le sérial : les personnages, le rythme, l’intérêt, les costumes (quand le chien s’est mis à parler, purée, ça faisait longtemps qu’on avait pas eu un truc si cheap dans la série ! JNT voulait pourtant abolir les monstres en plastique, non ?). Les acteurs secondaires sont mauvais, aussi. Il y a tellement d’erreurs qu’il est impossible de résumer le scénario en sachant de quoi on parle.
Il y a notamment cette idée de Big Bang qui ne va littéralement nulle part au final. Tout l’enjeu se résume à activer une poignée… et le Docteur n’en a pas la force… Super tout ça. Il y a un gros décalage entre les enjeux présentés (destruction de l’univers, etc.) et l’exécution. Au final, je trouve cela dommage qu’on n’ait pas vu tant que ça les malades, quand on les a vus c’était de façon assez clichée (ce qui a valu des plaintes à la série à l’époque). On a surtout suivi les gardes. Eux-mêmes esclaves d’une “compagnie” toute puissante, ce qui donne à l’histoire un mini-propos politique, mais c’est tellement peu effleuré que ça ne vaut pas la peine d’y consacrer plus de lignes. On a vraiment aucune info sur la compagnie et contrairement à des épisodes comme Nightmare of Eden, la politique n’est vraiment pas développé. Cela aurait vraiment mérité un meilleur scénario.
Le départ de Nyssa sauve les meubles donc et rend la partie intéressante à évoquer. J’avais beaucoup trop peur qu’ils la foutent en couple avec le pilleur, syndrome Leela. Bon, le plan culotte, on aurait pu s’en passer… Après heureusement, sa raison pour rester et quitter le TARDIS, lui fait honneur puisqu’elle veut aider les malades en synthétisant un remède. Un acte de bravoure comme dit le Docteur, pour une fin évidemment toujours aussi rapide et expédiée comme 90% des départs dans les classics, mais tout de même assez touchante et qui rend bien hommage au perso. Le calin avec Tegan est aussi touchant (l’actrice a pleuré juste après).
Le petit bisou au Docteur aussi, j’aime beaucoup. Ca brise un peu les tabous de l’époque et c’est clair que sur plus de saisons, ils auraient fini par être encore plus proches. Nyssa était la compagne idéale pour Five, pas pour l’audience vu qu’elle ne le challengeait pas beaucoup (il faut une Tegan, quand bien même le Doc ne l’apprécie pas tant que ça comme il le redit à la fin de l’épisode) mais leurs personnalités vont complètement ensemble et ils étaient souvent collés dans les intrigues. Nyssa aurait fait une très bonne compagne pour Four, j’imagine. Je ne suis pas d’accord avec Davison qui voulait absolument que Nyssa reste car elle “allait” avec Five. Il faut que ça bouge. J’aurais trouvé cela préférable qu’elle parte durant un meilleur sérial, cela dit… elle était si proche du spécial 20 ans…
Ils ont quand même un peu abusé en mettant Turlough possédé par le Black Guardian comme cliffhanger, on a compris au bout de la 8ème fois… et cela éclipse totalement l’émotion sur Nyssa, comme si la série avouait elle-même qu’elle restera la compagne assez transparente balek.
Tout de même, pour un personnage qui n’avait pas du tout été introduit ni pensé pour devenir une compagne, elle s’est bien débrouillée.
Ah oui, faut que je conclue sur Terminus. Bah c’était pas glorieux comme arc. Un des pires de Five (pas aussi terrible que Time-Flight quand même) et un des plus mauvais de la série tout court. Il ne fait pas du tout honneur à Nyssa pendant les 95% de son intrigue (ni à aucun personnage d’ailleurs).
A noter que curieusement, le scénariste Stephen Gallagher a aussi écrit Warrior’s Gate, la dernière histoire de Romana. Dans les deux cas, le script est inclus au sein d’une trilogie spéciale, comporte un drôle de vaisseau, un animal poilu avec plus de force que les autres, des esclaves, des symboles religieux (nordiques ici surtout). Les deux ont aussi un concept de SF assez “choc” (ici l’origine du Big Bang).
Inutile de dire que Terminus est beaucoup moins réussi que Warrior’s Gate sur absolument tous les points imaginables (réal, départ de compagne, intégration à la trilogie, scénario, suspens…). Terminus n’a virtuellement aucun sens surtout.
