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Bilan personnel 2017/2018 - RasAlGhul


Qui sera acquittée ? Qui sera condamnée ? Retrouvez Mark et Spencer, les deux reporters de l'extrême.


Dear White People
Genre :
Comédie
Série américaine
Année : 2017
Format : 30 min
Netflix

« Nous sommes en direct du tribunal dont il ne faut pas prononcer le nom. Mark est en duplex avec nous. Mark ?

– Oui merci Spencer. Nous sommes donc devant le tribunal aujourd’hui, et cela s’annonce kafkaïen mon cher Spencer.

– Que veut bien vouloir dire kafkaïen, Mark ?

– Eh bien mon cher Spencer, pour tout vous dire, je n’en sais rien ! Mais j’ai lu plusieurs avis venant d’un site de séries réputé où certains utilisaient ce mot. Cela doit forcément donc dire quelque chose ; et je trouvais que ça sonnait bien.

– Bonne explication, cher Mark. Combien de personnes seront jugées aujourd’hui ?

– Il est difficile de savoir, cher Spencer.

– En effet, cela ne nous… regarde pas.

– Eh bien si justement Mark, cela nous regarde.

– Ah. Eh bien je crois qu’il y en a une bonne soixantaine. La juge aujourd’hui présente est réputée comme intraitable et sévère. Cela ne présage rien de bon pour les personnes qui vont être jugées aujourd’hui.

– En effet, cela sent un peu le sapin, si vous me permettez l’expression Mark. Mark ?

– Excusez-moi mon cher Spencer mais je viens de recevoir une info dans l’oreillette. On me dit que la juge s’est transformée en burrito et qu’elle a été mangée. D’ailleurs, où est mon deuxième burrito ?

– Cela devait être une grosse fringale, Mark.

– Je n’ai pas mangé ce matin, Spencer. Un juge intérimaire la remplace aujourd’hui. Il possède peu d’expérience, mais a été extrêmement prolifique ces dernières années. Réputé bon public, il est devenu néanmoins plus sévère avec le temps.

– Sans doute le vieil âge.

– Il a 23 ans, Spencer. Vous dites de la merde. À vous les studios, c’était Mark et Spencer. »

 

La salle se remplit peu à peu. L’ambiance se tend. Le juge arrive, pas encore réveillé d’une grosse soirée la veille avec ses collègues. La journée est pourtant chargée. Il prend sa place, relève sa robe, et s’assoit. Il commence à parler.

 

Image du bilan du rédacteur Ras

 

« Bonjour à tous. Les accusés, je vous demande de vous lever. Je remplace donc Mme Burrito, qui a disparu dans l’estomac d’un présentateur télé. Je m’appelle Ras Al Ghul, mais vous pouvez m’appeler Monsieur Ras. Vous ne pouvez pas vous défendre dans ce tribunal, c’est ce qui fait sa beauté. C’est un jugement purement subjectif, mais où chaque opinion, chaque pensée non rationnelle est énoncée comme étant la seule vérité. Peu de discussions ont leur place ici, ce serait faire preuve de bonne foi et d’ouverture d’esprit. On n’est pas là pour cela. »

 

Les personnes jugées sont alarmées. Elles ne s’attendaient pas à ça. Désormais, la tension atteint un point de tension indescriptible. Plus rien ne bouge, le temps semble s’être arrêté. Le juge prend la parole.

 


Les séries de super-héros

 

« J’appelle donc à la barre Arrow, Supergirl et The Flash. Monsieur Arrow, vous êtes accusé de ne pas avoir capitalisé sur une très bonne saison 5, délivrant un bordel scénaristique sans nom et décrédibilisant vos personnages pour l’intérêt de l’intrigue. Intérêt, si l’on peut dire. Votre trailer pour la saison 7 a l’air alléchant, mais faites attention, c’est votre dernière chance. Supergirlje serais tenté d’être un peu plus clément envers vous. Votre début de saison était bon, avant de sombrer dans les méandres de la réécriture à l’arrache. Mais au vu de vos soucis avec le départ d’Andrew Kreisberg pour accusations d’harcèlement sexuel entre autres, je vous laisse passer sans trop de problèmes. Il faudra faire mieux cependant, on n’a pas le droit de gâcher Carl Lumbly comme ça. The Flash, vous, c’est la descente aux enfers. C’est juste mauvais, les acteurs, les intrigues, tout. Seul le crossover vous sauve, mais c’est maigre. Heureusement que Jessica Parker Kennedy vient dans la saison 5, sinon cela aurait été les oubliettes pour vous.

