Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
Graeme Harper est un bon réalisateur, qui arrive toujours à faire quelques plans justes et qui gère notamment très bien la caméra (pas mal de plans "à l'épaule" ce qui est rare). De plus, il y a un bon montage. Mais contrairement aux meilleurs réalisateurs, ce n’est pas un réal' qui te fait oublier que la série est fauchée. Il la filme comme si elle ne l’était pas. Ce qui donne des épisodes avec, certes, un effet un peu "cinéma" et certaines scènes superbement réussies : le cliffhanger où le Docteur fait crasher le vaisseau dont il est prisonnier, te positionne dans une situation de tension avec juste un cut entre son visage résolu et un écran cathodique. C’est assez impressionnant. Mais en parallèle, ça reste une histoire avec des écrans cathodiques un peu éclatés. Notamment la planque “centrale” de Sharaz Jek. Difficile de suspendre son incrédulité dans ces décors aussi plats, une technologie aussi mal vieillie et peu d'efforts pour changer cela. Mon problème est qu’il n’essaye pas de dépasser le script, en fait.
Idem, il y a un passage absolument horrible où le PDG du conglomérat d’Androzani Major est dans son fauteuil, se fait informer de la survie du Docteur, et tourne régulièrement son fauteuil dos à son interlocuteur, vers le public, pour parler en aparté et dire à haute voix ses pensées et ses soupçons sur le Président. C’est un moment très gênant qui aurait nécessité juste une décision de bon sens : amener l'assistante du PDG dans la pièce, pour lui donner la parole. C'est à nouveau la faute de Graeme Harper, le réal. En effet, l’acteur a mal compris ce qu’il devait faire, et le réal a choisi de garder la scène tel quelle… C’est un détail et une scène qui dure 30 secondes… mais des détails comme cela il y en a des tas, ce qui me laisse vraiment abasourdi face à la réputation de l’épisode.
Cela a, il est vrai, peu d’importance notamment pour le PDG qui a autrement toujours des scènes assez convaincantes. L’assassinat du président du haut de l’ascenseur le moins sécurisé du monde (encore un coup de la réal un peu ratée) est assez violent, et le dialogue qui s’en suit avec son assistante (très bon perso secondaire) est très bien écrit à nouveau, rempli de sous-entendus :
MORGUS: Yes, yes, I am deeply distressed, Krau Timmin.
TIMMIN: Naturally you must be, sir.
MORGUS: Still, it could have been worse.
TIMMIN: In what way, Trau Morgus?
MORGUS: It could have been me.
Les dialogues sont parfois un poil prévisible (j’avais dit à haute voix le “it could have been me” avant le personnage), mais cela reste de loin la partie que j’apprécie le plus concernant le peuple d’Androzani, et c’est de la satire plutôt efficace, drôle et glaçante.
MORGUS: Yes, quite so. Have my private jet ready in ten minutes.
TIMMIN: Yes, sir.
MORGUS: Oh, and Krau Timmin? Have the lift maintenance engineer shot.
J’ai encore des problèmes avec le scénario. Autant en termes de world-building l’épisode est assez cool, autant en écriture pure des péripéties, ça laisse à désirer. Il y a par exemple toute cette histoire de Jek qui avait remplacé le Doc et Péri par des androïdes sans explications. J’étais prêt, comme je l’ai dit dans mon avis précédent, à passer outre, mais voilà que Jek remonte encore à la surface pour recapturer Peri... (passage en mode “Koss”) sauf que ça n’a aucun sens : tu ne peux pas remonter plusieurs kilomètres à la surface - comme précisé sur leur petite map minable - tout seul, sans l’aide de tes androïdes, sans tomber sur aucun garde ou militaire, pénétrer dans la planque de Peri, la droguer, la redescendre en bas. C’est complètement débile, et c’est d’autant plus débile que si tu acceptes qu’il peut faire tout ça, comme je l’ai déjà dit, il aurait alors 1001 façons de faire tout ce qu’il souhaite et de capturer toute l’armée en otage pour faire venir Morgus, par exemple, et assouvir son désir de vengeance.
