Image illustrative de Doctor Who (2005)
Image illustrative de Doctor Who (2005)

Doctor Who (2005)

Dernier descendant des Seigneurs du Temps et âgé de plus de 900 ans, le Docteur parcourt l'espace et le temps dans son TARDIS (Time And Relative Dimension In Space). Amoureux de la race humaine, il se fait régulièrement accompagner par une femme ou un homme. Partagé entre folie et génie, insouciant mais ...

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En cours Anglaise 45 minutes
Fantastique, Science-Fiction, Adventure, Drama BBC One, France 4 2005
13.23

3 avis favorable
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Avis sur l'épisode 4.11

Avatar Tempo Tempo
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Avis favorable Déposé le 26 juin 2020 à 00:17

À moins que Turn Left n'arrive et vienne donner à Donna son épisode ultime pour lui permettre de s'émanciper et avoir un vrai épisode centré sur elle.

J'ai hésité à faire de ma critique de Turn Left une critique différente de The Stolen Earth/Journey's End, mais la réalité est là : Turn Left et The Stolen Earth/Journey's End sont une magnifique réponse l'une à l'autre et ce sur un seul point : le worldbuilding. Car RTD est conscient de ce qu'il faisait, à savoir construire un univers crédible avec des personnages attachants et une réelle continuité. Par exemple dans Love & Monsters, Elton fait référence aux évènements de Rose, Aliens in London et The Christmas Invasion. Ici, RTD va exposer son magnifique travail de worldbuilding qui s'est écoulé sur 4 saisons de Doctor Who ainsi que les deux spin-off Torchwood et The Sarah Jane Adventures de deux façons différente : la façon Turn Left où il montre un monde où le Docteur n'existe plus, et la façon The Stolen Earth/Journey's End où il montre un monde où le Docteur existe encore et ce que ça implique.

Donc on va démarrer par Turn Left. Turn Left est un épisode dont j'adore l'idée puisqu'il reprend le concept de ce que deviendrait le monde si le personnage principal n'existe pas. J'ai déjà vu ce concept exploité dans deux oeuvres de fictions d'une façon légèrement différente : la première étant dans une histoire de Donald Duck de Don Rosa où il souhaite à un génie ne jamais avoir existé et le génie montre à quel point le monde de Donald serait horrible sans sa participation (Picsou serait ruiné, ses neveux seraient obèses, Gontran serait toujours heureux etc) et un épisode de la série animée Donkey Kong Country où Eddie le Yéti montre à Donkey Kong un monde dans lequel il n'existerait pas (je ne me souviens plus trop du plot mais le fait qu'Eddie le Yéti soit un être avec des pouvoirs divins me fume toujours autant). Sauf que là ce n'est pas le Docteur qui est mis en face d'à quel point il a aidé le monde (et il n'en a pas besoin, car contrairement à Donald Duck ou Donkey Kong il sait qu'il est important), mais Donna Noble.

La simple action de calmer le Docteur dans The Runaway Bride lorsqu'il était en train de génocider les Racnoss a permis au Docteur de rester en vie, et ça prouve au passage que le côté divin du Docteur l'aurait mené à sa perte (encore une fois on reverra ça dans The Waters of Mars), et c'est à priori ce qui rend le personnage de Donna si important. Mais tout Turn Left ne parle pas que de The Runaway Bride. Il parle de tous les évènements qui se sont déroulés dans le présent depuis cet épisode, excepté The Lazarus Experiment et The Sound of Drums pour des raisons évidentes, ainsi que la lune qui s'écrase sur la Terre dans The Sarah Jane Adventures et Abaddon le monstre géant qui tue tout le monde avec son ombre dans Torchwood pour des raisons d'éviter de submerger le spectateur d'informations auxquels il n'a pas forcément accès mais ça me fait un peu rire de voir à quel point ces deux évènements sont limite retcon dans la série de base tellement ils sont mauvais (et de toutes façons réglés en 5 minutes par des personnages qui ne sont pas le Docteur donc pas si étonnant qu'on n'en parle pas). 

