Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
DOCTOR: I said, for a primitive piece of technology it certainly delivers the decibels.
BILLY: That's what rock and roll's all about.
<3
Je suis assez bon client des “premières parties” dans les classiques en général, qui terminent souvent en haut de ma liste sur des sérials autrement mauvais (c’était le cas pour les deux premières histoires de cette saison). Peut-être l’excitation de découvrir un tout nouvel univers et de nouveaux personnages ! Toujours est-il que… j’ai adoré ce premier épisode.
Ça démarre par une bataille dans une clairière anglaise (of course !), mais c’est étonnamment loin d’être moche. Le duel est assez dynamique, lisible et plutôt bien filmé. Et on cut immédiatement sur le Doc et Mel dans une sorte de péage de l’espace avec une ambiance totalement décalée et un Willy Wonka pour les accueillir, joué par un comique britannique à l'époque très connu.
TOLLMASTER: Tonight is your lucky night. Because you are our ten billionth customer.
DOCTOR: You mean to say ten billion people have come here?
TOLLMASTER: Exactly.
DOCTOR: Congratulations.
Tout est très cocasse et surtout très alien. L’idée du Bus Magique “Nostalgie” qui voyage vers d’autres époques est ultra cool - c’est basiquement le très bon pitch de Voyage of the Damned dans la nouvelle série. J’aime beaucoup le détail des passagers qui passent à travers un portail “d’humanisation” : avec ça ou encore le déguisement du vaisseau en tant que bus terrien, le scénario intègre le manque de budgets dans la série avec de l’inventivité et de la logique.
La cocassitude continue avec quelques scènes avec le pire duo d’espions américains de l’histoire - l’un d’entre eux se baladant même avec une casquette “NY”, un détail qui m’a fumé quand on en prend conscience.
Et on continue de suivre aussi les “chasseurs de prime” qui traquaient la fille de la clairière. Fille qui se retrouve à bord du bus pour s’échapper. Bus qui se cogne contre le satellite que les deux espions surveillent. Et qui, au lieu de se retrouver à Disneyland (ouf), le bus ricoche dans ce centre de vacances gallois. Tout se rejoint assez bien et le montage est ultra dynamique. J’adore ce côté space opera qui donne un rythme de dingue à l’épisode, presque digne du modern Who.
La situation finit par se stabiliser au camp de vacances, avec une excuse plutôt bien trouvée et moderne pour l’époque : le TARDIS doit rester 24h pour fabriquer une pièce et permettre aux passagers de repartir (les épisodes classiques lambdas privilégient de faire capturer le Doc ou de bloquer le TARDIS dans un couloir avec un truc cheap). Même après, le rythme ne faiblit pas - ça fait vraiment plaisir de revenir sur Terre après 1500 épisodes ailleurs (je crois que le dernier en date remontait à The Two Doctors), et de découvrir une galerie de personnages toujours plus loufoques. Le conducteur incompétent me fait beaucoup rire, et tout le décalage terrestre est réussi : le mécanicien qui tente de réparer le bus alien, sa copine (malheureusement pas super bien jouée) qui arrive avec pile le bon outil, danse avec le Docteur…
Bref l’humour et l’atmosphère ont vraiment bien fonctionné sur moi.
MURRAY: Oh! I've broken it! Your crystal. No licence, no job, no future!
On termine par un petit bal rock’n’roll. C’est vraiment à l’image du sérial, assez décomplexé et ambiançant, avec un cliffhanger classique pour la partie “le Doc en danger de mort”, mais assez original dans la série classique pour une raison simple et à l’image du sérial : le cliff est multiple car toutes les intrigues ont un mini-cliff. Je me serais bien passé de Mel qui crie…
Mel est toujours super compliquée comme compagne. C’est littéralement la première compagne depuis Three que je trouve parfois dérangeante - et donc c’est une de celles que j’aime le moins. Le fait de ne jamais avoir eu d’origin story et sa non-alchimie avec Seven a tué le perso - tout son potentiel est mort avec l’éviction de Colin Baker. Tu sens qu’ils forcent ses traits de caractère :
MEL: Oh, I'd help anyone in trouble, if I could.
