Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
DOCTOR: Is Peri dead?
VALEYARD: No.
INQUISITOR: Then what was the point of showing that last sequence? I thought it was somewhat gratuitous.
Dès la reprise où on se moque allègrement des cliffhangers de “compagne en détresse” inutile de la série, j’ai su que cette dernière partie avait repris du poil de la bête et s’était gardée encore quelques bonnes idées.
Le scénario ne casse pas 50 briques dans la majeure partie de cet épisode. Le fait de désactiver un implant de tous les esclaves pour leur libération, ça vient un peu comme solution facile. Et les couloirs marrons en plastique jpp.
Mais un trait positif constant du sérial aura tout de même été son humour assez sobre et efficace. L’obsession pour l’argent de Sil et Kiv est un truc plaisant pour oublier le dégoût viscéral qui ressort de ces personnages. Et surtout, Yrcanos continue d’être un personnage marrant et cool. J’adore que les autres personnages se moquent du fait qu’il crie tout le temps. :
MENTOR: Oh, thank you.
YRCANOS: For your life? It was nothing.
MENTOR: No, for not shouting.
Il est attachant et tellement mis en avant dans un bon duo avec Peri que j’ai bien cru qu’ils allaient finir ensemble. Je pensais d’ailleurs que c’est ainsi que Peri partait (et j’aurais été dégoûtée qu’elle parte “de son plein gré parce qu'elle a trouvé l'amour” comme tant d’autres compagnes).
DORF: He has a point.
YRCANOS: Everyone has a point, nowadays. I am a man of action, not reason!
Et puis, d’une dernière partie convenable mais somme toute pas impressionnante (j’aurai mis 13 pour les 15 premières minutes), l’épisode nous sort tout de même un dernier tour assez sensationnel. Une idée qui suffit à tout tenir.
Les Time Lords figent le Docteur en pleine action. Ils le forcent à retourner dans son TARDIS, l’amènent au moment du procès où on a débuté la saison. Et surtout, ils lui enlèvent la mémoire de sorte à ce qu’il ne soit pas en mesure de se souvenir qu’il allait essayer de sauver Peri. Pire encore : les Seigneurs du Temps temporisent l’attaque de Ycarnos et son acolyte, afin de les empêcher de contrer le transfert total de l’esprit de Kiv dans le corps de Peri (ce qui scelle le destin de celle-ci)… afin d’être sûr que Ycarnos arrive juste à temps pour détruire Kiv une bonne fois pour toute, et sauver l'univers, selon eux.
Pu-rée. C’est assez dingue car on parle toujours des TimeLords comme des surveillants omniscients qui n’interfèrent pas. Ici, on voit un exemple de leur rôle dans l’Univers, sur un cas qui les a déplu : un scientifique sur une planète développée quelconque, arrivant trop proche, en partie à cause du Docteur, de pouvoir transférer des esprits dans des corps plus jeunes. Ils ont jugé que cette quête de l’immortalité brisait leurs lois, impliquaient trop de risques si ce procédé venait à se développer, et ont agi en conséquence.
Ce n’est pas surprenant étant donné qu’il s’agissait d’un thème récurrent de la saison 20 et de The Five Doctors notamment. Mais c'est super d'avoir une cohérence thématique pareille. Ainsi que de voir enfin en action la puissance des Seigneurs du Temps et en quoi ce peuple peut être redouté par beaucoup d’espèces au sein de l’univers, comme plein d'aliens différents ont pu le dire lors des épisodes depuis l’ère de Tom Baker notamment.
Au passage, même s’ils agissent dans une logique pseudo-réparatrice, il est amusant de noter qu’ils interviennent quand même vachement plus que le Docteur, tout ça dans l’idée de préserver un statu quo, ce qui témoigne de leur politique conservatrice et assez hypocrite.
En termes de lore c’est aussi dingue car voir des personnes extirpées de leur timeline et arrêter le temps, sont des choses clés dans Hell Bent du New Who. Tandis que le refus des Seigneurs du Temps de voir quiconque accéder à l’immortalité fait écho à leur décision de limiter les régénérations et tout le crédo du Timeless Child. En tout cas juste en termes d’enjeux, c’est ouf de voir une si petite histoire banale comme Mindwarp devenir si cruciale à la fin, une menace à la portée si puissante que le haut conseil lui-même a dû intervenir.