Et par tous les évènements il y a l'hôpital transposé sur la lune dans Smith & Jones, où la mort de Martha Jones est mentionné car elle a volu se sacrifier pour donner de l'oxygène à un collègue, ainsi que la mort de Sarah Jane Smith qui a stoppé l'IRM et donne une raison sur pourquoi le monde est sauvé en l'absence du Docteur (la mort de Maria Jackson et Clyde Langer est également vite fait mentionnée et pour ceux qui n'ont pas vu The Sarah Jane Adventures ce sont des putains d'enfants donc c'est assez grave). Les évènements de Voyage of the Damned sont retranscrits avec la réplique du Titanic qui tombe sur Londres et qui provoque une explosion nucléaire (qui n'était pas censé dévester toute la planète à la base ? J'imagine juste que Max Capricorn avait mal dosé mais que de toutes façons ça allait servir son plan). Personne n'a pu arrêter les 60 millions de mort des évènements de Partners in Crime mais la team Torchwood s'est sacrifiée pour sauver le monde du gaz sontarien dans The Sontaran Experiment/The Poison Sky (enfin Jack est sûrement encore en vie mais la chute depuis l'espace doit quand même lui faire bien mal). Et c'est absolument génial, car RTD s'est servi de ses spin-off pour montrer qu'en l'absence du Docteur, la Terre était encore protégée (par Sarah Jane Smith et Torchwood) et ça prend tout son sens dans le worldbuilding instauré depuis le tout premier épisode de la nouvelle série.

Et pour preuve ultime que RTD avait pleinement conscience de son worldbuilding en écrivant cet épisode : l'antagoniste de l'épisode (le scarabé dans le dos de Donna) est décrit par le Docteur à la fin de l'épisode comme étant un sbire du Trickster, un ennemi récurrent de la série The Sarah Jane Adventures qui a comme objectif de changer le cours du temps pour provoquer le chaos. Et un épisode entier est écrit comme Turn Left où l'un des personnages est plongé dans un univers où Sarah Jane Smith n'existe plus ("Whatever Happened to Sarah Jane?" encore une fois le meilleur épisode de The Sarah Jane Adventures), et RTD a probablement dû s'en servir comme source d'inspiration pour nous pondre un réel chef-d'oeuvre.

Et je ne parle même pas du côté politique de l'épisode, voir le monde plonger dans le chaos et voir la planète ne pas réussir à survivre à toutes ces invasions. Que ce soit l'Amérique qui n'est plus en mesure d'aider la Grande-Bretagne après l'explosion du Titanic car l'incident Adipose a provoqué une crise financière majeure, ou encore le retour des camps de travail pour les immigrants. C'est pour une fois même pas une caricature politique exagérée à l'extrême à la RTD comme dans Aliens in London/World War Three ou The Sound of Drums, c'est juste quelque chose qui nous semble réel et c'est pour ça que cet épisode est si triste. Couplé avec la mère de Donna qui plonge peu à peu dans une dépression sévère alors qu'elle nous semblait déjà bien mauvaise de base, il n'y au final que Wilfred qui arrive à ne pas rendre cet épisode totalement déprimant. Même quand il est triste de voir Londres exploser ou ses colocataires partir en camp de concentration, son jeu d'acteur semble beaucoup trop touchant pour pas qu'on ne se sente mal pour lui. Et pourtant il lui arrive de garder le sourire, comme lors de l'excellente scène où les colocataires de Donna chantent et elle commence à venir dans le salon pour leur dire de la fermer, voit son grand-père s'amuser avec eux et au final Donna et sa mère décident de chanter avec. Cette scène est tout autant ridicule que touchante, puisque Donna et sa mère acceptent de se ridiculiser avec eux en chantant des chansons pour garder espoir. Et c'est touchant.

