Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
C'est un final très faible, avec 45 minutes surprenantes je l'avoue, mais tire-larmes et carrément longues... avant d'enchaîner les conclusions tiédasses, les speechs un peu vains et répétitifs, le caméo d'Hannah qui ne sauve rien car l'actrice n'ayant pas voulu revenir ils ont réutilisé une scène, les retours de Courtney et Ryan qui sont méga incohérents et prouvent que la série n'a vraiment pas su créer un univers de lycéens crédibles...
Franchement tout est faiblard et long, l'émotion est absente, la cohérence aussi. L'hommage à Hannah Baker est en réalité trop timide et je trouve que ce final révèle que tout le propos de la série s'effondre et n'est que du vent.
Si je revois la série un jour, je me limiterai au deux premières saisons.
Dès qu’on a quelque chose dans l’univers d’A Song of Ice and Fire sur nos écrans, je suis au rendez-vous. Et je dois dire qu’à partir d’un pitch d’adaptation d’une petite nouvelle sur les petites gens, ils en font un pilote plutôt intéressant, déjà unique en son genre pour l’univers, et donc prometteur.
Déjà, qu’est-ce que c’est beau : les premiers plans où Dunk enterre son maître chevalier mettent une claque à presque tout ce que j’ai vu au ciné depuis un bon moment. C’est grand, c’est cinématographique, c’est très travaillé pour évoquer tous les thèmes de l’épisode/de l’histoire, c’est vite désamorcé ensuite. Peut-être avec un humour trop frontal, d’ailleurs. Car subvertir les attentes du spectateur sur les voyages épiques des personnages des autres séries, c’est oui, bien sûr. Mais je pense qu’on avait compris le message rien que par le format et le cast, sans besoin de chier littéralement à la gueule de l’audience en nous coupant le début de la musique culte du générique. Pour de la subtilité, on repassera. Et puis, j’étais en train de manger, donc merde quoi (c’est le cas de le dire). D’autant que c’est un peu malhonnête : absolument personne ne regarde cette série pour sa prémisse, tout le monde regarde parce que : Game of Thrones.
Cependant, on comprend bien l’objectif : déconstruire le mythe d’un preux chevalier. Exit les grandes dynasties, le jeu des trônes et les guerres civiles familiales : on aura à la place la vie, la “vraie”, dans tout son aspect ridicule voire décevant, et loin de la fantasy habituelle. L’absence de générique grandiloquent fait sens justement, laissant place à un écran titre plus sobre et manuscrit. La scène d’intro a beau être très crue, elle a le mérite de dire tout ce qu’il faut dire sur ce show. Et au milieu de tout ça on a quand même un joli oiseau “témoin” de la naissance de notre chevalier, et des dialogues simplets entre celui-ci et ses trois chevaux (le simple fait qu’il manage trois chevaux à la fois malgré ses conditions me fait rire).
Évoluer dans le même univers de Westeros avec une temporalité différente de GoT ou HotD, mais surtout, à une échelle beaucoup plus réduite et rurale, ça a un petit charme indéniable. L’humour fonctionne aussi en grande majorité par la simplicité du protagoniste qui est immédiatement attachant, et la dynamique avec Egg, quoique moins présente que ce à quoi j’imaginais dans ce premier épisode, est aussi immédiatement notable sur la fin. J’aime beaucoup l’idée finale que Dunk et Egg sont les seuls à pouvoir voir l’étoile filante qui leur portera chance parce que justement ils dorment à la belle étoile, sans la protection d’une tente comme pour les chevaliers plus riches au service des puissants.
