Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
Une partie intermédiaire qui démarre comme du filler à l’extrême et qui m’a fait très peur. Le cliffhanger naze reçoit une résolution naze en hors-champ où Glitz et le Docteur se téléportent juste en bas du précipice (j’ai beau prendre la scène par tous les côtés ça n’a aucun foutu sens). Et le gros problème c’est McCoy… j’essaye de me convaincre que c’est la direction d’acteur le problème, j’essaye vraiment.
Car il commence vraiment à m’insupporter, à trébucher H24, à faire des mimiques exagérées, à être juste ridicule. J’ai vu quasiment un tiers de son run et c’est presque constamment gênant, faut que ça change là. Il y a un passage très marrant où Seven doit faire diversion et occuper un garde, où il commence à lancer un dialogue philosophique avec lui. Mais à la surprise de tous, le garde qui s’ennuyait intellectuellement dans sa vie, lui répond et surenchérit ! Ce à quoi Seven… ne sait pas quoi répondre. L’idée est super, et l’épisode est rempli de quelques moments très bien écrits comme celui-ci… mais bordel, comment Cartmel ou JNT ou n’importe qui a pu laisser passer le fait que le Docteur a l’air d’un débile qui n’a pas compris une "simple" phrase de philo ?!
Je sais, je m’emporte un peu juste pour une simple réplique, un gag, sûrement le Docteur qui ne s’attendait pas à ce qu’on lui tienne la jambe, et ça m’a bien fait rire. Mais c’est un amas de tout dans la galaxie Seven qui contribue à ne pas le rendre “Doctory” pour moi. Le casting de McCoy est un mystère à mes yeux - il a passé une audition aux côtés de Janet Fielding (Tegan <3) qui revenait pour l’occasion, et je pense que l’actrice, ultra imposante, devait avoir la fièvre ce jour-là, pour que personne ne se rende compte que McCoy se serait écrasé devant une Tegan. Ou alors ils ont vu justement quelque chose, d’où la dynamique avec Ace, qui a l’air d’avoir un sacré caractère, qui me rend très curieux pour les deux ultimes saisons.
En fait, je ne comprends pas ce qu’ils essaient de raconter avec le personnage, je pense. Dans la partie précédente, Seven disait à Glitz :
DOCTOR: I've regenerated. The difference is purely perceptual.
Et je ne capte pas, c’est comme s’ils essayaient de dire que rien n’a changé malgré la régen’ abominable et express, le changement d’acteur total qui n’a rien à voir, et la différence de tons des deux personnages. Plutôt que de faire de cette différence une force, comme Colin Baker l’avait fait après Davison, et Davison après Tom Baker, la saison 24 est dans un non-dit alarmant depuis Time and the Rani qui osait faire 2 répliques dessus.
Bon, pour revenir au début un peu chiant de Dragonfire partie 2. Ace et Mel gambadent dans des décors comme en 1960, avec des course-poursuites inintéressantes où Mel trébuche et se cogne. Ace n’a pourtant pas besoin de ça pour être mise en valeur, tant elle est plus intéressante par défaut. Ils essaient pourtant de vraiment forcer l’aspect “bigger than life” du personnage, en lui donnant des onomatopées exagérées - sans doute encore une JNTerie.
Et puis, tout bascule avec ce monologue de Ace qui raconte son impression de ne jamais avoir appartenu à la Terre, d’avoir toujours eu envie de s’échapper vers les étoiles. Ennuyée par son train train de serveuse, imaginative et rêveuse, elle réalise son rêve et arrive sur une planète alien (de façon un peu brumeuse - Moffat ferait sûrement toute une saison autour, ici ça restera sans doute à l’état de mystère pour le charme du personnage). Et se retrouve… au même point, ennuyée, déçue, avec même plus d’étoiles pour la faire rêver à quelque chose de meilleur.
ACE: I worked as a waitress in a fast food cafe. Day in, day out, same boring routine. Some boring life. It was all wrong. It didn't feel like me that was doing it at all. I felt like I'd fallen from another planet and landed in this strange girl's body, but it wasn't me at all. I was meant to be somewhere else. Each night I'd walk home and I'd look up at the stars through the gaps in the clouds, and I tried to imagine where I really came from. I dreamed that one day everything would come right. I'd be carried off back home, back to my real mum and dad. Then it actually happened and I ended up here. Ended up working as a waitress again, only this time I couldn't dream about going nowhere else. There wasn't nowhere else to go.
