Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
TEGAN: We've got to find the way out.
DOCTOR: Sometimes it's easier to look for the way in and then work backwards.
Mark Strickson est un piètre acteur je trouve. C’est pas mal qu’on explore un peu son passé avec le fait qu’il semble déjà connaître les Tractateurs, mais d’un autre côté, ça sort de nulle part et ça ne compense pas la backstory inexistante et donc juste ratée de ce compagnon très médiocre.
Les Tractateurs (purée ce nom) perdent beaucoup de leur superbe en parlant… Le fait que des insectoïdes communiquent aussi bien avec des colons est très gros, le script prévoyait la présence de traducteurs intégrés mais on connait les soucis de budget de la série... Leur design aussi du coup, perd beaucoup de leur superbe une fois qu’on cesse de les filmer furtivement. Ils sont de loin parmi les monstres les plus cheaps et mauvais de la série.
On voit beaucoup trop les personnages colons, même si tout n’est pas inintéressant et que certains dialogues un peu politiques sont pas mauvais :
BRAZEN: It's not easy to live inside the system, but to live outside of it takes more than you've got.
… ben, tout reste quand même assez plat et m’ennuie pas mal. La faute donc à une dynamique de persos pas top, des ennemis sympas mais un peu kitschs et peu originaux en soi, une réal banale.
Le cliffhanger où on découvre le “père du perso secondaire le plus important, père qui avait disparu il y a des années sans laisser de trace”, c’est l’opposé de la surprise car c’était évident qu’il referait surface (sans mauvais jeu de mot), mais au moins ça change d’un simple “Docteur et Tegan en danger”.
J’ai vu pire, j’ai vu mieux. Ça a juste le mérite d'être assez bien écrit.
Il y a une bonne idée au début de l’épisode : le Doc qui veut gagner la confiance des ennemis et donc fait passer Tegan pour un robot de Gallifrey. C’est assez marrant, le Doc se permet donc quelques remarques sur Tegan, borderline sexistes mais finalement méta et plutôt fun. C’est globalement une histoire où Five n’est pas trop mal. On évoque notamment les Seigneurs du Temps, leur politique non-interventionniste, et leur réputation (les Tractateurs les connaissaient) plusieurs fois.
A part ça, c’est du pur Doctor Who futuriste très plat qui va être très oubliable, avec ses cavernes en carton, ses allers-retours dans les tunnels toujours ennuyants, ses histoires classiques de “colons humains VS. race déjà présente” où cette fois les insectes sont 100% les méchants, sans trop de nuances. Des bidules technologies un peu inexpliqués (les insectes qui “contrôlent la gravité” because) et du vocabulaire vieillot (“the drive mecanism” “this is our center of operations”...). Des retournements prévisibles (oh le TARDIS qui réapparaît à la fin !) : c’est d’ailleurs franchement pété comme point de scénar le TARDIS qui a littéralement EXPLOSE en début de sérial, les persos qui franchement s’en foutent un peu (pas une fois Tegan ne se dit “comment vais-je rentrer chez moi”, comme si elle savait qu’elle jouait dans une série où tout finira bien à la fin). Beaucoup d’idées sous-exploitées comme ça.
Les insectes sont vraiment bofs en fait, les scènes d’action sont ridicules (la mort notamment). Enfin, TOUTE la backstory de Turlough qui se souvient de la race des insectes ne sert qu’à faire apprendre au Docteur que… le chef des insectes, appelé Gravis, est en fait le seul doué d’intelligence/de pouvoir magique, et que coupé de sa race ils deviennent tous inoffensifs. D’accord. Ça n’a aucun fucking sens.
Dommage que le concept de manipulation de la gravité, super cool sur le papier, n’ait pas donné quelque chose de mieux. C’est d’ailleurs franchement assez incohérent que la gravité qui attire des corps dans la terre, les fasse se “téléporter”... la technologie trop floue et toujours laissée en hors-champ n’aide pas la cause des grosses crevettes insectes. Le scénario global n’a pas trop de sens vu que le script a été charcuté de scènes coupées…
Christopher H. Bidmead s’est vu forcé d’écrire un “monstre” dans cet épisode, et on sent qu’il n’est pas à l’aise (Logopolis et Castrovalva ne possédaient pas de monstres). Drôle de décision de Saward, franchement. A mon avis Saward cherchait à se créer des monstres récurrents iconiques, puisqu’il demanda à Bidmead de réécrire un script avec les Tractateurs et le Maître, un non-sens vu la nullité des costumes des bestioles (ils ont quand même été jusqu'à engager des danseurs professionnels pour entrer dans les costumes des insectes afin de faire des mouvements plus "aliens", P T D R).