 

Les Légendes au Far West

 

J’appelle désormais Black Lightning et Legends of Tomorrow. La première, vous avez été rafraîchissante dans votre maturité, et au vu des trois zigotos au-dessus, c’est vraiment bien. Attention au syndrome de la deuxième saison l’année prochaine. Pour vous Legends, vous restez la meilleure série de l’univers super-héroïque CW : certains diront en se moquant que ce ne veut pas dire grand-chose, mais laissez les haters rager. Super troisième saison, et faites un bisou à Beebo de ma part !

 

Ty et Tandy de Cloak and Dagger

 

Enfin, les Runaways et Cloak and Dagger, s’il vous plaît ! Les premiers, vous portez mal votre nom. Une saison entière pour s’enfuir, fallait pas se mouiller la nuque hein ? L’intrigue était lente, l’alchimie longue à se mettre en place et on ne sait toujours pas quelle genre de série vous allez être. Vous m’êtes néanmoins sympathique, donc deuxième chance. Cloak and Dagger, vous avez su offrir un univers différent de vos comparses, et rien que pour cela je vous félicite. Quelques détails sont à régler, mais vous avez l’air d’une grande. Bravo à vous ! Quant à Jessica Jones et Luke Cage, je vous réserve un traitement spécial.

Gardes de ma seule opinion, veuillez escorter les séries nommées vers la sortie. Nous allons désormais prendre cinq minutes pour se ressourcer. »

 


Les nouveautés

 

« J’appelle désormais à la barre les nouveautés, qui ont été assez nombreuses cette année. Cela va donc prendre un peu de temps, et de pédagogie, pour balancer toute ma science infuse. Maintenant que ma science est établie, commençons.

 

Dylan et ses amis d'American Vandal

 

Alias Grace, sans avoir les talents d’interprétation de votre collègue The Handmaid’s Tale, vous vous êtes montrée prenante tout au long des six épisodes. American Vandal, vous avez été au départ très divertissante dans votre stupidité, enchaînant situation absurde sur situation absurde. Néanmoins, votre virage vers le sérieux n’a pas été réellement apprécié, rendant toute l’enquête et l’absurdité quelque peu caduque. Dark, malgré le désamour de certains de mes collègues à la barre, vous êtes une bien jolie surprise. On se laisse vite porter par le mystère, et les interprétations sont bonnes. Laissons tout de même un arbre récapitulatif des personnages pendant le visionnage, vous êtes difficile à cerner. Enfin, pour ce qui est des nouveautés Netflix, on termine par vous, The End of the F***ing World : seulement 160 minutes de visionnage pour la saison, c’est court. Mais vous gérez bien le tempo, même si tout n’est pas parfaite. Vos héros sont attachants, parfois émouvants, et la fin est bien, même si vous avez décidé de faire fonctionner la planche à billets et que l'on va vous retrouver pour une saison 2. Attention attention.

 

Barry, le rôle qui va valoir à Bill Hader un Emmy

 

Je passe désormais aux séries hors Netflix. Barry, vous avez commencé par être extrêmement irrégulière, mais vous avez eu le mérite d’affiner vos personnages ainsi que votre monde décalé, pour aboutir à un véritable seau glacé dans la tronche vers la fin de saison. Qui plus est, votre audace à chambouler l’histoire dès la saison 1 mérite d’être reconnue. J’intime le plus de monde possible à regarder cette série ! Ah et donnez un Emmy à Bill Hader. My Lord, the Queen is dead. Je suis quelque peu bilingue… Reprenons.

Sweetbitter, vous partiez pourtant d’un postulat de base sympathique, mais vous êtes coupable de ne pas avoir eu de vraie intrigue, et de posséder des personnages pour la plupart très peu définis. En espérant que la saison 2 relève un peu le niveau. The Deuce en revanche, chapeau bas. En même temps, avec David Simon aux manettes, vous partiez déjà avec quelques bons points. Et l’univers est très bien détaillé, les personnages fouillés et le ton maîtrisé. C’est clinique, et c’est peut-être votre seul défaut aujourd’hui.