Note moyenne : 10.25/20
C’est un bon début de sérial, autant dans l’ambiance extrêmement réussie de vaisseau fantôme qui n’a aucun sens et qui regorge de secrets à exploiter, que dans la gestion du fil rouge et des personnages avec le White Guardian qui fait son grand retour, et annonce son message cryptique. On sent qu’on arrive (enfin) au climax de l’affrontement entre White Guardian, Black Guardian, Docteur et Turlough.
Le passage avec les matelots est assez surréel et on sent vite qu’on a affaire à un scénario original. Le cliffhanger très bon et plutôt inattendu quand on ne connaît pas l’histoire, est aussi très saisissant et imprévisible. Il donne furieusement envie de savoir ce qui se trame derrière cette course organisée par les gardiens… et en même temps, je n’ai pas envie d’en savoir trop.
Pas grand-chose à dire, le rythme n’est pas parfait (le passage avec les matelots est un peu long, et à nouveau on a la trope des compagnons séparés qui se réunissent tout de suite après). Et surtout, le Docteur n’est pas parfait : Davison, j’en ai bientôt vu les deux-tiers, j’avoue en avoir déjà marre.
Mais c’est une écriture solide portée par une réalisation solide. Pas grand-chose à ajouter, c’est un combo suffisant. A noter qu’il s’agit du premier épisode de l’histoire à être à la fois réalisé et écrit par des femmes, en l’occurrence ici Fiona Cumming derrière la caméra (et franchement très douée pour les épisodes au décours chelous, de Castrovalva à Snakedance) et Barbara Clegg à la plume, que je ne connais pas encore.
ETERNAL: This is the sort of excitement that makes eternity bearable.
L’épisode décolle totalement. Les concepts sont osés et ingénieux, très mystiques et en même temps présentés avec une telle élégance qu’on y croit totalement.
Ainsi les Éternels, des êtres vivant tout simplement pour l’éternité, se divertissent de leur ennui par des jeux de rôles abstraits, où ils empruntent l’ingéniosité, l’intelligence et le libre-arbitre des mortels qu’ils appellent “éphémères”, comme les humains. En quelques lignes, on justifie ainsi de toutes les bizarreries du contexte de l’épisode, de la chambre de Tegan beaucoup trop personnelle avec la photo de Auntie Vanessa, à la reprise de la mythologie terrestre.
On sent en fait que la scénariste a une vraie idée et un projet derrière cet épisode, car c’est en effet le cas, Barbara Clegg s’étant inspiré d’une soirée avec des amis qui exigaient d’être constamment divertis. D’où les Éternels, toujours aussi impressionnants et bien rendus (le fait qu’ils soient toujours stoïques et ne clignent jamais des yeux aident vraiment à les rendre différents de l’équipage). Il reste tout de même encore des zones d’ombre, comme la boisson étrange qu’ils font boire à Tegan et aux autres matelots humains - mais tant mieux ! Je ne suis pas censé savoir comment fonctionne exactement l’esprit d’un Éternel.
Enlightenment introduit ainsi des antagonistes excellents, atypiques comme rarement vus, qui n’ont pas conscience d’être amoraux, qui sont simplement “méchants” du point de vue du Docteur, parce qu’ils s’ennuient et qu’ils sont trop OP sinon. Une motivation tout de même géniale.
DOCTOR: Try to distract them, give them something to worry about. Even an Eternal can't put his mind to too many things at once.
C’est d’autant bien exécuté qu’on expose tout de même certaines de leurs limites, ce qui permet de donner de la crédibilité à leur côté omniscient, autrement très présent. A la manière des Éternels eux-mêmes qui se fixent certaines règles dans leurs jeux, sinon quoi cela ne serait pas drôle. Un élément méta très intéressant qui donne du poids à l’épisode : c’est vraiment un super élément d’écriture, car cela caractérise très bien les Eternels tout en permettant au spectateur d’accepter qu’ils sont battables et que certains éléments de fiction, certaines ficelles, pourront se dérouler normalement sans paraître impossibles (comme le fait que le Docteur puisse leur retenir certaines informations). Cela donne une aura à la fois charmante et menaçante aux Éternels, et toutes les péripéties et réflexions autour de “lire dans les pensées du Docteur” et des autres éphémères, sont alors crédibles et intéressantes.
DOCTOR: What are you competing for? I mean, the whole point of a race is to win something. What's the prize?
STRIKER: Enlightenment.