Cette vision à nouveau très moderne d’une compagne te fait comprendre tout de suite pourquoi elle avait autant envie de bousculer son train-train avec le Docteur, pourquoi elle va sûrement le rejoindre des étoiles plein les yeux, et pourquoi elle va adorer son temps dans le TARDIS. C’est assez super, probablement la meilleure introduction d’une compagne classique que j’ai vue pour le moment. Ace est toujours sinon autant perchée mais plus attachante. J’aime aussi le détail con qu’elle appelle le Docteur “Professor”, qui t’indique déjà qu’elle a un côté un peu différent.
Et le reste n’est pas si mal. L’intrigue B avec la méchante seconde qui se rebelle contre le grand méchant, se rendant compte qu’elle a été endoctrinée dès 16 ans contre son gré, est assez originale pour des antagonistes. Sa mort est assez prévisible, mais le méchant a du style. Le lore de la planète (dont le modèle est assez bien foutu) est cool : un dark side de la lune qui est toujours assombri donc froid, pour que cet ennemi exilé survive seul. Et le contraste entre le froid de l’ennemi et le feu du dragon est sympa, ce dernier étant d’ailleurs pas trop mal visuellement, un peu à la Metroid. Enfin, le mini-twist “dragon = trésor” n’est pas mal. Et puis il y a de bonnes répliques :
BELAZS: What are you doing here?
DOCTOR: That's a very difficult question. Why is everyone round here so preoccupied with metaphysics?
GLITZ: I think she's going to kill us, Doctor.
DOCTOR: Ah. An existentialist.
Ouf, ce n’est pas passé loin, mais ça reste prometteur pour l’ultime partie, surtout grâce à Ace et sa superbe intro.
ACE: I don't feel properly dressed without a couple of cans of Nitro.
<3
Le début de l’épisode est à nouveau constitué de backtracking pas ouf. La créature monte en haut de la planète alors qu’elle n’est pas censée y aller, Kane veut tuer tout le monde “just because”, et la petite fille qui s’est égarée se TP un peu partout, même si on comprend que la créature s’est liée avec elle en hors-champ.
Il y a tout de même plusieurs belles idées. Le twist que toute la colonie est en fait un vaisseau, avec la salle de contrôle qui ressemble à une colonne de TARDIS, c’est assez sympa. Et la mort de Kane le méchant est ultra visuelle et gore. Enfin, j’aime beaucoup le fait que le simple passage du temps a permis de résoudre toute la situation et a coupé court à toute son idée de revanche, puisque l'extinction d'un soleil a éliminé le peuple de Kane.
Le départ de Mel est correct, vu les circonstances. Qu’elle aille avec Sabalom Glitz (qui me fait toujours marrer) n’est pas la pire idée du monde vu qu’ils se sont déjà rencontrés. Ce qui est cool, c’est qu’ils utilisent le petit twist sur le passage inattendu du temps dans la fin du méchant, pour ramener ça au départ de Mel thématiquement, et parler de la temporalité étrange de Mel dans la série. C’est mieux que ne pas l’adresser.
DOCTOR: That's right, yes, you're going. Been gone for ages. Already gone, still here, just arrived, haven't even met you yet. It all depends on who you are and how you look at it. Strange business, time.
MEL: Goodbye, Doctor.
Même si, bon, le fait que Mel ait l’air d’avoir envie de faire un petit speech et que le Doc lui dit carrément “pas le temps”, c’est un peu l’aveu du non-intérêt de son perso. Et puis sa décision de partir vient aussi de n’importe où. Après, c’est vrai que McCoy et Langford jouent plutôt bien leur scène, même avec le peu d’alchimie qu’ils ont.
C’est surtout l’entrée d’Ace dans le TARDIS qui est plus sympa, ainsi que l’idée que Mel assure la transition de la prochaine compagne qui est super original. Ace bien sûr, déborde de peps et donne envie de revenir pour elle. Et conclure par l’image d’une petite fille émerveillée par le TARDIS c’est effectivement un beau plan final pour continuer l’histoire d’Ace émerveillée.
Un sérial important vu la présence de Glitz, Mel et Ace, et aussi très décent, avec pas mal de pointes d’humour mesurées, et qui est le seul de la saison qui ne s’effondre pas plus il avance, avec quelques idées créatives et trois parties qui sont salvatrices vu le contenu globalement juste suffisant.