Et je le rappelle mais l'épisode est quand même réellement triste, non seulement balancé par le travail de Murray Gold (que ce soit les remix reverbérés de Bad Wolf, la musique au piano dissonante à chaque fois qu'un évènement grave se produit ou "The Rueful Fate of Donna Noble" qui est joué à plusieurs reprises), mais parce qu'on parle aussi d'une Donna qui doit se sacrifier en se sauvant sous un camion pour sauver le monde d'un évènement qui n'aurait pas dû arriver. Ça ne vous rappelle rien ? C'est la même finalité que Father's Day, un personnage qui renie son existence pour permettre au monde d'exister normalement. En encore mieux exécuté évidemment. Et j'ai pu parler de tout cet épisode, dire à quel point il était génial et je n'ai même pas mentionné la présence de Rose, qui sera importante pour l'épisode d'après. C'est génial d'enfin la revoir et la voir intéragir avec Donna, mais le cliffhanger Bad Wolf est encore mieux géré et rend à cet épisode une touche finale qui permettra de liaison avec The Stolen Earth/Journey's End.

The Stolen Earth/Journey's End est l'opposé de ce qu'est Turn Left : un monde où le Docteur est encore en vie et tout ce que ça implique. Tout le worldbuilding des 4 premières saisons et des spin-off ne servira pas à régler les évènements dans un monde sans le Docteur, mais à aider le Docteur à faire face à la fin de l'univers. Et The Stolen Earth/Journey's End est un épisode qui épate avec brillance en réussissant à réunir autant de personnages venant de la série et des spin-off, mais tous de la période RTD. Rose Tyler, Martha Jones, Donna Noble, Jack Harkness, Gwenn Cooper, Ianto Jones, Sarah Jane Smith, Mr. Smith, Luke Smith, K9, Harriet Jones, Francine Jones, Sylvia Noble, Wilfred Mott, même Mickey Smith et Jackie Tyler qui apparaissent dans la seconde partie de la façon la plus satisfaisante qui soit sont tous là pour aider le Docteur à faire face à l'extinction de l'univers. Et là où Turn Left avait un ton mélancolique et déprimant, The Stolen Earth/Journey's End a un ton globalement joyeux et énergétique alors qu'ils font face au danger le plus grave qui soit : l'extinction de la réalité elle-même.

Alors ok en soi ça me saoule un peu que l'extinction de la réalité soit causée par les Daleks et qu'on n'ai pas une menace un peu plus symbolique (comme ce que Steven Moffat fera dans la saison 5 avec les failles), mais c'est en réalité un aboutissement de tout ce que RTD voulait faire et a pu faire avec les Daleks. Alors non évidemment ils ne sont toujours pas aussi menaçant que dans Dalek, mais à partir du moment où entendre "EXTERMINATE" font pleurer Jack Harkness, un être pourtant immortel et Sarah Jane Smith, qui a pourtant assisté à la création des Daleks (et failli l'empêcher) dans l'excellent Genesis of the Daleks, c'est que RTD savait comment les rendre menaçant. Alors évidemment y'avait aucun moyen de tous les détruire autrement que par une facilité scénaristique ou un deus ex machina mal mené comme dans les seasons finales des trois premières saisons et à force on est habitué, mais pour le coup je pense que RTD a réussi à faire du mieux qu'il pouvait pour rendre la destruction des Daleks bien amenée et même si ça me paraît un peu stupide que les synapses de Donna Docteur se réveillent juste devant une console qui a le pouvoir de détruire tous les Daleks, c'est pas non plus si grave et ça prend son sens avec l'idéologie du Docteur metacrisis (on y reviendra plus tard).