Elle reste gentille avec du pep’s, mais vraiment trop sous-écrite.
Bref, Mel est un problème plus vaste que l’épisode, qui l’emploie modérément bien. Cela reste donc une super intro néanmoins.
A ce stade de la série, les épisodes en trois parties sont peu courants et Delta and the Bannermen en bénéficie pas mal, même si c’est à double tranchant.
Un épisode en moins, c’est virtuellement la suppression du fameux “épisode 3” où jamais rien ne se passe… on a donc un rythme plutôt décent à nouveau. Quelques allers-retours malgré tout, certes, mais l’histoire reste assez dynamique, la musique est rigolote, et voir la cambrousse ça a son charme.
Malheureusement on sent aussi que côté lore et personnages, le serial est beaucoup plus expéditif que le reste de la série classique, dont l’une des principales qualités est absente ici. En effet, si le fait de ne pas savoir du tout pourquoi les Bannermen veulent éradiquer Delta et sa race possède un certain charme, dans le côté “course folle dans laquelle le Docteur et l’audience sont entraînés”, le lore reste trop maigre et les méchants trop clichés. Delta en elle-même n’a pas assez de scènes, et sa relation avec Billy est pétée. Il gère beaucoup trop bien toute la situation et je ne sais pas si c’est aussi fait dans le but d’être drôle, mais c’est un peu raté si c’est le cas. Globalement j’ai envie d’en savoir un peu plus et c’est un peu dommage : même s’il reste encore une partie, je doute qu’elle apporte les explications nécessaires...
Ca plombe pas mal cet épisode après une première partie si prometteuse.
Dans le genre intrigue expédiée, il y a quand même une scène assez cool car frappante où le bus qu’on a mis tant de temps à vouloir réparer, avec le gentil chauffeur et plein d’innocents, bus dans lequel Mel a failli monter... est pulvérisé en deux secondes par les Bannermen… on ne reprochera pas au sérial d’être prévisible, au moins.
Tout de même, c’est rare d’avoir un épisode classique quasi bâclé, d’habitude c’est plutôt l’inverse. Le seul auquel je peux penser est The Awakening. En espérant que la dernière partie développe un peu tout ce beau monde avant de les quitter si brutalement.
Tout de même, l'épisode n'est pas désagréable, et il y a encore de bonnes idées ici. Le Doc qui montre son TARDIS au chef du camp et à Ray (qui ferait effectivement une compagne décente), c’est assez sympa. Le bébé de Delta qui grandit super vite (à l’inverse du maquillage/costume, qui passe d’une marionnette convaincante, à un pyjama vert douteux, à de la peinture verte hideuse) est aussi un concept marrant. Et je suis toujours assez fan des persos secondaires décalées, des deux américains aux membres du staff en passant par l’apiculteur.
Enfin j’en profite pour faire un point team TARDIS : pour le moment, McCoy peine vraiment à convaincre. Il batifole plus qu’autre chose, pas aussi ridiculement que dans Time and the Rani, et on sent un brin de potentiel lorsqu’il fait face au leader des Bannermen : j’imagine plutôt bien ce Docteur face à un ennemi de taille, prenant un air très sérieux. Mais question charisme, on reste un peu à côté de la plaque, agissant plus comme un bouffon rusé qu’un vrai Docteur. Je n’aime pas trop son acting non plus, malheureusement…
Quant à Mel, c’est un peu toujours mi-cuit : autant la faire dormir pendant les explications de la reine, c’est quand même abusé, autant elle n’est pas conne en soi et ment assez intelligemment aux Bannermen vers la fin.
Bref, une seconde partie compliquée, car pour une personne qui a bien aimé la première partie, c'est une partie qui force à revoir ses attenets à la baisse, à bifurquer d'un space opera déjanté bruyant et un peu con, vers juste un truc bruyant un peu con.
Tu sens que tout le cast s’est éclaté durant cet épisode : ils s’amusent comme des petits fous à conduire les motos à travers la cambrousse galloise. C’est aussi un peu le cas de l’audience : à défaut de trouver l’histoire intéressante, je la trouve amusante.