Note moyenne : 13/20
1963 ? Coal Hill School ? Totter’s Lane ? “Brigadier” ? Les Zygons, le Yéti ?? Les Daleks “envahiront la Terre au 22ème siècle” ?? OMEGA ???
Wowowow on se calme ! C’est l’avalanche de continuité après une saison 24 particulièrement avare en la matière. Je suis : heureux.
C’est un retour en force avec tout qui change. Le principal changement c’est : le ton. Exit le Docteur qui trébuche au milieu de décors en plastique sur la planète Zebutronyx, on retrouve la Terre, la vraie, avec des militaires et une mystérieuse arme qui fait des siennes. Bon, le titre spoile malheureusement le premier twist, mais il fallait bien relancer l’intérêt des spectateurs dans la série, donner envie de célébrer les 25 ans. Et je mentirais si je disais que ça ne m’avait pas aussi boosté mon envie d’entamer la saison 25.
Le ton est beaucoup plus grave, le contraste est tellement marqué que je me demande si les producteurs ne voulaient pas s’assurer de re-captiver son audience. On a même ce trope de la petite fille creepy sur une petite mélodie angoissante <3 En tout cas, cette ambiance sied bien plus à McCoy. Le passage où il s’agace face à la stupidité d’un soldat n’est pas seulement assez new Who dans l’idée, il est aussi accompagné d’un joli :
CAPTAIN: Fire!
DOCTOR: … Humans.
OUI. Enfin. C’est bien le Docteur qu'on retrouve.
La présence de l’armée, des Daleks, de lore Omega-ien - après avoir multiplié les “... of Rassilon”, la série s’essaye aux … of Omega ! Pour l’anecdote, de base ça devait être Rassilon, encore ! Mais aussi la réalisation grise et professionnelle, avec des plans à différents points de vue : voilà plein d’éléments qui font vraiment plaisir. Les personnages sont plutôt cools, même le chef militaire ou la scientifique fascinée par le Dalek. Et l’épisode n’est pas non plus chiant ou dénué d’humour : la dynamique au début est assez marrante avec l’ambiance sixties, les pièces anachroniques du Docteur (un running-gag qui m’éclate toujours) et le militaire sous-couverture.
DOCTOR: Ace, give me some of that Nitro Nine that you're not carrying. Quickly!
L’humour vient en fait de tout ce qui est lié à Ace, qui est la partie plus légère et illumine aussi l’épisode à sa manière. J’aime bien la scène où elle conduit, se fait rouspéter par le Docteur, lui dit qu’il n’a qu’à prendre le volant, et on le voit dans le plan suivant conduire lui-même tandis que la conversation n’a pas été interrompue. Ace qui globalement est franchement top : elle fait des remarques intéressantes et passent certains “tests” du Docteur (les traces de vaisseau alien), voire parfois lui sauve la mise en apportant un autre point de vue (elle comprend qu’un Dalek est présent à la fin), et elle fonce droit vers le danger toute batte de baseball dehors, le Docteur se cachant limite derrière elle.
Et aussi, le décalage avec cet enfant des 80’s, veste en cuir tunée aux pin’s et grosse radio sur l’épaule, avec le contexte post-industriel vieillot des années 60, est ultra intéressant car on dirait que la série regarde sa propre photo d’enfance. Comme si 25 ans après, le “nouveau” Doctor Who reflétait sur ses origines. Certains détails comme Ace qui prend le livre “The French Revolution” dans ses mains, comme Susan l’avait fait 25 ans plus tôt, est ultra sympa et assez subtil - Sophie Aldred (<3) a même carrément bossé sa posture pour imiter Carol Ann Ford. On en a fait du chemin, depuis le temps de Five où récupérer des images d’archive était un enfer et où personne n’était capable de remarquer l’absence de Leela sur une rétrospective compagne...
On dirait en fait que tous les engrenages de la série reprennent leur place. Le Docteur n’est plus un bouffon vide calmé par sa compagne agaçante et mystérieuse : il reprend une place de mentor qui capte les choses plus vite que tout le monde, teste son apprentie, lui cache des choses ainsi qu’à l’audience. Cartmel voulait spécifiquement un Docteur plus en charge pour cette reprise, c’est une bouffée d’air frais.
Et autre chose : c’est bien écrit ! Et ça change tout !
DOCTOR: You can always judge a man by the quality of his enemies.