 

Midge Maisel, l'héroïne de la série

 

The Marvelous Mrs. Maisel, j’aurais bien développé davantage sur votre excellent cas, mais je l’ai déjà fait dans un autre jugement, davantage collectif. Vous représentez un de mes plus gros coups de cœur de cette année, et j’attends avec impatience votre deuxième saison. Vous êtes feel-good, intelligente, ainsi que résolument sympathique dans votre ambiance. Je vous félicite. Contrairement à vous, Vida. Un peu comme votre collègue Sweetbitter, vous ne racontez pas grand-chose le long de vos six épisodes. C’est dommage, parce qu’il y a du potentiel. Coupez quelques personnages à mon sens inutiles et plus de précision narrative, et ça ira mieux !

Enfin, j’appelle à la barre deux séries qui ont énormément eu de hype d’un peu partout dans le petit univers sériel. J’appelle tout d’abord vous, La casa de papel : vous êtes déjà rhabillée pour l’hiver après le jugement de mon collègue Nick, donc je vais plutôt aller dans le sens des compliments. Vous ne méritez pas votre hype, parce que vous avez des trous de plus en plus gros dans le scénario, des personnages souvent caricaturaux et beaucoup d’autres défauts. Après, vous êtes très divertissante, émouvante aussi parfois. Et vous remettez au goût du jour les séries de casse, qui est un genre que j’aime plutôt. Attention à la saison 2 (partie 3 sur Netflix), parce qu’à part faire plus d’argent, pour l’instant, je n’en vois pas l’intérêt.

 

Eve et Villanelle

 

Ensuite vous, Killing Eve. Venant de Phoebe Waller-Bridge (auteure de l’excellente Fleabag), vous partiez avec certes un gros avantage ; toutes les critiques élogieuses à votre encontre m’ont donc motivé à vous regarder. Néanmoins, je pense que le fait que vous ayez été survendue pendant vos huit semaines de diffusion a considérablement altéré ma perception : d’un côté, vous êtes noire, drôle, complètement déjantée. De l’autre, je n’ai jamais réellement su m’identifier à un personnage en particulier, et j’ai trouvé qu’au bout du compte, vous avez fait preuve d’un manque de finesse certain. »

 

 

Le syndrome saison 2

 

« Continuons quelque peu dans le conceptuel, pour montrer à quel point j’ai réfléchi à mes divers jugements. J’appelle à la barre toutes les séries qui ont connu cette année une saison 2, pour que l’on puisse déterminer ensemble – enfin, quand je dis ensemble, je parle de moi bien évidemment – si le syndrome de la saison 2 est bien réel.

 

Toute la petite bande de Brockmire

 

Brockmire avancez. Après une saison 1 réussie, vous avez pris la décision de casser totalement votre univers, envoyant votre personnage principal à la Nouvelle-Orléans. Et c’était une réussite, même si vous obtenez quelques mauvais points pour l’absence d’Amanda Peet dans le cast principal. Vous êtes cynique, mordante et très noire dans votre humour, déconstruisant totalement votre personnage principal, en lui enlevant progressivement sa première caractéristique : son alcoolisme. J’ai hâte de voir où vous allez m’emmener l’année prochaine pour votre saison 3.

 

Les étudiants de Dear White People

 

Dear White People, je vous ai vite rattrapée, et ai été agréablement surpris par votre excellente saison 2. Un ton plus incisif encore, un focus sur Joëlle, plus de focus narratif, un épisode entre Sam et Gabe qui officie comme le testament de finalement toute la série et enfin un cliffhanger de malade mental, vous avez quasi tout réussi.

One Day at a Time, vous aussi vous vous êtes améliorée, après déjà une bonne saison 1. Toujours aussi drôle, vous prenez le temps de développer vos personnages avec énormément d’empathie, et ce même si vous n’oubliez pas qu’ils ont tous des défauts. Si le format est quelque peu répétitif, vous savez le casser parfois, pour offrir de véritables moments d’émotions. Not yet, indeed.

Enfin, toujours du côté des satisfactions, je vous mets vous, The Good Place. Votre twist audacieux à souhait en fin de saison 2 promettait de bouleverser tout l’univers de votre série, mais cela ne vous a pas effrayée. Au contraire, votre meilleur épisode cette année est celui où vous détruisez continuellement un univers qui n’a parfois même pas eu le temps de se former. Chapeau bas, plus de personnes devraient vous regarder.

