Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
Dès le début avec cette régénération forcée mal exécutée, tu sens la galère...
Colin Baker a exigé une saison entière avant son renvoi (et il était dans son droit selon moi), et JNT se retrouvait le cul entre deux chaises, un peu forcé de faire une autre saison sans vouloir voir Colin partir… Cela aurait eu de la gueule d’entamer une saison par un épisode où le Docteur est forcé de régénérer à cause de la Rani en plein milieu (ou même à la fin), comme initialement prévu. Au lieu de ça, McCoy enfile une perruque (au demeurant crédible, même si je ne suis pas bon physionomiste) et le tour est joué… sans qu’on n’y comprenne rien…
L’irrespect de la sortie de Colin Baker est une chose... Mais alors que la série a très souvent su rebondir des drames en coulisses de manière intelligente, elle trouve ici la pire excuse pour imposer une régénération sans pouvoir filmer ou faire parler le Docteur sortant. Il se cogne la tête dans le TARDIS (ou truc du genre, événement grave en hors-champ ?), su-per. Les scénaristes auraient pu prendre n’importe quel concept, ça aurait été mieux que cette non-idée.
C’est dur, le changement… Rien qu’avec le nouveau générique, qui passe après un générique emblématique, et qui est de loin le pire générique de la série.
Après au moins, on ne retirera pas à cette intro son caractère très dynamique et inattendu. Rien que le retour de la Rani sortie de nulle part, est assez plaisant. C’est de loin la meilleure partie de ce sérial, et ce pourquoi il garde une note décente. Elle permet de nous plonger immédiatement dans le coeur du scénario, ce qui n’est pas plus mal pour tenter d’oublier la transition de Docteur. Le concept de récupérer des génies à travers l’espace-temps pour une expérience, sous-entendu ici avec Einstein et le Docteur, tout en sacrifiant un peuple primitif au passage, est également un bon pitch, digne de son statut de scientifique à la moralité douteuse. Enfin, Kate O’Mara est assez sublime, sorte de Michelle Gomez avant l’heure. Elle est de loin la meilleure actrice de l’épisode.
Car Sylvester McCoy… ce n’est pas tout à fait ça. Sa première scène est abyssale. Une musique pouet pouet comique, un Docteur qui trébuche deux fois sur des marches de 3cm de haut, des gestes ultra exagérés et des mimiques théâtrales : à part tacler Six, je ne vois pas vraiment de trait qui définit correctement ce Docteur. Des blagues sur sa taille, une ref à Napoléon et aux costumes de tous les autres Docteurs, oui mais c’est tout ? Il est parfois amusant (cf. réplique qui suit), mais rien de plus.
RANI: But you're a genius.
DOCTOR: Oh yes, I definitely remember that.
En fait, tout marche plus ou moins - de façon attendue - par opposition à la précédente ère tant décriée. Le style vestimentaire n’est que la pointe de l’iceberg. Pourtant, les scénaristes semblent vouloir juste continuer à faire exactement la même chose, en changeant juste le bonhomme. Pourquoi sinon auraient-ils choisi de faire figurer une histoire globalement dans le même style et ton que l’ère précédente, avec le retour d’un personnage marquant issu de celle-ci ? On sent ainsi que tout était destiné à Colin Baker. Dommage que ce soient surtout les pires parties (cheaps, en gros) de l’ère précédente qui semblent avoir été gardées.
Remarque, avec une entrée en scène aussi minable, le reste de l’ère Seven ne pourra que faire mieux.
DOCTOR: That was a nice nap. Now, down to business.
Sinon, en plus de ça : les aliens sont moches, leur costume en leggings jaune et vert c’est abominable, les effets visuels et accessoires sont parfois marrants (le piège mortel de la boule à neige), parfois risible (le filet de pêche…)... Et on passe une moitié d’épisode à voir Mel et un autre autochtone courir dans une carrière, pour changer. Dommage car à la base, l’équipe avait choisi un décor plus forestier, et c’est quand même beaucoup plus cohérent avec le peuple des Lakertyens…
Le cliffhanger est aussi classique et affreux que le reste, alors que les scénaristes avaient un meilleur cliffhanger offert sur un PLATEAU : juste avant ce fameux cliff où Mel tombe dans le piège boule de hamster, le Doc est prêt à “éliminer” Mel puisqu’il ne sait pas que c’est elle. Typiquement, je pense que même si cela a été envisagé, ils n’auraient jamais laissé le spectateur avec une telle image en tête, quand The Twin Dilemma a traumatisé tout le monde pour des éléments similaires.