Son désir de vengeance est franchement répétitif et commence à être lassant. Autant l’acteur et le costume sont toujours dingues, et l’ambiance musicale autour de ce personnage glauque à souhait - il y a une sorte de “sifflement” de serpent malaisant lorsqu’il fait son entrée dans une pièce. Autant en termes d’écriture, ça ne vole pas haut. Il base la moitié de ses actions sur sa vengeance donc, et l’autre moitié sur son obsession maladive pour Peri, qui est franchement peu expliquée, à part “je me sens seul dans ces tunnels”. A nouveau, cela n’a aucun sens : tous les personnages de l’histoire de Doctor Who qui ont passé leur vie à combattre dans des tunnels, auraient dû dépérir sans soleil ou devenir fous. Le fait est que pour les besoins de la fiction, on n’en parle jamais et c’est très bien comme ça. Mais Jek qui en fait sa motivation principale, c’est franchement ennuyant.
JEK: You're so important to me. I've lived so long in these caves, alone, like an animal. Now I can feast my eyes on your delicacy.
Il y a aussi cette histoire d’androïde clone. QUI n’a pas compris que le personnage appelé Salateen en question qui parle au général à la fin, est l’androïde ? C’est si évident et con que le général ne se pose pas la question et déballe tout son plan, alors qu’il vient tout juste d’apprendre l’existence du clone… A nouveau, ce n’est pas un problème franchement dramatique, car de toute façon tout le délire des androïdes est un peu secondaire dans l’épisode, absolument pas développé et n’est là qu’en support. Mais ajouté à plein d’autres choses, cela me sort un peu de l’épisode.
C’est peut-être ça en fait : Androzani manque de constance et apparaît toujours trop décousu. Robert Holmes réalise un patchwork d’idées classiques de Doctor Who : dans cette partie il y a un peu de créature alienne en costume, un peu de satire politique, un peu de délire d’androïde… Mais à force de faire un peu de tous les genres, l’épisode devient trop fouilli, et est à peine plus que la somme de ses parties. C’est probablement une sorte d’hommage à l’ancien Doctor Who, un petit best-of, mais cet hommage arrive sans doute cinq ans trop tard.
Je sais que TOUS les défauts que je peux citer (gros écrans cathodiques qui tranchent avec les plans, personnages qui peuvent se mettre à parler seul pour déballer leur plan, compagne qui fait le yo-yo de la capture, monstre en carton et incohérences de déplacements) étaient monnaie courante par le passé, même dans mes ères préférées comme celle… de Tom Baker avec Robert Holmes, justement. Mais c’était 10 ans avant l’épisode. La série, lors de ses bons épisodes, a évolué depuis, autant dans le visuel, que dans les genres abordés, que dans ses personnages féminins, que dans ses péripéties...
Reste alors l’autre dimension “pot-pourri” de l’épisode, le vrai plus, celui de la tragédie théâtrale. J’ai lu plusieurs fois que Sharaz Jek est inspiré par la créature de Le Fantôme de l'Opéra, un roman, tout comme certaines parties de l'histoire. Cela renforce les parallèles littéraires avec l’épisode. C’est un autre aspect qui élève un peu l’histoire, même si je trouve ça quand même un poil faible, et Robert Holmes a déjà fait ça en mieux : toute son ère se base sur des réinterprétations de mythe, et The Talons of Weng-Chiang aussi avait un ennemi défiguré (et plus réussi).
Quand on additionne un Robert Holmes qui ne cherche pas à innover mais à faire son best-of, une saison en manque de budget et un réalisateur qui ne cherche pas à transcender le script, on obtient malheureusement un épisode qui ne me botte pas des masses.