 

Les trois agents Calot, Moulinier et Jacquard

 

Au service de la France, vous êtes accusée d’avoir pris des risques narratifs qui n’ont pas payé. Vos épisodes plus longs étaient pourtant une bonne idée de base, mais qui s’est retrouvée complètement diluée par des choix scénaristiques confus. Séparer Merlaux du reste des agents en est une par exemple, tenter de nous faire compatir avec le Colonel en est une autre. Vous restez éminemment sympathique, mais c’est tout de même un peu décevant, et ce même si sur la fin vous redressez la tête. The Bold Type, vous êtes quelque peu dans la même veine : votre saison 2 est inférieure à la première. Pas de beaucoup, mais vous ne racontez finalement pas grand-chose, et la saison se termine comme un épisode finalement classique. C’est dommage : vous possédez toujours les mêmes qualités, toujours les mêmes défauts. En gros, vous stagnez. Mais vous n’êtes pas la pire. Timeless, vous vous êtes sauvée de l’enfer de l’annulation une fois, mais malheureusement pas deux – pour l’instant. Votre saison 2 est plus courte, plus compacte, mais malheureusement un peu moins intéressante par la présence d’un triangle amoureux usé et répétitif. En revanche, votre fin met l’eau à la bouche, et j’espère que le téléfilm de conclusion sera à la hauteur. J’appelle maintenant Jessica Jones et Luke Cage à la barre.

 

Jessica Jones en mauvais état

 

Jessica Jones, vous êtes accusée d’avoir complètement oublié les caractéristiques principales de votre héroïne. Jessica Jones est une détective, qui a des super pouvoirs. Ce n’est pas juste une femme brisée qui a des problèmes de famille. Vous avez de la chance de posséder Krysten Ritter, parce que sinon, je vous aurais directement placé dans l’enfer des séries, aux côtés de Truth Be Told. Votre saison 2 est une immense déception, à tel point que j’ai du mal à croire que cela vient de la même équipe scénaristique. Et s’il vous plaît, moins de Trish sera bon pour tout le monde. Luke Cage, vous, je vous arrête. Tout simplement parce que, malgré votre ennemi de saison 2 badass à souhait, je n’ai pas la motivation de continuer à suivre les intrigues autour de Mariah. Je crois que j’éprouve tout simplement une lassitude du monde super-héroïque, et vous en êtes une des victimes.

Finalement, on peut se dire que le bilan est assez positif pour les saisons 2. Quoique, j’ai oublié deux séries de grande qualité qui ont baissé de pied cette année. J’appelle plus précisément à la barre : Atlanta et The Handmaid’s Tale. Que les choses soient claires, vos saisons respectives sont largement au-dessus de la moyenne de ce qui se fait actuellement. Néanmoins, il vous est reproché de vous être trop reposées sur vos lauriers.

 

Earn et Paper en plein conflit

 

Atlanta, votre formule narrative de la saison n’a eu aucun sens. D’abord Robbin’ season, puis déluge de centrics aux formes souvent expérimentales, vous avez privilégié la forme au fond. Et la technique du seau glacé dans la tronche a trop été ressortie durant la saison pour posséder un vrai poids, en fin de compte. Vous restez une série novatrice, parfois dérangeante et foncièrement intelligente, mais à trop vouloir privilégier la forme, on finit par se perdre.

 

June en mauvaise posture dans The Handmaid's Tale

 

The Handmaid’s Tale, quant à vous, le reproche est à votre cruel manque de finesse. Vous privilégiez une approche beaucoup plus in your face que l’année dernière. De plus, là aussi vous vous reposez sur vos lauriers, et ce notamment dans la photographie. Cela reste magnifique, mais encore une fois, vous privilégiez la forme, abusant parfois des plans mirobolants. Toutefois, vous restez capable de sortir des scènes belles à en pleurer, d’autres qui tordent les boyaux et certaines qui font extrêmement peur. Vous êtes une série hors du commun The Handmaid’s Tale, mais le problème, c’est que vous semblez le savoir.

Faites sortir ces séries, et amenez-les aux endroits attribués à chaque jugement. Pause de cinq minutes s’il vous plaît. Cinq minutes pile. »

 

 

Les séries de moins de trente minutes

 

« Cette partie-là sera plus rapide, parce que j’aime faire écho à la forme des séries que je traite. Donc, pour les séries de moins de trente minutes, on a à faire à du bon et du moins bon, alors commençons.

 

Amy et Jake, le couple numero uno

 

Brooklyn Nine-Nine, ma collègue a appris à vous aimer, et je dois dire que moi aussi. Netflix m’a bien aidé, puisque je me suis fait à nouveau l’intégralité de la série, et cela m’a aidé à mieux comprendre les personnages. Je pense que si je revoyais la saison 5, je la noterais sans doute moins sévèrement sur quelques épisodes. Quoiqu’il en soit, vous êtes plus mature, plus consciente des faits de société et toujours aussi drôle, comme parfois touchante. Je suis ravi que vous ayez été reprise par NBC, en espérant que vous continuerez sur votre lancée.