Les dialogues sont bons, et de toute façon dès la scène d’ouverture pré-générique, tu sens que le niveau est monté d’un cran (un peu comme l’ouverture de la saison 23). Je n’ai pas encore compris le sens de l’intro d’ailleurs, avec la reprise des phrases cultes de MLK et de Kennedy, mais tu sens très bien que le scénariste sait où il va (en 1963, ce qui ne doit pas être anodin pour Kennedy, dont la mort est très liée au début de la série). On sent déjà que l’histoire développera un propos derrière, sans doute un peu politique même sur les 60's ?
DOCTOR: Your species has the most amazing capacity for self-deception, matched by only its ingenuity when trying to destroy itself .
Et au-delà des thèmes principaux larges, certains concepts de SF complètement anodins et mineurs restent créatifs. Par exemple : le concept du téléporteur Dalek, que le Docteur trifouille et “matérialise une moitié du Dalek dans l’autre” pour le faire s’auto-détruire, quelque chose du genre. En fait, le techno-blabla malin m’avait pas mal manqué, quand il n'est pas en overdose. Les Daleks qui d’ailleurs, ne sont pas encore ultra présents, mais on nous tease le retour de Davros et un lien avec Omega et les origines de la série, que demander de plus à une partie 1 ?
Je sais que c’est un épisode très apprécié voire culte, qui a aidé à laisser les Daleks quitter la série classique sur une très forte impression, et dont plusieurs épisodes de la nouvelle série s’inspireront. Cartmel ayant en effet engagé un scénariste de sang neuf pour cette histoire, ça fuse d’idées assez modernes. C’est toujours le bénéfice d’être si proche de la fin : on sent l’inspiration de l’ère moderne de RTD pointer le bout de son nez : le cliffhanger du Dalek qui lévite l’escalier, une volonté spécifique de la part du scénariste pour briser ce mythe. Le côté “UNIT vs Dalek” aussi, car même si ce n’est pas vraiment UNIT, chaque personnage militaire de l’épisode semble être un rappel d’un visage familier : le Brigadier, Benton, ou les deux femmes scientifiques pour Liz et Jo. Le Docteur qui fait des réflexions sur les événements de la série oubliés par le temps et par les humains, c’est aussi un dialogue très moderne dans l’esprit, que Moffat reprendra beaucoup. Ou encore ce que Gizmo a très joliment vu sur le Caretaker de l’école, que Twelve incarnera finalement.
En tout cas, sa première partie est une grande réussite et est parvenue à me réconcilier en moins de deux avec Seven.
Comment Ace donne tout, c’est génial ! Les scènes d’action sont vachement bien filmées et dynamiques (la traversée de fenêtre !). Le cliff est super. C’est probablement la première fois que ça arrive dans Doctor Who, cet effet “wow”, même si l’ère Davison avait des épisodes particulièrement beaux aussi. Les rares VFX sont vraiment bien : le téléporteur Dalek par exemple. Les explosions sont crédibles (pour l’anecdote, une d’entre elles a même déclenché des alarmes de voitures pas loin durant le tournage, et une autre a alerté la police). Et les plans sont toujours sympas, par exemple le moment où un Dalek tire dans la caméra, un effet réalisé avec une caméra thermique. Le budget a été explosé par le réal’ qui voulait faire mieux que l’affreux Time and the Rani, et malgré son bon travail, pour cette raison il ne fut jamais rappelé...
Mais c’est trop bien que ça arrive avec une nouvelle compagne et face aux Daleks, qui les bazookent à fond - une suggestion bien vue de McCoy, qui était originellement celui qui affrontait les Daleks de front. Cartmel fait du super taff pour rendre cette compagne différente des autres, plus active, et Sophie Aldred a l’air de s’être éclatée à faire ces acrobaties et à défoncer des Daleks.
DOCTOR: What's the matter with him?
ACE: Stomach ace.
DOCTOR: School dinners.
Tout est punchy et les dialogues ont quelque chose de très moderne, un peu à la Amy/Eleven. C’est écrit avec panache en fait. Humour et réflexions flowent admirablement bien ensemble. Même la musique est super, c’est rare que je fredonne devant un classique...
Et c’est le bal des références. On parle plusieurs fois du premier Docteur, citant sa voix ou ses cheveux gris. On explore aussi le lore Dalek, avec des références à Planet of the Daleks, les vieux modèles des 60’s réutilisés pour les Daleks renégats noirs - une super idée car cela a du sens aussi scénaristiquement, ces derniers représentant des anciens modèles. Et surtout, on référence la guerre civile entre les Daleks impériaux et les Daleks fidèles de Davros. Guerre qui s'instituait dans le sublime Resurrection of the Daleks et qui était toujours d’actualité dans le moins sublime Revelation of the Daleks. C’est très bien fait car assez inattendu vu que nous sommes sur Terre, et les parallèles à la véritable guerre mondiale récente dans les mémoires à l’époque sont assez bien vus.