En peu de temps donc, le pilote n’a aucun mal à se constituer son propre petit univers restreint qui en dit pourtant long sur la société de Westeros. Si en termes de galerie de personnages, ça laisse encore un poil à désirer, ce n’est pas forcément ce qu’on vient chercher dans cette mini-série. Je ne m’attends pas à m’attacher à plus de deux personnages, en vrai. Et puis, la scène de la tente avec sa musique enivrante et sa réalisation sous tension qui met bien en lumière le côté complètement dépassé de notre chevalier improvisé, permet d’offrir un bon humour et de montrer un autre personnage, Lyonel Baratheon, qui sort du lot. Charmeur, intelligent, étonnamment dragueur (même si Dunk est complètement benêt face à la situation), il montre aussi que le show ne se contentera pas de critiquer les riches de Westeros, mais pourra aussi en développer des sympathiques. D’ailleurs, son nom de Baratheon nous évoque forcément quelque chose, en sa qualité d’ancêtre potentiel de Robert. Et ce n’est pas le seul easter-egg de l’épisode : en termes de lore c’est toujours un plaisir d’entendre des noms connus ça-et-là, que ça soit des royaumes et des terres ou des noms de famille, comme ici un ancêtre de Beric Dondarrion duquel Dunk espère obtenir une attestation de chevalerie pour participer au tournoi. Dondarrion étant un nom très secondaire dans toute l’épopée de Game of Thrones, pourtant ce vers quoi notre protagoniste essaye de se rapprocher, le show utilise donc sa saga avec pertinence, à travers ces marqueurs interconnectant tout l’univers.
C’est un pilote finalement à très petite échelle qui a pourtant de grandes ambitions, offrant une nouvelle façon de conter les légendes de ce monde. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé le spectacle de marionnettes avec le dragon géant crachant son feu (tellement bien mis en scène que je suspecte fortement l’usage de VFX), qui met en abyme la différence d’enjeux et de points de vue du show, s’inscrivant dans un ensemble d’épopées plus grandes. Un peu comme quand Game of Thrones s’amusait à montrer les spectacles politiques parodiés vus par Arya quand elle était parmi le peuple. En tout cas, ce passage meta décrit l’héroïsme d’un chevalier humble, naïf et qui ment sur sa vraie nature, ce qui colle évidemment à notre Dunk. Reste à savoir si le show va vraiment se transformer en une aventure épique, ou si notre personnage restera à jamais une note de bas de page de l’histoire dans une morale plus cynique. Franchement pour l’instant, je penche pour la deuxième option, mais on n’est pas à l’abri que Dunk finisse par combattre pour un grand prince Targaryen ou autre.
L’avantage avec un show qui se base sur un univers pré-établi déjà adoré, c’est qu’il échappe aussi à la contrainte de devoir soulever des gros enjeux très vite ou de finir par un cliffhanger haletant comme les autres. Le simple enjeu évoqué précédemment sur le futur de Dunk suffit à me donner envie de voir tout le développement et dénouement de l’histoire.
Ainsi que de découvrir plus en profondeur la vie de notre protagoniste. Car ici, on a un portrait assez sommaire de notre héros qui semble surtout vouloir chercher sa place et s’imposer après avoir été mis sur le côté toute sa vie, aspirant à quelque chose de grand (comme lui). Il est là pour espérer grimper en société, manger de la meilleure nourriture (j’ai un peu ri quand Lyonel l’interpelle après m’être fait la remarque qu’il est en train de manger gratuitement un festin), et suivre un compas moral solide, même s’il est prêt à mentir tout de même pour se donner l’image d’un chevalier vertueux.
La fin où il se nomme lui-même chevalier est d’ailleurs très représentative là encore : Sir Duncan the Tall créé son propre nom (moins ridicule que “Dunk”), son titre, son surnom physique, et sa propre légende, uniquement sur des suggestions de tous les autres personnages (qui n’ont fait que de critiquer sa taille, son nom et son caractère jusque là). Le fait qu’il se construise dans la lignée de ce que son maître lui a appris (être un chevalier errant, dormir à la belle étoile…) alors qu’il n’a jamais été fait directement chevalier, et vante les mérites de la vie de chevalier libre tout en espérant tout de même accéder à la richesse et au confort en étant reconnu comme un vrai chevalier certifié pour gagner de l’argent, créé quelque chose d’intéressant et de directement attachant pour ce protagoniste naïf, honorable, et un peu plein de contradictions, à qui on s’identifie déjà.
C’est donc simple mais suffisant, et surtout très bien écrit. Tout se met donc en place de façon plus sobre et organique qu’à l’accoutumée pour cet univers, et on a tout autant hâte de voir la suite.
Un épisode qui me laisse très perplexe. Va-t-on vraiment passer toute la série sur ce tournoi de joutte cavalière ? Pourquoi pas mais j’aurais imaginé un scénario plus nomade pour le pitch.