Mais pour revenir à l'aspect conclusion du worldbuilding de RTD, beaucoup de choses sont mises en place dans cet épisode pour montrer que le worldbuilding, c'est pas juste prendre des personnages importants et les faire revenir à la fin. C'est aussi des charadev qui prennent fin, et des petits détails qui prennent un réel sens. Je vais prendre l'exemple d'Harriet Jones : elle n'est apparue que deux fois dans la série auparavant, et elle a été destituée pour avoir pris une décision permettant de protéger la planète Terre des invasion extraterrestre en commettant une destruction de masse sur un vaisseau alien en présence du Docteur. Elle a fait ça car le Docteur ne sera pas toujours présent pour protéger la Terre, et non seulement Turn Left lui donnera totalement raison, mais en plus The Stolen Earth/Journey's End lui donne raison aussi car sans elle le Docteur n'aurait jamais pu retrouver la trace de la Terre. Et elle fait ça grâce à l'équipe de Torchwood et Mr. Smith, l'ordinateur de Sarah Jane, qui ont eux aussi un rôle à jouer dans cette histoire. Mais comment elle a pu les contacter ? Grâce au réseau subwave, qui permet de retrouver et de contacter toutes les personnes pouvant aider le Docteur. Qui a fondé le réseau subwave ? La fondation M. Copper. Et oui, la fondation M. Copper a été fondé par M. Copper, la personne que le Docteur a sauvé du Titanic et a laissé sur Terre avec plusieurs millions de livre. M. Copper a décidé de lui rendre hommage en dédiant une partie de sa vie à aider le Docteur, et ça a payé. Un gros travail de background qui fait référence à un évènement qui aurait pu rester totalement obscur, mais qui a été fait parce que RTD prouve qu'il en a quelque chose à faire de son univers et de ses personnages.

Et c'est pour ces mêmes raisons que l'on trouve donc enfin la Proclamation de l'Ombre, un élément teasé littéralement dès le premier épisode de la nouvelle série et qui trouve son sens ici. Cette même Proclamation qui contrôle les Judoons, encore une fois une réexploitation intelligente des aliens créés par RTD. Et c'est absolument génial car ça fonctionne, RTD a créé un univers en se réappropriant l'univers de Doctor Who et c'est l'une des plus belles choses que la série a donné. Il y a une vraie cohérence et une vraie continuité entre toutes les saisons RTD et c'est ce qui amène à un final d'exception où chaque compagnon du Docteur est devenu... une de ses armes. Et Davros se moque de lui, parce que le Docteur est un pacifiste. Ou en tout cas, il en est devenu un entre Rose et Journey's End, mais on y reviendra plus tard encore une fois. Prenons le cas de Rose : dans son premier épisode, c'est une fille banale qui mène une vie banale avec un métier banal, un copain banal, une mère banale (ok c'est discutable) et qui est tout ce qui est de plus banal sur Terre. Dans The Stolen Earth, elle explose un Dalek sous les yeux de Wilfred. Et ça, c'est le destin de tous ceux qui ont accompagné le Docteur. Martha Jones, apprentie infirmière, deviendra médecin militariste. Sarah Jane Smith journaliste ? Elle finit par investiguer sur des aliens pour protéger la Terre avec son ordinateur surpuissant et des enfants qui deviennent de plus en plus mature en traversant des sujets complexes. Jack Harkness ? Ancien agent du temps qui voulait initialement les escroquer, finit par rejoindre Torchwood 3 et reprendra contrôle de l'organisation pour défendre la Terre au nom du Docteur. Mickey Smith ? Un idiot banal qui finit par rester bloqué dans une dimension parallèle pour la protéger des cybermen. Même Jackie vient aider Rose et Mickey dans Journey's End ! Et la séquence où Davros montre tous ceux qui se sont sacrifiés pour le Docteur durant l'ère RTD est vraiment émouvante.

Et c'est pas fini, car c'est sous-entendu dans l'épisode de The Sarah Jane Adventures, Death of the Doctor (écrit par RTD, et ne lisez pas ce paragraphe si vous ne voulez pas vous faire spoil cet épisode qui fait beaucoup de références à l'ancienne série), que tous ceux qui ont voyagé avec le Docteur dans le passé sont devenus des gens protégeant la Terre en son nom. Jo Grant (compagne du 3ème Docteur) a fondé une grande famille militante qui voyage h24 pour défendre les droits humains ; Liz Shaw (compagne du 3ème) et le Brigadier Lethbridge-Stewart sont restés à UNIT pour servir les intérêts de la Terre ; Tegan Jovanka (compagne du 5ème) a lutté pour le droit des peuples autochtones ; Polly et Ben (compagnons du 1er) ont tenu un orphelinage en Inde ; Harry Sullivan (compagnon du 4ème qui était présent avec Sarah Jane Smith dans Genesis of the Dalek) a créé des vaccins qui ont sauvé des milliers de vies ; Ace (compagne du 7ème) a réunit des millions de livres pour fonder une association charicative (A Charitable Earth) et Ian Chesterton et Barbara Wright (les tous premiers compagnons) n'ont jamais vieillis. Toute cette backstory est donnée dans un autre épisode, mais tout se rejoint parfaitement quand on voit comment les personnages de RTD ont été traité et comment ils ont tous évoluer. Et Davros se moque d'eux, car Martha Jones et Sarah Jane Smith sont prêtes à détruire la Terre pour sauver l'univers, disant au Docteur que c'est directement de sa faute si ces personnages sont devenus capables de commettre des génocides en son nom. Et c'est sublime, car le Docteur c'est également quelqu'un qui a commit un double génocide durant la Guerre du Temps donc le reproche de Davros est totalement fondé.