Et c’est dommage car on tient là la meilleure idée de l’épisode - et une fois de plus, liée à la Rani : qu’elle se fasse passer pour Mel. Profitant du choc post-régénératoire et un contexte ultra soudain et incertain pour les personnages (ce qui mimique le public qui a perdu également ses repères), la Rani décide de se faire passer pour Mel avec un look de doublure assez marrant et raisonnablement convaincant - beau travail de l'actrice sur la voix. On nous justifie en plus pas mal la bullshit habituel des crises post-régénération (un passage obligé dans la série dont je ne raffole pas du tout) vu que la Rani drogue le Docteur. Tout cela donne somme toutes des scènes et répliques amusantes, et Kate O’Mara joue à la perfection le double-rôle.
Comme je l’ai déjà évoqué cette idée se marie très bien avec l’état actuel du spectateur, confus et déboussolé, et se permet même d’ajouter quelques répliques méta marrantes, comme le fait qu’on n’aura du coup jamais l’origin story de Mel :
DOCTOR: Why I chose you as an assistant, I'll never know.
Ou encore, la personnalité étrange de ce Docteur :
DOCTOR: The more I know me, the less I like me.
Malgré tous les défauts gargantuesques de l’épisode, avec un bon Docteur et une bonne intro, tout aurait pu basculer. Mais comme presque tout est très faible, j’ai très peur pour la suite du sérial - une fois que le subterfuge Rani/Mel sera inévitablement dévoilé, il ne restera plus que Kate O’Mara elle-même pour sauver toutes les parties, et pas sûr que cela soit suffisant.
DOCTOR: Oh, don't underestimate the Rani. She's a brilliant but sterile mind. There's not one spark of decency in her.
RANI: I'm overwhelmed.
Kate O’Mara <3
Elle est bien peu présente dans l’épisode et c’est ça le problème. Cette partie est plus ennuyante que la première, mais elle n’a pas vraiment de côté “problématique” dirons-nous, contrairement à la première partie qui avait cette régénération assez cringe.
Mais c’est pas très bon, évidemment.
Le Docteur est toujours plutôt plat, et n’a pas le charisme de One, Four ou Six à ses débuts. Mel est toujours gentillette mais la trope de la mettre en danger ce qui la force à hurler en restant stoïque est vraiment ridicule. D'autant que contrairement à Peri, ça ne colle pas au personnage. J’ai très peur qu’elle n’arrive jamais à nous marquer, déjà qu’elle n’a pas vraiment eu l’occasion d’exister par elle-même dans ses deux histoires avec Six… Dans cet épisode, elle nous rappelle qu’elle est informaticienne mais ça ne se ressent pas/ce n’est pas mis à profit.
A part ça, ce n’est pas si mal écrit. Le deuil rapide d’un personnage secondaire pour sa fille n’est pas mauvais. L’idée d’exploiter le Docteur à son insu en lui faisant croire qu’il travaille dans son propre laboratoire, n’est vraiment pas idiote.
Il y a cependant beaucoup de remplissage. Il est évident que ça aurait dû faire trois parties grand max. Le scénario est lent et traîne des pieds - on percute avant le Docteur le lien entre le crash du TARDIS, le laboratoire de la Rani et les génies recrutés. On ne connaît toujours pas son plan, mais quand le seul élément de suspens de tout ton récit se tient derrière une porte fermée, c’est vraiment mal parti pour arriver à créer un dynamisme.