COMPUTER: There will be casualties. Many deaths.
RATCLIFFE: War is hell.
Et puis en termes de ton c’est toujours super, très nuancé et soigné. Un instant on a de l’absurde assez marrant - le garde du cercueil mystérieux du Docteur qui s’évanouit en le voyant léviter, ou le dialogue au-dessus, assez marrant en contexte. Un autre instant Seven parle avec un serveur, fils d’agriculteur de canne à sucre, et le serial évoque ouvertement le passé colonial esclavagiste du Royaume-Uni, avec une réflexion assez profonde sur les conséquences des actes et l’importance des choix. Damn !
C’est une petite section philosophique si random en apparence, mais bien écrite. Et sûrement en lien thématique avec Omega et le Docteur qui doit prendre une décision vis-à-vis des Daleks. Tu sens donc toujours globalement que le Docteur sait totalement où il va. Ça fuze de partout, il a 1000 coups d’avance sur l’audience et sur tout le monde. Ce qui fait qu’on n’a aucun mal à croire que toute l’armée le suit même si personne ne l’explique jamais. C’est du show don’t tell très bien appliqué. Seven est toujours super ici d’ailleurs, imposant et alien comme il se doit.
GILMORE: Doctor, since you hold my career in your hands, I trust you can justify my faith.
DOCTOR: With respect, Group Captain, your career's magnificently irrelevant.
Le passage avec le serveur n’est pas le seul moment “politique” de l’épisode. On suit en effet une partie du quotidien des années 60, avec son sexisme, ses traditions de femmes au foyer. Faire l’histoire sur plusieurs jours est toujours un truc mineur que j’aime bien dans les épisodes. Ça ajoute du réalisme aux aventures. Et c’est encore plus prononcé dans pas mal de scènes coupées (dans le script, le militaire qui aime bien Ace demande à la scientifique si elle est aussi alienne comme le Docteur, et est rassuré de savoir qu’elle n’est pas “étrangère”).
DOCTOR: Frightening, isn't it, to find there are others better versed in death than human beings.
On a aussi ce passage brillant qui élève tout l’épisode et en fait un des meilleurs ever. Celui où Ace découvre un panneau “Interdit aux personnes de couleur”... La série a rarement exploré le “passé proche”, en fait avant Delta and the Bannermen, le plus proche qu’elle soit allée était dans les années 20 dans Black Orchid, je crois. Et pour bien enfoncer le clou, juste après, on a cette scène où Ace lance la BBC avec l’annonceur qui lance le début d’une nouvelle série....
ANNOUNCER: This is BBC television. The time is a quarter past five and Saturday viewing continues with an adventure in the new science fiction series, Doc...
Au début je croyais que c’était un peu silly et gratuit. Mais c’est tellement cool et meta que j’adore. Le scénariste ne l’a écrit que comme une blague, mais en y réfléchissant, ce n’est pas anodin que cette rupture du quatrième mur intervienne pile dans la section “vie quotidienne” de l’époque, au moment où Ace découvre le panneau raciste et veut sortir pour prendre “un bol d’air frais”, et part explorer et affronter de front les Daleks, là où les compagnes d’antan seraient restées bien sagement à la maison.
Pour les 25 ans, la team actuelle décide à la fois de multiplier les références et revient aux sources de la série et de son premier épisode… mais constate aussi à quel point elle a fait du chemin depuis ses débuts. Il est donc ultra pertinent que les Daleks, historiquement associés aux Nazis, apparaissent ici dans les années 60 et soient cette fois comparés à des milices fascistes britanniques de l’époque.
C’est assez dingue de se dire que le même show que celui de Remembrance of the Daleks était diffusé à l’époque où le racisme et le sexisme étaient si intégrés dans les foyers britanniques. 25 ans pour une série télé, c’est beaucoup et très bien, mais 25 ans en vrai, c’est à peine suffisant pour que les mœurs évoluent tant que ça. Et c’est ce que ce petit poste télé méta veut aussi rappeler. J’adore encore plus cette scène, et je trouve ça ultra fort que la série célèbre ses 25 ans avec tous ces aspects en tête.