Frontios a pour seul vrai mérite d’avoir un contexte assez sombre et deux-trois dialogues de qualité. Tout le reste fait méga réchauffé et en pas très bien fait. Les idées SF sont fatiguées et déjà vues, les acteurs et la réalisation sont banals, le scénario part en cacahuète… La production ayant été perturbée par le suicide d’une designer puis par le meurtre d’un acteur qui aurait dû jouer le vieux scientifique, je ne sais pas si ça a impacté l’histoire. Bidmead se repose en tout cas sur ses acquis, il fait un nouvel épisode futuriste titré d’après la planète du jour, mais en beaucoup plus classique et convenu. Quelques blagues, des mentions “Time Lords” par-ci par-là et des personnages secondaires pas dégueu m’ont empêché de dormir totalement, mais c’est vraiment une histoire insipide.
Qu’est-ce qu’il se passe cette saison franchement ? C’est la catastrophe budgétaire, en production et dans les scripts à chaque épisode, et l’histoire la plus décente qu’on ait eu (en deux parties) a été réduite. Pour le moment, c'est une succession de mauvais choix, et d'efforts concentrés exactement là où il ne faut pas (à l'image du budget plus utilisé pour engager des DANSEURS professionnels pour entrer dans des costumes cubiques en carton, que dans de véritables trucs utiles - oui je ne m'en remets toujours pas). Les Daleks sauveront-ils l’ultime saison de Davison ?
Note moyenne : 11/20
TURLOUGH: Dark, isn't it?
Enfin le retour des Daleks ! De Davros ! De la qualité !
Après 4 ans de pause depuis Destiny of the Daleks, les meilleurs ennemis de la série classique reviennent. Et l’avantage quand on fait aussi peu d’épisodes Daleks, ce que la Nouvelle Série n’a pas vraiment compris d’ailleurs, c’est que chaque apparition compte et est attendue avec grande impatience par tout type de public. L’épisode a ici le bon goût de ne pas trop tarder à faire revenir nos boîtes de conserve préférées (contrairement à Destiny), et de nous servir une version actualisée avec quelques éléments à côté (je ne suis pas fan de leur nouvelle voix, trop fébrile) mais surtout beaucoup d’apports intéressants. Le fait qu’ils collaborent avec un peuple notamment, qu’ils semblent aussi contrôler, difficile à dire.
Ce qui frappe immédiatement avec cet épisode, c’est que c’est sombre purée ! La scène d’ouverture est fabuleuse, je ne sais pas dans quelle ville ils ont été cherché cette rue mais c’est incroyable, on se croirait dans une ville déserte d’un camp d’extermination ou bien dans une ville industrialisée du 19ème siècle. C’est à nouveau la preuve évidente que le contexte de la série influence grandement son écriture pour certains scénaristes. Pour Holmes notamment, pour Saward aussi apparemment. Les quais de la Tamise anglaise n’ont jamais été aussi froids, vides, sombres et déshumanisés qu’ils ne le sont ici, dans cet épisode du milieu des années 80. J’ai vu une analyse de certains fans Londoniens de ce décor et c’était assez fascinant, de se dire qu’une partie de l’histoire britannique est capturée à jamais dans cet épisode.
Bref, voir des soldats d’une époque plus avancée se faire buter par des policiers, qui tuent également le seul témoin “humain contemporain” de la scène, ça annonce directement la noirceur du scénario qui ne lésine pas sur le nombre de morts. Saward fait ici son “Earthshock des Daleks”, un surnom donné à l’épisode, à raison. Quand ce n’est pas Terry Nation qui écrit (même s’il a supervisé et qu’il a notamment demandé à retirer le Dalek Emperor pour un Supreme Dalek), ça donne des variations intéressantes.
La suite a aussi quelques imperfections : Turlough ne sert à rien pour le moment, certains acteurs secondaires jouent assez mal (la figurante anglo-indienne qui se fait tuer en dernier qui devait faire sauter le prisonnier) et on répète beaucoup trop de fois le mot “Time Corridor” à mes yeux sans illustrer. Mais dans l’ensemble, c’est du solide. Les intrigues sur les multiples cargos spatiaux sont entraînantes, le mystère du fameux “prisonnier” à détruire nous tient en haleine (et n’est pas si facile à deviner si on ne sait pas d’avance que Davros est présent dans le sérial), les scènes d’action dans l’espace sont pas mal foutues ce qui est assez rare. Parmi l’équipage du vaisseau que les Daleks abordent, l’actrice incarnant la scientifique dégage pas mal de charisme.
Le fait de mixer l’intrigue du présent avec une intrigue future et de lier les deux justement par ce “couloir temporel” est clairement la bonne idée de cet épisode pour donner du rythme. Et c’est fou ce qu’avoir du budget change la donne ! Ils n’ont beau filmer que des rues, des entrepôts et des vaisseaux en studio, on y croit à chaque instant.