INQUISITOR: It was judged by the High Council as the most acceptable way, and Yrcanos will never know that he was used.
DOCTOR: And so they took it upon themselves to act like second-rate gods?
Je trouve, de plus, le contraste avec Mysterious Planet exemplaire. La première partie de The Trial of a Time Lord était en effet assez légère et enjouée, avec pourtant d'après le Docteur des enjeux énormes pour l'univers et des questions anodines qui relevaient d'une importance capitale (le déplacement de la Terre). Les Time Lords estimaient au contraire que tout concernait l'affaire du peuple de Ravolox, que le Doc n'avait pas à intervenir. Dans Mindwarp, c'est tout l'inverse, puisque le Docteur ne cherche à interférer que pour s'enfuir, n'a pas conscience de ce qu'il fait, rejette Peri et a oublié une partie de l'histoire... et pourtant les Time Lords jugent que cela met en péril tout l'univers. Alors qu'à tous les coups, si on avait laissé l'histoire suivre son cours, il y a de fortes chances que les intérêts personnels du peuple des Mentors et la révolution, aurait noyé/tué cette technologie de vie éternelle dans l'oeuf. Pourtant, les Time Lords prennent la décision d'intervenir cette fois, ce qu'ils reprochaient au Doc avant.
Le parallèle entre les deux histoires est très frappant et fonctionne totalement pour donner du poids à Mindwarp et à sa conclusion où les TimeLords interviennent.
Et… c’est ainsi que l’épisode finit. Sur la mort de Peri, tandis qu’elle n’était déjà plus elle-même. Tuée par un de ses récents amis Ycarnos avec qui elle commençait à nouer une vraie relation. Le tout pour sauver tout un peuple, sur une planète qu’elle n’avait pas envie d’explorer et qui la rendait nostalgique de son époque. Tandis que le Docteur ne peut que regarder impuissant quelque chose qui est déjà fait. Et en ayant comme dernière conversation avec Peri, un moment où elle n'avait plus aucune confiance en lui et se sentait trahie.
Bordel c’est si sombre.
On ne peut pas dire que “l’utilisation” de Peri dans les scénarios aura toujours été exemplaire, mais ils ont su faire de sa fin quelque chose de très grand et de tragique. Adieu Peri, tu resteras une des compagnes les plus sous-côtées de l'histoire...
DOCTOR: You... killed Peri?
INQUISITOR: We had to act. With the discovery that Crozier had made, the whole course of natural evolution throughout the universe would be affected.
Colin Baker est incroyable. Son "You killed Peri?" est probablement sa réplique la mieux jouée de la série. Et il est tout aussi magistral dans la toute dernière scène où il tente de ne pas laisser transparaître son biais pour Peri, et jure de découvrir la vérité derrière toutes les actions de ces deux histoires/pièces à conviction. Il est convaincu que les images ont été falsifiées et qu’une intervention externe a eu lieu. Quoi de plus intéressant pour relancer la saison à la moitié de son run ?
Malheureusement à cause de la nouvelle série et de la réputation de certaines histoires, je sais que le Valeyard est considéré comme un méchant et qu’il a probablement dû interférer lui-même pour accabler le Docteur. De plus, si on part du principe que certaines images sont fausses, je n’exclus pas le fait que Peri ait survécu et soit juste repartie avec Ycarnos, ne trouvant plus le Docteur : ça me semble être l’explication la plus logique, surtout dans une saison qui veut réconcilier l’audience fatiguée de la violence. D'autant que le Valeyard disait au début de l'épisode que Peri n'est pas morte, alors qu'à la fin, il veut surtout accabler le Docteur de culpabilité.
Quoiqu’il en soit, je sais déjà avec certitude qu’il s’agissait vraiment de la dernière apparition de cette compagne. Qu’elle soit vivante ou non, peu importe au final : conclure par une telle image et une telle note son histoire, même si on y revient par la suite, c’est vraiment osé et touchant.
Mindwarp est un sérial à l'image de la saison pour le moment : ambitieux, cheap et déséquilibré avec un certain ventre mou au milieu de son intrigue planplan, mais dans l'ensemble ultra intéressant. Il complète extrêmement bien Mysterious Planet et offre une superbe porte de sortie à Peri à la hauteur de cette compagne injustement critiquée. Et il nous gâte en termes de lore, de questionnements sur la série elle-même, sur la confiance qu'on peut avoir en une image ou un personnage.