 

Angus, Dylan, Luke et Evie

 

Lovesick, quand je vous ai débutée, ce n’était pas le grand amour : je vous trouvais lourde, sans nuance et surtout sans nouveauté. Mais au fur et à mesure, vous avez su me gagner, avec notamment le superbe personnage de Luke. De plus, vous dites des choses très vraies sur le timing, qui influence beaucoup le fait de concevoir l’amour. Votre saison 3 est superbe presque de bout en bout, avec des épisodes qui marquent durablement. Ah et j’ai grâce à vous un nouveau crush sériel, en la personne d’Antonia Tomas. Alors merci pour ça aussi !

Mozart in the Jungle, j’étais très triste quand j’ai appris que vous ne reviendriez pas pour une cinquième saison. Vous êtes à votre manière une des séries les plus originales, les plus indescriptibles du paysage télévisuel. Je n’ai pas toujours apprécié l’intrigue Rodrigo-Hayley cette année, mais vous restez une réussite poétique et humaine.

Ah, New Girl ! Vous allez me manquer, même si vous n’avez pas été irréprochable pendant sept ans. Votre dernière saison raccourcie n’est pas exceptionnelle, très loin de là. Mais la nostalgie pardonne un peu ce que vous avez proposé. Un dernier tour de piste pour tous nos amis du loft. Je vous reverrai sans doute, chère amie !

 

Les personnages de Superstore

 

Maintenant, on arrive dans une partie moins réjouissante. Superstore, je vous ai bingée extrêmement rapidement, mais vous ne m’avez pas convaincu. Alors certes, votre saison 3 est la meilleure en date, mais je n’accroche pas vraiment aux personnages, ni à l’humour, qui oscille entre grinçant et pas subtil. Je serai toujours là en saison 4, mais plus par habitude désormais. You’re the Worst, vous êtes une de mes plus grosses déceptions de cette année. Autant votre saison 3, bien que monstrueusement irrégulière, savait çà et là délivrer des épisodes coups de poing. Autant votre saison 4 est médiocre de bout en bout, avec des personnages particulièrement imbuvables, tous autant qu’ils sont. Heureusement que la saison 5 sera votre dernière, parce qu'on était proche que votre titre de série devienne la définition de ce que vous représentez. Enfin, You Me Her, vous n’arrêtez pas de baisser en qualité, et c’est fort dommage. Surtout que votre qualité provient tout particulièrement de la sympathie que l’on peut éprouver pour vos personnages. Jack, Emma et Izzy sont devenus antipathiques et égoïstes, ce qui rend plus compliqué de s’impliquer dans ce qui leur arrive. Et le fait que vous soyez renouvelée pour deux saisons de plus m’inquiète au plus haut point. »

 

 

Le coin animation

 

« Si je remercie Netflix pour une chose, c’est principalement pour m’avoir permis de me mettre aux séries d’animation. Bon, je n’en ai regardé que deux pour le moment, mais c’était tout de même une porte d’entrée dans un univers que je ne connais pas. J’appelle à la barre BoJack Horseman et Rick and Morty.

 

Bojack et Hollyhock

 

Vous avez suivi une trajectoire quasi similaire à mes yeux : première saison médiocre avec chacune un épisode de folie, une deuxième qui laisse déjà entrevoir le potentiel, mais encore trop irrégulière, et enfin une très bonne troisième saison, avec plusieurs épisodes qui marquent. Bien évidemment, BoJack Horseman, vous possédez une quatrième saison, qui est encore plus noire que la précédente. Vous vous êtes intéressée aux racines du Mal qui rongent BoJack, et cela est réussi. Quelques épisodes moyens viennent quelque peu ternir la saison, qui reste tout de même excellente. Hollyhock est un personnage génial, et c’est bien de voir Béa enfin développée. Alors que vous finissez sur une note d’espoir, je me demande bien comment vous avez prévu d’éteindre la lumière – et de montrer votre côté sombre – en saison 5.