Bon, tout cela étant dit, il y a quand même, comme je l’ai dit, une bonne qualité : c’est le world-building d’Androzani. Même si c’est moche, on y croit à ces cavernes, à cette guerre civile, à ce trafic armes VS drogues et aux bureaux illuminés de lumièr violette de studio. Attention, quand je dis “on y croit”... On n’y croit pas une seule seconde en tant que vrais lieux physiques (comme je l’ai dit, les déplacements sont pétés et le visuel full studio ne nous transporte pas, tout fait carton et studio). Mais on y croit en termes de concept, de société. C’est quelque chose que Robert Holmes savait déjà faire, dans The Sun Makers par exemple - un épisode supérieur un peu en tout point à celui-ci, ahem, passons.
Il y a aussi toujours une bonne ambiance, les scènes entre Peri et Jek sont assez cool, l’acteur de Jek et Nicola Bryant sont bons. L’acteur de Jek doit être souligné car tout passe par le langage corporel et la voix, et ça fonctionne bien : la tension et le malaise sont palpables. Et Peri est toujours une compagne assez sous-estimée pour ma part. Ici, j’aime beaucoup le fait qu’elle montre un peu de signes de compassion envers Jek malgré sa peur de lui.
Comme je l’ai dit il y a tout de même plusieurs bonnes scènes, du meurtre de l’ascenseur au cliffhanger. Le Docteur est toujours passif et vulnérable au début mais prend bien plus les choses en main sur la fin, ce qui est appréciable. L’intrigue des passeurs d’armes trouve une réelle utilité. Et globalement je suis modérément impliqué dans l’histoire. Il faut saluer le fait que le Docteur n’en a rien à foutre de tout ce qu’il se passe, qu’il ne veut juste que retrouver Péri et se tirer de là. C’est assez original, et c’est du coup d’autant plus fort d’avoir réussi à nous saisir sur le reste du contexte.
C’est donc pas mal, hein. C’est sympathique, toujours bien dialogué, bien rythmé, avec quelques scènes qui restent en tête. Si j’ai consacré autant de mon/mes avis à du listing négatif, c’est car ce n’est pas relatif à ma note, mais relatif à la réputation du sérial. C’est juste sympa, même si très surestimé pour le moment.
DOCTOR: Is this death?
(non, mieux ! ta fin !)
Il y a un problème de direction, probablement dû à un manque de showrunning, concernant le Cinquième Docteur dans la majorité de ce dernier sérial. Five est le Docteur le plus passif, neuneu qu’on ait eu, toujours à se faire malmener par tous les colons et espèces qu’il rencontre, toujours à se laisser faire enfermer ou autre, attendant d’être sauvé par Turlough ou un autre personnage (certainement pas par le sonic, lolilol quelle belle décision de l’avoir enlevé). Les meilleures histoires exploitent de la bonne façon son “infériorité” apparente : soit en la plaçant au coeur des enjeux (l’excellent climax d’Earthshock qu’il constate impuissant), soit justement récemment en bouleversant les attentes avec quelques moments plus sombres (avec le Maître).
Dans cette saison 21, sa troisième et ultime saison, Five a laissé mourir son ami d’enfance, assisté au massacre de deux espèces aliennes, causé le quasi-génocide d’une autre, tué un de ses pseudo-compagnons. Et il a surtout été abandonné par ses deux derniers amis réguliers : l’un pour rejoindre sa famille, ce que le Docteur ne peut pas faire sur sa planète ; l’autre car elle ne pouvait plus supporter le mode de vie et la violence, ce qui est pourquoi le Docteur a quitté sa planète. Bref, il a pris CHER. Et comment choisissent-ils de le montrer dans The Caves of Androzani ?... Plus impuissant que jamais. Littéralement capturé dès qu’il a mis un pied dans la caverne (en s’empoisonnant au passage), jamais libre depuis, passé de groupes en groupes, prétextant n’avoir rien à faire de leur “guerre civile minable” mais totalement sans option de toute façon. Il ne cherche que la survie pour lui et Péri.