Heureusement car Delta and the Bannermen, c’est encore ici un pur vide frénétique. Personne ne veut savoir pourquoi Delta se fait pourchasser, ce qui est assez ouf. Et ce n’est finalement pas le but : l’important c’est le voyage et les amis qu’on se fait au cours du chemin ! Vu que la partie 2 m'a fait comprendre que c'est ce à quoi je dois m'attendre, je suis ici moins surpris. Il s'avère que le script de base était jugé trop long et qu'une partie a été coupée pour faire tenir en trois parties. Les scènes coupées incluent les explications des motivations des Bannermen (leur planète polluée les a fait fuir pour envahir celui de la reine des Chimerons, ce qui apporte un petit message écolo sympa et rend assez ironique le passage sur les abeilles), tout comme l'intérêt de l'intrigue B avec les deux espions et leur satellite concurrençant Spoutnik, dont il ne reste que les résidus comiques.
En tout cas, la galerie de persos loufoques est toujours réussie. Le vieil apiculteur Goronwy a quelques bons gags concon (le livre qu'il lit coûte que coûte), et c'est amusant de savoir que c'est ce personnage que Steven Moffat avait en tête en faisant dire à Eleven dans The Name of the Doctor qu'il pourrait un jour "prendre sa retraite et élever des abeilles". Dans le headcanon de Steven, Goronwy est un Docteur, et même si Delta and the Bannermen n'y est pour rien, ce genre de petits détails ajoutent encore plus de charme à l'épisode. Idem, le duo américain est toujours drôle - même si on n'a jamais appris leur mission (ce qui fait partie du gag pour le coup), et que leur survie est inexplicable, les méchants Bannermen devenant de plus en plus molassons au fil des épisodes.
Enfin, j’avais critiqué la non-relation Billy/Delta, et même si cette dernière joue toujours mal (dire qu'elle avait été considérée pour jouer Romana...), je me suis laissé croire à leur idylle ultra wtf où Billy boit trois fioles vertes pour changer d’espèce et adopter un costume blanc. C’est franchement con mais ayant ajusté mes attentes par rapport à la première partie, ça passe agréablement bien.
Tout ce beau monde est donc assez attachant. D’ailleurs, ils ont de la place pour exister même dans cette partie très courte (moins de 17 minutes), car Mel est totalement reléguée au rôle de plante verte : elle a littéralement trois répliques dans l’épisode : une question obvious, une onomatopée, et un “Goodbye”. C’est à un niveau jamais vu d’abandon de la part des scénaristes. Le Docteur se retrouve carrément à parler tout seul au lieu de partager avec Mel ce que l’audience a besoin de comprendre (tout le passage sur le champ de force tueur que les méchants installent sur le TARDIS notamment - une bonne idée au demeurant)...
Et il est clair qu'elle a été sous-écrite au profit de Ray, la rockeuse mécano cool qui était destinée à être un prototype de nouvelle compagne. Avec le réarrangement des épisodes au moment de la production, et Bonnie Langford encore incertaine sur son départ exact, Ray n'aura pas eu le rôle que prendra Ace, mais on n'a aucun mal à voir en quoi elle aurait pu le devenir. Et tant mieux car cela fait une personnage secondaire mise en valeur.
Enfin, la solution finale est sympa dans le genre ridicule, toujours très Benny Hill, et elle fait appelle à un peu tout : la fille alien de Delta avec son cri ultrason, les hauts-parleurs du camp, la cire d’abeille pour se boucher les oreilles, le piège anti-accès TARDIS qui se retourne contre le méchant… ça fait un peu parodique de New Who avant l’heure, tout est gentiment con et bon enfant.
Au final, Delta and the Bannermen n'a pas accompli énormément, mais je ne peux m'empêcher de l'apprécier pour ce qu'il est. Le lore est donc resté au point mort, voire a carrément rétrogradé depuis le premier épisode, et presque rien n’a de sens. Je peux tout à fait comprendre qu’on trouve ça ultra nul. Mais il y a ce côté feel good qui fonctionne trop bien sur moi. La bande-son est super sympa, c’est ambiance rock et champêtre, l’épilogue est joyeux - bien qu'un poil court, et l’épisode verse constamment dans le WTF sans être malaisant ou trop cheap, ce qui est rare. Il est triste de se dire qu'il s'agit de la meilleure histoire de McCoy pour le moment, mais apprécions un instant cette histoire fun qui est à l'opposé le plus complet possible de la prise de tête.