Note moyenne du sérial : 15
VALEYARD: To gloss over the death of Peri, the Doctor conveniently presents us with another companion.
C’est une constante cette saison : c’est une super introduction. Le fait de changer le point de vue et de permettre au Docteur de présenter une histoire, qui plus est dans le futur, est une super idée.
L’épisode rappelle à plusieurs moments l’impact de la perte de Peri sur le Docteur et Colin Baker joue un jeu ferme très approprié. Mais forcément on est dans Doctor Who et on se doit d’avancer. D’autant plus que cette fois le Docteur est en plein procès et n’a pas vraiment le choix, ce qui aide à crédibiliser le fait qu’on passe vite à autre chose. Notamment : à Mel.
Alors clairement ça choque, cette transition. Mais c’est normal, et souhaité. J’ai un peu halluciné devant mon écran de voir le Docteur et Mel tout guillerets dans le TARDIS au début, après l’horrible meurtre de Peri qu’on avait en tête. Mais le contraste est voulu et est ainsi une vision beaucoup plus intéressante comme transition de compagnon. On rappelle que dans les classics récents à ce stade, le standard de la gestion du deuil d’un compagnon, c’était à peine une petite réplique que Tom Baker prononçait dans sa barbe en mode “oh tu me manqueras Sarah Jane/Leela/Romana”, ou bien un pauvre échange rapide entre Five et un de ses autres compagnons “ahlala c’est horrible bon on va où maintenant”.
Prendre la mort de Peri inattendue en plein milieu de saison, construire tout un contraste en faisant ça un point de bascule dans le procès, et assumer le changement de dynamique, c’est quand même une super idée.
Comme Six et Mel se connaissent déjà, on ne perd pas de temps avec les usuelles questions de découvertes, et tant mieux car en milieu de saison à fil rouge, on n’a pas envie de voir ça ! C’est l’occasion de découvrir Mel directement dans le feu de l’action.
Et je l’aime bien cette petite Mel. Ils ont la bonne idée de prendre Peri et d’en faire exactement l’opposée. Elle est ultra volontaire, proactive dans l’histoire. Comme Peri, elle fait des déductions, mais toujours pour avancer dans l’intrigue et aller vers le danger, pas pour avoir le point de participation. C’est assez perturbant de voir qu’au début c’est d’ailleurs Six qui veut partir, et Mel qui insiste, alors qu’il n’y a pas UNE histoire où Peri ne disait pas “Docteur je veux retourner au TARDIS”. Le rapport de force est tellement inversé qu’il en paraît presque pas naturel - mais c’est en fait normal, chaque compagnon influe sur le comportement du Doc sans qu’on s’en aperçoive autant. Ici c’est juste plus visible car on n’a eu aucune transition. En tout cas c’est totalement rafraîchissant.
MEL: Look, the quickest way out of this is to solve the mystery.
DOCTOR: That could also be the quickest way into trouble.
Sa positivité et son bon esprit sont contagieux et ça fait plaisir de voir qu’elle prend les devants. Et on sent même que Mel est à nouveau une réponse de la série à Peri. Ils ont pris littéralement une meuf sans aucun souci, qui est juste ravie d’être là (l’actrice est communicative là-dessus) et qui dit littéralement à l’audience “je ne me plains pas”, ce qui est juste l’antipode de ce qu’on a eu jusqu’à présent (et no offense sur Peri, ce point me faisait beaucoup rire et elle en a bavé de ouf sur ses premières histoires avec le Docteur pour se le permettre ^^).
DOCTOR: Far cry from the carefree life of Pease Pottage, eh, Mel?
MEL: I'm not complaining!
Il y a forcément des problèmes à introduire une compagne de la sorte. On ne sait pas qui c’est. C’est une humaine, sans doute, mais d'où ? L'Angleterre, mais quand ? Que fait-elle ? A quoi ressemble sa petite vie sur Terre ? Ce n’est pas ultra nécessaire comme infos, juste déroutant de ne pas encore les avoir. Et sa relation avec Six a beau être à la fois déjà bien entamée et totalement à faire (puisque je suppose que les scénaristes ont un peu improvisé), j’aime quand même assez leur alchimie. Elle complémente très bien Six, dans une autre manière que Peri. J’aime bien son idée de consulter la liste des passagers, puis Six qui dit que c’est idiot... avant de le faire. Sur bien des points, cette transition me fait penser à celle entre les Ponds et Clara.