Là où il aurait été intéressant de prendre la voie du Time Lord Victorious de Tennant, ou d’un Time Lord déprimé/quasi-suicidaire… le Docteur est juste placé dans les mêmes conditions de toujours. Il est autant impuissant face à Jek qu’il ne l’était face aux Cybermen avec Adric il y a deux saisons, littéralement rien n’a changé depuis. Les conditions sont plus extrêmes, certes. J’ai vu qu’on qualifiait parfois l’épisode de “l’heure la plus sombre du Docteur”, etc. Mais ce n’est juste qu’une surenchère qui ne challenge pas tant que ça le personnage de Five : ça va dans le même sens que ton son ère, là où il aurait été intéressant de poursuivre le contrepied entamé par la saison. Ce qui n’arrive jamais dans ce sérial, à l’exception de sa démarche suicidaire dans le vaisseau, où Davison impressionne le temps de trois secondes et demi. Ce n’est pas vraiment expliqué comment ils survivent au crash, mais passons.
Tout ça pour dire que "ça aurait pu être mieux". Mais indéniablement, cela reste un de ses meilleurs sérials pour son personnage. Il faut saluer le sacrifice du Docteur pour Peri qui est une belle façon de partir. Sauver une vie contre la sienne, même si c'est franchement pas extrêmement brillant dans l'exécution (il pouvait pas prendre une fucking deuxième fiole de liquide magique ?). Là où, pour le coup, il y a eu un peu d'évolution, c'est que le Docteur était toujours super passif avec ses compagnons, notamment vis-à-vis de la mort d’Adric. Adric qui est d'ailleurs son dernier mot avant de se régénérer, drôle de dernière phrase mais cela montre l’impact qu’a eu Earthshock sur la série, son ton et ses personnages. Le Docteur de Davison fait donc enfin quelque chose d’assez “héroïque” pour sa compagne, et c’est un mouvement assez cool. Il y a aussi la bonne idée globale d’avoir tué le Docteur dès l’épisode 1 à cause du poison, sans en rajouter une couche en le fusillant ou autre (comme c'était prévu à la base), ce qui colle avec l'aspect tragédie grecque souhaité par Holmes. C’est tout de même dommage de se dire que Five est mort parce que Péri a trébuché dans une plante, mais bon, on m’accuserait de mauvaise foi si je réduisais cette histoire à ça !
Bon, le Docteur, c'est pas mal du tout effectivement. Mais pour le reste. J’ai forcément dû rater quelque chose, non ? C’est quoi ce délire ? Cet épisode a vraiment été voté “meilleur épisode de l’histoire” en 2009 ? Cette ultime partie est bourrée de scènes d’action pas dégueulasses, mais quand même juste à base de fusils pan pan et d’étranglements. On passe d’ailleurs deux-trois minutes au début à courser le Docteur dans une clairière par des Stormtroopers qui ne savent pas viser.
Il n’y a virtuellement aucun rebondissement, si ce n’est le renversement du CEO par son assistante, dans une scène assez jubilatoire que j’ai bien aimée, comme toute cette sous-intrigue (et cela confirme mon commentaire dans l'avis précédent : elle aurait dû avoir un plus grand rôle, et il aurait dû se confier à elle plutôt que de parler seul, cela aurait eu un meilleur impact). J’ai lu aussi qu’on se demande tout au long du sérial qui est le vrai méchant… laissez-moi rire, on devine immédiatement qu’il s’agit de Morgus, dans une critique évidente mais plutôt bien d'un "capitalisme spatial".