 

Une des scènes les plus mémorables de la saison 3

 

Rick and Morty, votre saison 3 n’est pas avare en bons épisodes, et notamment le magnifique épisode qui fait penser à The Wire. Cette saison est la plus noire de la série pour le moment, et la plus aboutie, que ce soit en termes d’univers, de propos ou de folie. Néanmoins, quelques scories vous empêchent d’atteindre l’excellence (ce foutu mariage Jerry/Beth par exemple). En attendant avec grande impatience la saison 4 ! »

 

 

Les arrêtées

 

« Pour les séries que je vais désormais appeler, le verdict est irrévocable : vous avez été arrêtées, seule une d’entre vous pourra éventuellement être reprise. Broad City, je vous ai donné cinq épisodes, mais je n’arrive décidément pas à accrocher. Il y a quelques moments sympathiques, mais tout ce que j’ai vu ne me parle pas vraiment. Et puis le coloc d’Ilona me donne de l’urticaire dès qu’il apparaît ; je déteste ce genre de personnages. Grace and Frankie, j’ai seulement regardé le pilote. C’était pas mal du tout, mais je n’ai pas continué. Si j’ai une après-midi de libre, je reprendrai sans doute.

 

Elizabeth II et son père

 

Great News, je vous ai appréciée, malgré mon désamour pour l’un de vos personnages principaux. Toutefois, votre épisode sur le harcèlement sexuel avec Tina Fey m’a complètement refroidi, n’ayant pas du tout accroché au ton et au propos. Je ne vous ai donc pas reprise, et je ne compte pas le faire. The Crown, vous êtes magnifique à regarder, très bien filmée et extrêmement bien jouée. Mais vous êtes longue et franchement ennuyeuse. Même si je n’ai rien contre les reconstitutions historiques, c’en est trop pour moi. Enfin, The Mayor, vous étiez pleine de bonne volonté, avec de bons acteurs. Toutefois, vous restez profondément gentille, et finalement, vous ne racontez pas grand-chose. Dommage.

Enfin, mention spéciale à Riverdale, qui avez complètement pété les plombs dans votre deuxième saison. D’un plaisir coupable très prenant, vous vous êtes pris les pieds dans le tapis avec presque toutes vos intrigues cette année, ce qui a atteint son apogée avec le striptease de Betty sur "Mad World" devant une population d’environ cinquante ans de moyenne d’âge. Je n’ai pas repris après ça, tout simplement parce que vous ne le méritiez plus. »

 

 

Les terminées rattrapées

 

« Parfois, quand j’ai un peu de temps devant moi, je décide de rattraper des séries. Parfois ce sont des comédies, mais pas tout le temps. Et dans le lot, il y a quelques séries qui m’ont marqué. Faites-les avancer toutes, s’il vous plaît.

 

Josh avec un invité de marque : Jesus

 

Don’t Trust the B----- in Apt 23 et Man Seeking Woman, vous avez été des comédies à point de vue différents, mais toutes les deux sympathiques à votre manière. Krysten Ritter est décidément une très bonne actrice, qui a porté avec un super James Van der Beek la première saison. La seconde, vous avez été plus inventive, moins cynique également. En trois saisons, vous avez évolué, grandit et on passe un très bon moment avec vous, avant de vous laisser voler de vos propres ailes.

 

La bande originale des Misfits

 

Les deux anglaises, Misfits et The Shadow Line, vous avez toutes les deux, chacune dans votre genre, été agréables à suivre. La première parce que vous avez rendu cool les super-héros dans un décor vraiment urbain – avec en plus la possibilité pour moi de prendre ma dose quotidienne d’Antonia Tomas. Vous avez mis du temps à démarrer, mais après, et ce jusqu’à la fin de la saison 3, vous êtes allée vite, fort et bien. The Shadow Line, vous êtes une mini-série de qualité. Pas évidente à suivre, mais extrêmement bien jouée. Vous montrez sans fard les coulisses de la police, du trafic de drogue et de la mafia, sans jamais juger. Vous nous montrez juste une ligne, que l’on peut, ou non, franchir. Dans quel sens, cela ne tient qu’à nous.

 

Le Capitaine Flint, héros parmi les hommes

 

Enfin, les deux séries rattrapées qui m'ont le plus procuré d'émotions cette année. Avancez, Black Sails et Mad Men. Black Sails, vous êtes parfois bourrine, mais aussi surprenamment subtile. Vous avez commencé comme série de pirates sans piraterie, mais avec beaucoup de sexe, et vous avez fini comme un mix explosif entre personnages forts, batailles sanglantes et intrigues politiques. Certains épisodes me marqueront encore pendant quelques temps par leur construction narrative et leurs dialogues. En revanche, malgré le fait que vous m'ayer converti au Toby Stephensisme, je ne regarderai pas Lost in Space. Mon amour a des limites.