Et il est temps de parler de Davros. Même si il n'est pas réintroduit de la meilleure façon qui soit (contrairement aux Daleks et aux Cybermens), on comprend très rapidement qu'il s'agit du créateur des Daleks et donc de leur forme d'autorité suprême. Et ça montre l'évolution de la menace qu'ont parcouru les Daleks sous l'ère RTD. Dans le premier épisode, un seul Dalek est capable de détruire la planète entière et est montré comme la forme de vie la plus menaçante qui soit. À la fin de la saison 1 ? 200 000 Daleks. Pas plus menaçants que dans Daleks, mais principalement car ce sont des Daleks hybrides et non purs, qui n'ont pas la puissance d'un vrai Dalek de la Guerre du Temps. Dans Army of Ghosts/Doomsday en revanche, on a le Culte de Skaro, qui est composé des Daleks les plus intelligents de leur espèce et qui sont là pour trouver des nouveaux moyens de survivre, mais dans cet épisode ils servent surtout à créer le face-à-face cultissime Daleks/Cybermens. Dans Daleks in Manhattan/Evolution of the Daleks on a toujours le culte de Skaro mais cette fois ils trouvent un réel moyen de survivre : Dalek Sec fusionne avec un humain et devient conscient grâce aux émotions humaines que l'idéologie Dalek ne mènera que la mort et la destruction de leur espèce, et que c'est incompatible avec leur objectif de survivre. Dalek Caan exécute Dalek Sec et s'enfuira pour revenir durant la Guerre du Temps et sauver Davros, et sera considéré comme un oracle dans The Stolen Earth/Journey's End. Sauf que Dalek Caan a gardé l'idéologie du Culte de Skaro de tout faire pour la survie des Daleks et a bien vu que si la destruction de la réalité est l'objectif de Davros, elle mènera aussi à la destruction des Daleks, ce qui est contre l'idéologie du Culte de Skaro. Et c'est pour cette raison que Dalek Caan trahira tous les Daleks en manipulant les lignes temporelles pour que le Docteur et Donna se rencontrent. Dalek Caan devient comme Dalek Sec, qu'il a pourtant cherché à éliminer.

Et cette escalade des Daleks se traduit par une armée de Dalek au mieux de sa forme accompagné de leur créateur qui sera au final un simple pantin pour les Daleks vu qu'il n'est lui-même pas Dalek, jamais les Daleks n'ont été aussi puissant et ni ne le seront par la suite. Ce sont des Daleks capables de détruire un TARDIS, mais surtout un simple Dalek même pas gradé est capable d'exterminer à lui tout seul le Docteur, l'ennemi le plus dangereux pour les Daleks. Un simple Dalek est capable de faire ce qu'aucun Dalek n'a fait jusque là : tuer le Docteur. Et ça donne lieu au cliffhanger le plus impressionnant de la série, remis dans le contexte c'est quand même une semaine entière à attendre pour voir en qui le Docteur va se régénérer, après un épisode déjà extrêmement chargé. C'est vraiment impactant, car Rose a passé tellement de temps à le retrouver pour au final qu'il meurt (d'une certaine façon) sous ses propres yeux. Et même si il finit par se régénérer en lui-même, ça mènera à l'un des concepts les plus intéressants de l'épisode : le Docteur metacrisis.