Le tout est un déroulé très classique et l’action dans Doctor Who ce n’est franchement pas ce qui est le plus réussi. Le chef militaire par exemple, avait finalement trouvé Sharaz Jek et avait le dessus sur lui dans sa lutte, mais oh le masque de Jek tombe et “oh mon Dieu je suis destabilisé, je meurs”. Il a juste le visage calciné comme il l’avait décrit... Je m’attendais à un twist, du genre en fait il s’agit lui-même d’une expérience/d’un androïde du CEO Morgus… Je m’attendais à QUELQUE CHOSE qui justifie un peu leur animosité et leur backstory. Tout est tristement “réaliste” dans le fond et très ennuyant dans l’exécution. Le fait de rendre Jek finalement assez “gentil” sur la fin est une idée comme une autre mais est vite limitée. Sinon, les passeurs d’armes se font tuer par leur boss et ça ne m’a fait ni chaud ni froid. Idem, j’aurais aimé plus d’exploration de cette fameuse drogue qui permet de doubler l'espérance de vie, et pourquoi elle est toxique lorsqu’elle n’est pas raffinée, etc. C’était un bon concept un peu sous-exploité. Comme les androïdes. Comme la bête de Magma. Comme beaucoup de choses de l’épisode, toujours aussi décousu.
Il faut aussi m’expliquer pourquoi le Docteur et Jek deviennent si vite copains-copains et pourquoi, s’il était aussi facile pour Jek de se décider à aider Peri, il attend le dernier moment pour aider le Docteur à aller récupérer du lait d’une reine chauve-souris géante, un endroit à même pas 200 mètres de là où il est. Un endroit supposé dangereux car un monstre de Magma garde l’entrée... oh wait, quelle aubaine, il est mort en hors-champ dans une fusillade. Un endroit dangereux car il n’y a pas d’oxygène. Marrant, qu’on voie Davison suffoquer comme un phoque dans cet endroit plein de fumée. Réalisation 20/20. Le Doc revient vite chercher Peri (en ayant pris une seule dose de lait magique). Et plutôt que de lui administrer le remède immédiatement il choisit de la faire sortir d’abord (comment sachant que tout est censé être enseveli, je ne sais pas), et titube jusqu’à son TARDIS pendant que Roger de la production a projeté trois cailloux de terre pour simuler le désastre d’enlisement qu’on nous tease depuis le premier épisode. Oh chay vraimench trop dingue chet épichode !...
Bon, je fais un peu l'avocat du diable. Ce n’est pas si débile, et ce n'est pas ennuyant, loin de là. La représentation des conflits armés pour de la drogue résonne encore aujourd’hui pas mal avec l’actu, les cartels, etc. C’est donc plutôt sombre et mature comme scénario. J’aime toujours le côté “tout le monde est méchant, et le Docteur ne s’implique pas et veut juste se tirer”. Cela donne un effet dramatique à son épopée (la scène où il court vers la gauche dans la clairière en se faisant tirer dessus est bien foutue). On a plein de méchants de tous les côtés. Il y a de l’action et une échelle assez vaste pas mal foutue de la part de Graeme Harper (même si la téléportation finale du TARDIS est un des pires fondus que j’ai jamais vus, on peut complètement voir le niveau de la terre qui varie). Il existe de bien pires épisodes, mais je suis à nouveau négatif surtout par réaction aux ovations que reçoit l’épisode. C’est toujours assez bien dialogué et rythmé, mais toujours trop théâtral sans vrai sens. Le pot-pourri de genre théâtre/SF donne encore son originalité de ton à l’épisode, donc je ne vais pas m’en plaindre, même s’il est la cause de bon nombre de mauvais points (le survolage de plein d’intrigues, la non-constance du perso de Jek, etc.).
Même la régénération en elle-même du Docteur est un peu décevante. Loin du superbe Logopolis, elle n’éclaire en rien des éléments de l’épisode, du Docteur, de son run. C’est à peine si Peter Davison parle. Les flashs de ses compagnons n’ont pas la portée émotionnelle du montage de Baker, mais c’est appréciable que les acteurs aient toutes et tous enregistré de nouvelles voix (Tegan <3 tu me manques). Je suis un peu agacé qu’ils aient officialisé Kamelion en compagnon par ce montage. Et surtout qui a eu la FOUTUE IDEE de finir par ANTHONY AINLEY et son rire forcé qui souhaite la mort du Docteur ?! Je suis vener.
La bonne nouvelle ? Exit Five, et en vingt secondes, Colin Baker a déjà plus de présence que Davison n’en a eu de tout l’épisode. Il clash Peri et s’annonce peut-être un poil antipathique, mais ça fait du bien de changer d’air.