Tout comme l’épisode 1, on commence par un plan très irrévérencieux pour ouvrir (Sir Arlan qui pisse avec son énorme zgeg en plein milieu de l’écran), mais cette fois je peine à voir le but derrière, si ce n’est ré-itérer que ce show a moins de filtres et est plus cru que les autres de l’univers de Game of Thrones. Dans l’ensemble, l’épisode possède moins de séquences comiques réussies, et un peu de remplissage à mes yeux, comme la scène du jeu de la corde (le casting ayant juste voulu s’amuser un peu, visiblement).
L’événement principal de l’épisode est le début des jeux de joutte, et là encore je m’attendais un peu à mieux. On assiste en tant que spectateurs à des combats où il est globalement plutôt difficile de suivre qui désarçonne qui, car ce n’est sans doute pas le but. La réalisation est convenable mais rien que les séries n’ont pas déjà fait.
Pourtant, on passe quand même un certain temps à introduire ou faire apparaître des seigneurs, avec encore une fois des noms de maisons qui nous sommes familiers : un ancêtre des Tyrell de Game of Thrones, un ancêtre des Tully qui croque une truite, ou surtout, quatre princes Targaryens. Le plus important est clairement Baelor la main du roi, qui a la particularité d’être brun aux cheveux courts, bien loin de l’idée qu’on se fait d’un Targaryen. Ainsi que son petit frère Maekar (qui a l’air d’avoir 20 ans de plus — pas trop compris le casting autour), lui-même père de Aerion, une petite tête-à-claque peu honorable. Baelor a aussi un fils, Valarr, le quatrième Targaryen que l’on rencontre.
Le soucis, c’est que c’est assez hors-sujet dans le show à ce stade. A moins de se renseigner à côté comme je l’ai fait, impossible de s’impliquer dans l’arbre généalogique Targaryen présenté ici. La série, dans son format, ses points de vue et son approche, ne laisse pas la place à ce qu’on s’y intéresse.
On suit plutôt le point de vue de Duncan, qui les rencontre de façon un peu facile dans leur résidence, en plein milieu d’une discussion où Maekar mentionne que même s’il est venu avec Aerion le tête-à-claque, deux autres de ses fils ont disparu (tiens tiens). Fun fact, Maekar a un quatrème fils non-mentionné : Aemon Targaryen qui finira dans GOT au mur avec Jon Snow.
Dunk tente une nouvelle fois d’être accepté dans le tournoi en mentionnant le nom de son maître auprès de Baelor, la main du roi elle-même donc… qui, étonnamment, se souvient d’Arlan et semble vraiment plutôt juste. Décidément pas un Targaryen qui ressemble aux autres ! Peut-être pas un hasard s’il a marqué l’histoire au point d’avoir sa statue à King’s Landing intacte durant les événements de Game of Thrones (lieu d’exécution de Ned Stark). Dunk peut donc enfin entrevoir le tournoi : il tombe sur un gentil forgeron qui accepte de lui forger une armure simple à bas prix, même s’il doit pour cela vendre un de ses trois chevaux / meilleurs amis. Dunk flirte aussi maladroitement avec la grande Tanselle pour repeindre son bouclier avec une armoirie qu’il doit improviser sur place. Il a enfin sa chance d’accéder dans la cour des grands, mais semble aussi un peu paniqué en voyant la “violence” et la compétence des champions qui participent à la joutte à la fin. Pourtant il y a de l’espoir pour Dunk, qui apprend au détour d’une conversation avec un des membres émérites de la garde royale, que ce dernier n’est pas né noble.
Le show continue d’avoir donc sa thématique principale centrée autour de la réputation des chevaliers, à la fois basée sur un fond de vérité mais aussi des mensonges pour gonfler leur légende. Typiquement Sir Arlan ayant enjolivé son histoire, mais ayant tout de même accompli quelques hauts faits pour que l’un des Targaryens les plus puissants du royaume se souvienne de lui. Et quelque part, tout le monde, ou plutôt “tous les hommes” sont des fous idéalistes comme ça, comme le conte mis en scène par Tanselle le décrit. Dunk continue d’être un idéaliste attachant, et la dynamique avec Egg, qui s’exprime très bien et a plus conscience de la réalité du monde, fonctionne toujours, même si j’aurais aimé plus de moments en duo.