Ce qui plombe vraiment l’épisode selon moi c’est la réal. C’est tout bonnement hideux, et surtout très mal chorégraphié : tous les mouvements un peu actifs sont grotesques, le “”””””combat”””””” Doc/Rani, les escapades de Mel dans la carrière face au monstre en peluche… Suspension d’incrédulité zéro.
Rien d’offensant mais très faible.
Jour 3. Ca devient ultra compliqué de trouver des qualités.
On a bien encore une ou deux idées : un centre de loisirs où un peuple attend patiemment la mort, un hologramme de Mel pour tromper le Docteur, ou encore Mel qui fait enfin quelque chose “d’informatique”. Tout cela est cruellement sous-exploité.
C’est toujours aussi moche (les lumières vertes en guise “d’insecte” ? même des vraies mouches auraient mieux fait l’affaire…). Le fait que les créatures poilues n’aient aucune backstory rend tous les enjeux avec eux aussi agaçants que les cris de Mel.
Et je retire ce que j’ai dit sur le fait que l’histoire tenait en trois parties : elle tenait en deux. Tout n’est que de la temporisation pour éviter que le Doc n’aille dans le labo trop vite et résolve toute l’affaire.
J’ai juste souri à ça :
IKONA: You must be the Doctor. I've met your companion, Mel.
DOCTOR: Don't hold that against me.
Enfin; on ne sait toujours pas les motivations finales de la Rani, à part que cela a un rapport avec le temps lui-même. C’est bien la dernière grâce possible du sérial, surtout si ça permet à Kate O’Mara de s’imposer.
DOCTOR: This monstrosity will give you the ability to change the order of creation.
RANI: Creation's chaotic. I shall introduce order.
Le plan ambitieux de manipuler toute la création colle au personnage de la Rani et augmente l’intensité des enjeux très vite, ce qui n’est pas une mauvaise idée. La Rani a encore une réplique cool :
DOCTOR: Keeping quiet, isn't it?
RANI: Perhaps, unlike you, it only speaks when it has something intelligent to say.
C’est très typique du fait que la Rani est toujours ultra calculatoire, froide, bref, classe ! et ne fait des choses maléfiques que quand nécessaire pour elle.
J’aime aussi l’idée du Docteur qui force la Rani à le retirer du cerveau commun des génies en faisant des blagues irrationnelles ce qui court-circuite le cerveau. Ca colle bien au personnage de Seven en plus à ce stade :
WOMAN [OC]: It is stated in the special theory and has been demonstrated that an increase in velocity will increase matter.
DOCTOR [OC]: Exactly. The faster a fat man runs, the fatter he will get.
RANI: I'll kill him !
Dommage que cette idée ne soit pas mise en scène plus visuellement (avec des pseudos visages qui flottent ou des plans sur les génies dans leurs capsules, que sais-je). Là c'est un peu toujour à l'état de script et tu sens l'exécution nulle.
Enfin, un fait extrêmement important : la musique n’est pas bonne mais pas aussi insupportable que sa réputation, je trouve.
Bon ça y est, je suis à court de choses positives à dire. Je l'ai quand même trouvé plus digne/plus remplie que la partie 3.
On a un bon condensé de tout ce qui n’allait pas dans ce sérial avec une réal abyssale. Tout n’est que blabla et cheapness. On a du bric à brac de pacotille vraiment ridicule (les bracelets mortels ptdr, les vitres en plastique des cellules). Le budget est à la ramasse et on dirait qu’ils n’essaient même plus vraiment de faire illusion. Ce qui est aussi prodigieux dans ce sérial c’est que souvent, les persos doivent accomplir des actions ultra importantes et sont juste toujours à être debout, face caméra, à attendre qu’on leur donne la réplique. Tout sonne faux et est terriblement mal dirigé - les acteurs devraient prétendre être vraiment occupés et pas attendre leur réplique.
Le scénario devient totalement incohérent sur le timing, les motivations des personnages, les besoins initialement établis (comme le cerveau du Docteur). Le Doc entre dans la fameuse pièce secrète après 100 minutes d’épisode, et ne commente même pas sur l’immense cerveau géant au milieu de la pièce, attendant que la Rani arrive pour lui révéler tout le plan.