Alors autant être franche : le Docteur metacrisis aurait clairement dû être joué par Christopher Eccleston, et je pense que ça avait été prévu mais que ce dernier ne pouvait pas ou ne voulait pas (pour des raisons logiques). Déjà car ça aurait donné à ce final un aspect cross-over de tout ce qu'a fait RTD encore plus abouti, mais qu'en plus ça aurait eu totalement du sens thématiquement. Ça aurait pu être justifié par le fait que sa main a été coupé durant sa période de régénération et que du coup il en garde une partie de l'ADN du 9ème Docteur. Mais surtout, sa main a été coupé dans The Christmas Invasion, qui se déroule juste après The Parting of the Ways. Un épisode où le Docteur se prépare à commettre un double génocide des Daleks et des humains avant de s'y refuser et que bad wolf ex machina arrive. Un Docteur né de la guerre et qui n'a pas eu l'évolution de tout ce que le 10ème Docteur a eu durant ses saisons. Car si le Docteur essaye de sauver Davros de la destruction des Daleks, le Docteur metacrisis, lui, veut clairement détruire tous les Daleks (et le fait). Davros prend même le temps de blâmer le Docteur comme étant le destructeur de mondes (toujours la thématique du dieu solitaire qui revient). Le Docteur a clairement eu le temps d'évoluer entre la saison 1 et la saison 4, devenant un être réellement pacifiste qui déteste les armes plus que tout et sa différence de comportement entre Dalek et Journey's End est totalement logique et montre que RTD a totalement compris comment gérer la relation entre le Docteur et les Daleks. Mieux que n'importe qui, que Terry Nation lui-même j'irai jusqu'à dire. Et c'est pour ça que le Docteur metacrisis aurait dû être joué par Christopher Eccleston, ça aurait été génial de mieux voir en face-à-face ce que le Docteur est devenu durant la période RTD, et le Docteur a totalement raison quand il dit à Rose que le Docteur metacrisis est ce qu'il est avant de l'avoir rencontré.

Et cet épisode se conclue avec une fin où tous les compagnons sont dans le TARDIS et les intéractions sont absolument géniales. Que ce soit Martha Jones qui a mis fin à sa jalousie et qui est contente de rencontrer Rose, Jack Harkness qui revoit Mickey Smith et le taquine en l'appelant Mickey Mouse, ou encore le Docteur qui dit à tout le monde de l'aider à contrôler le TARDIS mais dit à Jackie de ne surtout pas toucher aux contrôles, c'est pour ce genre de moment que l'aspect cross-over de cet épisode est si inoubliable. Bien sûr, il manque quelques personnages tels que Christopher Eccleston, Pete Tyler ou encore le tant regretté Adams Mitchell (non je rigole on s'en branle) mais réussir à mettre autant de personnages dans un épisode d'1h45 qui sont tous exploités d'une certaine façon, qui ont tous des intéractions entre eux, qui arrive à donner un épisode aussi chaleureux malgré la menace de fin de l'univers (ce qui contraste toujours autant avec Turn Left), qui arrive à aborder des sujets importants tels que la pureté et la survie des Daleks, à toujours être bien rythmé, bien écrit... Je pense qu'on peut bien lui pardonner quelques facilités scénaristiques, parce que ça a permis à Doctor Who de donner la meilleure suite d'épisode de toute l'histoire de la série si ce n'est de la télévision.