DOCTOR: Enlightenment.
STRIKER: The wisdom which knows all things and which will enable me to achieve what I desire most. Do not ask what it is. I will not tell you.
Enfin, on quitte un peu les simples cales du bateau Edwardien pour découvrir vraiment l’espace qui entoure la course, et je dois dire que c’est un sérial franchement magnifique à regarder. Les effets spéciaux restent minimalistes et ne sont pas omniprésents, mais il y a un véritable soin apporté aux costumes, aux décors et à la lumière. Oui, la lumière ! Blague à part, elle est ici très symbolique puisque les Éternels se font la course pour justement remporter le prix de “l’Englightment”, ou de l’Illumination. Ce n’est pas un hasard si le bateau est globalement toujours obscur, et que les sources de lumière (comme les lampes de poche) sont associés aux éphémères mortels. Le passage où on peut voir Tegan et son ami Éternel avec leurs combinaisons (convaincantes) sur le pont du navire, dans un ciel étoilé, est sacrément beau et novateur pour un classique. On sait que c’est fait en studio, mais on y croit et on est transporté.
DOCTOR: Their minds are empty, used up. They need ideas from us. They're desperate for them.
Ainsi, autant par la réalisation à tomber que par le script créatif, Enlightenment est vraiment tout bonnement envoûtant voire fascinant, et se permet au passage de faire un vrai discours quasi-philosophique sur l’importance d’être mortel afin de pouvoir créer. Les Eternels sont en effet selon le Docteur, vides d’esprit, et ne peuvent que copier pour se divertir. C’est d’ailleurs une remarque que fait Tegan pour défendre les êtres humains, qui me rappelle beaucoup ses débuts lorsqu’elle dénonçait les esclaves de Logopolis.
TEGAN: What happened to the crew? Were they all killed?
ETERNAL: But Ephemerals have such short lives in any case.
TEGAN: Human beings, you mean.
ETERNAL: Whatever you wish to call them. And on this ship at least, they are treated well.
TEGAN: Well? I happen to think that human lives are just as valuable as yours. I happen to be a human being.
Je suis extrêmement curieux de voir, maintenant que le gros de l’exposition et des Éternels a été posé, comment le sérial va gérer dans sa deuxième moitié toutes les pistes engagées : avec notamment Turlough (même si le cliffhanger sur son suicide a plutôt de l’effet, je n’y crois bien sûr pas) et le Black Guardian qui s’est détourné de lui, en quoi les gardiens sont liés à la course des autres Éternels, et comment le Docteur va-t-il réussir à renverser la situation dans laquelle il s’est plongé. Car le Docteur se positionne toujours comme un être immortel par rapport à ses compagnons mortels (surtout dans la nouvelle série, avec Tennant, les Ponds ou Clara). C’est d’ailleurs le fait que les thèmes évoqués dans ce sérial (immortalité, passage du temps, conceptions de la vie, etc.) soient aussi intemporels et toujours d’actualité dans la nouvelle série, qui permet à Enlightenment de très bien vieillir et de rester pertinent même aujourd’hui.
Et du coup pour reprendre ce que je disais, vu qu’habituellement le Docteur se place souvent en immortel par rapport à ses compagnons, maîtrisant le temps, c’est très osé et malin de créer à ce stade de la série des ennemis qui dépassent à nouveau les lois “connues” de l’univers de la série, et qui surpassent le Docteur sur le papier. C’est déjà arrivé par le passé, Omega notamment, mais ce dernier restait très lié aux Seigneurs du Temps. Ici, le temps n’est même plus dans l’équation et n’est qu’une donnée risible pour les Éternels, ce qui place le Docteur comme l’être inférieur. J’avoue que je suis curieux de voir ce que cela peut faire ressortir sur notre Cinquième Docteur préféré, car pour la première fois depuis longtemps déjà cette saison, il a enfin un véritable moment “Doctoresque” lorsqu’il a une conversion qui en impose avec le commandant de bord :
DOCTOR: Living minds are contaminated with crude emotions, organic, irrational, creative, entertaining.
ETERNAL: It is true that Ephemerals, dwellers in time, do have a certain entertainment value.
DOCTOR: You talk as though they were toys.
ETERNAL: To me, they are.
DOCTOR: Then why is one of you taking this race so seriously?
En tout cas, un excellent épisode, qui allie forme et fond dans quelque chose de nouveau, d’intelligent, d’humble et de subtil.