PERI: Doctor?
DOCTOR: You're expecting someone else?
(damn, en voilà une entrée)
Je ne sais pas vraiment comment noter l’épisode. Objectivement la tension n’a fait que grimper tout au long des parties, le ton parfois léger cède face au tragique et c'est plutôt réussi... D'un autre côté j’étais de plus en plus déçu de ne pas voir l’histoire tant attendue décoller. Je surnote par rapport à ma déception pour ne pas pénaliser trop l’histoire qui a tout de même ses mérites.
The Caves of Androzani est une histoire sympathique, au contexte politique intéressant quoiqu’assez futile finalement tant le Docteur n'interagit absolument jamais avec au sein de l’histoire. Une des forces du sérial consiste en ses dialogues plutôt bien écrits lorsque le réalisateur ne fait pas n’importe quoi dans sa direction d’acteurs. L’autre force du sérial est son ton : au départ sombre mais prise à la légère, la violence devient progressivement plus physique avec des séquences d’action dans les dernières parties qui ne sont pas trop mal réalisées, grâce à un montage efficace et beaucoup de rythme. Mais un épisode d’action méga-classique et dépassée, se place très loin du haut de ma liste des épisodes préférés, surtout quand il s’agit d’un épisode de régénération qui ne capitalise que tardivement sur les traits de caractère de son Docteur ou sur la thématique de sa saison.
Certes, “tout le monde meurt” (sauf Péri et tous les riches d’Androzani Major), mais cela ne sert aucun propos particulier, si ce n’est perpétuer la volonté de l’épisode de rendre hommage aux tragédies du théâtre. C’est probablement l’un des meilleurs trucs de cette histoire, avec les quelques scènes politiques.
Ce n’est pas comme ça que j’espérais conclure mon avis avant de me lancer dans l’épisode, mais je dois dire que c’est probablement l’épisode le plus surestimé de Doctor Who.
Note moyenne : 13.75/20, tout juste dans mon top 10 de ce Docteur, c'est dire !
Je me rematte la saison et je dois dire que le passage où le Maître et Thirteen échangent en haut de la tour Eiffel sur Gallifrey, couplée à la fin de l'épisode où Jodie perd enfin sa carapace et avoue à demi-mots à ses compagnons qu'elle ne leur partage rien pour se protéger, c'est et ça restera toujours le moment où l'ère de Jodie a commencé à exister et à trouver sa place selon moi.
La saison 11 très passive, optimiste, différente et sobre, donnait déjà à cette ère une identité pas déplaisante et réussie dans quelques épisodes, mais qui ne s'alignait que très faiblement sur ce qui précédait. Avec la re-destruction de Gallifrey, Chibnall ose enfin poser sa marque dans le lore de la série. Un move qui peut déplaire vis à vis du spécial 50 ans, mais la grande beauté de Doctor Who c'est sa caractéristique de renouvellement constant. C'est que n'importe qui peut venir pour désassembler ce qui a été fait pour mieux reconstruire. Ou reconstruire différemment, du moins. C'est d'ailleurs la grande thématique de cette saison, qui va enfin re-déconstruire le Docteur et la mythologie.
Tout n'est pas parfait : la non-fin du grand méchant Barton du pseudo-Google après son plan à la Black Mirror ratée est trop légère, Sacha Dhawan irrite beaucoup au début d'épisode (il est beaucoup plus intéressant lorsqu'il s'ouvre à Jodie ensuite), et Graham qui fait des claquettes lazers c'est extrêmement cringe, et un gros signe que ce personnage (peut-être plus que Ryan) était de trop cette saison.
Mais d'un autre côté, sans parler de l'apport mythologique, on a aussi une course temporelle franchement bien pensée et rarement vue, une approche sur les personnages historiques plutôt originale avec un côté "honorons ces femmes de l'ombre, qui doivent malgré tout rester dans l'ombre pour ne rien perturber" que j'aime beaucoup, des idées sur l'intrigue pas déconnante du tout et une Docteur beaucoup plus active dans cette histoire.