Je me suis dit tout de même au début que ça aurait été cool que le Doc présente une histoire avec Peri qu’on n’avait pas encore vue, et de le voir commenter affectueusement le souvenir qu’il avait d’elle, et nous permettre de continuer avec Nicolas Bryant. Mais tout bien réfléchi, l’histoire ne semble pas assez coller à Peri (Mel enquête beaucoup et prend plein d’initiatives), à part sur la partie botanique (un COMBLE de ouf qu'on retrouve des ennemis végétaux pile quand Peri, l'étudiante en botanique, part !). De plus, faire une histoire flashback comme Mysterious Planet empêcherait toute interaction “temps réel” avec le procès comme dans Mindwarp. Enfin, cela réduirait aussi le contraste très réussi de la seconde moitié du procès.
Bref c’est carton plein pour le renouveau apporté par Mel et par la dynamique de l’épisode au sens large. J’ai plus hâte de découvrir la suite des aventures de Mel, preuve que cette entrée m’a déjà un peu conquis. Elle est certainement très originale, on ne peut le lui retirer ! C'est juste forcément dommage que suite au renvoi pur et simple de Colin Baker, l'histoire qui allait présenter leurs origines en saison 24 n'ait jamais été faite... Cela aurait été pourtant assez avant-guardiste, sorte de River Song avant l'heure.
Du reste, le scénario du jour est assez engageant. Il fait un peu penser à Nightmare on Eden et Robots of Death pour son côté croisière spatiale mêlée à un Whodunnit, et je suis carrément chaud ! Certes ce n'est donc pas si original, mais ça nous change des planètes/cavernes, pour le coup vraiment pas originales. Les décors sont rafraîchissants et bien foutus. Je sais que c’est une histoire qui occupe la place du “futurisme” dans la saison, mais il s’en dégage un côté rétro plaisant (la séance de sport sur musique d’aérobic, ultra anachronique). Encore une fois en termes de world-building c’est optimal : tu crois totalement à l’existence de ce trajet entre la Terre et Mogar, une planète voisine de la voie lactée riche en minéraux. Plein de petits détails aident à s’immiscer dans la vie de la navette et de sa galerie de personnages : les traducteurs automatiques pour le personnel issu de la planète alienne, le fait qu’on voit beaucoup de pièces différentes...
DOCTOR: Let's exercise the grey cells for once, rather than the muscles.
L’aspect Whodunnit est annoncé dès le début pour des scénaristes qui s'inspire assez vaguement des romans d'Agatha Christie. C’est fait de façon assez originale même pour la série. D’une part, car on annonce immédiatement qu’il y aura un meurtrier (ce qui implique une victime). Également parce que quelqu’un envoie un appel de détresse au Docteur pour qu’il vienne enquêter - mais il s’agit probablement du meurtrier, ce qui est contradictoire. Et cela implique aussi que ce meurtrier connaît déjà le Docteur, ce qui attire immédiatement l’attention. Dommage que ce point partira un peu en fumée...
Comme le fait remarquer Mel, la seule personne qui connaît déjà le Docteur est le Commodore. J’aime vraiment bien quand Doctor Who introduit des personnages que le Docteur connaît en hors-champ : tu sens qu’il a une vie en dehors de la série et que c’est normal qu’on ne voit qu’une fraction de ce qu’il fait. D'un point de vue de quelqu'un qui découvre la série maintenant, rien ne peut distinguer le retour de Sil du Commodore de cet épisode, et ça nous rend moins privilégié avec la vie du Docteur (déjà qu'on le découvre avec une compagne inconnue), c'est destabilisante et ça change.
C’est en plus une bonne idée dans un Whodunnit car on s’épargne l’étape extrêmement classique et inutile de 80% des épisodes classiques de “le personnel à bord/le peuple de la planète accuse le Docteur de tous les maux vu que son arrivée est opportune”. Non, Terror of the Vervoids permet à Mel et à Six d’enquêter immédiatement dans le vif du sujet.