Et évidemment il faut parler de Donna Noble : elle est encore une fois géniale. Même si un peu moins exploité que d'habitude à cause de Turn Left et du nombre assez improbable de personnages dans cet épisode, elle reste une partie importante et la performance de Catherine Tate en temps que Docteur Donna est absolument hilarante malgré le peu qu'on en voit, parce que sa fin est triste. Très triste. C'est un personnage qui a toujours vécu dans la solitude et la dépression avant de rencontrer le Docteur, avant de changer d'avis et de devenir quelqu'un. Et on en revient à tous ce que les autres compagnes sont devenues avec le temps, des gens protégeant la Terre à l'image du Docteur. Donna Noble n'aura jamais cette chance, car elle a vu sa mémoire effacée. Sa mémoire de toutes ses aventures. Et cette fin-là est triste, vraiment très triste. Le "encore une histoire qu'elle aura raté" du Docteur à propos des planètes dans le ciel donne à cet épisode sa touche de mélancolie qu'on sentait arriver depuis le début. Donna Noble n'est pas morte, mais ça aurait été probablement mieux pour elle qu'elle le soit, car cette fin ne fait qu'annuler tout ce qu'elle a fait à ses yeux. Alors qu'elle a aidé tellement de gens, c'est de loin la meilleure compagne que le Docteur ai jamais connu. Elle est drôle, touchante, colérique, prend souvent les bonnes décisions, c'est sincèrement l'une des raisons pour laquelle la saison 4 est la meilleure de toute.

Non, tout n'est pas parfait dans la saison 4. Mais à partir du moment où aucun épisode n'est à mon avis en-dessous du 16/20, et que 6 épisodes d'affilés se tapent un 20/20, c'est que cette saison a totalement réussi là où elle devait réussir. Non, elle ne raconte pas l'histoire d'un Docteur traumatisé par la destruction de son espèce ou celle d'une compagne amoureuse d'un Docteur qui n'arrivera jamais à faire son deuil de Rose, mais à défaut de raconter une histoire forte elle se sert de tout ce qu'a fait RTD jusqu'à présent pour se donner une réelle identité. Et encore, je ne compte pas les 4 épisodes spéciaux qui vont arriver (bien que pour le coup je pense que c'est une bonne chose de pas les compter parce qu'ils sont de qualité très variable et qu'ils ne rentrent pas vraiment dans les thématiques de la saison). Mais cette saison 4, c'est une saison qui a réussi à reprendre le côté divertissant de la saison 2, mais à les mêler avec des épisodes qui apportent tous quelque chose (avec une moyenne de 18,36, bien au-dessus des 16,62 de la saison 1 et 16,93 de la saison 3, et surtout des 15,14 de la saison 2), des décors encore plus réussis qu'avant, un Murray Gold au pic de sa carrière, un duo Tennant/Donna d'exception, une continuité très forte entre chaque épisode. Et ça, peu de saisons peuvent se vanter d'avoir réussi à faire aussi fort sans jamais lâcher prise et je ne pense pas qu'on reverra ça un jour. Et à partir du moment où le seul défaut que j'ai à reprocher à une saison c'est le manque de Christopher Eccleston, c'est qu'il y a quelque de proche de la perfection.


Avatar OmarKhayyam OmarKhayyam
Rédacteur
Avis favorable Déposé le 25 juillet 2018 à 23:20
Spoiler

C'est un autre petit doctor-lite, qui nous fait revivre les saisons 3 et 4, et part d'un what-if assez basique, mais en fait il est surtout saisissant d'humanité, car Turn Left, c'est d'abord l'histoire par les vaincus.

C'est un récit des gens ordinaires qui subissent l'Histoire.

Et c'est du coup un script très politique, qui non seulement fait de la compagne une réfugiée, et amène plein de questions sur l'immigration, mais qui en plus fait ressortir un peu plus l'importance de la compagne.


Avatar nicknackpadiwak nicknackpadiwak
Rédacteur
Avis favorable Déposé le 28 mars 2015 à 10:04

Ça m’a fait bizarre voir le nom de Billie Pipper dans le générique.

C’est comme allait à une soirée où l’on sait notre ex sera présente.

Et quand elle a réapparu, j’ai douté, je me suis demandé ce que je lui avais trouvé avant. Avant de retomber progressivement sous son charme. Ahh, Rose….Rien que son accent quand elle crie "doctor", ça me fait rend tout chose.

Sinon, moi qui aime bien les épisodes expérimentaux, faire un numéro de Doctor Who sans le Docteur, je ne peux que trouver ça très bon !

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Avatar arnoglas arnoglas
Membre
Avis favorable Déposé le 18 février 2015 à 20:09

Avis modéré par la rédaction de Série-All.