DOCTOR: Come on. Trouble with you, Tegan, you have no imagination.
TEGAN: That's because I can't get worked up about a load of crumbling brickwork.
(Tegan <3)
Il y a résolument un ton “moderne” à ce sérial. C’est peut-être pourquoi il me parle beaucoup, puisque j’assume regarder la série classique à 100% car je viens de la Nouvelle Série, que je suis fan de la Nouvelle Série et que je regarde pour enrichir mes connaissances du lore avant tout. Je ne suis pas un sacro-saint des histoires en 7 parties chiantes ou cheaps à en mourir sous prétexte qu’il y avait trois glandus secondaires mieux écrits que dans la nouvelle série ou autre. Tout ça pour dire que je ne suis pas un “pro-classique” dans mes veines et que je prendrai toujours une histoire “trop plein” que vide. Même si cette histoire a donc des facilités, elle est diablement entraînante. Elle est aussi assez moderne dans la “forme”, que ce soit dans sa réalisation plus léchée (il y a énormément de plans dans cette histoire, comme Earthshock) que dans son casting beaucoup plus inclusif que les histoires qui l'entourent.
C’est bien filmé (surtout la superbe scène d’ouverture), bien écrit (l’intrigue a conscience d’être sombre), intrigant. C’est vachement noir et il y a les Daleks. Voilà enfin ce à quoi la saison 21 de Saward devait ressembler depuis le début ? Dire que cela devait conclure la saison 20 à la base (logique puisqu’il s’agit d’un retour en fanfare des Daleks), heureusement elle colle bien plus à la saison 21 par son ton sombre je trouve.
A noter qu’à la base, cela devait être Peter Grimwade qui devait réaliser le sérial, Saward ayant apprécié son travail sur Earthshock, mais à cause d’un quiproquo sur une invitation de restaurant (Grimwade a invité toute l’équipe sauf JNT, qu’il comptait inviter plus tard séparément), JNT s’est senti vexé et a refusé. Le con sérieux ahah. Bref en tout cas on a eu donc un réalisateur tourné vers l’action qui colle bien à l’épisode.
Un épisode assez dingue.
Le scénar’ est assez ouf tant il comporte d’aspects et d’intrigues. Cela donne un rythme extrêmement frénétique à l’épisode, sans jamais virer au n’importe quoi. Le tout avec toujours de l’action maîtrisée, une certaine violence et, ce qui manquait un peu à la première partie : de nouveaux concepts forts.
On a tout d’abord Davros. Comme toujours avec cet antagoniste de malade, c’est réussi. En véritable hommage ou reprise à Genesis of the Daleks, les phrases saccadées de Davros qui hurle progressivement à mesure que la caméra se resserre sur lui, ça fonctionne à chaque fois. Et ce, même si le masque de Davros et l’acteur sont un peu moins réussis que dans Genesis et Destiny - Terry Molloy n’est pas Michael Wisher, qui n’était plus disponible suite au décalage du sérial de la saison 20 à la 21, mais il campe tout de même un bon Davros et reprendra son rôle pour le reste de la "trilogie Davros" des années 80.
La continuité avec Destiny, en mentionnant les Movellans, la guerre sans fin et la conclusion, est super appréciable pour un fan comme moi. Que cela serve de base pour tout cet épisode (avec le virus, le retour de Davros, etc.) témoigne d'une continuité plus léchée, et quel mal y a-t-il à cela. L’épisode est en plus suffisamment bien écrit pour qu’en plus de la continuité, plusieurs répliques permettent à quiconque découvre Davros avec cette histoire pige les enjeux directement. Ce qui est cool avec cette suite donnée à Destiny, c’est non seulement que la série ne renie pas ce sérial et assume malgré sa réputation d’aller "à l’encontre de la nature des Daleks" (un truc un peu con selon moi), et aussi que petit à petit, à chaque histoire et à chaque retour, Davros se rapproche des humains et de la Terre. Ce qui donne encore plus de poids à Journey’s End et son plan machiavélique dans la nouvelle série.
DAVROS: So, they have returned to their creator. Like an errant child, they have come home once more, but this time they will not abuse me. This time, I shall take my rightful place as their Supreme Being, and under my control, the Daleks shall once more become triumphant!