 

Don, une dernière fois


Vous, Mad Men, vous avez également mis du temps à démarrer. Mais votre ambiance, à laquelle se rajoute le charisme magnétique de Jon Hamm, permet de passer de très bons moments. Alors que l'ennui semblait poindre le bout de son nez, vous chamboulez tout dans un épisode extrêmement plaisant. Et à partir de là, on ne sera plus jamais déçu du voyage ! Les personnages féminins prennent une ampleur incroyable – avec notamment une géniale Elisabeth Moss –, les intrigues se densifient et on tombe sous le charme. Tout cela se termine sur une note de cynisme absolue, qui donne envie non seulement de revoir l'épisode, mais également la série. Vous êtes une grande, Mad Men, sachez-le.

Maintenant, sortez ces deux séries, j'ai dit beaucoup trop de bonnes choses, ça ne va pas du tout là ! »

 

 

Les séries que je devais dévorer une fois le bilan 2016/2017 terminé

 

« L’année dernière, j’avais fait la promesse de commencer plusieurs séries qui me tenaient à cœur. Commençons par la plus bizarre d’entre vous. Avancez s’il vous plaît, American Gods. Vous êtes accusée d’avoir vraiment privilégié le style plutôt que le fond, ce que vous faites néanmoins très bien. C’est léché, souvent drôle et complètement hors du temps. Mais toute la saison 1 s’apparente à une grosse introduction vers une série que l’on n’aura probablement jamais.

 

Nos trois héroïnes de Big Little Lies

 

Big Little Lies, vous m’avez réconcilié avec Reese Witherspoon, Nicole Kidman et également Shailene Woodley : pas une mince affaire. Vous êtes une belle série, formidablement interprétée et avec des arguments forts. Je ne suis pas convaincu de la pertinence d’une deuxième saison – quelque chose que j’ai souvent dit aujourd’hui – mais je vous suivrai tout de même.

Legion, je parle de vous ici parce que je n’ai pas encore vu votre deuxième saison. Vous m’avez retourné la tête, et fait ressentir des choses que je ne pensais pas connaître. Vous êtes brillante, parfois un peu trop, mais j’accroche énormément à votre univers. Malgré tout, les remarques un peu moins enthousiastes pour votre saison 2 me font craindre un essoufflement.

 

Le héros tragique de Show Me a Hero

 

Enfin, sans doute une des toutes meilleures séries que j’ai regardées cette année, Show Me a Hero, vous êtes absolument géniale. Là encore, le fait que vous veniez de David Simon m’inspirait déjà une grande confiance, mais en seulement six épisodes, vous racontez une vraie histoire. Une qui a débuté avant vous, et qui continuera sans vous. C’est beau, cruel et poétique, avec une bande-son à tomber par terre – merci Bruce Springsteen. Une grosse claque. »

 

 

Le reste

 

« Pour finir, je m’attaque aux séries qu’il reste encore à traiter. Tout d’abord, Crazy Ex-Girlfriend, vous savez renouveler vos intrigues et votre première partie de saison 3 verse dans une noirceur assez folle. Par la suite, vous remontez quelque peu la pente en termes de légèreté, mais c’est uniquement pour mieux nous l’enlever par la suite. Vous êtes une très bonne série, mais il faut du temps entre les épisodes pour reprendre son souffle.

 

Jane, entourée de toute sa famille

 

Jane the Virgin, vous avez réalisé une quatrième saison d’excellente facture, peut-être la meilleure depuis vos débuts, ce qui n’est pas une mince affaire. Vous avez clôturé la saison avec un twist que jamais je n’aurais pu voir venir, qui rend l’épisode en lui-même incroyablement triste, mais qui montre surtout à quel point vous maîtrisez à la fois votre univers et vos personnages. Un petit message pour Gina Rodriguez : tu restes encore et toujours une des sept merveilles de l’univers. Ne change jamais.