L’ultime problème de taille c’est que McCoy est caractérisé comme un bouffon et ça ne marche pas du tout. C’est un acteur surtout connu pour faire rire les enfants et cela envoie clairement le mauvais message pour ce début d’ère : le ridicule de l’histoire l’emporte trop. Il a bien deux répliques drôles (“tout est relatif” à Einstein, ou bien quand il ne peut s’empêcher de corriger une erreur de maths et aider la Rani malgré lui - dans une scène autrement ultra débile), mais ça ne vole pas haut. Son costume est une version adoucie hybride de Five et Six. Son gimmick des cuillères, ça ne sert à rien je trouve, ça casse le côté alien.
Sa présence à l’écran est vraiment minime - il a à peine plus de charisme que Davison, mais tu sentais que Five était le “Docteur gentil” entouré par un groupe de compagnons attachants. Alors que pour Seven, sa relation avec Mel est inexistante et ne se limite qu’à elle qui le corrige sur des expressions humaines qu’il emploie mal, comme “avoir une mémoire de kangourou” au lieu d’éléphant, mdr docteur lol. Pas la meilleure idée de JNT, celle-là.
Tout ça s’explique, comme d’autres aberrations du sérial (comme la régénération express), par le fait que le couple de scénaristes a écrit l’épisode en n’ayant aucune foutue idée d’à quoi ressemblera le 7ème Docteur. Laissant McCoy et le personnage en totale roue libre, très générique.
L’équipe de production savait que l’épisode était un échec. Pip et Jane Baker ne seront jamais rappelés et c’est probablement pour le mieux. Pas car ils sont totalement incompétents. Ils ont de bons concepts sur le papier, mais semblent condamnés à toujours devoir écrire super vite des scripts que personne ne veut et qu’on n’aura pas le temps de relire. Et clairement, ce script final n’aurait jamais dû passer la phase de relecture. Ce n’est donc pas uniquement de leur faute. Le nouveau showrunner Cartmel vient de débarquer et n’a sûrement pas le temps ou l’envie de se battre avec un script archaïque quand il sait qu’il ne recontactera plus les scénaristes.
Mais il y a vraiment un manque de soin dans le scénar qui laisse à désirer. C’est un détail mais à un moment, le Doc cite Pasteur parmi les génies qui ne naîtront jamais si la Rani exécute son plan de ramener la Terre à l’ère du Cétacé pour laisser les Dinosaures évoluer - putain que c’est con en fait… - sauf que Pasteur fait partie des cerveaux qui aideront à ce plan… peut-être que McCoy s’est mélangé dans les noms et que personne ne l’a corrigé, mais il m’a tout l’air d’être un acteur compétent qu’on dirige mal.
Un sérial qui a deux ou trois idées au début, mais qui n’en fait rien. Tout finit par être mauvais. Ce n’est pas le pire épisode de la série comme on peut le lire, il a trop de passages “rigolos” et de tentatives d’idées pour cela, et il a Kate O’Mara ce qui le rend “mémorable”. Mais il n’est pas bon du tout, et je pourrais imaginer que rien que la première scène du sérial rende caduque tout le reste pour un fan de Six.
La Rani méritait mieux pour son premier épisode solo. Les fans méritaient mieux. La série méritait mieux. Colin Baker méritait mieux. Par contre je ne suis même pas sûr que McCoy méritait mieux, cela dit, c’est le plus triste.
MEL: You're certainly going to take a bit of getting used to.
DOCTOR: I'll grow on you, Mel. I'll grow on you.
Espérons. Car au moins ce qui me rassure, c’est qu’entre Colin Baker, le couple Baker, JNT, Cartmel et la BBC, absolument personne n’avait envie de cet épisode ni en est fier. Espérons donc que Time and the Rani a crystalisé toute la merde due à la transition et qu’on puisse avoir une nouvelle ère sereine : vu la réputation de ce Docteur et de sa dernière saison, et le jeu de McCoy pendant ce sérial, je me dis qu'il y a eu une grosse amélioration, ce qui m'intrigue.
Note moyenne du serial : 9/20