La très très bonne idée du retour de Davros, c’est que cette fois, il sait d’avance que les Daleks ne peuvent plus être raisonnés, et veut se hisser au rang d’être suprême en leur cachant des choses. Les trahir en somme, tout en souhaitant les protéger du virus, car cela reste sa création, ses enfants (il les qualifie comme tels). Et de l’autre côté, les Daleks veulent aussi manipuler Davros en lui faisant croire qu’il a encore de l’importance et en cédant à ses souhaits. Ce qui donne donc cette superbe scène de retrouvailles où Davros se retrouve nez à nez avec deux de ses Daleks censés l’escorter, avec un silence de gêne, chacun des deux “camps” voulant manipuler l’autre pour arriver à ses objectifs. Et Davros de prononcer cette phrase à double-sens voire triple-sens évident : pour ses ennemis, pour les Daleks, et pour l’audience :
DAVROS: I am very difficult to kill. You should already know that.
Bref, la joute entre Davros et les Daleks menés par le Dalek Suprême s'annonce passionnante.
Pendant ce temps, le Doc, Tegan, un rescapé du vaisseau futuriste (Stien) et des humains militaires passent tout leur temps dans un entrepôt, et ça ne nous ennuie pas une seconde. En plus d’une certaine panache dans les scènes d’action (j’adore le plan où le Dalek est propulsé d’un étage sur le trottoir et explose à l’impact), il y a notamment cette idée superbe où la créature visqueuse du Dalek survit et traque les humains. C’est très bien foutu car cela renouvelle la menace que représente un Dalek, sans la rendre totalement OP (la créature n’arrive à en tuer aucun, se cache et est démontrée comme assez faible). C’est, mine de rien, précurseur de toute la vague d’histoires Daleks “horrifique” qui viendra ensuite (dans la nouvelle série en saison 1 et 7 par exemple). Aussi, même si j’avais vu venir le truc presque en blaguant, j’ai adoré le gag du chat qui se dissimulait sous le drap.
Le Doc est pas mal du tout dans cette histoire, très sombre (il n'hésite pas à tuer le Dalek). Les personnages secondaires également : l'acteur jouant le commandant Lytton est très bon, pas au niveau de Nyder mais pas mal. Le militaire démineur qui fait confiance au Docteur tout de suite, c’est rafraîchissant après TROIS histoires où ce dernier était toujours accusé de tout le malheur du monde par les autochtones. Le rescapé du vaisseau peureux qui se révèle être un espion Dalek, c’est un cliffhanger de MALADE MENTAL. Je n’avais pas du tout vu venir le truc alors que c’est évident (il avait survit de façon facile au début, dans une histoire aussi noire et meurtrière c’est impossible). L’acteur est excellent, aussi, passant du gentil pseudo-compagnon qui bégaie à un robot glacial.
Il y a tellement de choses et de personnages qu’il est difficile de penser à tout, mais j’adore également le concept de “l’armée Dalek”, menée par Lytton. Je ne suis pas encore trop renseigné sur la réputation du sérial, mais il n’est pas dur d’imaginer que des fans crieraient au scandale que les Daleks emploient une milice personnelle, même Davros fait justement remarquer que c’est inhabituel. Rien de plus que la preuve que les Daleks évoluent selon moi. Les policiers sont sacrément creepy, et je rêve où ils peuvent aussi changer d’aspect ? Les Daleks mentionnent une “chambre de duplication”. En plus de tout ce qui se déroule déjà dans le scénario, ils ajoutent aussi une histoire de clones avec tout ça ?
DAVROS: My Daleks do not need troops.
Du côté du Time Corridor (un concept vraiment cool) et du vaisseau, on suit notamment Turlough tandis qu’il gambade dans la station, ce qui n’est pas glorieux sur le papier mais qui est en fait très bien intégré dans la trame pour ajouter du suspens et des questions. On a également le petit groupe de 4 survivants du vaisseau-prison initial de Davros, dont la scientifique blonde qui en impose, qui cherchent à faire exploser la station. Nul doute que c’est ce qui permettra sans doute de boucler l’intrigue d'une façon ou d'une autre.
Je n’ai même pas encore abordé le fait que les Daleks aient ouvert un couloir pour poser des “bombes” sur Terre (scénario inspiré d’Earthshock, Saward se répète un peu mais vu la quantité de nouvelles idées je ne lui en tiens pas rigueur), Tegan blessée et isolée avec une infirmière entourée d’espions Daleks ou encore Davros qui manipule son ingénieur de fauteuil roulant. On glisse également le fait que les Daleks peuvent voyager dans le temps maintenant, une première il me semble. Comme je l'ai dit petit à petit, on se rapproche du canon de la Guerre du Temps et des Daleks de la nouvelle série.
C’est dense, certes. Mais je n’ai pas trouvé ça difficile à suivre comme j’ai pu le lire, au contraire, l’histoire est prenante et donc limpide. C’est très bien écrit, complexe mais intrigant et très divertissant, violent et un excellent mix d’ancien et de nouveau.