Lucifer, je suis ravi que vous ayez décroché une saison 4. Non seulement parce que votre épisode de clôture est excellent, mais également parce que l’ensemble de la saison 3 manquait de cohérence ; il aurait été dommage de clôturer une sympathique série de cette façon-là. Suits, je n’arrive pas à croire que je continue encore et toujours à vous suivre. Parce qu’en huit ans, vous avez sacrément perdu de votre fraîcheur. Enfin, Wynonna Earp, vous êtes toujours agréable et divertissante, même si à chaque début de saison, il faut se remettre dans le bain, ce qui n’est pas évident avec votre rythme à dix mille à l’heure. »

 

L'ambiance de la Nouvelle-Orléans dans Treme

 

Voilà, désormais le jugement est terminé. Vous pouvez quitter la salle. Eh bé, c’était long aujourd’hui ; heureusement que je ne fais ça qu’une seule fois par an. »

 

La salle se vide petit à petit. Les gens semblent fatigués, mais soulagés qu’un jugement de cette envergure se termine sans heurt. On retrouve Mark et Spencer.

 

« Eh oui cher Mark, c’était un sacré jugement. Est-ce qu’il a dit quelles séries il espérait voir l’année prochaine ?

– Eh bien oui Spencer ! Il m’a confié en exclusivité qu’il allait s’attaquer à Six Feet Under, The Leftovers, The Night Of, Treme pour les rattrapages.

– Et pour les séries qui vont venir ?

– Il est impatient pour le retour de True Detective avec Mahershala Ali, l’arrivée de Maniac et des Nouvelles aventures de Sabrina sur Netflix. Et, comme tous les ans, du super-crossover de la CW avec les séries de super-héros.

– Merci Mark.

– Merci Spencer. »

 

Photo promotionnelle pour le reboot de Sabrina sur Netflix

 

Et voilà, mon bilan de l’année 2017/2018 est à présent terminé. J’espère que la forme vous aura plu, mais que le fond aussi. C’était une année remplie de séries et de plein de choses encore, une année qui va compter, et une année pour laquelle je suis content du bilan que j’ai pu en faire. Je vous fais de gros bisous et vous dis à l’année prochaine. <3

 

La semaine prochaine, on retrouve Manoune398, qui nous expliquera ce qui est arrivé aux 397 dernières Manoune !




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A propos du rédacteur

RasAlGhul RasAlGhul
1432 avis
2141 notes
Moyenne : 13.44

 Visioneur raffiné

Avec The Wire, The Handmaid's Tale et Mad Men, j'ai enfin commencé à apprécier le fait de regarder de grandes séries.

7 commentaires sur cet article


gravatar
#1
Koss a écrit le 03/09/2018 à 19h54
". D’abord Robbin’ season, puis déluge de centric aux formes souvent expérimentales, vous avez privilégié la forme au fond"

C'est Robbin season tout le long. Tous les épisodes parlent de ça. Même les centrics. C'est donc au contraire très cohérent.
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#2
nicknackpadiwak a écrit le 03/09/2018 à 22h19
Moi, perso, je trouve plus que c'est du Batman season....

(Vous l'avez?)

Sinon, très bon bilan et message à Koss : laisse une deuxième chance à Lovesick, c'est un peu le Dark anglais.
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#3
ndanan2212 a écrit le 04/09/2018 à 02h00
SI la série You Me and Her s'empire en saison 3 et rend les personnages encore plus antipathiques et égoïstes, aucune chance que je m'y remets alors.
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#4
MarieLouise a écrit le 04/09/2018 à 06h31
@Nick : Haha j'ai pensé la même chose à la lecture de son bilan ! :D

Super format de bilan Ras, le tribunal était une bonne idée et c'est très efficace. :)
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#5
RasAlGhul a écrit le 04/09/2018 à 20h40
@Koss : Je t'attendais là-dessus ! Et comme souvent entre nous, agree to disagree ;)

@Nick : merci ! Je suis impatient de lire tes avis sur la suite de la série !

@ndanan : Ouais honnêtement, ne t'y replonge pas, il y a bien meilleur ailleurs (agent Mulder)

@Marie-Louise : Merci :) Et merci de la relecture, ça a dû être un bon gros pavé !
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#6
helper9 a écrit le 08/09/2018 à 22h33
Honnêtement, quand je lis vos bilans, c'est normal de ne pas donner de chance à certaines séries, dès le premier épisode. Vous en regardez des quantités, je pense que c'est pas possible de se plonger dans autant d'univers. Bon article :)
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#7
Galax a écrit le 09/09/2018 à 00h01
Impressionnant ton compte de séries ! Et encore plus d'avoir tenu ton pitch d'article jusqu'au bout, GG ! :D



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  • Diffusion US : 28 avril 2017 (Netflix)
  • Diffusion FR : 01 janvier 2000 ()

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