A noter que le personnage du Commodore fait aussi remarquer au Docteur quand il reparle de leur précédente rencontre (où l’on imagine que le Doc lui a sauvé la mise au prix de quelques sacrifices), qu’il ne sait pas trop s’il doit vraiment lui être redevable ou si le Docteur a aussi en partie été la cause de ses problèmes. C’est exactement tout le but du procès du Docteur, ce qui rend la remarque pertinente.
Le reste de l’enquête suit son cours et on sent déjà plein de ficelles usuelles. On a des personnages comme le second du Commodore dont on répète deux fois qu’il s’agit du dernier voyage avant la retraite. Soit cela fait partie de ses motivations (s’il est coupable - il en a le profil), soit cela sert de fausse piste. On a une vieille malpolie, la professeure Lasky, qui fait une sorte de trafic de pousse de Marijuana (une vocation pour certains) à bord, dans son coin. Typiquement le genre de personnages avec un mystère qui a tout pour être la tueuse, mais qui est en fait juste un secret à part (à moins que ?...). On a enfin un passager bien mystérieux, celui de la cabine 6, que quelqu’un reconnaît et qui semble nié en bloc comme s’il avait changé d’identité et est en mission secrète. Le coupable parfait, qui semble avoir disparu à la fin (est-ce la victime alors ?).
En termes de Whodunnit, le standard étant The Robots of Death où les habits du meurtrier sont visibles dès le deuxième épisode, difficile de faire pire en termes de suspens, mais tout de même, Terror of the Vervoids démarre pour le moment très bien avec une intrigue assez palpitante et un pitch revigorant !
Et enfin, que serait une bonne introduction en saison 23 sans une nouvelle idée sur le procès pour conclure cette première partie ? Cette fois, la falsification d’images ne fait plus aucun doute : le Valeyard est dans le coup. J’ai moi-même tiqué lorsque Six semble jetter l’éponge et laisse Mel aller seule explorer ce qu’elle veut : cela me semblait être juste un prétexte pour faire un cliffhanger facile de compagne en danger, et cela me semblait contradictoire avec la personnalité de Six (qui plus tôt dans l’épisode, fait exprès de lui mentir pour aller attendre l’assassin sans elle, sans danger - j’ai trouvé cela assez marrant qu’ils se retrouvent finalement, ça montre qu’ils pensent pareil).
Et effectivement, c’était exactement ça : le Docteur dit qu’il n’aurait jamais fait ça, il cite les mêmes arguments que moi, et le Valeyard/la matrice a de toute évidence fait cela juste pour faire croire que le Doc mettait en danger sa compagne sans prendre garde !
C’est assez brillant encore une fois, que la série parvienne délibérément à créer un dialogue et une scène qui sonne faux avec un Docteur qu’on redécouvre et une compagne qu’on connaît à peine, pour le lier à son idée du procès.
TL;DR, les épisodes se suivent et se ressemblent - niveau qualitatif surtout.
Ps : je suis absolument explosé d’apprendre que la prod a demandé à Bonnie Langford de crier sur une certaine note de musique afin de faire la transition générique de fin. C’est si con mais aussi peut-être pour ça que je trouve son cri paradoxalement pas désagréable !
La nouvelle dynamique du procès est toujours cool. Le script maintient l’aspect inattendu et bouleversant des faits pour le Docteur avec cette bonne idée de falsification des événements. Le Docteur commence d’ailleurs à bien rentrer dans le jeu du procès, en appelant lui-même l’inquisitrice “votre Sagacité”, en persistant avec les images de la matrice même s’il les sait falsifiées car il n’a pas d’autres choix, en préparant à l’avance son coup. Ce n’est pas un hasard d’ailleurs si cette histoire est plus “classique” que les autres jusque là.
Certes c'est aussi parce qu'elle a été écrite dans l'urgence, après 2/3 scripts avortés de Bidmead, Saward ou autre. Mais ça ne se ressent pas vraiment pour l'instant.
Globalement la défense du Docteur a l’air bien foutue, surtout son passage de “détective”.
DOCTOR: You are so pathetically intent on incriminating me you haven't been watching what's going on!
VALEYARD: My eyes never left the screen.
C’est toujours du méta bien ficelé. Dans une saison où des personnages commentent l’intrigue, faire une histoire à base de Whodunnit est tout de même une idée ultra pertinente. Le coup du traducteur qui n’était pas activé ce qui a prouvé au Docteur que la personne dans le combinaison était humaine, c’est assez malin (tout le monde a trouvé ce twist évident ? je ne l'avais pas remarqué !). La mort du détective privé relance le scénario et permet de l’écarter de la piste.