Note moyenne : 12.67
Bordel je n’avais aucune idée que Sabalom Glitz allait revenir ! C’est pour ce genre de bonnes surprises que la série sait être imprévisible et est vraiment cool. Mon escroc préféré de la saison précédente n’a pas perdu de son piquant, et ça fait plaisir de le retrouver au milieu de cette “cantine Star Wars” (la ref est évidente) sur ce monde de glace.
BELAZS: A space freighter full of deep frozen fruit which turned out to be rotten.
GLITZ: Oh, a bit on the ripe side, maybe...
BELAZS: They were putrefying, Glitz.
GLITZ: A little past their prime, perhaps...
Le world-building de la planète “Ice World” n’est pas trop mal et le scénario globalement a du peps. Les méchants qui veulent attirer Glitz dans leur piège, la seconde du méchant qui a une certaine rivalité avec lui, et l’aspect “chasse au trésor sous la surface jusque dans le repère du dragon”... je ne suis pas subjugué, mais c’est modérément créatif. Question décors aussi, c’est toujours au maximum du fauché, mais ya de l’idée dans les “arbres chantants” qui sont un peu à l’instar des tours de Darilium de Moffat. Et le Doc nous dit carrément de nous taire et de suspendre un peu notre incrédulité :
DOCTOR: Singing Trees.
GLITZ: But these aren't trees.
DOCTOR: Use your imagination, Glitz.
Dans le même genre, je ne suis pas ultra fan du cliffhanger où Seven se met lui-même dans une position de merde suspendu à une falaise. L’ironie sur le terme “cliffhanger” mise à part, ça reste assez débile, McCoy surjoue encore ses expressions faciales, et j’ai toujours cru que cette scène (assez connue) était dans Paradise Towers. La scène gagne cela dit un peu plus d’intérêt si on considère grâce à The Name of the Doctor que c’est la Grande Intelligence qui a forcé le Doc à faire ça. Mais bon. C’est une cruelle erreur de montage (le Doc devant initialement suivre la carte) qui est devenu tristement culte. Et bien sûr, Mel fait un cri de souris devant un dragon en plastoc. Le cri de Mel est presque un running gag à ce stade, non ? Un pas marrant cela dit.
Reste enfin Ace. J’ai été assez surpris de la voir aussi prépondérante alors qu’on est en fin de saison, mais c’est une bonne idée pour assurer une bonne transition. J’ai aussi été un peu déstabilisé de voir qu’elle n’était pas terrienne, avant de comprendre qu’en fait elle l’est et est tombée dans un portail ? C’est un peu étrange et son background n’est pas l’introduction la plus claire. Mais elle a le mérite d’attirer l’attention. Elle est dynamique, assez cool, chimiste, caractérielle et maligne (sa ruse pour fuir le méchant n’est pas mauvaise et culottée). Elle est aussi parfois un peu emmerdeuse/gamine pour rien (les milkshakes) honnêtement ce qui la rend irritante… Mais aussi un peu activiste rebelle dans le fond, ce qui lui fait gagner des points. Cette réplique m’a fait beaucoup rire :
ACE: I got suspended after I blew up the art room.
MEL: You blew up the art room?
ACE: It was only a small explosion. They couldn't understand how blowing up the art room was a creative act.
Et elle est surtout déjà plus caractérisée que Mel, ce qui est tragique (Bonnie Langford a demandé à partir car elle trouvait son personnage trop superficiel, et qui peut la blâmer ?).
Sophie Aldred est sympathique, mais elle surjoue un peu parfois, ce qui est une constante dans cette ère. Je pense qu’il s’agit plus d’une direction globale des acteurs et actrices que d’un problème de chaque acteur. J’espère que dans la “meilleure” époque de l’ère de Seven, ce dernier et Ace seront mieux dirigés.
Une introduction classique mais plus que décente avec pas mal d’éléments mémorables. Je me méfie tout de même avec cette saison qui, par trois fois, a eu des sérials qui démarraient bien avant de chuter plus ou moins drastiquement.