Spyfall (1 et 2) reste pour moi le début de l'éclaircie dans le Doctor Who, avec un bon mix de tout ce qui fait la série. Une éclaircie voire même le retour du vrai Doctor Who. Un présage qui se confirmera dans une poignée d'épisodes...
Après l’histoire universellement adorée, voici l’histoire universellement détestée. Et ma réaction sera à nouveau la même : oui, globalement, la réputation est méritée… mais dans des proportions plus mesurées.
The Twin Dilemma fait entrer la série dans une direction assez étrange et déstabilisante. Mais de mon point de vue, pour le moment, c’est bien foutu. C’est un Docteur qui bouleverse complètement le moule après un Five plus que basique, et c’est une très bonne chose. Six fait même des piques contre sa précédente incarnation. Tous les dialogues avec Péri dans le TARDIS sont plutôt très bien écrits.
DOCTOR: Well, Peri, what do you think?
PERI: It's terrible.
DOCTOR: Oh, never mind about the clothes, they're easily changed. What about me?
PERI: I meant you.
Le problème c’est que ça va parfois trop loin. Je ne suis pas fan des crises post-régénératoires, pour aucun Docteur (à part Four qui est relativement marrant et mesuré). Trop de moments sont assez gênants. Après, au moins, il y a de l’idée. La tristement célèbre scène de l’étranglement n’est franchement pas si terrible que cela car elle est “justifiée” par l’histoire puis dénoncée ; c’est plus la lamentation surjouée de Colin Baker ensuite qui me gêne. Il n’y est absolument pour rien bien sûr, Baker habite déjà bien le rôle et certaines de ses lignes sont pétées, je blâme donc le script, Saward et la direction d’acting.
PERI: I never saw anyone who loved himself so much with less reason.
Mais pour une crise post-régénération donc… c’est assumé, déjà. C’est osé et ça innove. Et ça me plait en partie. Oui, Six apparaît comme assez antipathique, mais on sent déjà par le regard de Peri que ce n’est pas approuvé par la série, du moins de mon point de vue, et qu’il y a une dimension décalée à tout ça. Je trouve en effet sa personnalité orgueilleuse assumée assez marrante. Son costume est aussi psychédélique et infect, par exemple, mais ça ne pose pas un problème immédiatement : Peri s’en moque bien et ce n’est donc pas déconnant. Pour un premier épisode de crise, ce n’est finalement pas si nouveau.
DOCTOR: Then stay behind. This is work for heroes, not for faint-hearted girls.
(là, c’est peut-être un exemple de trace antipathique un peu trop poussée)
Et ensuite, il y a la fameuse histoire du jour. On peut citer plusieurs défauts. Certains décors sont absolument immondes, et le costume des insectoïdes à la fin est risible au possible. Pourtant, d’autres décors passent bien (la salle de commande), et d’autres costumes aussi. Le pitch se laisse bien saisir, j’aime l’idée de jumeaux génies exploités par une autre espèce et kidnappés. Et la très bonne idée de la narration, c’est de faire atterrir le TARDIS un peu en avance sur l’histoire que nous venons de suivre, le vaisseau des prisonniers s’étant déjà crashé.
Le cliffhanger est un peu nul et les ennemis ont vraiment l’air horriblement kitsch, mais dans les faits le scénario du jour n’est pas trop mal.
C’est un épisode introductif intéressant qui reçoit beaucoup de haine par principe, je pense.
Je ne suis pas sûr qu’il annonce ni une bonne histoire, ni un bon Docteur. On a en effet des designs douteux pour l’histoire, et un pari sur l’originalité et l’antipathie trop risqué qui peuvent causer des dommages pour le personnage de Six si ses “crises” durent trop longtemps. Mais franchement, en se limitant à cet épisode seulement, ce n’est pas si terrible, loin de là.