Sinon, deux épisodes, et je suis déjà fan de Mel. Comme souvent avec les nouveaux compagnons je dois dire, je suis souvent impressionnable ^^ Mais tout de même, son attitude est top :
TRAVERS: you can't tell me what's happening, can you?
MEL: I can!
MEL: Look, Doctor, you can't just play a passive role.
MEL: Compliments! You are undergoing a change.
Même si oui, elle donne de la voix dans chaque cliffhanger, elle est autrement assez proactive et ça me fait toujours plaisir.
C’est classique mais le script reste assez solide : le mystère à bord est intrigant, les péripéties sont fun, les quelques pointes d’humour fonctionnent :
JANET: What's going on in there?
RUDGE: Don't ask me, I'm only the Security officer...
Pour une histoire à l'écriture express, on a vu bien pire.
Ce sérial réussit vachement à m’amuser avec pourtant peu de scènes sur le procès, dont je suis fan.
Je ne suis pas un expert sur l’opinion de la fanbase sur ce sérial, mais si je devais deviner, j’imagine que cet épisode est celui que les gens pas en phase avec l’approche du procès doivent préférer, pour son côté aventure du jour plus marrante et indépendante du reste.
L’histoire et le mystère sont toujours solides. On avance des fausses (?) pistes sur l’hôtesse de croisière comme meurtrière : Janet. J’avoue que je n’y crois pas car on a bien vu la main d’un homme dans la première partie. Il s’avère qu’en effet on révèle que l’assistant de la professeure pète un plomb - celle-ci est d’ailleurs totalement blanchie et se révèle être un personnage assez fun qui prend part à l’intrigue, avec une actrice cool.
Ils essaient de donner des explications assez rationnelles (j’aime le fait qu’ils justifient comment il peut savoir piloter un vaisseau). Mais je ne suis qu’à moitié satisfait de cette révélation. S’il voulait simplement stopper la route du vaisseau pour que leur création n’arrive jamais sur Terre, pourquoi aurait-il tué d’autres personnes random au début ? Comment connaissait-il le TARDIS ? Pourquoi ne pas directement essayer de saboter le vaisseau lui-même, ou autre - ce qu’il ne fait qu’à la fin de l’épisode d’ailleurs, en envoyant le vaisseau dans le trou noir (un cliff assez cool je dois dire) ? Pourquoi péter un câble seulement maintenant ?
Pour l’instant ça n’a aucun sens et je ne peux m’empêcher de me dire que l’intrigue du meurtrier n’est pas la même que celle sur l’exploration des scientifiques botaniques.
On découvre aussi enfin les Vervoïds en action. Ils font un peu trop “monstre en caoutchouc" dans une ère qui n’en a pourtant quasiment jamais eu, mais leur design est assez détaillé, pas le pire qu’on ait vu, et leur tête de vulve me fait rire plus qu'autre chose. C'est évidemment ultra "hihihi cay sexuel", mais c'est aussi proche de ce qu'on trouve dans la nature, en un sens.
Du côté du procès, encore une fois le doc rappelle que la matrice n’est pas fiable et on va une étape plus loin en montrant carrément le Docteur en train de saboter tout le vaisseau, une chose qui a de toute évidence été faite par le meurtrier et non par lui ! A moins que… les deux ne soient que la même personne ? C'est ce que veut suggérer le Valeyard. Une bonne idée qu’a le Valeyard/quiconque manipule la Matrice : utiliser le pitch d’enquête pour retourner la stratégie du Doc contre lui et le faire passer pour un assassin.
Au passage cette scène retarde juste pour le spectateur la révélation de qui est le meurtrier, puisque son image est remplacée par celle du Docteur. Une bonne idée encore qui résulte de ce mix entre documentaire introspectif avec le procès, et whodunnit SF.
Un épisode sympathique et divertissant donc, même si la quatrième partie a pas mal de boulot explicatif pour rendre crédible le tout. Malheureusement je trouve la conclusion moins inspirée que les promesses et cette partie 3 en souffre un peu vu qu'elle nous fait pas mal hausser les sourcils concernant son "twist" du saboteur scientifique suicidaire.