C’est donc plutôt divertissant, mais j’ai trouvé que l’épisode faisait trop de surplace et ne gère pas bien son équilibre entre l’introduction des puissants et ses péripéties pas assez comiques — quitte à faire en sorte que Dunk rencontre les bonnes personnes, pourquoi ne pas avoir accentué le comique de hasard sur le fait de rencontrer la garde royale ou la main du roi ?
J’imagine que cet épisode se devait de remplir un certain cahier des charges et qu’il n’a pas le beau rôle dans l’histoire, qui devrait remonter la pente dès le prochain sans trop de mal.
Les vraies couleurs du show se révèlent enfin dans un super twist final ! Certes, il se voyait de plus en plus venir, mais il reste très pertinent, éclairant toute cette première moitié de show avec un regard nouveau sur son comportement, ses connaissances ou sa dynamique avec Dunk. Plein de signes foreshadowaient ce twist dans cet épisode-même, notamment toujours plus de ses connaissances (il annonce à un Dunk malade de stress qu’il ne peut de toute façon pas concourrir dans la première journée du tournoi car il n’est pas un noble, ce qui est assez drôle), mais aussi sa fascination pour les effets pyrotechniques de feu des spectacles de Tonselle (comme tout Targaryen qui se respecte), ou ses goûts élaborés en matière de nourriture comme les nobles. Ou bien évidemment, la petite section prophétie où une diseuse de bonne aventure annonce que Dunk sera riche, mais qu’Egg sera roi puis mourra par le feu sous des applaudissements.
Du coup, comprendre que depuis le début on suit un petit Targaryen aspirer à une vie simple d’écuyer qui s’entraîne avec le cheval de Dunk pour l’accompagner durant son combat, ou apprendre la couture, ou encore le goût d’un bon sandwich réconfortant, ça le rend d’autant plus attachant. L’épisode développe encore plus le lien fraternel qui se développe entre Dunk et Egg et réussit largement son coup ici. Les deux acteurs sont vraiment top et avec un ex-rugbyman professionnel et un enfant, c’était pas gagné et pourtant crucial.
Je suis aussi fan du nouvel enjeu ajouté autour de la participation de Dunk dans la joute : participer à un coup de corruption. La maison Ashford ferait exprès de perdre face à Dunk, un parfait inconnu qui aurait une côte très faible, pour capitaliser sur des investissements. Du pain béni pour Dunk qui avait peur de ses compétences et pour qui une simple défaite signifierait la fin de son métier et de sa réputation (n’ayant pas le sou pour racheter son cheval ou son équipement). Il obtiendrait de l’argent, une victoire facile, et un début de réputation de chevalier. Sauf que ça implique… de gagner de façon très peu honorable. Alors, vaut-il mieux être un Dunk faussement héroïque, ou rester un homme de convictions mais idéaliste et ne jamais être un “vrai” chevalier ? Un conflit interne forcément hyper en phase avec les thèmes de la série sur la notion même d’être un “vrai” chevalier, si ça implique des principaux moraux irréconcilliables avec la réalité de leur société.
Pour l’instant Dunk reste un idéaliste et pense même que lorsque le prince Targaryen tête-à-claque combat salement (au point où la foule le lynche), il ne pensait pas à mal — alors que clairement, c’est juste un connard, comme Egg (son frère, du coup) tente de l’expliquer à Dunk.
Mais là encore, ça n’empêche pas la vraie nature de Dunk de ressortir lorsque Tanselle se fait agresser par Aerion le petit merdeux, ce dernier se sentant offusqué par le spectacle de Tanselle qui tue un dragon en marionnette. Aerion dont l’armure (assez sublime, comme beaucoup des costumes de la série) évoque aussi un dragon pour inspirer la terreur d’une dynastie qui n’a (il me semble) déjà plus aucun dragon en vie à son actif…
Dunk fait alors le choix héroïque/romantique de venir en aide à Tanselle et de frapper le prince, risquant bêtement sa vie… mais choisissant ses valeurs ce qui fait de lui finalement un bien meilleur “vrai chevalier”. Ou bien, un fou idiot, qui aurait forcément péri sans l’intervention salvatrice d’Egg.
Un épisode bien ficellé, bien réalisé et bien joué, qui fait évoluer drastiquement le récit et amène des enjeux fort intéressants pour la deuxième partie du show.