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Avatar ClaraOswald ClaraOswald
Membre
Avis favorable Déposé le 09 novembre 2014 à 23:54

Episode original est excellent. Cela fait plaisir un épisode centré sur Donna qui est un merveilleux compagnon !


Avis favorable Déposé le 16 janvier 2014 à 12:11

Après un épisode avec le Dr isolé, c'est au tour de Donna d'être toute seule pendant 3/4 d'heure. Et si cet épisode n'est pas aussi génial que le précédent, il reste assez énorme avec toutes les modifications apportés par la mort du Dr, notamment l'idée du pays en crise à la limite de la dictature.

Et au final, cet épisode n'est que l'introduction d'un double épisode final (les épisodes 14 à 18 sont des spéciaux donc c'est autre chose) qui s’avérera l'un des meilleurs de l'ère RTD (à mon sens) !


Avatar MrZ MrZ
Membre
Avis neutre Déposé le 04 janvier 2014 à 19:58

Bah alors ?

Assez déçu de cet épisode.

Outre les incohérences multiples de l'épisode (notamment sur la mort du Docteur, très capillotractée), tout le plot reste dans le "what if" donnant à l'épisode un air de simple exercice de style plutôt ennuyeux, en plus de ne finalement rien apporter à l'arc.

Bon, au moins, ils auront trouvé une utilité à Bad Wolf, c'est déjà ça.

C'est dommage, car les acteurs sont toujours très bons, Donna Noble est magnifique, le comeback de Rose fait plaisir et Wilfried est définitivement un personnage absolument adorable


Avatar MarieJeanne MarieJeanne
Membre
Avis favorable Déposé le 29 novembre 2013 à 20:14

Le personnage de Donna est excellent dans l'épisode et l'actrice joue très bien. Des que j'ai entendu la musique du Bad Wolf, j'ai compris ce qui allait arriver... Rose is back et sa fait putin de bien à la série, son perso est awesome! J'ai aussi beaucoup aimé les références aux autres compagnes et épisode ainsi que l'histoire générale de l'épisode. Beaucoup de suspens, d'action et une fin à couper le souffle!


Avatar oberown oberown
Membre
Avis favorable Déposé le 04 novembre 2013 à 03:22

Un très bon "what if..." Une rose bien campée.

Donna avec tout son potentiel, et le retour du Bad Wolf !


Avatar Ostrya Ostrya
Membre
Avis favorable Déposé le 11 octobre 2013 à 16:10

J'adore Donna alors cet épisode dont elle est l'héroïne me plait. Et le retour de Rose! Une Rose qui a des épines, sûr d'elle, combative...

L'idée de montrer quel est le monde sans le Docteur est excellante. Le grand-père est drôle ou émouvant.

Ce monde est apocalyptique. Jai trouvé très touchant l'allusion aux camps de déportation...

Alors je pardonne facilement les incohérences (le Titanic n'a pas créé une aussi grosse explosion que promise, Martha étant morte aussi, les Dalex auraient du prendre Manhatan?).

Nous ne savons pas comment ni pourquoi cette voyante choisie Donna...

Bah j'adore l'épisode quand même!


Liste des épisodes

Episode 4.01
Le retour de Donna Noble
Episode 4.02
La chute de pompeï
Episode 4.03
Le chant des Oods
Episode 4.04
A.T.M.O.S. (1)
Episode 4.05
A.T.M.O.S. (2)
Episode 4.06
La fille du docteur
Episode 4.07
Agatha Christie mène l'enquète
Episode 4.08
La bibliothèque des ombres (1)
Episode 4.09
La bibliothèque des ombres (2)
Episode 4.10
Un passager de trop
Episode 4.11
Le choix de Donna
Episode 4.12
La Terre volée
Episode 4.13
La Fin du voyage
Episode spécial
Cyber Noël
Episode spécial
Planète Morte
Episode spécial
Les Eaux de Mars
Episode spécial
La Fin Du Temps partie 1
Episode spécial
La Fin Du Temps partie 2